Avis sur un show

11 juillet 2017

Lamomali @ Théâtre Antique (Arles)

Je Dis Mali !

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Evaluation de la Soirée

Note global du concert, 5.5 - 2 votes
Pas d'Evaluation des internautes
Note d'Ysabel
Note d'Arnaud

1 : Pas du Tout - 2 : Un Peu - 3 : Moyennement - 4 : Beaucoup - 5 : Passionnement - 6 : A La Folie

Conditions de mise en boîte

Les 3 premiers titres dans les crashes barrières, puis librement dans le théâtre.

Chronique

Etiqueté par Arnaud :

Dès son second album Je dis Aime, publié en 1999, et plus précisément dans les paroles de Mama Sam, Matthieu Chedid exprime cette attirance pour l’Afrique. « Je serais le plus blanc bec de tout les africains […] M’éloigner de Paname me f’rais le plus grand bien » …  C’était il y a plus de 15 ans, mais ça nous annonçait en quelques sortes ce futur artistique.

Amssétou, paru en 2009 sur l’album Mister Mystère, est un second coup de semonce africain dans la discographie du fils de Louis Chedid : « Au Mali j’ai retrouvé – Oh ma li, ma liberté« . Et là où Mama Sam est un titre d’un européen parlant de l’Afrique, Amssétou va bien plus loin et sonne définitivement malien. 

Besoin d’air ? Envie de lâcher -M- ou Mister Mystère ? Probablement ! Matthieu Chedid  semble bien trop complexe et créatif pour vouloir s’enfermer dans un costume ou un personnage trop étriqué pour lui. Il y a même un peu de David Bowie dans cette envie de briser les cases trop vite faites.

Îl, cinquième album du français, va dans le sens de ce lâcher prise, tout comme la tournée de La Famille Chedid est un pas de côté ! Et puis voilà assez naturellement, en début 2017, Lamomali. Nouvelle aventure musicale assez logique finalement, quand on regarde ce passé. Cette fois, c’est une escale définitivement et profondément africaine.

Ce soir, dans l’écrin merveilleux du Théâtre Antique d’Arles et dans le cadre du plus parfait festival tourné radicalement vers le Sud de la Méditerranée, Matthieu Chedid et sa folle équipe vient nous présenter Live cette Lamomali.

Est-ce alors étonnant d’ouvrir le bal avec ce Mama Sam, Matthieu en solo avec sa guitare et battant la mesure avec un tom à ses pieds ? Veste et guitare bariolés, l’artiste assume clairement sa fibre africaine. La suite du concert présentera une grande partie de Lamomali, avec ici et là des réminiscences revisitées de -M- ou de Mister Mystère.

Au final, nous ne sommes plus conviés à un concert, mais à une énorme fête culturelle. Plus de frontères, plus de couleur de peau, plus de guitare, de Djembé, de Kora ou de platine DJ ! Non : uniquement des vibrations, des sourires et, en résumé, du bonheur pour tout le monde.

Le Set finira par Amssétou… Il n’y a pas de hasard et c’est assez logiquement que Matthieu nous fait partager une dernière fois son bonheur d’être comme un malien.

Nous aussi ce soir nous avons tous été maliens et, dans cette période troublée qu’est la nôtre, c’est bien le plus beau des messages : #jesuismalien !

Etiqueté par Ysabel :

Après le passage de relai des sœurs Abunama-Elgadi et de leur incroyable Alsarah & The Nubatones – qui nous ont déjà bien mis dans l’ambiance – c’est au tour de Matthieu Chedid et de son projet Lamomali de prendre en main la suite de notre belle soirée des Suds à Arles.

Il entre seul. Pantalon noir de smoking, veste colorée toute en paillettes dorées – donc assortie à la ligne qui brille sur le côté de son pantalon – et juste sa guitare sèche … Mais attention : dont la tranche est assortie à sa veste, s’il vous plait 😉 ! La classe, toujours la classe et le sens de l’esthétisme. Quelques coups de drum au pied et le voilà parti. Il ne lui en faut même pas plus pour mettre le feu à maître -M- ! C’est simple, le public est déjà debout, bien décidé à assurer une ambiance de malade à ce Set qui commence à peine … Frétillement du geste et transmission de son savoir du lâché prise par le souffle : tout est là. Mais gare à ne pas bâcler le geste malheureux ! En tous cas, en deux deux nous voilà tous debout sur la première chanson. Je ne vois qu’une explication : ce mec est tout simplement le détenteur d’un pouvoir magique.

