Avis sur un show

13 novembre 2015

Louis Bertignac @ L'Usine (Istres)

Comment ne pas crier, comment ne pas pleurer...? En continuant à chanter.

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Evaluation de la Soirée

Note global du concert, 5.5 - 2 votes
Pas d'Evaluation des internautes
Note d'Ysabel
Note d'Arnaud

1 : Pas du Tout - 2 : Un Peu - 3 : Moyennement - 4 : Beaucoup - 5 : Passionnement - 6 : A La Folie

Conditions de mise en boîte

Les 3 premiers morceaux, dans les crashs barrières.

Chronique

Etiqueté par Arnaud :

Aller voir Louis Bertignac en concert, c’est comme aller à une soirée entre amis : on a plein de choses à se dire et on a l’impression de ne s’être jamais perdu de vue. C’est d’ailleurs dans cette même salle, en 2007, que j’ai rencontré pour la première fois ce compagnon… 8 ans plus tard, rien n’a changé !

Nous mettant directement à l’aise avec sa décontraction légendaire, la star déroule un Set aux airs improvisés, mais pas trop, à moins que ce soit carré … Mais pas trop ! En tout cas (et ça c’est certain), ce concert n’est que du bonheur pendant plus de 2h, agrémenté de longues discussions entre chaque morceau… Parfois même un peu trop : c’est qu’il est bavard ce vieux pote ! 😉

Le répertoire de Téléphone est forcément un peu attendu et provoque les plus vives réactions du public. Personnellement, c’est la Bombe Humaine qui sera le moment vraiment fort du concert… Cette chanson sonne tellement bien. Et bien sûr, je suis aux anges avec Ces Idées Là et tout le public qui, traditionnellement, porte le morceau à grand coup de « Oooooohohhhohhhh » ! Jouissif ! On attends déjà la prochaine date, probablement avec Les Insus ?

La chronique aurait dû s’arrêter là, comme à chaque fois. On ne vous parle jamais de notre retour à la maison : 5 minutes de voiture pour le coup ce soir, le rêve ! On ne vous parle pas du temps quasi obligatoire devant la télé pour laisser redescendre l’adrénaline de la soirée, ni qu’on se couche claqué et les yeux plein d’étoiles ! C’est quasi une tradition et c’est ce qui c’est passé ce soir là. Sauf qu’en allumant la télé, on découvre la tronche de François Hollande en plein discours sur la première chaîne allumée. Merde, pas envie de politique après une si bonne soirée !.. On zappe illico et c’est aussi un président l’air sévère sur une seconde chaîne. Et là on prend le temps d’analyser la situation et on écoute le discours. Et c’est l’effroi, un grand frisson et les premières larmes qui coulent.. On annonce déjà 20 morts et le Bataclan au coeur d’un assaut, sans encore plus de renseignement.

Et alors, plus rien n’est vraiment comme avant : des sales cons s’attaquent à notre mode de vie, à notre passion et à nos amis ! C’est affreux.

Ce soir, nous aussi nous étions grosso modo 1500 dans la salle et l’on hurlait probablement « Je rêvais d’un autre monde » quand la première rafale a raisonné à Paris… A moins que nous soyons en train de chanter « La bombe humaine c’est toi elle t’appartient, Si tu laisses quelqu’un prendre en main ton destin, C’est la fin … « .  Quelle irone de la vie ! Ça mérite bien un second torrent de larmes.

A partir de maintenant, nous ne sommes et ne serons plus exactement les mêmes.

Etiqueté par Ysabel :

Un concert un 13 novembre … Un vendredi comme les autres quand j’entre dans la salle de L’Usine et pourtant une chronique qui va me rester un moment sur l’estomac, avec une véritable difficulté à sortir quelque chose de léger à une pareille date. Alors qu’il nous a tout donné notre cher Louis ce soir là. Qu’il a été beau, drôle, généreux et qu’il nous a fait passer la plus belle des soirées (comme à chaque fois), loin de Paris, loin du Bataclan, loin de certains de nos amis, loin de visages inconnus qui vont pourtant rester gravé dans nos mémoires, loin de la folie qui marquera à jamais cette triste soirée…

