Avis sur un show

06 mai 2014

Miossec @ Théâtre des Salins (Martigues)

Miossec ... 20 ans à peine.

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Evaluation de la Soirée

Note global du concert, 6.0 - 2 votes
Pas d'Evaluation des internautes
Note d'Ysabel
Note d'Arnaud

1 : Pas du Tout - 2 : Un Peu - 3 : Moyennement - 4 : Beaucoup - 5 : Passionnement - 6 : A La Folie

Conditions de mise en boîte

Librement dans la salle, en ne dérangeant pas le public assis.

Chronique

Etiqueté par Arnaud :

On ne sort jamais le même après un concert de Miossec. Lors de mon premier, en 2012, j’avais rencontré un homme à fleur de peau, meurtri et quasi chancelant ; il criait alors un Rock puissant et sans concession. Je le savais changé, mais n’avais aucune idée du type de concert de ce soir. Dès la vue des instruments, on sent déjà que l’atmosphère sera toute différente, que l’on est plus dans la musicalité. Et c’est effectivement ce que l’on a vécu pendant plus de 1h30 : Un show plein de musicalité, où la contrebasse répond au violoncelle, avec au milieu la voix de Miossec qui vient épouser tout ça.

C’était monstrueusement bon, dans un style Rock-Folk de plus plaisant. Miossec est détendu, calme et souriant, comme un autre homme. Il ne boîte également presque plus. De l’ancien Christophe, on ne retrouve que quelques postures dans l’espace, ainsi que sa relation « je t’aime moi non plus » avec son pied de micro 🙂 . Et bien entendu, sa voix n’a pas changé ni son humour, même si ce soir il ne semble pas y avoir de breton hurlant dans la salle ! Un énorme chapeau aux choix des lumières, c’était juste parfait.

Etiqueté par Ysabel :

Plus qu’un plaisir … Et il est même double : Retrouver Miossec Live bien sûr, mais aussi ce cher Théâtre des Salins que je n’ai pas vu depuis longtemps. Scène ouverte et plus que remplie d’instruments, de la batterie au violoncelle, en passant par tout l’arsenal que nécessite la folle musique du plus célèbre des bretons … Bref, je me dis qu’il commence bien ce petit mois de Mai ! La lumière se fait sur une scène encore vide.

Puis ils prennent place sur un immense tapis noir. « Bonsoir ». Ça y est, sa voix si particulière monte et moi, je suis au paradis. La voix féminine (celle de Valentine Duteil) qui le rejoint sur On Vient A Peine De Commencer donne encore plus de poésie à l’ensemble. Ils sont nombreux et impressionnants sur leur grand tapis, avec ce petit bonhomme tout vêtu de noir dans les rayons bleutés, avec son feutre sur la tête, au raz des yeux. On passe du bleu au rouge et, pour le moment, le pied de son micro virevolte un peu moins qu’à L’Espace Julien. Le savant mélange des instruments, Rock et « classiques », est une merveille … avec même ce clavier qui prend un son d’accordéon (bien belle idée). Aussi ces musiciens installés en arc de cercle, mais comme s’il y avait le clan des beaux gosses d’un côté et celui des filles de l’autre.

Miossec posté au centre. Captivant comme toujours. Les filles intervertissent leur place (ce petit bal entre eux tous va d’ailleurs être le maître mot ce soir). De petites loupiotes s’allument tout autour d’eux pour Bête, Comme J’étais Avant, avec encore un de ces textes qui vous parcoure la colonne vertébrale et vous donne des frissons. Juste envie qu’il me parle encore et encore. « Merci. On fait sans commentaire dans un premier temps ». Mais on a besoin de rien de plus que les mots de Brest. Pas de souci. Etonnamment douce dans cette version d’ailleurs. Beaucoup moins Rock, mais peut-être encore plus belle, avec toujours ce chœur féminin qui lui donne de belles nuances … « Est-ce que toi aussi ça te bouleverse ? » chante-t-il. Oui. Sans l’ombre d’un doute. On reste dans cette ambiance très intime avec Nos Morts. La musique semble entrer en lui et en ressortir sous forme de mots. De ces mots qui vous prennent et vous retournent. Puis d’un coup, les filles partent dans d’impressionnantes et poignantes vocalises. Effet bœuf garanti !

Le Rock reprend alors ses droits dans la lumière des rampes, mais toujours « baigné » de piano et de cordes … Qu’ils sont fêtés dignement ces 20 ans de carrière ! Sincèrement, j’espérais juste être heureuse de le retrouver sur scène et, au final, je suis complètement subjuguée. Ligne de basse toute seule en introduction et entrée d’un roulement de tambour … Dans ce théâtre, tous les sons apparaissent magnifiés et d’une netteté parfaite. Et tout est idéalement choisi aussi : Du son des claviers, aux baguettes frappées directement sur le cadre de la batterie … Tout est parfait pour Qui Nous Aime. « Nous on t’aime bien » lance un spectateur. « C’est gentil » répond Miossec, un sourire sincère et désarmant aux lèvres. A chaque fois, les lumières donnent le ton, posent l’univers. Et cette fois, ce sont les pieds de lampes qui s’allument de petits leds, sur fond rouge. C’est magnifique. « On peut dire que c’est un début de tournée … » Il y a eu quelques dates à Brest et maintenant, c’est l’autre côté de la France avec Martigues. Mais franchement, si c’est pour s’excuser de quoi que ce soit sur la qualité de ce Live, c’est totalement inutile. Tout est parfait. Seule sa voix compte.

