03 février 2018

Emel Mathlouthi @ Victoire 2 (Saint Jean de Vedas)

Emel ... Un engagement mélodique

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Evaluation de la Soirée

5.8 sur 6 - 2 votes

1 : Pas du Tout - 2 : Un Peu - 3 : Moyennement - 4 : Beaucoup - 5 : Passionnement - 6 : A La Folie

Conditions de mise en boîte

Librement, au milieu du public.

Chronique

Etiqueté par Arnaud :

Emel : une sublime artiste et une si belle personne, sous toutes ses formes. J’ai la chance d’avoir un peu eu l’occasion d’échanger avec elle et de constater sa gentillesse, tout comme sa disponibilité.

Et depuis notre concert de 2013, je regarde toujours avec grande attention ses actualités, pour y trouver ses prochains passages dans le Sud. C’est hélas très rare et la belle est le plus souvent tout autour de la planète, mais pas assez par chez nous. Quand je découvre cette date du 3 Février, je saute donc sur l’occasion.

Si je savais d’avance que ce soir ce concert serait magique, j’étais encore en deçà de la réalité. Malgré un groupe que l’on pourrait qualifier de minimaliste, composé uniquement d’un batteur et d’un pianiste/machiniste pour l’accompagner, le trio produit une musique d’une richesse infinie. Et la voix magnétique d’Emel se marrie si parfaitement avec les instruments, que mon âme quitte mon corps. Me voilà au côté de cette sirène, sur un rivage méditerranéen indéterminé.

L’hypnose durera sans mal tout le concert. A aucun moment la tension ne baissera et à aucun moment je ne ressens la moindre once d’ennui. Non, c’est juste un concert parfait sous toutes les coutures. On en vibre de plaisir.

Si Emel ne cherche pas à cacher sa sensibilité et sa culture tunisienne, le mariage entre ses racines, le Rock et l’Electro est d’une puissance sans nom, pour exploser littéralement les frontières. La musique d’Emel en devient pleinement universelle. Je peux d’ailleurs comparer sa musique avec mon artiste ultime qu’est l’américain Trent Reznor. Ecoutez donc Instant : c’est comme une autre version de The Space In Between de How to Destroy Angels (où les Reznor, mari et femme, sont les leaders).

Il aura fallu 4 longues années avant que l’on se retrouve, elle sur scène et moi fasciné. J’espère que notre prochaine rencontre viendra plus rapidement ! Emel si tu m’entends…..

Etiqueté par Ysabel :

Nous sommes accueillis à Victoire 2 par l’image d’un violon qui attend sagement, accroché à son micro. Belle image pour le commencement d’une belle soirée. Mais aussi belle musique, que nous offre le duo formé par DJ Olam & Rabie Houti. Mélange d’un Set DJ arabisant et de la douceur d’un violon. Ou plutôt de plusieurs violons devrais-je dire. Puisque le musicien alterne entre un instrument classique et un autre plus design, qui propose de fait une sonorité plus moderne, au fil de morceaux accompagnés par les youyous du public. Ambiance festive donc, pour cette première partie de la plus grande des gaietés.

Après la pause nécessaire à la remise en place de la scène, vient le moment de retrouver l’ensorcelante Emel Mathlouthi, que je n’ai pas revue depuis bien trop longtemps, même si je l’écoute à chaque fois que le manque se fait sentir. Batteur et claviériste prennent place en premier. Suivi d’une Emel qui entre d’un pas lent et majestueux. Robe et lèvres rouges. Regard rehaussé d’un trait d’eye-liner charbonneux. Cheveux tirés en arrière, ce qui dégagent totalement son visage … Et une entrée qui se fait sur une ligne musicale très douce. Juste sa merveilleuse voix qui s’élève, pour un Fallen d’introduction qui va graduellement monter en puissance, sur une musique fortement tintée d’Electro par le biais de la batterie électronique : une petite merveille. Et déjà un univers hyper captivant. Une musique captivante. Une artiste captivante, tout simplement. Avec toujours pour fil conducteur cette voix qui vous prend tout autant par la douceur, que par la puissance.

Sur le second morceau, elle a même des intonations et des inflexions de voix qui me font penser à un chant d’inspiration celtique. C’est à la fois très surprenant et encore une fois totalement embarquant. Avec toujours cette musique très électronique et vibrante, dans tous les sens du terme. Là encore, un énorme travail vocal auquel s’ajoute quelques pas de danse aux allures de pantomime. Extraordinaire voix et prestation totalement à la hauteur de mes espérances. Oui, terriblement fascinant tout ça.

La batterie devient ensuite cinglante, voire même tonitruante pour Instant. Ma parole, on dirait carrément une intro de Trent Reznor ! Et premier morceau qui ne soit pas interprété en anglais. Claviériste passé au piano, ce qui rend le contraste avec cette forte batterie encore plus marquant. Les deux musiciens complètement immergés dans leur bulle respective. Chacun d’un côté de la scène. Et la voix de Emel qui se promène des graves aux aigües avec la plus grande des facilités.