Un monde fou devant la salle. Un monde fou à l’intérieur. Et en plus, les plus petites crashs barrières du monde ! 21h. Pile à l’heure, voilà Louis Bertignac et ses trois camarades de jeu qui entrent en piste. Ça sonne. Ça tonne même. Et surtout, ça se regarde avec malice pour un premier Qui A Vu Ma Guitare, qu’il aime servir en entrée sur les dernier concerts que j’ai pu voir de lui. Alors je le rassure : elle est là, et bien là même. Toujours à sa place, à ses côtés. Tout comme lui qui ne change pas d’un pouce … Je vais vraiment finir par croire qu’il est éternel en fait notre Louis ! Ses cheveux se sont certes argentés, mais son corps vit toujours à fond le Rock et nous le fait vivre à nous aussi. Comme c’est prenant de le voir ainsi, les yeux mi-clos, sa moue « heureuse » sur les lèvres. Le plaisir, il le prend toujours autant qu’il le donne, tout simplement.

Puis il tombe la veste et sort sa chère cigarette électronique … « Je suis sexa, alors j’ai le droit d’avoir du bide ! » et comme il a une gonzesse en plus, ben il s’en fout ! Le One Man Show Bertignac est lancé 😉 Parce que toute personne l’ayant déjà vu Live sait que son second grand plaisir, après la musique : c’est de faire le pitre sur scène. Il adore ça. Et comme nous aussi … Tout le monde est à chaque fois heureux.

Un petit coup de pédale pour la rondeur, et nous voilà parti pour Suis-Moi, après nous avoir dit à quel point il est content d’être de retour par ici, juste avant de commencer à tirer la langue de plaisir. A côté de lui, Nico Bravin est déjà en nage (3ème morceau seulement : ça promet !) Mes yeux se posent alors sur sa fameuse guitare … Ce qu’elle est belle et ce qu’elle a de la gueule, tout comme lui. Un peu patinée et semblant avoir pas mal bourlingué.

Marco (le frangin) passe un peu devant, mais Louis nous prévient : pas la peine de rêver les filles, il est maqué ! Quant à Nico, passé au tambourin, il se fait foutre de sa gueule au passage … De toute façon, ils en prennent tous pour leur grade, mais toujours avec plein d’amour ! Et de l’amour, il y en aussi beaucoup dans la salle. On l’entend très vite retentir avec ce premier chant partagé sur Je Joue, que tout le monde reprend sans se faire prier. Surtout que comme on a bien chanté, on a droit en prime au dos et donc aux fesse de Marco ! Le public continue même seul, pris par son plaisir, devant un Bertignac qui a toujours eu pour moi cette drôle de particularité de sembler sourire en permanence (à moins que ce ne soit tout simplement le cas).

« Après l’extravagant Marco Bravin qui vous a montré son cul… » Ne me dites pas que l’un d’eux va finir à poil 😉 ?! Non, cela va tout simplement être le tour de de son frère, puisqu’il a ouvert sa gueule ! Oui, c’est « une invasion de Bravin » comme le dit Louis, qui plus sont locaux de l’étape ! (et on l’entend bien dans la salle).

Les clins d’œil continuent, du style : « Je ne suis pas très juste, mais je ne suis pas très faux non plus ! ». Et puis ses élans poétiques aussi … « On est des rêveurs et on va le rester ». C’est joli. C’est souvent tendre. C’est toujours drôle. Comme lorsque Hervé Koster lance sa bouteille d’eau vers la table de mixage depuis sa batterie, mimant ensuite un coquard, mort de rire. Et n’en déplaise à ceux qui ne jurent que par le Rock anglais (que j’aime aussi beaucoup au demeurant), il est super beau quand il est fait comme ça le Rock français. Avec des textes emplis d’une poésie simple et touchante. Une guitare bien sonnante, une batterie roulante et une ambiance « bœuf entre potes ».

