Avis sur un show

03 octobre 2014

CharlElie Couture @ Cargo de Nuit (Arles)

La Ballade d'un ImMortel ...

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Conditions de mise en boîte

Trois premiers morceaux uniquement. La fosse étant pleine et aimant avoir un peu de liberté, je suis resté en mezzanine.

Chronique

Etiqueté par Arnaud :

Dilemme : Le même soir se produisait Julien Doré au Théâtre des Salins à Martigues et CharlElie Couture au Cargo de Nuit. Alors si les deux soirées étaient tentantes pour différentes raisons, nous avons retenu le moins « mainstream » (mais on espère retrouver Julien plus tard dans sa tournée 😉 ).

Aller à un concert de CharlElie Couture, c’est rencontrer un personnage atypique. Atypique par sa voix unique sur la scène musicale française et par une attitude tout en discrétion, malgré des années et des années de productions d’albums (premier album en 1978 : tout simplement l’année de ma naissance ! ).

L’artiste est aussi à part, parce qu’il maîtrise autant les mots et les notes que les pinceaux. Ses morceaux ne sont-ils d’ailleurs pas une mise en peinture musicale de scènes de vie ? Savoir qu’en plus ce dernier album est né d’une collaboration avec Benjamin Biolay, cela apporte encore plus d’intérêt à mes yeux. Car Biolay, on aime ou l’on déteste et, personnellement, depuis son concert à Aix, je suis dans la première catégorie (et j’en suis presque le premier étonné).

Durant ces quelques deux heures de concert, ou plutôt de rencontre en toute simplicité avec son public, CharlElie nous inonde de sa classe et de son calme. Le public, conquis d’avance et remplissant le Cargo comme jamais, est aux anges ! Et il a tout à fait raison, car ce qui se passe sur scène est beau… oui… tout simplement beau, pour les yeux comme pour les oreilles. Si je n’ai qu’une légère critique à faire, c’est peut-être de ne pas mettre encore assez en avant les nouvelles productions. Je crois que l’on aimerait tout ImMortel, ce sublime album teinté de spleen, de blues et de poésie.

Que dire de plus si ce n’est qu’il ne faut pas hésiter à rencontrer ce beau personnage, entouré en plus de très bons musiciens, à l’image de Karim Attoumane, guitariste qui le suit depuis de nombreuses années.

C’est définitivement le genre de soirée qui fait bon au coeur !

Etiqueté par Ysabel :

Ce soir, pour CharlElie Couture, c’est devant un Cargo de Nuit blindé, avec la mention « Super Complet » affichée sur la porte, que nous nous retrouvons. Et je confirme : même pas le temps de manger un bout côté bar (comme prévu), que nous gagnions la salle, de peur de ne plus réussir à se caser dans un petit coin tranquille ensuite ! (Je crois que de mémoire, je n’avais jamais vu autant de monde réuni ici).

La scène déjà prête laisse à penser qu’il n’y aura pas de première partie … Et c’est bien le cas. Leur entrée est d’ailleurs rapide et ponctuelle, avec la voix de CharlElie en « extérieur ». Puis il entre, micro en main … Et c’est un véritable Men in Black à barbe blanche qui prend rapidement place derrière le clavier, avec cette voix nasale unique et inimitable qui est la sienne. Petits jeux Electro dans la musique. Il se lève et vient prendre place derrière le micro, en plein centre de la scène, guitare au poing, presque irréel avec cet éclairage bleu par dessous.

A la fin du premier titre, son cri répond à ceux du public. Puis il nous fait aussi partager son plaisir de revenir « Dans ce Cargo amarré à Arles » dans lequel il était déjà passé il y a 4 ans. Commence alors un bon Rock des familles et une jeune femme juste devant lui se met à danser de plaisir alors que, sur scène, on assiste à un drôle de jeu à la fois assez statique et très engagé physiquement … Un style vieux de la vieille qui connait parfaitement la chanson !

Tout le monde commence gentiment à s’agiter dans la salle, se prenant au jeu à l’instar du guitariste qui se met à jouer instrument à la verticale sur son genoux. De son côté, la voix de CharlElie part dans les aigüe, faisant à elle seule écho à sa pédale wah-wah, pour une de ses histoires un peu décousue et juste excellente. Les instruments prenant possession de l’espace, couvrant même sa voix … Et le public qui s’éclate !

On redescend ensuite un peu (mais seulement un peu), après la jolie tempête du Menteur De Métier. Un rythme qui joue ce qu’il faut sur la langueur, avec son soupçon de Blues … Comme elle est belle cette Comédienne Bipolaire (petit bijoux de son dernier album co-écrit et produit par Benjamin Biolay). On enchaîne et on change d’univers, avec un morceau amusant, tout en anglais, un peu en mode « Brian is in the kitchen » ! Lui ricane. Joue avec les mots et la musique … Cette musique qui monte, qui monte … Et les cris du public avec ! (Il en tire même la langue de plaisir à la fin).

