Avis sur un show

05 août 2011

Dans l’arène de Picasso @ Château de Vauvenargues (Vauvenargues)

Agréablement emporté pour cette seconde soirée qui sur le papier devait ressembler à la première mais au final pas du tout ! c'est toute la magie des acteurs et des musiciens différents

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Evaluation de la Soirée

Note global du concert, 5.5 - 2 votes
Pas d'Evaluation des internautes
Note d'Ysabel
Note d'Arnaud

1 : Pas du Tout - 2 : Un Peu - 3 : Moyennement - 4 : Beaucoup - 5 : Passionnement - 6 : A La Folie

Promotion en cours

Concerts en boîte, avec l’accord de Lemons Production, est à même d’offrir 10 places pour chaque représentation du 4 au 10 Août. Voir au paragraphe « Site de Production » un lien vers la programmation. Les 10 premiers à nous contacter (email ou via Facebook) seront retenus. En contrepartie, nous espérons un petit retour sous forme de commentaire en bas de cette chronique.

Conditions de mise en boîte

Librement en essayant au maximum de ne pas déranger le public. Compte tenu du faible niveau sonore (voix naturelle et instruments tout juste amplifiés) j’ai donc favorisé le 300 qui permettait d’être assez loin. Le lieu a aussi permis de pleinement utiliser les grands angles pour montrer au maximum la beauté du lieu.

Chronique

Etiqueté par Arnaud :

Une sublime soirée !!

J’ai été surpris, étonné et même captivé par l’interprétation de Florence Viala et Erik Ruf,qui ont apporté une autre couleur à la lecture.

Quant à Erik Truffaz et Marcello Giuliani, c’est sans surprise qu’ils ont su apporter ENORMEMENT à la représentation. C’est même sans étonnement qu’après presque chacun de leurs intermèdes improvisés en grande partie, le public applaudissait, comme si c’était un concert !

En conclusion, une nouvelle sublime soirée où le temps a défilé trop vite, la fin étant, dans mon esprit, à peine quelques secondes après l’entrée en matière.

Etiqueté par Ysabel :

Et oui, envie une seconde fois de passer la soirée au château de Vauvenargues, qui sert de décor, ce soir encore, pour la lecture à trois personnages du spectacle Dans L’Arène de Picasso. Mais, de par le jeux des changements d’acteurs et de musiciens, ce sera une lecture mixte cette fois, assurée par Florence Viala et Erik Ruf, qui seront respectivement les voix de Picasso Pense et Picasso Dit, la troisième voix étant toujours interprétée par Arnaud Charrin (je le rappelle, également co-metteur en scène avec Nicolas Di Manbro). Quand à la partie musicale, elle sera assurée par Erik Truffaz à la trompette, accompagné par Marcello Guilliani à la contrebasse.

Nous retrouvons donc la merveilleuse terrasse du château, mise à disposition par Catherine Hutin (la fille de Jacqueline Picasso, dernière épouse du peintre) et prenons place sous les pins, face à la Sainte Victoire, dans le même état d’émerveillement que la fois précédente : je pense qu’on ne peut se lasser d’un tel spectacle de toute manière …

Lorsque les acteurs prennent place sur la scène en plein air, ce sont les musiciens qui prennent les premiers la «parole». Truffaz passe parmi eux, comme un chat qui se faufilerait entre les tables, prenant possession de l’espace sonore tout en restant de la plus grande discrétion scéniquement parlant. Ils joue avec l’écho de la montagne devant le trio qui semble pensif. Le décor est planté et on commence le voyage vers un univers artistique et fantasmagorique d’une très grande intensité.

La résonnance de la contrebasse est juste parfaite, donnant beaucoup d’intensité. J’ai comme la sensation que cette musique fait écho avec Picasso lui-même : l’expression d’une dualité. La force et la puissance des instruments, opposées à la douceur du jazz qui est joué. L’émotion est palpable.

