03 août 2018 à 18:41

Etalagiste : •

Spotify dans mon environnement

Introduction

J’ai toujours été un grand fan du support Cd. Cela m’a amené à en accumuler un certain nombre et à investir dans un superbe système Hi-Fi, capable d’aller chercher le moindre détail de ces galettes. J’ai donc de quoi être ravi et faire vibrer mon âme grâce à la musique.

On m’a aussi longtemps (et encore maintenant) vanté les qualités du vinyle, mais rien à faire ce n’est pas ma génération et ça ne m’intéresse pas.

Très matérialiste pour autant, je n’ai jamais non plus été intéressé par le streaming. Mon écoute de fichiers se limitant jusqu’à peu à avoir une partie de ma Cdthèque rippée, pour l’écouter ensuite via le téléphone ou l’iPod, en voiture via bluetooth, ou encore avec écouteur quand je suis en déplacement.

Et pourtant, depuis une petite année, j’écoute dans de plus en plus de conditions du streaming : flemme de mettre un Cd; écoute en avant première ou pour se faire une idée sans devoir acheter; écoute en attendant le Cd; etc… Et ma foi j’y prend goût.

Alors pourquoi Spotify ?

C’est l’arrivé de l’enceinte Muso-Qb de Naim dans ma chambre qui m’a fait prendre un abonnement streaming. Le Muso-Qb permet en direct l’écoute de Spotify ou de Tidal. Sentant un potentiel et une facilité certaine d’écoute, j’ai décidé de craquer pour un de ces deux systèmes de streaming.

Le choix de l’un ou l’autre des services ne fut pas vraiment compliqué. Tidal annonce une qualité de fichiers supérieure et une bibliothèque à peu près équivalente à la concurence. Sur le principe, c’est ce service que j’aurai dû choisir ! Mais c’est en fait l’aura de son propriétaire, Jay Z, qui ne m’a pas donné envie de franchir ce pas et qui m’a laisser présager de son orientation R’n’B, Hip-Hop et autres courants musicaux qui ne me touchent pas. Tidal aurait été poussé par des artistes importants à mes yeux, je crois que j’aurai quand même craqué. Mais là, vraiment, le signal envoyé ne me plait pas. C’est très personnel et probablement mal fondé, je l’avoue. Mais je suis le client et je choisi, quelque soit mon critère.

L’image plus lisse de Spotify m’a rassuré. Après quelques recherches, j’ai aussi trouvé chez le suédois tout un panel de musique qui a fini de me rassurer. Je n’ai fais aucune recherche chez Tidal même si je pense que c’est quasi aussi bien fourni ; mon parti pris est assumé. La qualité est moindre (compression supérieure), mais pour écouter au départ que sur une « petite » enceinte, c’est largement assez.

Je franchis le pas le 25 Juin 2017 avec un compte premium à 9,99€ par mois. C’est une bagatelle quand mon budget Cd est entre 700 et 1000 € par année. C’est que ça coûte cher ! Surtout les éditions Deluxe annuelles de Steven Wilson 😉

Mes différents moyens d’écoute

Iphone

Sur l’iphone, l’application est simple. Le plus souvent je prends l’onglet Recherche. Je tappe l’artiste que j’ai envie d’écouter. Puis soit je lance une lecture aléatoire, soit je choisis un album en particulier. C’est évident, rapide et très logique.

J’utilise peu les playlists, que ce soit celles automatiques, ou d’autres construites par moi même.

Les rares fois où je choisi le mode d’écoute par playlist public, c’est pour animer une soirée entre amis, ou pour un moment précis dans la journée. Dans les deux cas, ça me permet de sortir de mes sentiers battus et c’est assez sympa.

L’écoute se gère ensuite comme si c’était de la bibliotèque musique de l’iPhone : j’ai les mêmes raccourci en écran de veille et les mêmes moyens de contrôle.

Au besoin, je peux aussi envoyer le flux en bluetooth sur la voiture, les commandes au volant ou au tableau de bord prenant la main. J’ai même le titre de la chanson et la photo de l’album qui s’affiche, comme si c’était un titre rippé sur l’appareil. Bravo !