Très beaux solos de Nico qui, du coup, se retrouve menacé d’être viré (trop bien … Normal !) Et annonce que ce concert est enregistré pour se retrouver disponible en clé USB, exclusivement sur bertignac.com (pas d’intermédiaire, comme ça c’est plus simple). On est donc au taquet. Il faut être à la hauteur … Mais il parait que c’est à présent l’heure de se calmer. Oui, il y a trop de sueur, ce qui n’est pas bon pour le look 😉 . Et puis il faut être sage pour mériter le Cœur Ouvert d’Etienne Roda-Gil, « un mec bien qui avait aussi de grands cheveux blancs bordéliques ». Notre Louis dérive alors sur le fait qu’il faut faire gaffe ce soir, parce qu’on est un vendredi 13 (il ne croit hélas pas si bien dire) … « Un show à l’américaine très huilé et sans temps mort. Vous avez remarqué ? »  C’est tout a fait ça 😉 D’ailleurs, ce côté décousu et « comme à la maison » encourage une meuf a demander cash si elle peut monter danser sur scène. (Il y a vraiment toujours des meufs space aux concerts, mais au moins celle-ci demande 😉 !) Bref, cet intermède passé, il est bon de revenir à la chanson. Une chanson qui lui va comme un gant. Une belle histoire de chanteur, avec un solo du feu de dieu de Bertignac, son collier chapelet battant sa poitrine en suivant les hochements de sa tête … Oui ils sont beaux les mots de Roda-Gil, mais la musique, elle est carrément à tomber.

Il cause avec les pédales à ses pieds. Quelqu’un cri : « Louis, une vieille ! » et lui répond que non, c’est lui le vieux. C’est pour ça qu’il lui faut du temps pour s’accorder. Alors, une petite histoire drôle au passage, juste pour le plaisir. Et Nico qui aimerait participer lui aussi, mais qui est puni. Enfin jusqu’à ce que le public le réclame à grands cris … Et comme il a le malheur de se gourer, ben il se fait encore une fois chambrer. Ça papote. Ça taquine le public. Et notre « vieille » alors ?!? On va l’avoir oui ou non ?! Oui. Oh que oui … La plus chère à mon cœur même. La belle Cendrillon. Comment s’en lasser. Et pourtant, il réussit encore à me surprendre avec. Solo d’enfer juste devant nous et tête à tête des deux frangins Bravin. Lumières qui tourbillonnent tout autour d’eux … Magique.

Ils enchainent avec un New-York Avec Toi endiablé, chanté par, je pense, juste toute la salle et accompagnée par une batterie déchainée. Bertignac est dans son monde et jette même « rageusement » sa cannette d’Orangina par terre (aussitôt remplacée par super Ludo), avant de nous faire la démo de sa nouvelle pédale, tout fière, qui doit nous rappeler un vieux truc … Et quel vieux truc ! Tout simplement La Bombe Humaine  (on est d’accord qu’il y a pire comme vieux truc), qu’il a à peine besoin de chanter, puisque tout le monde s’en charge. Que de sourires. D’humanité. De générosité. C’est ça partager un concert avec le grand Louis Bertignac.

Quelques uns réclament Ces Idées , censée être la dernière, alors il nous met en garde quant au fait que si c’est maintenant : « Gaffe, je me barre si je la chante. Je suis un abruti moi !». Non, il préfère une intro sans queue ni tête pour Blues, à base de match PSG/Istres, avec Clapton qui frappe à la porte pour lui offrir cette chanson, histoire d’un mec fou amoureux de la meuf de son meilleur copain et qui commence musicalement par de grands coups de baguettes. Mais surtout avec encore un putain de solo … Et le voilà transformé en bluesman, ce qui lui va tout aussi bien, surtout quand il tombe à genoux, guitare au poing, pour donner tous deux tout ce qu’ils ont dans le ventre.

Manu au son, François aux retours, Ludo pour le matos, Bernard-Antoine aux lumières, Farid le chauffeur et Gwen le régisseur … Personne n’est oublié. C’est donc le moment de sortir La Cloche (oui, Nico Bravin nous est présenté comme le plus grand clochiste animalier de France et ancien proctologue, rien que ça !). C’est la dernière ligne droite de leur Set et ils comptent bien la mener tambour battant, en enchainant sur un Mes Icônes, batteur debout qui frappe à tout va. « Ça, c’est pour les Rolling Stones … Hou Hou ! » Petit tête à tête Louis/Nico. Du Rock très Rock. Rien que du bon. Dont les boucles semblent vouloir tourner toute la nuit et qui enchainent sur un Hey Jude, accompagné de grands moulinets de bras.

« 1,2,3,4 : Vous chantez ?! » Et comment qu’on va chanter Ça C’est Vraiment Toi !Plutôt deux fois qu’une même. A grand renfort de pédale wah-wah (neuve elle aussi ?!) … Que de solos mes aïeux, que de guitare ! Avec les deux frangins venus rejoindre Bertignac en tout devant de scène. « Ça Istres, c’est vraiment toi ! », avec la ch’tite digression qui le fait bien sur Satisfaction, avant de les voir disparaitre dans un nuage de fumée. Quel final ma foi … On en a que trop envie de les voir revenir pour les rappels.