Sa voix, accompagnée par les cordes de la contrebasse qui sonnent. Les premières notes de Je M’en Vais montent et le public réagit au quart de tour. Elle est juste fabuleuse ainsi et nous, on est en immersion totale dans son univers unique. Le batteur (qui participe lui aussi aux chaises musicales) part se promener de l’autre côté de la scène, armé d’un tambourin et d’un petit marteau de feutrine rouge … Avant de passer au troisième clavier. La Musique se teinte de blues à maracas. La richesse musicale de ce Set est à tomber. Et les sourires, les regards échangés par les musiciens font apparaitre une véritable complicité, qui est un plaisir à voir. C’est un véritable groupe. Ça peut paraître idiot de le préciser, mais je trouve que cela devient de plus en plus rare par les temps qui courent qu’un véritable groupe se forme autour d’un artiste solo. « Désolé. Ce ne sont que des nouveaux morceaux pratiquement » Encore un beau sourire. Beaucoup d’humilité. Et surtout encore des excuses inutiles.

Désolé de quoi au juste ? De nous embarquer comme ça et de nous faire autant planer ?? Les chœurs, les instruments … Tout cela donne une dimension incroyable à ce concert. Et puis ils s’en vont comme ça, sur un simple « Merci ». Mais là, ça ne va pas être possible. Nous, on en veut encore ! Heureusement, « C’est juste une pause syndicale en fait ! » Sa voix rauque et chaude revient en force. Hugo, à la basse, se lâche et se met lui aussi à crier, hors micro. La musique monte de plus en plus. C’est fort. C’est beau. C’est intense. Comme si, après ce break, le Set avait pris un tour beaucoup plus Rock. Le micro en tombe même dans un grand fracas. Et, sur scène, tout le monde se fait plus que plaisir. Le public à son tour se met à applaudir aux premiers accords de La Fidélité et, de son côté, Miossec commence à ne plus tenir en place. Par moment, il se penche quasi à angle droit vers le sol, sa main gauche toujours accrochée fiévreusement à son pied de micro et criant à la lune. Vient alors Rose, dans une lumière assortie bien sûr, mais avec juste un petit bémol sur le manque de retour que nous avons alors de sa voix. C’est un peu le problème depuis la reprise : La musique a pris plus de place, ou de force plutôt, mais on perd un peu trop de lui.

Et s’il y a bien une chose qui n’est pas à manquer, ce sont bien ses textes et sa voix. On enchaine avec « Un truc sur la gare Montparnasse … Vous ne pouvez pas connaitre ». La musique comme un tourbillon. Les lumières qui clignotent. Et des musiciens qui se déchainent littéralement. Que du bonheur. A nouveau un simple « Merci bien. Merci ». Un petit signe de la main presque timide. Et il disparait encore. Amusant décidément comme il semble un autre quand il ne chante plus. A leur retour, il présente tous ses compagnons de jeux. Quelqu’un réclame Regarde Un Peu La France, mais il répond : « Nan. Dire regarder la France, ça fait mal aux yeux ces temps-ci … Je préfère parler des femmes ».

On retrouve un peu l’univers de la première partie dans ce second rappel (si je puis dire). Il va d’ailleurs rester en mode intimiste pour la dernière, avec juste les filles et son guitariste, passé au clavier. Encore un petit au-revoir tout simple … Ils repartent, puis reviennent tous le retrouver cette fois, un à un. Encore deux chanson pour nous. D’abord un Ainsi Soit-Elle qui se termine sur un murmure et un petit salut à son auteur, Georges Perros. Puis la der des ders, et participative celle-ci. Une clappe orchestrée. Beaucoup de percus (presque que ça même) et c’est parti pour Que Devient Ton Poing Quand Tu Tends Les Doigts ? A la fin de laquelle Miossec se casse carrément, en disant : « Et voilà mes musiciens. Merci ! » Eux restent comme des cons, mais morts de rire.

C’était sans compter le public, qui ne compte pas s’en satisfaire et le laisser s’en tirer ainsi. Une belle salve de clappe et il revient malgré tout devant nous. Et même devant une salle qui se lève cette fois, pour le saluer comme il le mérite.

Composition

  1. On Vient A Peine De Commencer
  2. Samedi Soir Au Vauban
  3. Bête, Comme J’étais Avant
  4. Brest
  5. Nos Morts
  6. Répondez Par Oui Ou Par Non
  7. Qui Nous Aime
  8. Le Cœur
  9. Je M’en Vais
  10. Seul Ce Que J’ai Perdu
  11. A L’attaque !
  12. Des Touristes
  13. 1er Rappel : Le Défroqué
  14. Essayons
  15. La Fidélité
  16. Rose
  17. A Montparnasse
  18. 2nd Rappel : Madame
  19. Le Plaisir, Les Poissons
  20. Ce Qui Nous Atteint
  21. 3ème Rappel : Ainsi Soit-Elle
  22. Que Devient Ton Poing Quand Tu Tends Les Doigts ?

Date Limite de Consommation

  • Ce concert est de la cadre de la tournée 20 Ans de Carrière
  • Album défendu : Ici-Bas, Ici Même

Site de Production

Site Offi­ciel : http://www.christophemiossec.com

Ingrédients

  • Christophe Miossec : Chant
  • Hugo Cechosz : Basse, Contrebasse & Guitare
  • Vincent David : Guitare & Claviers
  • Valentine Duteil : Violoncelle, Claviers & Basse
  • Nathalie Réaux : Percussions & Claviers
  • Florent Savigny : Batterie, Percussions & Claviers

Remerciements

  • Caroline @ Théatre des Salins

Appellations d'Origine Contrôlée

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