Avis sur un show

05 juin 2015

Paul McCartney @ Stade Vélodrome (Marseille)

Un dieu au Stade !

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Conditions de mise en boîte

Les deux premiers titres, en étant au niveau de la console, soit à 40m de la scène. Cela restera malgré tout comme l’une de mes plus belles expériences photos, pour de multiples raisons 🙂

Chronique

Etiqueté par Arnaud :

C’est en arrivant aux abords du Stade Vélodrome que je réalise que ce soir, c’est ma rencontre avec l’artiste probablement le plus majeur du siècle, avec tant de tubes connus sur le bout des doigts et d’albums mythiques, en solo ou au sein des diverses formations !

Si d’ailleurs nous avions, par hasard, oublié ce passé, le début de soirée nous fera nous en rappeler : chansons du Sir en boucle dans les couloirs du stade, DJ reprenant du Beatles en première partie, puis une vidéo d’au moins 30 minutes sur un fond sonore du même acabit, pour préparer l’arriver du dieu ! Au moins, pour le prix de 3h de McCartney Live, on en a 5 🙂

Entre ma session photo, un peu sportive, puis le retour à ma place, je ne profite vraiment du concert que vers Paperback Writer ! Et, d’où je suis placé, je suis plutôt déçu : le son est en bouilli et, ma foi, ce n’est qu’un petit pin’s dans cet immense stade ! Le son et la vue doivent être meilleurs en pelouse, probable seul endroit où il faut être ce soir pour vivre pleinement ce concert.

Il me faut donc encore quelques titres pour accepter ces conditions assez catastrophiques et même plus encore pour définitivement plonger.

En effet, j’aurai tendance à penser que le concert a évolué pour moi sur plusieurs étapes :

  • Un premier cap est passé quand j’ai vibré pendant The Long and Winding Road et surtout le magnifique Maybe I’m Amazed : Paul est alors à son top et je crois que je l’aime encore plus derrière son piano !
  • Un second cap est passé en même temps pour tout le stade, je crois, à partir de Michelle, quand tout le public a commencé à chanter et à vibrer ! Alors fini le relatif silence dans les tribunes avec, en apothéose, le trio final diabolique que sont Let It Be, Live and Let Die et Hey Jude, où là ça hurlait les paroles plus que ça ne les chantait, moi le premier ! J’avoue même avoir versé une petite larme pendant ce trio de tubes : tant de souvenir du passé, de mon père jouant ces titres au piano puis, plus tard, d’écoutes à la maison !
  • Mon dernier cap sera pour ma seconde petite larme versée pendant Yesterday ! Est-ce qu’il existe plus beau et plus intemporel morceau ? Je ne crois pas, tant sa simplicité en fait sa perfection.

Alors si on oublie les conditions forcément limites qu’imposent un stade, alors oui ce soir c’était merveilleux !

Etiqueté par Ysabel :

Je vais commencer par la petite phrase rigolote du jour, entendue à mon arrivé sur le parvis du Stade Vélodrome côté Jean Bouin, de la part d’un monsieur au téléphone : « Ah non, je peux pas. Ce soir, je suis à MaqueGarney ! » (avé l’accent bien sûr 😉 !) Et oui, voilà, on y est bien au stade marseillais, pour y retrouver un des quatre mythiques garçons dans le vent. Bon, après on a aussi celui qui a juste eu une invit’ (ou qui accompagne sa femme, je sais pas) et qui dit à son pote, toujours au téléphone : « Oui, je vais essayer de prendre des photos de machin là, pour te montrer le nouveau stade ». Ok ! Il faut de tout pour faire un monde comme on dit 😉

Mais revenons-en au pourquoi nous sommes là … Pour un concert historique. Un de ceux après lequel on pourra dire toute sa vie : J’ai vu McCartney Live. Comme je peux le dire fièrement de Davis Bowie. Par contre, il faut en avoir de la patience. Parce qu’avec une ouverture des portes à 18h (je vous passe les embouteillages pour arriver) et un spectacle qui commence vers 21h … Et encore, pas par le concert cash, non, mais par la projection d’un film de près de 45mn … C’est un peu longuet. Mais on veut voir une légende ou non, hein. Alors il faut la mériter !