Par moment, Marcello se sert de son instruments comme d’une percussion, émettant ainsi une sorte de bruitage qui accompagne et soutient littéralement le texte. Et celui-ci, étrangement, me parait différent, tant la lecture et la personnalité des acteurs sont différentes. Ce changement du rythme opère quasiment un changement du discours. Ou plutôt, un changement du personnage qu’il dépeint. Le Picasso de ce soir semble moins fougueux et plus tempéré. La passion a laissé place à la sagesse de la maturité et laisse même entrevoir un personnage légèrement désabusé et d’une certaine manière, moins torturé. C’est un peu comme si l’on avait un Picasso à des âges différents. Je n’aurais jamais pensé qu’une seconde écoute me ferait aborder une autre facette d’une même personne. Un autre visage pour un texte qui est pourtant identique … Très belle expérience.

Les deux musiciens apportent également beaucoup à cette nouvelle vision du spectacle. Lorsque la lecture est en cours, ils restent figés comme des statues attendant le coup de baguette qui va les éveiller. En fait, on a gagné une quatrième voix tout simplement. La lune qui apparaît au-dessus de leurs têtes, la montagne Sainte Victoire qui fait face, l’intensité de la lecture … On est totalement pris par tout cela. Et j’aime beaucoup la forme de douceur qui est apporté par la lecture féminine de la voix de la pensée.

Autre moment d’une incroyable intensité que celui où est abordé la poésie mécanique qui, soutenue par le jeu de percussion, prend toute sa force. On est totalement dans ce que décrit le texte : des poèmes visuels, olfactifs et auditifs, tout à fait dans l’esprit de mélanger ce qui est différent, mais que l’on peut connaitre, pour en faire autre chose. Une parfaire illustration du propos. Et lorsque ce sont les acteurs qui se figent, il m’apparait que ces alternances de musique et de texte sont des tableaux qui se répondent. Que tous les arts se confondent.

«La peinture n’est pas faite pour décorer les appartements, non, c’est un instrument de guerre offensif !!» Quand Picasso se torture l’esprit face à la guerre qui meurtri son pays, on entend celle-ci gronder derrière lui, véritablement. Les jeux de Truffaz avec tous ces accessoires qui modifient le son de sa trompette, c’est juste fabuleux, subtil, pénétrant et magnifique. Quand Picasso Parle et que sa Pensée, assise à ses côtés, murmure à son oreille, tous deux dans un même regard vers les musiciens, l’esthétisme parfait de cette soirée est à son comble.

Et lorsque vient la fin. La fin de la soirée et celle de la vie de Picasso, l’évocation de ce 8 avril 1973 où la neige est tombée, les deux voix de Florence Viala et de Erik Ruf se répondent l’une à l’autre, face à face maintenant. Elles se reprennent, se commentent, puis viennent s’enchevêtrer l’une l’autre … Et le mot de la fin vient de la troisième voix, qui lit un texte extrêmement touchant de Jacqueline Picasso, emplie d’amour et d’émotion. Un au revoir à son peintre, qui est repris musicalement par Erik & Marcello … C’est de toute beauté, dans tous les sens du terme. Un tableau final où les trois regards semblent comme figés dans la lumière. Je dois avouer que j’ai mis quelques instants à réaliser qu’il fallait applaudir, tant l’émotion était présente. Ce fût une merveilleuse seconde soirée, qui fait écho à ma première et la complète à la perfection.

Composition

Lecture à 3 personnages pendant environs 1h30

Date Limite de Consommation

  • Cette lecture s’inscrit dans la tournée Dans l’Arène de Picasso qui se termine le 10 Août 2011

Site de Production

Présentation de la lecture : http://www.chateau-vauvenargues.com/UserFiles/file/artistes-et-programmation.pdf

Ingrédients

  • Eric Ruf : Picasso Dit
  • Florence Viala :  Picasso Pense
  • Arnaud Charrin : La Troisième voix
  • Erik Truffaz : Trompette
  • Marcello Giuliani : Contrebasse

Remerciements

  • Tommy @ Lemons Production

Appellations d'Origine Contrôlée

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  • VA:F [1.9.22_1171]
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    Merci pour cette belle soirée la dernière 'dans l'arène de Picasso". Pourant admiratrice du peintre, j'ai encore bcp appris et renforcé  mon admiration pour cet artiste. Bravo aux acteurs qui ont su si bien animer ces textes déclamés avec bcp de talent et ainsi nous rapprocher de l'artiste comme s'il était présent parmi nous.

    Merci également à ysabel et Arnaud pour leur invitation.