Un percussionniste le rejoint. Puis un compagnon chanteur, qui entre en dansant. Accompagné d’une femme qui fait de même, mais avec un chasse mouche à la main. Et, pour finir, deux joueurs de kora ferment la danse. Sidiki Diabaté et son père, le Docteur Diabaté ! Rien que ça.

A eux tous, ils entament Une Âme, avec ce chant de Fatoumata Diawara qui se mêle aux instruments à corde. A ces kora dont le corps si spécial offre une raisonnante toute particulière que j’adore … Ils sont à présent pas moins de onze sur scène. Les différents chanteurs venant tour à tour prendre la parole. S’entre applaudissant chacun leur tour. Et que dire de ce décor qu’offre le Théâtre Antique ?! Ecrin déjà merveilleux en soit, mais qui est ce soir magnifié par les hauts poteaux de bois de tailles différentes, surmontés d’une lumières, qui sont répartis sur toute la scène. Sans oublier le foisonnement de couleurs offert par leurs costumes. Chacun dans son style. Comme notre incontournable Brad Thomas Ackley en toujours aussi improbables casquette et lunettes rouges. Tous dans la danse. Tous prêts à nous embarquer avec eux dans le même voyage. Tous là pour partager avec nous une soirée mémorable.

Ambiance de rêve. Lieu de rêve. Lumières de rêve. -M- chantant face à face avec une Fatoumata Diawara qui part en toupie, toute entrainée qu’elle est par la musique. Matthieu sortant ensuite ses lunettes M lumineuses pour nous interpréter le Bal De Bamako. Encore une fois, ça danse de partout. Avec Pierre Juarez, derrière ses machines, qui nous offre un mini Rap, ses grosses lunettes de soleil à montures blanches vissées sur le nez. Côté public, ceux qui sont encore assis se comptent sur les doigts de la main. Fatoumata plumeautte -M- et nous avons droit à notre premier solo de guitare ! Oui, ce soir comme partout où ils passent, c’est juste de la folie. Et au vue de la longueur des morceaux, je pense qu’on est là jusqu’au petit jour les amis !

Cette fois, ce sont les chœurs féminins qui partent en anglais pour une intro plutôt Funk de L’Âme Au Mali. Les piliers de bois deviennent rouges. Puis de petites lumières en bande vertes montent tout du long. C’est tout simplement superbe. Sidiki Diabaté entreprend de jouer de la kora debout – et vu la taille de l’instrument, je pense que c’est du sport – en mode Rock Ethnique, à la fois assez improbable et totalement incroyable. Matthieu en mode marsupilami, bien évidemment. C’est comme toujours énorme.

Puis vient une sorte d’accalmie qui ne va pourtant parler que de tempête, les deux joueurs de kora restés seuls. « Salâm aleykoum Arles. Bienvenu à bord de Lamomali Airlines ». Avec amour et tolérance au programme, grâce à ce jeune homme. Ce « jeune Matthieu -M- » qui permet à ce père et à ce fils de rendre hommage ce soir à tous ces morts de l’océan. Hommage poignant et musical de toute beauté. Qu’ils enchainent avec La Fleur, tranquillement assis en compagnie de Matthieu en un pur moment de poésie. Il demande nos petites lumières, comme il aime à le faire, puisque c’est à nous de faire les belles étoiles … et second solo de toute beauté.

Du coup, tout le monde se retrouve regroupé sur l’estrade centrale. Comme pour une petite soirée entre amis. Avant que tous ne se lèvent d’un coup et que -M- ne demande de danser pour lui à ce théâtre plein comme un œuf, qui s’exécute de bonne grâce. Dansant. Chantant. Frappant dans ses mains. Sautant sur place. Puis gros déménagement d’une partie des musiciens, pendant que le public continue à chanter Manitoumani … mêlant l’Empire Mandingue et l’antiquité de ce théâtre ancestral, prouvant ainsi qu’il existe bien, selon -M-. Restent trois ondes sensuelles auxquelles s’ajoute celle de Fatoumata… et on est au paradis.

Tout cela lui donne envie de penser à un artiste qui lui aussi a eu ce lien si particulier à l’Afrique. A Daniel Balavoine dont il va nous offrir une cover juste incroyable. Vraiment un truc de ouf. Un très très bel hommage à la fin duquel il demande à Fatoumata de venir danser pour nous et qui va même lâcher ses nattes perlées pour accompagner les mouvements gracieux de son corps emporté par la musique.

