Avis sur un show

09 mai 2014

Peter Hook and The Light @ Espace Julien (Marseille)

Que la lumière soit ! Et la lumière fut...

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Evaluation de la Soirée

Note global du concert, 4.0 - 2 votes
Pas d'Evaluation des internautes
Note d'Ysabel
Note d'Arnaud

1 : Pas du Tout - 2 : Un Peu - 3 : Moyennement - 4 : Beaucoup - 5 : Passionnement - 6 : A La Folie

Conditions de mise en boîte

Librement dans la salle.

Chronique

Etiqueté par Arnaud :

C’est au milieu des années 90 que j’ai découvert et littéralement fondu pour le rock anglais des années 80. La porte d’entrée fut The Cure puis, petit à petit, une bonne partie de cette scène cold-wave/new-wave comme BauhausSiouxsie & the Banshees ou encore Joy Division.

Et si j’ai largement pu voir en Live The Cure, j’ai lamentablement loupé la tournée de Bauhaus du début des années 2000. Et je ne crois pas que Siouxsie ne tourne encore depuis une bonne dizaine d’année, si ce n’est quelques apparitions solo, mais sans l’essence même du groupe. Et voir Joy Division est chose impossible depuis un 18 Mai 1980 et la mort du leader charismatique, mais torturé, Ian Curtis. Fort heureusement, on peut encore retrouver l’esprit du groupe par son bassiste, à savoir Peter Hook.

C’est ainsi que son nouveau groupe, Peter Hook and The Light, monte sur scène non pas pour défendre un album tout frais, mais pour reprendre une partie de cette belle discographie. Outre Joy Division, le quintet reprend également du New Order, groupe né des membre de Joy Division, juste après la mort de Ian.

En résumé, en venant ce soir, on sait que l’on va avoir du réchauffé et qui plus est jamais avec le bon chanteur : soit parce qu’il s’est suicidé (Joy Division) soit parce qu’il est pas dans le groupe (à savoir Bernard Sumner pour New Order).

Et c’est finalement sur ce point que le groupe pêche. Si, indéniablement, on aime retrouver cette basse si caractéristique et ce son de guitare tout aussi unique (putain que ça sonne le bon Cure, j’adore !), on déchante assez rapidement avec la voix plus que limite et en plus sous amplifiée, voire même un peu triturée en sortie de console, pour essayer de la faire oublier (ou tout au moins ne pas trop la remarquer).

Bon, on ne va quand même pas cracher dans la soupe : ça reste un putain de bon groupe, avec un putain de bon son. Et, il faut entendre la salle sur Love Will Tear Us Apart pour bien comprendre l’effet de cette musique sur un public averti (car oui, le public de ce soir sait parfaitement pourquoi il est là !).

Je suis donc sorti avec une bonne banane, même si j’aurai un léger reproche sur la longueur du set. Je pense qu’on pourrait se satisfaire de 2 chansons en moins dans chaque partie, pour ramener le total à un peu plus de 1h30. Ne garder que la crème de la crème… même si j’aurai aimé entendre Cristal de New Order, mais elle est probablement trop pop pour cette soirée plutôt cold.

Etiqueté par Ysabel :

DeStijl nous quitte (mais il est clair que je vais chercher à les revoir le plus rapidement possible) et nous sommes fins prêts, impatients même de retrouver Peter Hook & The Light. La salle de l’Espace Julien s’est enfin remplie. Les lumières se tamisent et surprise : Une musique de fanfare (au sens propre), qui tourne un peu au Disney-Hollywoodien commence … Bon. Pourquoi pas. Mais pas d’inquiétude, ça va vite changer 😉

Ils entrent tous les cinq en scène et le premier constat qui s’impose c’est que clairement, leur truc, c’est la musique ! Parce que côté voix, pour Mister Hook, ce n’est pas vraiment ça. Pas très présente et pas plus assurée (du moins pour le moment). Par contre, une ambiance qui s’annonce prometteuse, avec un batteur avec presque la coiffure de Robert Smith et un second bassiste sur la gauche (le fils de Peter Hook) qui fait sonner sa basse comme peut le faire de sa guitare le leader de The Cure. Bref, on est donc bien dans la Cold Wave des année 80 ! Par contre, hyper calmes les garçons et tous sages.