Je n’écoute jamais le mode Radio. J’ai pas bien compris ce principe par rapport à une playlist.

Muso-Qb/ Muso / NDX

Affichage sur le Muso ou Muso-Qb

C’est une fois le morceau suivi sur l’iPhone que l’on peut basculer sur l’une des enceintes et le streamer.

L’écoute est alors indépendante. On peut même éteindre l’iPhone, l’équipement se débrouille pour dérouler la playlist ou l’album.

Les commandes sur le Muso-Qb / Muso permettent de passer au titre suivant/précédent ou de faire pause.

S’il y a un changement de playlist ou d’album, il faudra repasser par l’application.

Le Muso-Qb dans la chambre est devenu le compagnon parfait pour l’écoute d’un album avant de s’endormir, tandis que le Muso sonorise le salon.

Les petites enceintes n’ont aucun affichage quant au titre ou à l’album écouté. Il n’y a qu’une précisions Spotify  permettant de savoir d’où vient le flux musical.

Le NDX affiche quant à lui pas mal de détail sur la piste en écoute. C’est ainsi que l’on peut lire :

  • Le titre de la piste
  • Le nom de l’album
  • Le nom de l’artiste
  • Le temps de lecture

Ses touches frontales permettent aussi de naviguer à l’intérieur de la sélection. C’est largement moins pratique que via tablette/iPhone, mais ça peut dépanner.

La grande force de ces trois sources Naim (et c’est probablement vrai avec d’autres ensembles mono-marque !), c’est que l’on peut les passer en mode multi-room. Ainsi, en passant par l’application Naim sur iPhone, je peux écouter en multiroom Spotify.

C’est pratique quand je fais le ménage dans toute la maison, la musique me suit. (Eh oh qui ose dire que ce n’est pas souvent !) 🙂

Ordinateur

Application Spotify sur Mac

Spotify a une application sur Mac OsX. Tout y est parfaitement simple d’utilisation et en 3 clics on est capable de lancer sa musique.

Comme sur l’iPhone, par le petit menu en bas à droite, on peut décider d’envoyer le flux sur un des systèmes connectés. Super pratique quand on travaille sur ordinateur et que l’on a une source à portée d’oreille !

Le contrôle du volume est toujours possible via le Mac. C’est un détail, mais je suis sidéré que ce contrôle puisse agir directement sur les Muso ! Et, en tout cas, c’est très pratique.

Et la Qualité au final ?

Que l’on soit clair : je n’ai pas d’autre moyen de streaming. Je ne peux donc pas comparer Spotify avec Deezer, Qoobuz, ou même Tidal.

Une vrai comparaison peut par contre parfaitement se faire dans la salle d’écoute. Les deux challengers sont :

  1. A ma gauche : le NDX de Naim avec un fichier numérique en streaming
  2. A ma droite : le CDS3 de Naim avec un Cd

Ces deux ensembles sont ensuite branchés sur les mêmes préampli/ampli et paire d’enceintes. C’est donc bien rigoureusement les deux éléments et leur support réciproque que l’on peut comparer.

Kesako tes appareils !?

Naim étant une marque peu diffusée si on ne s’intéresse pas à la Hi-Fi, ou en tout cas peu connue du grand public, je me dois de vous signaler que c’est une marque anglaise juste fabuleuse à mes oreilles. Sa réputation n’est plus à faire et sa production est plutôt haut de gamme. Je vous laisse chercher les prix sur Internet pour vous en rendre compte. Pour mémoire, je n’ai quasi rien acheté neuf, car le marché de l’occasion est assez dynamique. Les primo-possesseurs ayant rapidement tendance à vouloir « upgrader » leur matériel. Je me suis moi aussi inscrit dans cette démarche de montée en gamme : c’est mon troisième lecteur CD de la marque. J’ai commencé par un amplificateur intégré, avant de monter par deux fois dans la gamme. J’ai changé d’enceinte une seule fois, je suis calme sur ce point (même si j’ai une idée derrière la tête !).

