Avis sur un show

18 juillet 2017

Placebo @ Arènes (Nîmes)

Live Bêta-Test ...

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Evaluation de la Soirée

Note global du concert, 4.0 - 1 votes
Pas d'Evaluation des internautes
Note d'Arnaud

1 : Pas du Tout - 2 : Un Peu - 3 : Moyennement - 4 : Beaucoup - 5 : Passionnement - 6 : A La Folie

Conditions de mise en boîte

Les 3 premiers titres à partir des crash barrières.

Chronique

Etiqueté par Arnaud :

Avant de débuter la chronique de ce concert, je me dois de vous planter le décor expliquant mon état d’âme.

J’ai découvert Placebo en Live. C’était au Printemps de Bourges 2003. Le groupe jouait alors après Interpol et Dionysos. Les américains d’Interpol, alors excellents et carrément New-Wave, avaient exécuté un sublime concert que j’avais écouté des gradins, tandis que j’avais mouillé ma chemise dans les premiers rangs pour vivre à fond celui de Dyonisos, mené par un Matias toujours aussi survolté.
On peut donc dire qu’au moment de la montée sur scène de Placebo, j’étais bien. L’esprit ouvert et à l’écoute. C’était donc jusque-là une bien belle soirée.

Mais, en quelques titres, j’ai déchanté : tout était mou et joué sans vigueur. Brian et Stefan occupaient le devant de scène et étaient baignés de lumière, tandis que l’on devinait à peine des ombres de musiciens en fond de salle, limite cachés par des tentures. Et le show prendra même une tournure définitivement dramatique, quand Brian stoppera net sa prestation pour insulter un auditeur. Sa phrase reste gravée dans ma mémoire, à quelques nuances près : «Vigile, virez-moi ce bootlegger là-bas ! Oui toi là bas, derrière ton caméscope qui est en train de filmer mon concert pour le revendre demain. Toi l’enculé qui profite de mon travail ! Virez-le et je reprends le concert». Le public en était resté médusé. J’avoue ne même pas savoir si l’homme a été viré, car à vrai dire j’étais trop estomaqué et comme assommé. Cette phrase me touchait tout particulièrement à l’époque, moi qui piratais systématiquement mes concerts de The Cure… J’en ai fait 0 profit, sauf celui de pouvoir échanger mes enregistrements avec d’autres fans, pour avoir encore plus de mémoire Live de mon groupe fétiche. Et je suis certain que l’homme montré ce soir-là du doigt était dans le même esprit… surtout quand on sait la pénibilité de tenir une camera pendant des plombes !

Donc : Concert mou + Jeu scénique merdique + Extrême froideur + Insultes au public = ce concert à Bourges était plié pour moi.

Ma seconde rencontre avec le groupe fut assez cynique : l’année suivant ce mauvais concert, cette fois Placebo ouvrait l’Olympia (après Mickey3D et Calogero), mais avant MON groupe : à savoir The Cure. C’était un concert surprise de RTL2 pour lequel tout le monde devait jouer acoustique.
Evidemment je ne voulait enregistrer que The Cure, non par peur d’être engueulé par Brian, mais surtout parce que je n’avait pas de disque MiniDisc à gaspiller. Je n’ai d’ailleurs plus trop de souvenir de ce concert de Placebo, excepté que je crevais d’envie d’entendre mon groupe, que ce son m’ennuyait grave et que Brian brillait par son mutisme ! L’histoire voudra que le concert de Robert Smith ne sera pas non plus très bon … j’en garde à vie le souvenir du normalement sublime solo de From The Edge of The Deep Green Sea allègrement ruiné en acoustique par Perry Bamonte.

En venant ce soir aux Arènes de Nîmes, je viens donc avec ces deux expériences en moi. Pourtant, depuis ces deux concerts Live de 2003 et 2004, j’ai écouté et appris à plus qu’apprécier le son studio du groupe. C’est même globalement très très bon ! Ce soir, je veux donc savoir si ce groupe de maintenant plus de 20 ans est toujours – selon moi – moyen, voire mauvais en concert, ou si je n’étais juste pas capable de les apprécier à leur juste valeur, abreuvé que j’étais à l’époque par la New-Wave anglaise de The Cure, de Bauhaus, de Siouxsie and the Banshees et autre Joy Division.
C’est de plus un concert anniversaire, donc Best-Of et c’est, je crois, plus que parfait pour avoir une opinion définitive.

Le concert n’est pas commnencé que déjà je tique un peu. Quel groupe, avant de monter sur scène, passe une vidéo de l’un de ses morceaux phares !?! J’ai quand même pas mal roulé ma bosse dans les salles obscures et, à ce jour, je n’ai vu cela que pour Paul McCartney… ce qui était d’ailleurs tout aussi risible : c’est de l’auto promo, avant de se produire devant un public globalement déjà convaincu par le groupe et qui sait parfaitement ce qu’il est venu chercher ! Pourquoi donc ? Enfin bon, ça a le mérite de faire monter l’ambiance et c’est déjà ça de gagner, à moindre frais. On va donc dire : effet réussi !

Quand enfin le groupe monte sur scène et commence Pure Morning, là c’est le début d’une belle émotion Live comme je les aime. Ça claque bien, ça joue un Rock pêchu, limite dégoulinant, et ma foi j’adhère à 200%.
Brian et Stefan occupent le devant de scène et les 3 autres, le fond, mais c’est bien moins flagrant et dérangeant… Il y a même comme des échanges de regards et de sourires ! Bon, on ne sent pas non plus l’énorme esprit de groupe, mais ça passe ! Voilà déjà un défaut gommé !