La salle est plutôt dense. Il fait déjà chaud et la musique nous embarque tout de suite. La voix de Hook se lâche un peu plus … Et d’un coup, alors que ça me trottait depuis un moment dans la tête, ça me revient : je trouve qu’il a un peu la voix du chanteur de Human League (avec beaucoup moins de coffre tout de même). Bon clairement, ce n’est certes pas le chanteur du siècle, mais ça le fait et par contre musicalement, c’est franchement top. D’ailleurs, les premiers rangs commencent déjà à sauter sur place … Et si ça continue, ça va même plus bouger de notre côté que du leur !

A chaque fois, trois notes suffisent pour que tout le monde se mette à crier. Lui semble nous bénir de la main, un peu à la manière du King. Vocalement, il commence à prendre un peu plus du poil de la bête (en fait, cela va dépendre des morceaux). Par moment, ils jouent même quasi tous les cinq dans le noir et comme on se laisse vraiment prendre par leur son, franchement, ce n’est pas plus gênant que ça. Mais encore une fois, ce qui fonctionne, c’est vraiment la musique et la voix ne reste que très secondaire et en retrait. Par contre : quelle musique ! Même le mec du son ne tient pas en place 😉 !!

Sur scène, Peter Hook fait balancer sa basse à grand coups de hanche, avant de nous offrir un joli face à face avec Jack Bates, son fils. Puis il vient jouer juste au-dessus des têtes des premiers rangs, pour leur plus grand plaisir bien sûr ! Il va même nous sortir d’un coup un magnifique piano à vent (et vert, s’il vous plait !) … Juste lui, le clavier et un peu de cymbales pour commencer. Une petite baisse de régime ? Non, non. A la reprise, ce sentiment s’évanouie immédiatement. Et quand, au final de Everything’s Gone Green, nos deux bassistes se mettent à chanter ensemble, ça le fait tout de suite plus. Parce que sinon, c’est vraiment hyper hyper light. Pour moi, c’est typiquement le genre de concert où il faut se coller devant pour danser et profiter à 100% de l’ambiance.

Le public de ce soir est d’ailleurs clairement plus que fan et hyper fervent. Alors ça gomme un peu les défauts. On se laisse embarquer et on fait en sorte d’oublier que par moment, c’est compliqué de l’entendre, voir même limite audible. Mais après tout, comme c’est la salle qui chante, ben ça le fait quand même. Un petit côté survival tout de même, mais auquel je marche plutôt.

« Here we go… » et c’est reparti pour un tour avec True Faith. Une première partie de Set totalement consacrée à des morceaux de New Order. Cela devient un peu plus doux et à la limite, c’est mieux pour lui. Quand à la guitare façon Cure, j’adore définitivement. Petit changement de basse, ce qui donne l’occasion d’une jolie ovation. Mais il va vite la lâcher au final, pour se poster dos à nous et frapper sur une batterie électronique, avant de se barrer en nous laissant avec les autres qui continuent à jouer.

Retour de la lumière et pause sonore avec Trans-Europe-Express de Kraftwerk… Donc pas une réaction de public qui demande un rappel (au moins on ne fait pas semblant). Ils reviennent sur scène avec les deux basses qui sonnent à l’unisson et avec un Peter Hook qui tourne fiévreusement les pages d’un book. Que cherche-t-il ? On ne le saura jamais, parce que ça va être le début d’un marathon Joy Division qui va mettre le feu à l’Espace Julien et nous tenir jusqu’à la fin du concert.

Ça Rock un max, avec limite un ch’tit pogo devant, et un Isolation qui fait balancer le public et sa basse de droite à gauche. « Merci beaucoup ! » lance-t-il. A ce moment-là de la soirée, certains ont lâché l’affaire et sont sortis (il faut dire qu’il fait une chaleur à crever et que nous avons déjà eu une dizaine de morceaux), mais tous ceux qui restent vont se mettre à danser ! Du côté du fiston, ça taquine franchement et dignement surtout, aux vues de l’héritage paternel. En plus, ça enchaine sur un rythme d’enfer (ce n’est donc pas un rappel, mais une véritable seconde partie). Le seul problème, c’est qu’il est définitivement inaudible.

