Avis sur un show

18 novembre 2016

The Cure @ Arena (Montpellier)

Friday I'm With You Again ... & Again, & Again...

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Conditions de mise en boîte

Les 3 premiers morceaux, dans les crashs barrières. N’ayant pas trop le droit de traverser le centre des crashs, j’ai logiquement choisi le côté droit de la scène, au plus près de Simon Gallup !

Chronique

Etiqueté par Arnaud :

A concert exceptionnel (pour moi), chronique exceptionnelle (de votre serviteur !). Celle à venir sera donc organisée avec des paragraphes, des titres et un maximum d’impression possible. En espérant ne pas trop vous barber !

Introduction

Enorme fan intégriste depuis l’année 1994 et ce jusqu’au tout début de l’année 2006, j’ai pendant ces 12 années engrangé énormément d’informations sur le groupe et j’ai fait tout mon possible pour les suivre partout en Europe. Le Live de ce soir est donc au moins le 44 ou 45ème concert d’une longue série commencée à Lyon, pendant le Swing Mood Tour. Celui-ci fut une révélation pour moi et, aujourd’hui encore, j’en ai des images en mémoire.

Ensuite, si j’ai radicalement rompu avec cette passion et le groupe, il y a maintenant 10 ans, c’est que tous d’eux devenaient toxique pour moi, pour différentes raisons (que je ne développerai pas ici). J’ai alors décidé de tout arrêter, de ne même plus les écouter, et ma passion des concerts c’est alors reportée sur d’autres groupes. Ma boulimie Curiste devenant alors l’initiatrice de mon ouverture d’esprit… Et c’est en quelque sort ainsi que Concerts en Boîte est né.

Ma répulsion de la bande à Smith s’est ensuite calmée à l’aube des années 2010. Me sentant plus zen et moins dans l’excès, je me suis permis à nouveau l’écoute des albums et, de temps en temps, de l’un de mes (trop) nombreux enregistrements de concerts parmi ma collection.

Retourner les voir ce soir, c’est donc un peu comme un ancien toxico qui s’autorise une seringue pour voir sa réaction : retour vers une dépendance ? Constat d’un désintérêt définitif ? Ou, plus modérément, juste une bonne soirée parmi tant d’autres ? La modération n’a jamais été mon fort, mais je vais faire mon possible pour que le texte qui suit en soit au maximum le fruit.

Robert Smith

Rentrons dans le coeur du sujet et parlons de l’impression que m’a donné le leader incontesté de ce groupe mythique. Il m’a tant ébloui par le passé ! J’ai tellement vibré par tous les pores de la peau à mon premier regard, quand je l’ai vu monté dans le coin arrière droit de scène, attendant que le reste du groupe passe devant lui avant d’emboiter le pas.

Ma première impression ce soir, à l’entame de Shake Dog Shake, c’est que rien n’a changé malgré le poids (sic) des années. L’homme est toujours aussi possédé, n’a pas trop changé depuis 10 ans (il a plutôt morflé dans les années 90) et par dessus tout sa voix est la même, reconnaissable parmi 10 milliards. Que du bonheur !

L’écoute du dernier Live officiel, Bestival Live 2011, m’avait fait peur. J’y avais entendu un Robert singeant la chouette, en jouant à fond la carte de ses hululements si caractéristiques à la fin de trop de phrases. Etant si caricaturale que ça en devenait insupportable sur ce double CD. Ce soir, c’est le chant que je connais et c’est trippant : je peux replonger dans mes souvenirs à l’écoute de ces titres plus qu’entendus au fil des années.

L’artiste aussi reste inchangé et fait ses mimiques aux mêmes moments sur les mêmes chansons… Bon, c’est un peu ce qu’on lui demande depuis tant d’années donc à force, avec le recul, on peut regretter cette image comme figée depuis au moins 20 ans : même vêtements amples, même cheveux en pétards, même rouge à lèvres et fard à paupières noir. Aux vêtements près et à l’exception de 1986 où il avait les cheveux courts, c’est grosso modo la même image depuis 1982 !!

Quant à sa présence sur scène, elle me parait magnétique, mais c’est probablement subjectif. Pour autant, je le trouve moins communicatif qu’à mes souvenirs où, par exemple en France, nous avions le droit à quelques phrases dans la langue de Molière ici ou là. Ce soir, rien ! Pas de français et pas beaucoup plus d’anglais : ce sont les chansons avant tout… Même Friday I’m in Love n’a pas droit à sa petite introduction caractéristique quand elle est jouée un Vendredi ! Presque déçu sur ce point.