Démarrage tout en bleu pour Tchao Pantin, presque inquiétant même, s’il n’y avait pas ce sampler d’accordéon pour rendre cela plus léger. Juste dommage que les paroles ne soient pas toujours très saisissables, mais qu’importe aux fans : Ce qui compte c’est cet univers qu’il leur offre, définitivement personnel et original. Il fait tomber la veste et retourne à son piano, la chemise trempée au point de faire apparaitre en transparence un tatouage sur son épaule … Encore une belle histoire durant laquelle il regarde ses musiciens avec bien bienveillance et complicité. La longue intro de Keep On Moving embarque la clappe du public avec elle. Histoire de marin d’ailleurs fort à propos dans ce Cargo, durant laquelle il joue à la grosse voix. On a droit à tout : les dialogues, les accents … Accompagnés d’un son orgue Hammond, jouant sur les fins feintes et les reprises de plus belle.

Au détour d’un éclairage un peu plus intense, je m’amuse de retrouver la grosse souris nichée au-dessus de la scène, bien à sa place (les habitués du Cargo sauront de quoi je parle et les autres la chercheront à leur prochaine venue 😉 !) Balade Rock de L’autre Côté, avec sans doute les mots de Biolay mais, pour moi, pas son âme. Car oui, je trouve à CharlElie beaucoup de charisme ce soir, et beaucoup de talent aussi. C’est propre et maîtrisé. Mais je ressens un petit manque d’âme (ou du moins, je ne parviens pas à la retrouver comme je l’aurais aimée cette âme). Et c’est emplie de ce sentiment que je le vois se lever dans une lumière passée au vert, pour jouer Le Viel Homme tout autant qu’il la chante … Le voilà plus impliqué et cela fait plaisir à voir.

« J’aime bien raconter des histoires … Qui me sont arrivées ou à des gens qui ont dit que c’était arrivé » Vérité de l’un, mensonge de l’autre : Là est la question 😉 Un vrai Cyrano notre CharlElie ! Le public se sens peut-être encore plus proche de lui et c’est le juste moment pour aborder Aime-Moi Encore Au Moins seul au piano, avec une salle qui chante avec lui avant que ne commence son dialogue avec la guitare qui lui répond … Il est tout content et nous aussi (ou l’inverse, comme on veut !) et il nous confie même que c’est la première fois qu’il la fait comme ça : « C’était pour voir ».

C’est reparti pour un bon Rock des familles et s’il y a une chose de certaine ce soir, c’est son plaisir de jouer, partagé avec le public et ses musiciens … Et un solo de piano challengé pas la clappe du public, un ! Tous le monde semble heureux et danse sur place à présent. En résumé : Ça s’éclate sec des deux côtés !! Avec même les derniers coups joués au rythme de ses coups de tête, et tout le monde mort de rire.

« La réussite apprend l’humilité » … « Quand les quelques mots que je vais jouer sont tombés, je n’imaginais pas l’importance qu’ils auraient dans ma vie ». C’est Comme Un Avion Sans Aile. Et là, on approche de la transe dans la salle, carrément. Encore une, et ce seront les rappels. Avec, pour commencer, Le Loup Dans La Bergerie. Réactions immédiates du public … « Je vois qu’il y a des spécialistes ! » Un morceau encore une fois très sur-joué, durant lequel chacun y va de son petit solo, comme il se doit. Il enchaine avec Jacobi Marchait et son impressionnant dernier cri, carrément diabolique 😉

Retour dans les coulisses (jamais facile au Cargo), et il revient pour un dernier rappel avant lequel il en profite pour remercier le Cargo, mais aussi les techniciens, les roadies (avec même une allusion à une mésaventure de matos piqué dans leur camion), le staff et, bien sûr, le public. Il annonce cette dernière comme un coup de canif tout à fait d’actualité, et dont le sens a évolué avec le cours du temps. Tout en parlant, il s’est remis au piano. Le public reste suspendu à son histoire de planète qui s’éteint … Avant de lui dire au-revoir. Salut de tous les cinq, se tenant par l’épaule et dernier salut de CharlElie Couture un poing serré dans la paume de l’autre main, façon salut jingli (pour le Ying et le Yang, à la recherche de l’harmonie et l’équilibre) … Tout en zénitude et en paix.

Composition

  1. Appel À L’aide
  2. La Musique Des Villes
  3. Le Menteur De Métier
  4. La Comédienne (Bipolaire)
  5. Be An Artist
  6. Tchao Pantin
  7. La Vague
  8. Keep On Moving
  9. La Dernière Heure
  10. L’autre Côté (Avant L’Ivresse)
  11. Le Viel Homme #2
  12. Under Control
  13. Aime-Moi Encore Au Moins
  14. Oublier
  15. Comme Un Avion Sans Aile
  16. L’amour Au Fond
  17. 1er Rappel : Le Loup Dans La Bergerie
  18. Jacobi Marchait
  19. 2nd Rappel : La Ballade Du Mois D’Août 75

Date Limite de Consommation

  • Album défendu : ImMortel

Site de Production

Site Officiel : http://www.charlelie-officiel.com

Ingrédients

  • CharlElie Couture : Chant, Guitare & Clavier
  • Karim Attoumane : Guitare
  • Emmanuel Trouvé : Clavier
  • Bobby Jocky : Basse
  • Denis Benarrosh : Batterie

Remerciements

  • Julie @ Aoura

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