De beaux moments pourtant, comme cette main posée sur l’épaule de son fils pour marquer des moments de ralentissements par exemple, ou la fin d’un morceau. Et surtout un bonheur et un plaisir d’être sur scène qui est plus que palpable. Mais cette fois, c’est bel et bien la fin du Set qui pointe le bout de son nez (ceci étant, on a bien profiter, franchement). Il nous remercie et s’en va tout simplement. Et vu ce qui s’est passé la dernière fois, le public reste hésitant … Rappel ou pas rappel ?!? Dans la salle, c’est un peu mou et ça se vide même quelque peu. Il est vrai qu’il fait une chaleur à mourir, mais la lumière ne revient pas pour autant … Donc on va dire : Rappel !

Pour les trois morceaux qui vont suivre, il est vrai que le public ne va plus être aussi dense, mais il va peut-être danser encore plus. Tous les bras se lèvent et tout le monde saute sur place. Ce n’est pas forcément le plus jeune des publics, mais en tous cas il est en super forme, et c’est ce qui compte ! Peter Hook lève le poing en criant « Fucking you ! », sa basse complètement dégoulinante de sueur (je serais lui, je ferais quand même gaffe à l’électrocution 😉 !)

Vient la dernière … « Ok Marseille. Good night and God bless all of you ! » Avec un public qui va chanter Love Will Tear Us Apart en entière et les bras levés. Lui termine guitare au dessus de la tête pour maintenir encore et encore les vibrations de sa basse, puis même torse nu pour nous dire une dernière fois au revoir (il faut dire qu’il a souffert le pauvre et que cela fait un moment que je le vois souffler de douleur). « Merci ! Good night !! » et il laisse un public en nage, épuisé comme lui et qui s’est gaiement défoulé pendant ces plus de 2 heures passées en sa compagnie.

Composition

  1. Set New Order : Cries And Whispers
  2. Dreams Never End
  3. Age Of Consent
  4. I.C.B
  5. Your Silent Face
  6. Everything’s Gone Green
  7. Bizarre Love Triangle
  8. True Faith
  9. Temptation
  10. Blue Monday
  11. Set Joy Division : Digital
  12. Isolation
  13. Disorder
  14. 24 Hours
  15. Dead Souls
  16. A Means To An End
  17. New Dawn Fades
  18. She’s Lost Control
  19. Shadow Play
  20. Transmission
  21. 1er Rappel : Atmosphere – (Joy Division)
  22. Ceremony – (Joy Division)
  23. Love Will Tear Us Apart – (Joy Division)

Date Limite de Consommation

  • Album défendu : Live At the Lowry (DVD)

Site de Production

Site Offi­ciel : http://www.peterhook.co.uk

Ingrédients

  • Peter Hook : Chant & Basse
  • David Potts : Guitare
  • Jack Bates : Basse
  • Andy Poole : Claviers
  • Paul Kehoe : Batterie

Remerciements

  • Sephan @ ConcertAndCo
  • Lionel @ Poste à Galène

Appellations d'Origine Contrôlée

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    ahem juste comme ca en passant les cures ont tout volé aussi bien a joy division(la trilogie: seventeen seconds, faith ,pornography) et surtout à new order( à partir d in beteeen days jusqu a disintegration) reecoutez joy division et les new order (de cremony jusqu a technique ) vous comprendrez un peu plus le fait que ces 2 groupes furent les plus copies des 80s par leurs contemporains !!!

    • VN:F [1.9.22_1171]
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      Gilles,

      Nous allons rentré dans un drôle de débat. Seventeen Second est de fin 1979 soit de grosso modo de la sortie d’Unknown Pleasure.
      Faith est vraiment la juste continuité tandis que Pornography est assez proche d’un Bauhaus.

      Pour moi, il y a un creuset culturel où tout une série de groupe se sont servi et il me semble assez dur de définir une paternité.

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    Et bien voilà, c’est fait ! J’ai enfin pu voir et juger sur pièces celui qui a toujours été mon préféré chéri dans NO et à quasi égalité avec Ian dans JD. Rien à dire ou si, au contraire : entendre jouer du gros son compact et bien dark comme au bon vieux temps… pas d’effets superflus, des basses à fond qui cognent, une rythmique sans failles, une voix diesel qui chauffe lentement et finit en éructations quasi curtisiennes… bref, j’ai failli chialer et je n’ai qu’un mot à dire : merci à toi, Hooky, le seul à entretenir la vraie tradition mancunienne… — à Espace Julien.