Le CDS3 est l’un des fleurons haut de gamme en lecteur Cd. Chez Naim, seul le CD555 encore produit est techniquement supérieur et encore le rendu n’est pas le même. Certains, comme moi, lui préfèrent le CDS3 plus doux et même musical. Aujourd’hui, le CDS3 n’est plus produit, l’écoute CD n’étant plus dans l’air du temps 🙁 .

Le NDX est un streamer lui aussi haut de gamme, détrôné par le NDS et le ND555. En toute logique, ce streamer est à rapprocher du CDX2, le lecteur juste en dessous de CDS3 dans la gamme, tandis que le NDS serait l’égal du CDS3.

Tout ça pour dire que sur le papier, le CDS3 est – au moins aux oreilles de Naim et au porte feuille des audiophiles – un lecteur probablement plus abouti que le NDX.

Toujours sur le papier, le CD contient en toute logique plus d’informations que le fichier streamé et compressé sur Spotify.

Alors ! Alors ? À l’écoute ça dit quoi ?

Sur mes petites enceintes Naim que sont le Muso et le Muso-Qb, là pas de débat : c’est une écoute agréable et d’une qualité très bonne. Largement suffisante pour l’utilisation demandée. Le Muso va un peu plus loin, avec plus de corps et de basse, et c’est normal. Mais sincèrement, le petit Muso n’a pas à rougir et c’est parfait en musique de chambre, sachant qu’il est capable de sonoriser un salon de taille moyenne.

Pour le gros système, si donc sur le papier il y a logiquement une longueur d’avance pour le lecteur Cd, dans les faits c’est aussi le cas. C’est probablement très audiophile, mais il faut écouter pour s’en rendre compte. C’est d’autant plus clair quand on connait parfaitement le morceau.

C’est ainsi qu’un soir de flemme, je passe par Spotify pour m’écouter Music For Nurse d’Oceansize. C’est fondamentalement bon sur le NDX, mais je ne ressens pas la vie, ni les détails habituels. La scène sonore est aussi légèrement plus réduite, moins ample. Les voix manquent aussi de ce petit truc, ce petit grain qui rajoute de l’émotion. Ça me perturbe tant que je repasse le morceau sur Cd pour constater ce fossé émotionnel.

En plus de cette qualité musicale, le CDS3 apporte aussi un petit truc en plus par l’utilisation du Cd, que l’on place en ouvrant la trappe supérieure. Celle-ci redescend ensuite tout doucement après une première touchette et ma foi regarder cette trappe redescendre, c’est déjà de la musique 🙂 C’est une partie importante du rituel, là où les clics clics sur l’iPhone ou le Mac sont moins glamour. On sait que la mise en situation est un facteur important, comme si cela préparait déjà le cerveau à l’écoute.

Mais soyons honnête : le NDX et son fichier comprimé ne sont pas non plus rouges de honte et la déculottée se joue sur quelques détails. Et forcément pendant une écoute très attentive. De plus, sur certains enregistrements ou certains types de musique, l’écart est d’autant moins perceptible.

En d’autres termes, je pourrais imaginer n’avoir qu’une écoute streaming si Spotify avait tout mes Cds. Si mon écoute est distraite. Si mes Cds étaient tous mauvais. Et si je m’intéressait au classique, plus sensible à la qualité de retranscription.

Les limites de Spotify ?

La Qualité ? Fausse limite !

Comme décrit précédemment, la première limite est de ne pas pouvoir aller aussi loin que le Cd. C’est probablement voué à s’atténuer si un jour il y a des fichiers HD  (comme sur Tidal par exemple). C’est donc une limite virtuelle. Et le faut comparer avec un bon lecteur Cd pour s’en rendre compte.

Il existe même des streaming avec des qualités de fichiers supérieures au Cd ! Il suffit à Spotify de se lancer aussi dans ce créneau, quitte à rajouter 5 ou 10€ au forfait pour ceux intéressés par cela.

Streaming = Internet

C’est probablement terre à terre, mais l’une des autres grandes limites du streaming c’est internet. Un soir de panne réseau, c’est walou ! Rien, makache !