Vois off et gestes robotisés. Puis c’est comme si la mécanique s’emballait d’un coup, dans un éclat de voix, avant que tout ne retombe dans la douceur pour ce Princess Melancholy, morceau d’une force incroyable. Simplement fabuleux. Tout comme la suivante, Kaddesh – qui veut dire Combien – dédicacée à tous les enfants réfugiés du monde. Incroyable cette façon quelle a d’être habitée ainsi à chaque fois. Etourdissant même. Et c’est également fou de voir le chemin parcouru, l’évolution artistique depuis ma découverte d’elle à la Citée de La Musique en 2013, qui avait déjà été si belle. Elle emporte tout sur son passage quand elle se met à haranguer le public de son incroyable voix. Tout est alternance de douceur et de force. Comme quand elle interprète Ensen Dhaif – Pauvre Petit Homme – pour tous ceux qui sacrifient leur santé et leur vie dans des travaux qui permettent à d’autres de s’enrichir encore et encore, en détruisant toujours plus de nature. Elle rythment son chant de ses mouvements de bras qui semblent vouloir creuser la terre. Fascinante. Sa voix allant de la douceur de l’empathie, à la ferveur de l’évocation de la violence du travail physique. Toute l’histoire qu’elle nous raconte se retrouve traduite ainsi par sa gestuelle, même si on ne comprends pas forcément tous ses paroles.

Puis elle quitte quelques instants la scène, sur une sorte de musique de cathédrale assez mystique. Revenant ensuite du même pas lent qu’au début de son Set et chantant d’une voix toute aussi religieuse. Scandée, une fois encore, par une batterie cinglante. Et mue par une chorégraphie saccadée dans des flashs de lumière … J’adore cet apport Indus de la musique et du visuel. Cela donne une force incroyable, une puissance au chant si mélodique de cette incroyable artiste. C’est tout simplement magique.

« Les jours passent et je suis oublié… » Ce sont les paroles de Layem, pour nous parler des sans abris. Avec son corps qui exprime tout autant la musique que sa voix. Se cabrant à l’extrême, pour vivre totalement la musique et ne faire plus qu’une avec elle. Et ce sourire quand elle nous donne le rythme pour frapper dans nos mains, à l’unisson de la frappe de la batterie, sur un rythme qui nous envahi littéralement…

Avant d’entamer la dernière, elle salue ses deux musiciens de chaque main pour les remercier infiniment. Puis elle nous livre Fi Kolli Yawmen – Chaque Jour – comme un poème qui continue en une douce mélodie, pour se terminer en une prière universelle à la note tenue. Une merveilleuse fin d’un Set qui le fut tout autant.

Pour le rappel, elle veut nous faire partager un hommage à une artiste inspirante pour elle et partie bien trop tôt : Dolores O’Riordan, la chanteuse des Cranberries décédée le 15 Janvier dernier. « Parce qu’avec juste une voix, on peut transmettre beaucoup ». Surtout quand on évoque les enfants de la guerre, premières victimes de notre monde violent qui part à la dérive. Emel dédie cette chanson à ceux du Yémen, de Palestine ou de Syrie. Et commence à capella, avant d’être rejointe par le piano. Une interprétation toute en douceur et en émotion, avec un public littéralement suspendu à ses lèvres.

Puis elle choisit, pour la toute dernière et rien que pour nous ce soir, de nous en offrir une qu’elle n’a pas interprétée depuis un bon moment. Après un petit conciliabule et toujours accompagnée par le piano, Kelmti Horra sera l’occasion d’un partage intimiste, au complet opposé d’une bonne partie de son Set principal. Et pourtant, tout aussi magnifiquement fort. Perso, c’est simple : je suis sur un petit nuage. Réussissant à peine à en émerger pour l’écouter nous présenter Pier-Luigi Salami et Shawn Crowder, ses compagnons de scène. Et pour l’applaudir à m’en faire mal au main, pour ces sublimes instants partagés.

Composition

  1. Fallen (Jeff Buckley)
  2. Insanity
  3. Instant
  4. Princess Melancholy
  5. Kaddesh
  6. Dfina (Burrial)
  7. Ensen Dhaif
  8. Lost
  9. Layem
  10. Thamlaton
  11. Fi Kolli Yawmen
  12. Rappel : War Child (The Cranberries)
  13. Kelmti Horra (My Word Is Free)

Date Limite de Consommation

  • Album défendu : Ensen

Site de Production

Ingrédients

  • Emel Mathlouthi : Chant
  • Pier-Luigi Salami : Clavier & Piano
  • Shawn Crowder : Batterie

Remerciements

  • Emel

Appellations d'Origine Contrôlée

Un de nos Instagrams de la Soirée

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