Une vague de « Louis Oui ! » (formule qui me fera toujours penser à la scène de cul de La Vie Est Un Long Fleuve Tranquille) monte depuis la salle. Lui revient en rentrant ostensiblement le ventre pour nous faire marrer. Il aime quand on chante et nous le dit. Du coup, ça crie dans tous les sens pour demander tel ou tel titre. Il a oublié Minie, donc non. Et puis c’est la faute du batteur qui ne les connait pas toutes (mon œil). Ce sera plutôt La Nuit. Comme de notre côté, tout nous va, c’est parti pour en profiter encore un peu de cette soirée. Surtout que nous allons être gâtés et avoir le droit de chanter tout seul Un Autre Monde … Il nous écoute. Il est heureux. Nous aussi. Et très exactement au même moment, à 800km de là, d’autres qui rêvaient aussi  probablement d’un autre monde vont sombrer dans l’enfer … Bizarrerie de la vie. Noir ironie du hasard. Louis vient chanter avec nous, avec le plus charmeur des sourires. Puis laisse ses trois compagnons de jeu terminer, rien que pour nous, juste sur la fin. « Merci beaucoup. Portez-vous bien. A bientôt. Et merci pour cette ambiance ! »

Tous sortent, sauf lui, resté seul. Il demande un petit coup à boire (toujours de l’Orangina hein, ne nous emballons pas). Promo de la cigarette électronique au passage. Et annonce de la petite dernière, pour dire au-revoir. Mais seulement si on participe hein. Il veut se souvenir de Istres (et je pense que ce sera le cas, mais sans doute pas grâce à nos jolies voix). Nous somme déjà en bonne place, certes, pourtant c’est avec Ces Idées que tout va se jouer. Et comme c’est bon comme ça, en amoureux avec lui. Enfin pour la démarrer seulement, parce que les trois autres viennent rapidement nous rejoindre … Putain que c’est beau d’entendre ces voix s’élever et de lire les paroles sur ses lèvres souriantes … Ce sont des moments comme ça qui font que je retournerai encore et encore dans des salles de concert. Malgré tout. Contre qui il faudra. Rien n’y fera. La musique monte et pète bien comme il faut. Lui nous transmet son plaisir, sa zénitude, sa plénitude même. On peut les lire sur son visage en permanence. Oui tu es très beau Louis, tout séxa que tu es.

Désolée que cette chronique soit si longue. Désolée surtout qu’elle soit quelque peu décousue (j’en suis pleinement consciente). Mais cette soirée gardera à jamais pour moi ce goût doux-amer d’un moment de pur bonheur passé avec Bertignac, suivi de la descente aux enfers que nous avons tous connu en sortant de la salle. Vendredi 13 novembre 2015, lendemain de mon anniversaire. Une date à jamais gravée dans ma mémoire. Sans le savoir encore, Istres a été Paris pendant quelques heures et continuera de l’être pendant, je l’espère, de nombreuses années.

Chronique que je dédicace à la jolie Hélène (et un peu à la petite Charlie aussi 😉 ).

Composition

  1. Qui a Vu Ma Guitare
  2. Confidence De Ma Junior
  3. Suis-Moi
  4. Je Joue
  5. Les Clones
  6. Coeur Ouvert
  7. Cendrillon
  8. New-York Avec Toi
  9. La Bombe Humaine
  10. Blues
  11. Embrasse-Moi
  12. Mes Icônes
  13. Ça C’est Vraiment Toi
  14. 1er Rappel : Au Cœur De La Nuit
  15. Un Autre Monde
  16. 2nd Rappel : Ces Idées Là

Date Limite de Consommation

  • Album défendu : Suis Moi

Site de Production

Site Officiel : www.bertignac.com/

Ingrédient

  • Louis Bertignac: Chant & Guitare
  • Nico Bravin : Guitare & Tambourin
  • Marco Bravin : Basse
  • Hervé Koster : Batterie

Remerciements

  • Pierre @ Usine

Détails du show

Style musical : • Chanson FrançaiseRock

Label : • Polydor

Production : • Gerard Drouot Productions

Musicien sur scène : • Hervé KosterLouis BertignacMarco BravinNico Bravin

Instruments : • BasseBatterieChanteurGuitare

Nationalité des musiciens : 

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