Simon Gallup

S’il est un artiste qui reste globalement le même, tout en gardant toujours son côté mauvais garçon assumé, c’est définitivement ce bassiste ! Il y a des rides en plus, une coupe de cheveux qui peut changer au fil des années, mais c’est tout : au plus profond, Simon est et reste toujours ce musicien sur ressort qui parcourt 10 fois par titre la largeur de la scène et pour qui chaque gros coup de basse mérite un saut ! Et, par dessus tout, il est l’épine dorsal du groupe sur laquelle chacun se cale, en rythme : c’est d’ailleurs vers lui que vont le plus les regards du groupe, Robert y compris.

Son jeu est si unique et colle si parfaitement à la musique de The Cure depuis plus de 35 ans. J’ai beau, par exemple, avoir entendu une petite trentaine de fois A Forest sur scène, ce soir je suis au taquet quand Simon  reprend en toute fin sa série de notes… Pour tout dire, j’ai cru y entendre le début de Forever et là j’ai failli m’évanouir.

Jason Cooper

Assumant son rôle de batteur depuis 1996, Jason est rigoureux et précis. Probablement plus technique qu’artistique, il assure malgré tout parfaitement.

Il n’est définitivement pas le roi des improvisations ou des surprises, et ce soir encore il se laisse oublier derrière ses fûts et ses cymbales. Désolé Jason je n’ai pas plus à dire sur toi 🙂

Reeves Gabrels

De la formation que j’ai connu dans ma décennie de fan, seule la guitare a vu passer plusieurs musiciens. J’ai ainsi pu écouter le placide Perry Bamonte pendant 8 ans, puis un petit peu d’un Porl Thompson plutôt décevant et trop conceptuel pour moi (comprendre pas du tout électrique et à l’image de son talent de 1992).

J’attendais donc beaucoup de la présence de Reeves après l’avoir découvert le siècle dernier lors du concert des 50 ans de David Bowie : il y est plutôt flamboyant et je suspecte d’ailleurs que se soit ce soir là que Smith l’ait découvert.

Et bien je suis sorti plus que déçu : presque invisible sur scène, il l’était tout autant dans l’apport instrumental. Rien, que dalle… Pas un seul beau solo ici ou là et, ma foi, il n’aurait pas été là que je ne m’en serais pas rendu compte. J’attendais par exemple beaucoup du solo de From The Edge Of The Deep Green Sea. Et bien le Porl de 1992 en reste le maître incontestable.

Roger O’Donnell

Si l’on arrive à oublier qu’il est sur scène (et ce soir encore, il reste caché derrière ses claviers sauf lors des rares exceptions où il se ballade avec un tambourin), le touché de Roger est important dans le groupe. Mais, ce soir, Disintegration étant peu en avant, il a une soirée plutôt tranquille.

Setlist

Il y a deux façons d’appréhender la liste des titres de ce soir. Soit en étant béotien ou jeune fan et alors c’est une soirée parfaite avec son lot de hits comme In Between DaysJust Like Heaven, Close to Me, Boys Don’t Cry ou encore Friday I’m in Love !

Si maintenant on est dans la peau d’un fan qui, par définition, ne croit qu’en Seventeen Second / Faith / Pornography / Disintegration et peut-être Wish, alors il n’y a pas grand chose à se mettre sous les dents. Il ne reste alors que ce Charlotte Sometimes plutôt rare et le classique One Hundred Years qui, même s’il est entendu assez souvent, reste un moment à part.

Tout laisse donc à croire que la part belle est donné aux hits, même s’il faut noter que les trois soirs en France ont été autant de shows profondément différents. Cette volonté de surprendre et de proposer chaque soir un concert différent est assez rare pour The Cure. De mon point de vue, c’est uniquement la tournée de 1996, le Swing Mood Tour, qui jouait à fond sur ces effets de surprises ! Et, personnellement, je trouve que c’est un point intéressant, démontrant que le groupe n’a pas envie de rester sur les mêmes chansons chaque soir.

Ce concert de Montpellier rentre malgré tout parfaitement dans un schéma Live sans album en guise d’épine dorsale : il y a de tout et de rien, pour faire un peu plaisir à tout le monde, mais surtour quasi rien de postérieur à 1996, comme si depuis 20 ans la créativité du groupe était désertique. Et ce n’est pas Wrong Number de 1998 qui fait exception : son Remix est ma sonnerie de téléphone depuis 15 ans, mais ça ne mérite pas mieux ! Au moins à l’époque de sa sortie, au moment des festivals, Smith se plantait quasiment systématiquement dans les paroles et cela donnait lieu à des moments rigolos, avant de repasser à du plus sérieux et intéressant.

