08 février 2018 à 16:06

Etalagiste : •

Noel Gallagher en concert à la Maison de la Radio (20 Novembre 2017)

Chronique

Etiqueté par Matthieu :

Il était une fois… les deux frères Gallagher.

Notre histoire commence mal, un sinistre soir de Rock En Seine 2009, où chacun partit bouder de son côté, non sans s’être assené (dans la trombine) le coup de guitare de trop.

De cette séparation fracassante, Liam, le bouillonnant benjamin, fut le premier à renaître des cendres encore fumantes du brasier d’Oasis. Mais s’il se voyait, tel Icare, à pouvoir tutoyer si rapidement le soleil de la gloire, il se fourrait méchamment le doigt dans l’Oeil Perçant. Deux albums plus loin, il s’en retourna méditer dans l’obscurité.

Noel, observant la chose, préféra une voie plus sure et s’accoquina avec ses Oiseaux Qui Volent Haut. Deux galettes plus convaincantes plus tard, nous voilà désormais en 2017 et l’heure du troisième round a sonné.

Liam prépare le terrain dès l’été avec son single Wall of Glass et un passage par le Lollapalooza français, occupe l’espace à grand coup de tweets cinglants, dégaine As You Were en octobre, et réserve l’Olympia pour la soirée du 2 mars.

Noel, socialement plus taiseux sur les réseaux, ne se laisse pas endormir et rend coup pour coup : tournée avec U2 cet été, annonce de la sortie de Who Built the Moon ? pour fin novembre et, pour rester dans le ton, deux dates calées à l’Olympia en avril prochain.

Liam organise un concert très privé pour présenter son album à ses fidèles Patates ? Qu’à cela ne tienne, Noel et ses Ciseaux (voir plus loin pour les néophytes) convient leurs fans à la Maison de la Radio ce 20 novembre !

Ouvert à tous, ce rendez-vous d’exception aura fait des malheureux dès l’étape numéro 1 : l’obtention des billets. Annoncée initialement pour le mardi 14 à 8h, l’ouverture du site de la billetterie aura finalement lieu plus d’une heure après (pauvre touche F5…) Et c’est avec une grande incrédulité que l’opiniâtre, mais futur spectateur, constatera qu’il peut glisser jusqu’à 10 invitations gratuites dans son panier ! Autant dire que les 200 places assises du studio 105 trouvèrent acquéreur en moins de temps qu’il n’en faut pour jouer Supersonic

Le soir dit, c’est par petits groupes que la poignée d’heureux élus prend calmement possession des tribunes, occupant jusqu’au dernier des strapontins. Les instruments sont déjà en place devant les gradins, sous le double patronage de France Inter, qui retransmet le Live dans l’émission de Michka Assayas, et de Manchester City, drapeau déployé oblige.

La setlist, furtivement entraperçue avant de s’installer, se limite – faute de temps alloué – à une petite dizaine de morceaux, piochant pour moitié seulement dans le nouvel album. Le reste sera comblé par deux titres mémorables de Chasing Yesterday et trois solides reprises d’Oasis, pour un florilège somme toute cohérent.

Une courte introduction à la prise d’antenne, puis Noel ouvre le bal avec le single Holy Mountain. Les cuivres résonnent pendant que s’écoule ce que l’artiste qualifie comme « l’un de ses morceaux préférés », mais qui laisse pantois certains supporters de la première heure, dubitatifs face à ce mélange de nouvelles sonorités.

L’enchainement avec It’s a Beautiful World, dans une veine expérimentale similaire, ne déchaine pas non plus les passions d’un public encore apathique, engoncé dans son siège, tout juste étonné d’entendre – en Français dans le texte – une prédiction de fin du monde pour cause de réchauffement climatique.

Pour sortir l’oratoire de sa torpeur, Noel revient aux fondamentaux et embraye sur In the Heat of the Moment et Riverman,musclés par le retour des cuivres. Le résultat est là, les applaudissements se font plus présents et certains spectateurs osent enfin donner de la voix.

Après un Little by Little bienvenu, Noel engage même quelques mots avec le public, pour le prévenir et annoncer par là-même le prochain titre inédit : Be Careful What You Wish For !

L’accueil est cette fois-ci plus chaleureux, tout comme celui réservé à Black & White Sunshine, encore inconnu.

La fin de l’heure passe dans une ambiance décontractée : entre un Half the World Away – là aussi dopé aux cuivres – et un Don’t Look Back in Anger acoustique en clôture, repris par tout l’auditoire. Noel introduit sa ciseauriste, qui battra consciencieusement la mesure sur She Taught Me How to Fly, déclenchant chez les fans des sourires de connivence et chez les autres une stupeur amusée.

L’affaire ainsi pliée, Noel disparaît aussi sec. Accordant juste quelques mots rapides à l’animateur. On regrettera cette sortie expéditive, là où le lieu et les conditions intimistes auraient pu se prêter à des échanges plus aboutis avec les personnes présentes. Le contrat a néanmoins été correctement rempli, avec une mise en lumière des cinq titres les plus marquants de Who Built the Moon ?.

A postériori, l’accueil réservé ce soir-là fut à l’image de celui que connut l’album à sa sortie 4 jours plus tard : certains louèrent la prise de risques et la recherche de la nouveauté, là où d’autres n’entendirent que bidouillages sonores et soupe musicale bâclée.

Alors que le As You Were de Liam se révèle bien plus sage et plus conforme, Who Built the Moon ? apporte indéniablement une bouffée d’originalité audacieuse, terrain sur lequel l’auteur de ces lignes n’attendait pas forcément le grand frère. De là à conclure à une victoire d’une courte tête, c’est une autre histoire qui se confirmera peut-être à l’Olympia… !

Composition

  1. Holy Mountain
  2. It’s a Beautiful World
  3. In the Heat of the Moment
  4. Riverman
  5. Little by Little (Oasis)
  6. Be Careful What You Wish For
  7. Black & White Sunshine
  8. Half the World Away (Oasis)
  9. She Taught Me How to Fly
  10. Don’t Look Back in Anger(Oasis)

Ingrédients

  • Noel Gallagher : Voix & Guitare
  • Mike Rowe : Claviers
  • Chris Sharrock : Batterie
  • Russell Pritchard : Basse
  • Gem Archer : Guitare
  • Jessica Greenfield : Chœurs & Claviers
  • Charlotte Marionneau : Chœurs, & Cuivres

Site de Production

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