Alors donc, images d’archive en noir et blanc qui défilent sur les deux écrans, de chaque côté de la scène, sur lesquelles chacun peut reconnaitre les Beatles et tous ceux qui ont pu croiser leur route. Le petit Paul, tout jeunot, avec les petits John, Georges & Ringo. Revue de presse des p’tits gars de Liverpool, ceux encore là ou ceux qui nous on hélas quitté … Le tout sur un font de sourd de basse et de Twist And Shout. Le film se déroule ainsi, mélangeant les photos à des images peintes, sur une BO plus que variée et parfois même surprenante … C’est sympa, mais vraiment très long, et le public commence d’ailleurs à manifester clairement son impatience. A 21h30, ça braille carrément. Et je peux vous assurer que ça sait siffler un stade quasi plein ! Moi, on m’avait dit que les anglais étaient super ponctuels … Je dis ça, je dis rien. Aller, encore un peu de patience, et nous voilà récompensés.

Il commence à chanter, certes, mais bon, un concert dans un stade, c’est forcément voir un pin’s hein. Pas Grave. On le savait en venant n’est-ce pas. Il nous fait coucou et on peut tout de même bien profiter de son visage espiègle, tout souriant, sur les jolis écrans géants : Bon pied, bon œil super papy au passage. Et très coquet en plus avec sa petite veste mauve ! Aller, oui, je taquine. Mais je dois reconnaitre que c’est mon premier concert en stade (et c’est aussi le premier de ce Vélodrome qui a fait peau neuve cette année), avec ce que cela peut avoir de space tout de même. Moi qui suis hyper fan des petites salles qui permettent d’aller véritablement à la rencontre des artistes, je me retrouve à avoir un peu la sensation de regarder ma télé. C’est assez irréel de se dire qu’on est bien à un concert en fait. Et le son apparait, pour le moment, assez « marmelade ». Mais on est là. Il est là. Et il nous lance un « Bonsoir Marseille ! » pour donner le top départ d’un show tout beau, tout propre et bien rôdé. Musiciens hyper discrets, tant par leur jeu de scène que par leurs tenues sombres. La star tout devant, qui est, en ce début de Set, globalement super statique.

« Ce soir, je vais essayer de parler en français ». Des images des Beatles, façon jeu vidéo ou cartoon défilent derrière eux. Le ton est donné depuis le début : ce sera du Paul McCartney très très Beatles ce soir. Et ce n’est pas plus mal pour créer une vrai interactivité avec le public et répondre à ses évidentes attentes. De plus, il prend tout de suite le pli en lançant un « Aller l’OM ! », salué comme il se doit. Mais il ne parait toujours pas plus détendu que cela, ni dans le lâché prise … On est venu voir un montre sacré, et c’est ce à quoi on droit. Mais, au risque de casser un peu le suspens, cela va évoluer au fil du concert.

Une chanson jouée pour la première fois en France. Une machine à écrire géante qui envoie des portraits à tout va sur l’écran de fond … Un surprenant Rock-Electro un peu psyché, et nous partons à la découverte du nouveau monde de McCartney avec Temporary Secretary et j’aime bien. Puis il tombe la veste (cela fait toujours son effet) et attrape une guitare couverte de ce qui semble être des stikers … Et le voilà en chemise blanche, les manches retroussées, semblant commencer à relâcher un peu la posture stricte qu’il arborait depuis de début. Musicalement, ça commence aussi à s’amuser : reprise d’Hendrix à la guitare et numéro de grosse brute à la batterie. Ça se réveille je vous dit 😉

Mais nous avons aussi droit à du Rock plus romantique, lui au piano (et oui, il sait très bien le faire ça aussi), comme avec My Valentine dédicacé à sa femme Nancy, accompagnée par une sorte de clip en deux morceaux, interprété en langage des signes par Johnny Depp d’un côté et Nathalie Portman de l’autre. La mise en scène et en image prend de l’assurance. Nous commençons à vraiment pouvoir entrer dans le concert. Et il va continuer ainsi sur les Wings, puis à nouveau les Beatles, toujours assis au piano. Se levant entre chaque morceau pour saluer les bras en l’air et terminant en offrant une chanson à la mémoire de Lynda.

« Vous êtes géniaux ! » (je crois que le français est aidé par quelques antisèches 😉 ). Un toit de maison descend, juste au dessus de leurs têtes. Il salut le public par quart (si je puis dire), pour n’oublier personne. Et nous propose une nouvelle exclusivité, rien que pour la France : Hope For The Future. Très BO de film celle-ci, avec des images pour l’accompagner qui vont tout à fait dans ce sens. Puis il décide de faire le compte des marseillais, des français et des autres … Souhaitant la bienvenue à tout le monde. Avec une sorte de décor de théâtre rouge qui s’installe derrière lui pour un And I Love Her qui nous offre le privilège d’assister à une danse du popotin, de dos, qui remporte un réel franc succès !