Le groupe semble donc incapable de produire un show radicalement différent depuis plus de 15 ans et c’est, je crois, ma plus grosse critique de la soirée. Il faut remonter au Dream Tour de 2000 pour retrouver ce groupe défendre avec ferveur et entrain un album (c’était alors Bloodflowers). Depuis, j’ai l’impression que ce ne sont globalement que des soirées redites, saupoudrées de quelques inédits et avec, ici et là, d’exceptionnels concerts hors normes comme ont pu l’être les Trilogy Shows, adressés définitivement aux fans hardcore.

Enfin, si les deux nouveaux titres (It Can Never Be The Same et Step Into The Light) sont agréables à l’écoute… Ben ils ne sont que agréables. Pas vraiment de surprise. Ce sont de pâles copies de The Last Day In Summer (2000), ou de Treasure (1996), voire même de Trust (1992). Mais il va quand même falloir une écoute album, pour peut-être y voir une autre touche… Croisons les doigts.

Le Son

Ayant pour ce groupe l’habitude de TOUJOURS enregistrer mes concerts, afin de pouvoir partager mon enregistrement aux autres tarés de la planète, j’étais toujours plutôt au second tiers des salles, pas très loin de la table de mixage, d’où j’espérais capter le meilleur son possible et le moins de public possible. Et j’ai toujours été gâté avec, je dois le dire, des sons hors nomes. J’ai par exemple en mémoire un Festival Benicassim au cours du quel Muse m’avait fait vriller les oreilles, alors que The Cure avait eu un son cristalin.

Et le hasard des places achetées fait que cette fois encore, je suis à peu près dans la même configuration… Pourtant ce soir, pas de son fabuleux, mais une bouillie où la basse bouffe tout. C’est simple, il m’a fallu 3 min pour comprendre que le groupe jouait Give Me It, tant j’entendais un magma incompréhensible. Et j’ai pourtant un nombre impressionnant d’enregistrement de concert de 1984, seule année jusque-là où le morceau était joué.

Mais bizarrement (et en même temps heureusement) : dès que les titres étaient plus Cold (Charlotte SometimesOne Hundred Years, A Forest), là le son était beaucoup plus équilibré et agréable.

Le Public

J’avais en mémoire des foules avec des premiers rangs plein de clone de Smith : fare à paupière, cheveux hirsutes et tenue Cold-Wave. Il y en a bien eu quelque uns, mais pas tant que ça… Et, bizarrement, ils semblaient encore plus physiquement fanés que le vrai !

Non, dans la foule, c’est monsieur et madame tout le monde… Aller, soyons francs, plutôt autour de 40 ans, mais pas que. Je garderais d’ailleurs longtemps en mémoire ce petit couple de 15-16 ans, pas bien loin de moi dans les tribunes… Rigolo de les voir chanter sur quelques chansons (bon même s’ils ne connaissaient pas tout apparemment 😉 !)

Dans mon esprit, les concerts étaient toujours de grandes messes et j’avais toujours l’impression d’être entouré d’un maximum de fans. Le concert à l’Ancienne Belgique, en 2000, en étant le moment ultime, où 2000 personnes ont repris d’une seule voix Play For Today avant les rappels… De quoi te donner des frissons pendant tout une vie. Même Smith n’y avait pas été insensible !

Ce soir, outre le moment des rappels, on juge à peine de la fanitude de la foule sur le « So I try put your hands in the sky » de From The Edge of the Deep Green Sea avec 10% de la fosse qui lève les mains… Mouais… J’ai vraiment connu un public plus fan !

Etiqueté par Ysabel :

Autre parcours, autre vision de la fanitude … Pour moi aussi, The Cure, c’est beaucoup, beaucoup de souvenirs. Mais seulement des bons. Pas de ces souvenirs qui vous tarabustent un peu le bide. Non. Juste celui de mes années lycée faussement rebelles, où j’étais amoureuse du beau blond au regard mystérieux et en grande redingote noire. Et où mes vêtements sombres, mes longs cheveux roux et mon teint de porcelaine normande faisaient des ravages (oui, oui, ça a vraiment été à la mode d’avoir un teint de lavabo !)