C’est tout aussi vrai quand on a pas de réseau et que le bâtiment n’a pas de wifi. C’est du vécu quand, en dernier recours, j’avais tenté de passer par la 4G de l’iPhone en me connectant en USB à l’enceinte. J’étais alors péniblement en Edge et l’écoute était donc assez aléatoire sur la durée.

Plus souvent, on rencontre malgré tout quelques petites pertes de réseau certains soirs et là pouf : l’écoute stoppe net dès que le buffer est vidé. Le NDX semble encore plus critique sur la qualité du réseau.

Spotify n’a pas toutes les productions officielles, surtout en Live

Enfin, et c’est le soucis le plus important, Spotify ne pourra vraisemblablement jamais avoir certains Cds de ma collection.

Voici une petite liste issue de mon expérience, et pourtant je tape dans du lourd :

  1. Adèle : On ne parle pas là d’une artiste émergente. S’il y a bien 19, 21, 29, pléthore de singles et autres participations (comme celle de James Bond) et bien il n’y a pas le Live at the Royal Albert Hall ! Je ne me l’explique pas.
  2. Archive : On y trouve tous les albums SAUF Controlling Crowds Part IV. C’est d’autant plus étonnant que Controlling Crowds Part I – III sont bien présents. Il en va aussi de même avec les deux bootlegs officiels de 2010 enregistrés à Paris et Bruxelles.
  3. Pink Floyd : Il manque tout simplement Is There Anybody Out There?  Le Live de 1980 issu des quelques dates de la tournée The Wall. C’est hautement dommage, tant le Live dépasse l’album pour moi.
  4. Pixies : On ne retrouve ici aucun des bootlegs officiels. Je pense par exemple aux excellents 2004 The twelve final shows. Mais il y en a d’autres qui existent de façon officielle et qui ne sont pas là.
  5. Bauhaus : Comme pour les Pixies, aucun bootleg officiel de la tournée américaine de 2005. Par contre, et c’est à noter, on retrouve bien un Live à l’Hammersmith de 1981 ! Mais pas le Live d’anthologie à l’Hammersmith de 1983 : Rest In Peace alors que c’est ce dernier qui détient toute l’essence Live du groupe.
  6. Porcupine TreeAnesthetize, Live officiel de 2010 ? Octane Twisted, Live officiel de 2010 ? We Lost the Skyline, mini Cd Live acoustique de 2008 ? Arriving Somewhere , DVD de 2006 ressorti sur Cd en 2018 ? Vous l’aurez compris c’est maigre en Live !
  7. Steven Wilson : Là aussi c’est tristounet… Pas de Get All You Deserve, le Live de 2012.
  8. Tori Amos : Out les 12 CD bootlegs officiels de la tournée 2005. Dommage, car chaque soir est assez fabuleux. Je pense par exemple à la reprise d’Oasis à Manchester, où en plus Tori envoit chier un auditeur un peu lourdingue. Pour autant, et c’est étonnant, il y a le Live à Montreux de 1991. Ce n’est pas pour me déplaire, tant cette jeune Tori Amos de 1991 est merveilleuse. On peut ainsi y écouter deux belles reprises de Led Zepplin et de Nirvana.
  9. The Cure : Si le choix est extrêmement bien fourni pour ce groupe mythique, il manque le rare Five Swing Live, Cd Live 5 titres de la tournée 1996 et limité à 5000 exemplaires (j’en ai un 🙂 ) Je sais, je vais un peu chercher le détail !
  10. Damien Rice : Je ne vois pas le très beau Live at Fingerprints : Warts and all. Vraiment dommage
  11. etc…

Vous l’aurez compris, c’est surtout des manques en enregistrements Live un peu confidentiels et pourtant tout à fait officiels. C’est grandement dommage et, à mon avis, ça ne sera jamais en streaming. Rien que pour ça, le CD a encore de belles heures devant lui selon moi, en plus d’avoir en version Deluxe un package juste sublime pour les yeux et le toucher.

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