Avis sur un show

21 mai 2014

Forabandit @ Moulin (Marseille)

De l'Occitan à l'Oriental...

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Conditions de mise en boîte

Librement dans les crash barrières. 

Chronique

Etiqueté par Arnaud :

C’est devant la salle, à l’accueil, que nous apprenons le nom de la première partie. Sam Karpienia est un artiste très connu de Marseille même si, personnellement, je ne l’ai jamais vu, ni entendu. Je suis donc ravi de découvrir l’un de ses groupes.

Ce que j’ai entendu ce soir fut d’ailleurs assez admirable. Car, même si je n’ai rien compris aux paroles et même si la musique ethnique n’est pas forcément mon kiff suprême, et bien j’ai adoré ce court Set. Il n’y a pas de temps mort, pas de longueur et on se laisse doucement mais sûrement emporté par cette musique venue d’ailleurs : on quitte l’Europe pour des contrées métissées en ayant, pour ainsi dire, une croisière Costa sans quitter Marseille et sans crainte du mal de mer !

Par contre, je dois avouer que c’est assez déroutant avant un concert de Rock Français. Pour moi Frédéric Nevchehirlian serait la première partie parfaite avant un concert de Détroit, l’entrée en matière pouvant même dépasser le plat principal. Le choix fut tout différent et, ma foi, le contre pied loin d’être désagréable.

Etiqueté par Ysabel :

Le Moulin est juste archi comble ce soir pour le retour sur scène de Bertrand Cantat, via Détroit. On peut même dire que cela s’impatiente carrément, avec cris dans la salle et malaise sur les crash barrières, alors que le concert n’est pas encore commencé !

Mais la soirée va bien sûr avant tout débuter par une première partie, dont le choix (bien que de grande qualité) va tout d’abord me laisser un peu perplexe. C’est donc le trio Forabandit qui prend place. Une formation à la croisée des chemins entre Orient et Occident. Mandoline, oud et percussions … Voilà ce qu’ils nous proposent en guise d’entrée en matière. Alors ça chante, ça vit, ça gémit et ça harangue même. Tout cela avec, en plus, une infinie complicité dans les regards et les sourires. Juste un très grand plaisir à entendre et à voir. Mais il est vrai que ce n’était pas forcément ce à quoi je m’attendais, en introduction d’une soirée mise sous le signe d’un des plus emblématiques représentants du Rock français (ou du moins qui l’a été avant vous savez quoi, mais j’y reviendrai plus tard).

Qu’à cela ne tienne. Ce qui compte, c’est d’ouvrir son esprit et d’apaiser son âme (et perso j’en ai bien besoin … Mais ça, encore une fois, c’est pour après). Côté scène, les lumières sont plus que diffuses et semblent même vouloir les noyer ou les dévorer par moment. Leurs voix saisissantes nous chantent l’occitan et le turc. Le touché des percussions est assez faramineux … C’est complètement dans un monde d’ailleurs que ces trois musiciens nous emmènent, mais pour tout dire, peut-être pas avec le public fait pour. Alors, côté salle, c’est un peu bruyant et pas forcément totalement intéressé. Dommage.

Les deux guitaristes chantent à tour de rôle, se répondant le plus souvent. La musique est plutôt captivante et entrainante. Reste juste à se laisser aller. A se laisser transporter. Et lorsqu’ils m’apparaissent ainsi, dans cette fumée teinté de bleu, je leur trouve un coté « Jour qui se lève » juste magnifique. Tout cela est très très beau. Apaisant même. Les voix se font gutturales et vibrantes … Comme si nous vivions une sorte de voyage initiatique.

Le rouge à présent. Le feu. La chaleur qui brûle la peau. Même leur musique, qui peut sembler assez linéaire au premier abord, laisse en fait s’installer des tableaux très différents, au fil de leur Set. Mais dans ce quatrième morceau, il est clair que ce sont les percussions qui vont mener la danse.

De la fumée ocre-jaune. Comme une tempête de sable qui se lève. La voix de Sam Karpienia prend encore plus d’ampleur et de force. Les tierces de Ulaş Özdemir apporte une incroyable dimension de vie. Puis ce sont les percussions de Bijan Chemirani qui partent en folie. Les voix se répondent ou se superposent même, selon les moments, et leur musique à réveiller en nous une âme de derviche tourneur tourbillonne, à vous en faire perdre la tête. Les rythmes se font et se défont ainsi, inlassablement, jusqu’à ce que le public participe à son tour.

Dernier morceau. Violette sera la dernière couleur. Le public, maintenant conquis, frappe dans ses mains. C’est comme une dernière histoire qu’ils nous racontent. Et se ne sont que doigts qui rivalisent d’agilité devant mes yeux ébahis. Avec, en plus, un final tourbillonnant de chaleur et de ferveur. Très bon choix au final. Il faut toujours apaiser l’âme avant de mettre du feu dans le cœur.

Composition

  1. Paur
  2. La Novia Barane
  3. Dil
  4. Mum Olduk
  5. Tafori
  6. Monde Marcha
  7. Nemidoonam

Date Limite de Consommation

  • Album défendu : Port

Site de Production

Site Offi­ciel : http://forabandit.com

Ingrédients

  • Sam Karpienia : Mandole & Chant
  • Ulaş Özdemir : Saz & Voix
  • Bijan Chemirani : Percussions

Remerciements

  • Fabien @ La SAS

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