C’est aussi, quand je suis rentrée un soir des cours, certaine d’avoir découvert The Groupe de la Mort qui Tue (que personne chez moi ne pouvait évidemment connaitre), le sourire amusé de mon père qui m’a sorti une bonne dizaine de vinyles de son impressionnante collection, avec dans le regard ce : elle est mignonne ! Dont je me souviens encore avec une tendre nostalgie.

Donc voilà, moi je ne suis qu’une petite fan comme tant d’autre. Une fan habillée comme madame tout le monde ce soir (parce que sincèrement, je pense avoir hélas passé l’âge de mes pulls noirs à manches chauve-sourie et de mon maquillage de pâlichonne pas loin d’être morte … Même si par contre, les bonnes grosses Dr. Martens n’ont, elles, pas encore quitté mes pieds !) Mais une fan quand même. Heureuse, il est vrai, de survoler les titres phares de mon éveil à la bonne musique Rock. Alors, même si je suis tout à fait consciente que la Setlist a sans doute été un peu fleuve, pour moi c’était un premier (et sans doute un dernier) rendez-vous Live avec le mythique The Cure. Et de quoi a-t’on envie dans ces cas-là ?! De chanter à tue tête les titres qu’on a toujours adoré et qu’on écoute encore avec le même plaisir … LovesongA ForestIn Between DaysFriday I’m In LoveBoys Don’t CryClose To MeWhy Can’t I Be You… Bon faut que je m’arrête, sinon y’en a pour la journée 😉

Par contre, effectivement, pour le son : un peu déçue dans l’ensemble. Trop loin sans doute (vraiment immense cette Arena de Montpellier !) Mais bon. J’imagine bien qu’à de rares exceptions, il n’est plus possible de voir ce genre de groupe dans une salle à taille humaine. Reste l’option du sitting 6h avant pour être dans les premiers tout devant … Mais sincèrement : plus l’âge, ni la foi ! Même si j’envie ceux qui ont encore le courage de le faire. Ceci étant, reste à cet éloignement un côté positif : je n’ai rien vu des changements physiques des uns et des autres … De loin, ils étaient comme j’en avais envie. Comme ils sont dans ma mémoire. Et puis voilà ! Parce qu’il ne fallait pas compter sur les écrans pour pallier à la distance : les images diffusées ou rien, cela aurait été pareil. Que des trucs d’ensemble bof. Même pas bien cadrés. Je pense des caméras fixes et sans aucun zoom. Aucun gros plans donc, à part ceux de la braguette de Simon Gallup, toujours à chercher les caméra lui, mais sous le niveau de la ceinture ! Ceci étant, cela avait le mérite d’être rigolo.

Voilà. Pour une fois, cela sera une chronique d’ensemble et d’impression à postériori. Pas de notes ce soir. Juste le plaisir de renouer avec le moi des années insouciantes. Juste l’envie de profiter à 100% d’un concert assez spécial à mon cœur … Et surtout la certitude que mon cher Arnaud aurait des choses bien plus intéressantes et plus pertinentes à écrire que moi. Un concert pour le simple plaisir de le vivre. Et du plaisir, j’en ai eu. Même si effectivement, cela n’a pas non plus été ma révolution Live de l’année. Juste le plaisir d’avoir partagé ce moment avec un groupe qui reste une référence Rock dans mon univers musical et dans mon vécu personnel.

Composition

  1. Shake Dog Shake
  2. Fascination Street
  3. A Night Like This
  4. The Walk
  5. Push
  6. In Between Days
  7. Sinking
  8. Pictures Of You
  9. High
  10. Charlotte Sometimes
  11. Lovesong
  12. Just Like Heaven
  13. From The Edge Of The Deep Green Sea
  14. One Hundred Years
  15. Give Me It
  16. 1er Rappel : It Can Never Be The Same
  17. Burn
  18. Play For Today
  19. A Forest
  20. 2nd Rappel : Step Into The Light
  21. Want
  22. Never Enough
  23. Wrong Number
  24. 3ème Rappel : The Lovecats
  25. Lullaby
  26. Friday I’m In Love
  27. Boys Don’t Cry
  28. Close To Me
  29. Why Can’t I Be You

Date Limite de Consommation

  • Album défendu : pas le cas pour cette tournée

Site de Production

Ingrédients

  • Robert Smith : Chant & Guitare
  • Roger O’Donnell : Clavier & Percussions
  • Simon Gallup : Basse
  • Jason Cooper : Batterie
  • Reeves Gabrels : Guitare

Remerciements

  • Juliette @ Adam Concerts

Un de nos Instagrams de la Soirée

concertsenboite

Retour vers le futur Avec #TheCure ... 🎼🎶

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