Sommes-nous prêts ? Voici Blackbird et ses chants d’oiseaux participatifs improvisés qui montent d’un peu partout autour de nous. Et lui qui se retrouve perché sur une plateforme émergée de la scène … Avec tout le stade qui se met à frapper dans ses mains en mesure : voilà qui est beau et qui fait sincèrement quelque chose.

La suivante sera « pour mon pote John ». Comme une conversation qu’ils auraient pu avoir ensemble … Avec une illusion de cascade sous ses pieds. La chanson est acoustique et de toute beauté. Un très joli moment, chargé de belles émotions, auquel va suivre une petite session au piano, mais Pop Art hein le piano ! Plein de couleurs, comme un arc-en-ciel. Hommage aux femmes avec, pêle-mêle et de manière non exhaustive, Lady Diana, Elisabeth II, Mère Thérèsa, Anne Franck, Tina Turner et même La Joconde. Il remercie le public, accoudé sur l’instrument bigarré comme s’il l’était au rebord d’une fenêtre, puis le quitte pour revenir en devant de scène en annonçant « Une chanson pour le petits », avec l’alphabet 😉 ! C’est le moment d’enchainer sur un festival Beatles, repris en chœur par tout le monde, qui commence par un Michelle magique. Et puis aussi Being For The Benefit Of Mr. Kite ! avec ses jolis volutes de lumières au-dessus de nos têtes et des leurs … Et là, je me dit : Mais EZ3kiel leur a tout pompé 😛 !!

Il y a aussi sorti du ukulélé pour une chanson dédiée à son « frérot Georges » (alors que John n’est que son pote hein … juste une remarque fielleuse au passage !) Ob-La-Di, Ob-La-Da pour laquelle on doit chanter une partie seuls et Back In The U.S.S.R. avec ses chœurs à la Beach Boys, accompagné un jeu d’écran encore une fois topissime. Juste dommage que cela n’ai pas été le cas depuis le début… On se fait vraiment la totale. Let It Be, et le public est en transe, avec toutes les petites lumières qui s’allument, ce qui procure à McCartney un plaisir qu’il nous fait partager … Alors, lorsque c’est James Bond qui démarque avec Live And Let Die : c’est carrément l’explosion au sens propre comme au figuré ! Les flammes, le feu d’artifice et même un bassiste qui tombe comme mort … On a droit à tout ! Paul s’en bouche même les oreilles sur le coup final, feignant de s’en plaindre et, quand tout le monde fait signe qu’il en veut encore, il fait signe qu’il n’en peut plus et qu’il est devenu sourd. Mais comme on insiste, Ok, il y en aura encore une. Et pas n’importe laquelle s’il vous plait : tout simplement Hey Jude, comme une communion après la tempête, avec un public qui va encore une fois chanter sous la direction du maestro.

Une demande de rappel, comme seul un stade peut en faire, commence; et son retour se fait avec drapeaux : français pour McCartney, anglais pour ses musiciens … Et même un de l’OM qui s’est glissé dans la bande. On reprend sur des tubes planétaires, pour faire danser tout le monde nous dit-il, et un scopitone d’époque excellent pour terminer avec Can’t Buy Me Love, à la fin duquel il vient faire au-revoir à tout le monde.

Dernier rappel … Avec un Yesterday qui, à lui seul, valait la peine de rester. Petit tour d’équilibriste sur Helter Skelter. Et, pour terminer, une sorte de medley Beatles avant lequel il nous demande clairement de rentrer chez nous 😉 « Maintenant, on doit y aller ! » Il remercie tout le monde au passage : « La meilleure équipe du monde », son « Fabuleux groupe » et nous ! « Merci. Au-revoir Marseille. On t’aime ! » avec feu d’artifice et confettis … Et bien, j’ai envie de dire : ça c’est du concert de légende !!

