concerts en boîte

09 novembre 2017

Lady Sir @ Paloma (Nîmes)

Accidentally Perfect ?!

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Evaluation de la Soirée

6.0 sur 6 - 2 votes

1 : Pas du Tout - 2 : Un Peu - 3 : Moyennement - 4 : Beaucoup - 5 : Passionnement - 6 : A La Folie

Conditions de mise en boîte

Trois premiers titres au milieu du public.

Chronique

Etiqueté par Arnaud :

Gaëtan Roussel est un peu, à mes yeux, l’alter ego de Matthieu Chedid : une voix reconnaissable parmi 10 000, un jeu de guitare magique et une curiosité artistique hors-norme. On peut mettre ces deux là dans tous les groupes que l’on veut, ce sera toujours dansant, trippant, émouvant et même passionnant !

J’ose même porter ma comparaison jusqu’au parallélisme entre le dernier projet de Matthieu, Lamomali, et ce Lady Sir. Les deux partent vers l’Afrique pour nous en montrer deux pans différents et pourtant géographiquement si proche : le Mali et l’Algérie, qui ont une frontière commune.

Mais je sais ma comparaison reste osée. Car si la famille Diabaté transpire le Mali, Rachida Brakni n’est pas vraiment là pour une réelle évocation ethnique. Non, Rachida est avant tout là parce que c’est elle, parce que c’est avec lui, parce qu’elle aime chanter (ça se voit et se ressent) et parce que l’occasion ici présente est trop belle pour passer à côté. Bien évidemment, elle vient avec ses racines. Mais c’est presque accessoire. Lady Sir est un mix de sensibilités artistiques, à la différence de Lanomali qui revendique un mix des cultures musicales.

Si j’ai un peu honte de ma faible culture cinématographique, c’est une force ce soir et plus globalement pour ce jour. Je découvre Rachida pour ce qu’elle vient défendre devant nous et ce que j’ai découvert sur CD.  Sans ce lourd costume de comédienne qui s’essaie à la musique, mon approche se veut plus pure et sans la moindre once de préjugé.

Si en effet j’avais été happé par leur album, ce qui me garantissait à l’avance de passer une bonne soirée, la réalité a largement dépassé mes espérances. Car, outre une musique qui vous attrape jusqu’à l’âme, sur scène, tout est magique. En plus d’une lumière travaillée à l’extrême, nous avons deux fauves devant nous. