concerts en boîte

17 juillet 2018

Charlotte Gainsbourg @ Théâtre Antique (Arles)

Charlotte Forever...

Evaluation de la Soirée

5.8 sur 6 - 2 votes

1 : Pas du Tout - 2 : Un Peu - 3 : Moyennement - 4 : Beaucoup - 5 : Passionnement - 6 : A La Folie

Conditions de mise en boîte

Les 3 premiers titres, dans les crash barrières.

Chronique

Etiqueté par Arnaud :

Alors que le Sud semble s’être plutôt donné rendez-vous aux Arènes de Nîmes, où Sting annonce complet depuis des mois, nous faisons le choix d’aller voir Charlotte. C’est définitivement volontaire pour nous d’être là ce soir, pour entendre cette artiste très discrète et assez peu sur scène.

Nous pensons que c’est ici même au Théâtre Antique, en cette belle soirée d’été, qu’il va se passer quelque chose d’inoubliable ! Je ne vous cache pas que le pari est osé, surtout face au leader de The Police. Mais nous avons Moodoid en premiere partie, dont le leader est le fils du premier bassiste du groupe mythique… tout un symbole et comme un lien caché entre les deux Festivals !

Mais ne nous voilons pas la face : nous sommes assez peu ce soir. Et je suis triste pour Charlotte quand je vois que la moitié des tribunes resteront fermées. Je n’ai jamais vu ça aux Escales et pourtant, certaines affiches étaient plus risquées en terme d’affluence !

Alors, tant pis pour les absents – qui ont toujours tord – car nous, on va se prendre une sacrée baffe émotionnelle et musicale. Je peux même vous dire que je ne l’ai pas vu venir celle-là. Aimant sa musique, j’étais assez rassuré sur ce point. Mais mon dieu cette scénographie ! Aux petits oignons, avec cette scène ouverte sur les étoiles et ces rectangles de néons, comme un appel à s’évader. Pour moi, c’est à rapprocher des scènes de Jain, Yodelice ou -M- , soit trois artistes français pour qui le concept de Live intègre un visuel fort et inoubliable.

Sur beaucoup d’aspects, j’ai aussi l’impression de revivre un concert d’Agnes Obel, revue ici même l’an dernier. Il y a ce côté femme fragile à la voix féérique, auquel vient s’ajouter cette forte présence Electro qui vient sublimer l’ensemble. C’est d’ailleurs ce même côté Electro, voire quasi Indus, qui me surprend le plus ce soir. Il est sur l’album, c’est vrai, mais je ne l’avais pas tant ressenti à l’écoute que ce que je vais vivre pendant le Live.

Et si tout le monde sait que Charlotte semble être d’une timidité sans limite, sa présence explose malgré tout sur scène. C’est un point qui m’a étonné, tant j’avais peur de la voir apeurée et incapable de gérer la foule venue la voir. Tout en douceur, sans aucune violence et avec assez peu de sueur : nous n’avons clairement pas une Izia sur scène. Mais elle sait malgré tout nous hypnotiser et nous emmener sur son chemin, avec sa propre énergie intérieure, à la manière Agnes Obel justement !

Alors je ne sais pas ce qu’il faut penser du concert que Sting donne 35 km, mais je n’ai vraiment aucun regret d’avoir vécu ce moment hors du temps … Charlotte Forever !!

Etiqueté par Ysabel :

La scène installée pour Charlotte Gainsbourg est tout simplement superbe. Tous ces tubes formant comme des cadres lumineux, qui se juxtaposent, donnent un magnifique effet de perspective. D’autant plus qu’ils se mêlent aux colonnes antiques du théâtre d’Arles … Un petit bijoux d’esthétisme.Les cinq musiciens qui l’accompagnent sur scène la précède. Ils semblent tous hyper jeunes. Puis elle fait son entrée. Tout le monde en mode jeans – ou on dit plutôt un look denim quand on est branché mode je crois – et surtout en mode clairement Electro, au vu de toutes les machines qui les entourent. Certaines même que je n’avais jamais vue auparavant. Un genre de gros blocs ressemblant plus à des tableaux électriques qu’à des instruments de musique. Et blindés de loupiotes de toutes les couleurs.

Lumières juste parfaites donc pour le lieux. La plus totale modernité, mais dans la nudité de sa simplicité, et qui prend place au milieux des pierres ancestrales … Le tout éclairé par la voie lactée. Puis c’est la musique qui prend possession de nos cerveaux. Avec beaucoup de machines, ce qui la rend planante, voire irréelle en quelque sorte. Et la voix de Charlotte, que perso j’ai toujours adorée, n’en déplaise à ceux qui ne lui trouve pas assez de coffre. Son timbre et sa musicalité font bien plus que beaucoup des gueulardes qu’il m’ait été donné d’entendre (ou de subir je dirais plutôt).

Elle nous dit « Bonsoir » avant de commencer Ring A Ring O’Roses. Second morceau, second mélange franco-anglais pour faire alterner couplets et refrain. Cette chanson est une première nous annonce-t-elle, tout comme sa venue ici. Ne reste plus qu’à se laisser emporter, se laisser envelopper par son incroyable manière de chanter, par moment dans un souffle. Quelque chose qui, pour moi, participe grandement à me donner cette sensation unique d’intimité. Une manière de s’adresser directement à toi et surtout à ton âme. Comme lorsqu’on l’entend murmurer en voix off sur Heaven Can Wait, avec pour support cette musique très électronique, sans qu’elle ne soit Electro à proprement parler. Un truc bien à elle en fait, que j’adore définitivement. Une forme de Pop entrainante et fondamentalement teintée anglaise.

Elle se lève ensuite pour chanter Songbird micro en main. Juste un peu trop dans la pénombre peut-être, pour que l’on puisse vraiment profiter des expressions de son visage. Mais je capte tout de même un sourire discret. Tellement touchant et touché à la fois. Oui, j’adore cette femme. Et j’adore son hommage à Sylvia Plath – grande poétesse anglaise – à la quelle elle dédie Sylvia Says … Les tubes lumineux postés au dessus de leurs têtes descendant et pivotant sur eux-même, en une espèce de cadre graphique. C’est hyper esthétique, tout comme la musique en fait. Tout comme ce Songs That We Sing qui distille sa Pop anglaise magique, un chouilla Cold juste ce qu’il faut. Du bonheur en barre … Avec même du xylophone façon Rockabye Baby – incontournables reprises des standards du Rock façon comptines pour enfants, vraiment à écouter que vous soyez parents ou non – Une petite merveille sous le ciel qui manques hélas juste un peu d’étoiles ce soir.

« Le charme, c’est tout un poème… » Reste à fermer les yeux.  A continuer le voyage. A les suivre, eux qui tombent tous leur veste ou chemise pour se retrouver en tee-shirts blancs. Une simplicité qui match encore une fois à la perfection avec l’ensemble de la scénographie. Charlotte Gainsbourg se baladant de cadre lumineux en cadre lumineux. Lumières éblouissantes, dans tous les sens du terme. Et musique entêtante, qui monte vers nous. Plus Pop-Electro que jamais. Plus enivrante aussi.

« J’ai attendu qu’il pleuve… ». Et aussi facilement qu’elle nous a entrainé dans le tourbillon de tout à l’heure, elle nous offre ensuite un véritable moment de grâce. Celui qu’elle a composé pour sa sœur Kate. Auquel elle enchaine Charlotte For Ever avec beaucoup d’émotion. Perso j’adore et je ne suis visiblement pas la seule ! « Voir Kate et Charlotte à la suite de l’autre, c’était un hasard. Mais maintenant j’y tiens. je lui ai dédié mon album et ce soir, je veux lui dédier avec vous ». Un enchainement effectivement très touchant, surtout que c’est Rest qui les suit. Oh combien bouleversant pour moi.

Mais Charlotte ne veut sans doute pas rester sur cette note emprunte de vague à l’âme et de nostalgie. Il faut donc que la Pop reprenne la main. Et c’est ce quelle fait de la plus belle des manières avec Remarkable Day. Suivi de la dernière du Set, tenant plus du poème que de la chanson. Quasi parlé d’ailleurs. Les Oxalis et son magnifique texte, qui vous laisse tout chose et après lequel il est compliqué de revenir sur terre pour les applaudir, alors qu’ils nous adressent de grands au revoir de la main. La drôle d’armoire à effets sonores envoyant ses dernières vibrations. Ses derniers éclairs sonores et ses dernières distorsions. Alors qu’ils quittent la scène un par un. Et qu’elle part la dernière, aussi discrètement qu’elle était arrivée tout à l’heure. Sur un simple « Merci beaucoup » toujours extrêmement touchant.

Le rappel commence ensuite sur un retour quasi acoustique tout smooth. Charlotte Gainsbourg en contre jour, un peu irréelle. Pour se terminer par une reprise de Lemon Incest qui ravit le public, avec sa voix qui joue sur les deux registres, ce que je trouve beaucoup mieux que d’avoir choisi de l’interpréter avec quelqu’un d’autre que son père. Elle est rapide et entrainante. Et cela nous offre un joli clin d’œil, même si perso je n’attendais pas spécialement après. Je ne l’avais jamais entendue bien boostée comme ça et même pas entendue depuis un bail. C’est un plaisir en fait. Une espèce de petite madeleine de Proust…

Composition

  1. Lying With You
  2. Ring A Ring O’Roses
  3. I’m A Lie
  4. Heaven Can Wait
  5. Songbird
  6. Sylvia Says
  7. Songs That We Sing
  8. Paradisco
  9. Les Crocodiles
  10. Deadly Valentine
  11. Kate
  12. Charlotte For Ever (Serge Gainsbourg)
  13. Rest
  14. Remarkable Day
  15. Les Oxalis
  16. Rappel : Runaway
  17. Lemon Incest (Serge Gainsbourg)

Date Limite de Consommation

  • Album Défendu : Rest

Site de Production

Site officiel : http://www.charlottegainsbourg.com

Ingrédients

    • Charlotte Lucy Ginsburg aka Charlotte Gainsbourg : Chant & Piano
    • David Nzeyimana : Guitare & Machines
    • Paul Prier : Basse & Machines
    • Gérard Black : Choeurs & Machines
    • Aurélien Hamm : Machines
    • Louis Delorme : Batterie

Remerciements

  • Alice @ Cargo de Nuit

Appellations d'Origine Contrôlée

Un de nos Instagrams de la Soirée

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