Au retour des koras, il nous est demandé de refaire les étoiles pour accompagner une composition de Sidiki Diabaté cette fois. Un chant d’inspiration traditionnel au départ, mais qui tourne rapidement à carrément de l’Electro. Sur lequel nous sommes fortement enjoints à sauter comme il se doit. Boubacar Dembélé venant même le rejoindre en devant de scène, armé de son djembé, pour ce morceau qui devient d’anthologie quand il dérive sur du Vas-y Francky C’est Bon (si, si, je vous jure 😀 !) et qui s’enchaine, sans autre préambule, avec le non moins festif Machistador. Lumières en arc-en-ciel – ou gay friendly, au choix – et gros spots qui tournent. Lunettes M de lumière pour Matthieu et son acolyte Pierre qui sautillent comme des damnés, jusqu’à l’arrivée de Mountaga Diabaté équipé de même et qui nous offre une incroyable digression en malien.

Pause les doigts en l’air : « Vous avez plein de choses à vous dire. Alors on va faire un vrai silence de théâtre antique, pour ceux qu’on aime, qui ne sont plus là … Un silence de qualité […] Merci ! ». Puis il nous demande d’avoir une petite pensée pour son équipage, son et technique, de tournée. Pose ses lunettes magiques sur la tête de Toumani Diabaté et partage une autre pensée pour sa grand-mère Andrée Chedid, qui a écrit le texte de la suivante et dernière : Toi Moi. Concluant le tout sur un immense « Merci ! On vous aime !! » et un salut de tous sur l’estrade principale. Matthieu Chedid les pouces en l’air.

Pour le rappel, il va rester seul pour commencer Je Dis Aime. Rejoint par tous, mais un par un. Sidiki Diabaté pour l’accompagner au chant, mais qui nous laisse reprendre pour lui le refrain, entre le premier. Batterie et basse ensuite. Puis tous les autres, ce qui provoque le même élan du public qui se lève pour les saluer, eux qui ont pris place devant nous en tout bord de scène. -M- fait vibrer sa guitare … Slam ou pas slam ?!? Et bien non, pas ce soir. Par contre, Sidiki Diabaté vient nous filmer, nous et toute la troupe qui salue à nouveau en se tenant par les épaules. Le public demandant déjà un autre rappel alors qu’ils ne sont même pas partis !

« Qui veut venir danser un peu ?! C’est la dernière. On a déjà beaucoup débordé et c’est un Festival ». Une petite dizaine de personnes monte donc les rejoindre pour sauter dans tous les sens, petits et grands s’en donnant à cœur joie. Un joyeux bordel, avec une seconde vague de participants qui part également à l’assaut de la scène. Puis tout le monde s’assoit pour écouter Toumani Diabaté, sa kora et son proverbe sur le savoir, le non savoir, que si tu le sais : fais le savoir ! « C’est ce que fait Matthieu Chedid » nous dit-il. Ils saluent une dernière fois et font redescendre les danseurs d’un soir. -M- présente une dernière fois tout son petit monde et ils nous quittent sur une sorte de chenille musicale, reprise en chanson par un public aux anges et complètement conquis.

Composition

  1. Mama Sam
  2. Une Âme
  3. Cet Air
  4. Bal De Bamako
  5. L’Âme Au Mali
  6. Lampedusa
  7. La Fleur
  8. La Bonne Etoile
  9. Manitoumani
  10. Onde Sensuelle
  11. Sauver L’Amour (Daniel Balavoine)
  12. Inianafi Debena (Sidiki Diabaté)
  13. Machistador
  14. Amssétou
  15. Toi Moi
  16. Rappel : Je Dis Aime
  17. Solidarité

Date Limite de Consommation

  • Album défendu : Lamomali

Site de Production

Page Officiel : https://labo-m.net/2016/12/14/lamomali/

Ingrédient

  • Matthieu Chedid aka -M- : Chant & Guitare
  • Fatoumata Diawara : Chant
  • Gladys Gambie : Chant (femme)
  • Mountaga Diabaté : Chant (homme)
  • Toumani Diabaté : Kora
  • Sidiki Diabaté : Kora & Chant
  • Brad Thomas Ackley : Claviers, Percussions & Guitare
  • Pierre Juarez : Machines
  • Mike Clinton : Basse
  • Boubacar Dembélé : Percussions & Djumbé
  • Lawrence Clais : Batterie

Remerciements

  • Laura @ Suds à Arles

Appellations d'Origine Contrôlée

Un de nos Instagrams de la Soirée

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