Composition

  1. Eight Days A Week (The Beatles)
  2. Save Us
  3. Got To Get You Into My Life (The Beatles)
  4. Listen To What The Man Said (Wings)
  5. Temporary Secretary
  6. Let Me Roll It (Wings) / Foxy Lady (Jimmy Hendrix)
  7. Paperback Writer (The Beatles)
  8. My Valentine
  9. Nineteen Hundred And Eighty-Five (Wings)
  10. The Long And Winding Road (The Beatles)
  11. Maybe I’m Amazed
  12. I’ve Just Seen A Face (The Beatles)
  13. We Can Work It Out (The Beatles)
  14. Another Day
  15. Hope For The Future
  16. And I Love Her (The Beatles)
  17. Blackbird (The Beatles)
  18. Here Today
  19. New
  20. Queenie Eye
  21. Lady Madonna (The Beatles)
  22. All Together Now (The Beatles)
  23. Michelle (The Beatles)
  24. Lovely Rita (The Beatles)
  25. Eleanor Rigby (The Beatles)
  26. Being For The Benefit Of Mr. Kite ! (The Beatles)
  27. Something (The Beatles)
  28. Ob-La-Di, Ob-La-Da (The Beatles)
  29. Band On The Run (Wings)
  30. Back In The U.S.S.R. (The Beatles)
  31. Let It Be (The Beatles)
  32. Live And Let Die (Wings)
  33. Hey Jude (The Beatles)
  34. 1er Rappel : Another Girl (The Beatles)
  35. Hi, Hi, Hi (Wings)
  36. Can’t Buy Me Love (The Beatles)
  37. 2ème Rappel : Yesterday (The Beatles)
  38. Helter Skelter (The Beatles)
  39. Golden Slumbers / Carry That Weigh / The End (The Beatles)

Date Limite de Consommation

  • Le concert s’inscrit dans la tournée « Out There! Tour »
  • Album défendu : New

Site de Production

Site officiel : http://www.paulmccartney.com

Ingrédient

  • Paul McCartney : Chant & Guitare
  • Rusty Anderson : Guitare
  • Brian Ray : Basse & Guitare
  • Wix Wickens : Clavier
  • Abraham Laboriel Jr : Batterie

Remerciements

  • Esther @ Adam Concerts

Un de nos Instagrams de la Soirée

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    Super chronique et super photos! Comme d’hab!!
    Perso j’étais en pelouse or, avec mon père, plein centre et je dois avouer que comme le dit Arnaud, c’est là qu’il fallait être! Un son de dingue, une certaine proximité, pour une revisite de titres de légendes, de redecouvertes et aussi de découvertes pures et simples qui m’ont fait commander des disques!
    Mention spéciale à Let i Be qui m’a tiré quelques larmes, forcément vu le contexte… Bref, un concert dans mon top 3 surement!

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      Merci pour ce retour Live Ju … Décidément : on va finir par t’embaucher comme chroniqueur adjoint si ça continue !!

      Bise et à vous recroiser sur un prochain concert 😉

  • VA:F [1.9.22_1171]
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    Houlà, non!! Je suis à des années lumière d’être capable de me dedoubler pour ecouter le concrt et penser à la chronique en même temps! Je préfère de loin vous laisser faire et revivire ou vivre mon concert à travers vos mots et photos! A tres vite!

  • VA:F [1.9.22_1171]
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    alors là chapeau Ysa!!!!
    tu as réussi à me refaire venir les larmes aux yeux en lisant ton compte rendu.

    Ce fut mon 6e concert de Macca, et malgré le peu de changement dans ses setlist depuis 20ans, ses concerts sont toujors des moments d’émotion. Sa musique est la bande son de notre vie collective depuis 50 ans !

    Ce concert, ce fut donc adrenaline, souvenirs, émotions, chaleur, frissons, bref ce fut surtout génial.!!!
    2heures de concert d’affilée avant les rappels, 2h 45 de concerten tout, McCartney est encore en forme et tant mieux pour nous.

    C’est quand meme dur de faire ressortir les meilleurs moments de ce concert, toujours autant d’émotion et meme larmichettes sur Maybe I’m amazed en hommage à Linda et Something pour George.

    et que dire du final du concert avec le medley d’abbey road et une battle de solos guitare entre Paul, Brian et Rusty !!!!!

    un « See you next time, à la prochaine » pour nous quitter, c’est sur, à 73 ans, Macca n’est pas pret de prendre sa retraite !!!!

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      Merci Laurent … Je suis hyper touchée 🙂

      Ça fait plaisir de voir ainsi notre passion partagée par vous tous !!
      Alors à très vite sur nos pages, dans une salle … Ou autour d’un verre 😉