Visuellement, le groupe exploite intelligemment l’écran géant et les lumières des Arènes. Assez bluffant et immersif. Encore un bon point ! (Je crois que je deviens fan et que j’oublie mes années 2000 !)

Puis, sans vraiment m’en rendre compte, un drôle de sentiment m’envahit, titre après titre. Je danse, je chante un peu, mais tout doucement je me rends compte que c’est très mécanique et que, si le corps réagit, la tête devient froide. En fait, je me rends compte que je m’ennuie ! Et quand, vraiment vers le milieu de Set je suis sûr que je ne vis pas le concert à fond, je commence à regarder autour de moi dans les gradins. Alors oui, il y a des applaudissements. Oui ça chante. Mais qu’est-ce qu’on est loin de la frénésie d’un Depeche Mode ! Le vrai baromètre, c’est le premier rang. Et là non plus ça ne sent pas vraiment la sueur… non, le public est plutôt calme et attentif. Sauf que c’est du Rock. Du bon Rock même ! Et que, logiquement, les riffs de guitares devraient te défoncent l’âme et te faire passer en transe ! Objectif qui est loupé pour le moment.

Et pourtant, le groupe arrivera à casser cette carapace du public sur le dernier tiers du concert. Without You I’m Nothing, avec ses images de David Bowie sur l’écran géant, occasionnera la première fissure. Et le trio dantesque Special KSong To Say GoodbyeThe Bitter End feront carrément exploser les premiers rangs et danser les mamies des gradins (ainsi que les vieux comme moi !). Placebo en est donc capable de cette osmose. De ce que tout le monde a envie de vivre pendant un concert.

Avant le premier rappel, le public redevient calme, semblant comme ne pas en demander plus. C’est déroutant. Le groupe reviendra pourtant pour reprendre ce bon concert, jusqu’au second rappel et sa reprise d’un titre de Kate Bush.

Je suis ensuite rentré en voiture dans mes pensées et très interrogatif. Mais qu’est-ce qui a manqué ce soir pour que tout le monde, dont moi, vibre à l’unissons d’un concert de Rock de bonne facture ?! Mais pourquoi diable Placebo déplace-t-il des foules (car les arènes étaient bien pleines ce soir), si c’est pour que cette foule n’en profite pas pleinement ? Mystère !
Brian n’a quasi pas causé. A enchaîné les titres comme s’il fallait aller vite. Ce côté autiste à la Franck Black, qui fait que les concerts des Pixies sont aussi plutôt mauvais à vivre, a probablement joué en défaveur de l’émotion. Et même si Stefan a été un marsipulami de 2m sur le côté droit de la scène, ça n’a pas suffit à lever la foule. Mais faut-il vraiment tout mettre sur le dos de Molko ?! J’avoue que je n’en sais rien… même si j’aurais tendance à dire que oui !

Je suis donc venu plutôt pessimiste. Je ressors mi-figue, mi-raisin. Je laisse malgré tout la porte ouverte à un nouveau concert, même si ça n’arrivera probablement plus jamais.

Composition

  1. Pure Morning
  2. Loud Like Love
  3. Jesus’ Son
  4. Soulmates
  5. Special Needs
  6. Lazarus
  7. Too Many Friends
  8. Twenty Years
  9. I Know
  10. Devil In The Details
  11. Space Monkey
  12. Exit Wounds
  13. Protect Me From What I Want
  14. Without You I’m Nothing
  15. 36 Degrees
  16. Lady Of The Flowers
  17. For What It’s Worth
  18. Salve To The Wage
  19. Special K
  20. Song To Say Goodbye
  21. The Bitter End
  22. 1er Rappel : Teenager Angst
  23. Nancy Boy
  24. Infra-Red
  25. 2nd Rappel : Running Up That Hill (Kate Bush)

Date Limite de Consommation

  • Concert dans le cadre de la tournée 20 Years  of Placebo World tour 2016/2017
  • Album défendu : toute la discographie du groupe !

Site de Production

Page Officiel : http://www.placeboworld.co.uk

Ingrédient

  • Brian Molko : Chant & Guitare
  • Stefan Olsdal : Basse
  • Nick Gavrilovic : Guitare
  • Fiona Brice : Violon & Clavier
  • Matt Lunn : Batterie

Remerciements

  • Morgane @ Adam Concerts

Appellations d'Origine Contrôlée

Un de nos Instagrams de la Soirée

concertsenboite

Visuellement c'est beau... y a pas à tortiller du cul #placebo #placebo20

  • par

    19 juillet 2013

    Photo du concert

    Team Ghost @ Théâtre Antique (Arles)

    C’est parti comme A Forest des The Cure, avec une longue note au piano : d’entrée c’est du meilleur effet ! Bon, petite décep­tion, c’est une compo per­son­nelle :).Mais j’avoue qu’il aurait été gon­flé de par­tir sur une reprise. En ...

  • par

    16 juillet 2013

    Photo du concert

    Chvrches @ Arènes (Nîmes)

    Compte tenu des conditions photos assez compliquées, je n'ai pas vraiment pu écouter et me faire un avis définitif. Du peu entendu, c'est extrêmement teinté année 1980 et plus spécialement d'un genre de New Wave/Electro ...

  • par

    18 avril 2015

    Photo du concert

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    Quand on connait mon attirance pour la scène New-Wave/Cold-Wave, on comprend que j'étais impatient de découvrir Live cette nouvelle scène française ! Et, dès les premieres notes de claviers, plus aucun doute : c'est ce ...

La Zone des Lecteurs

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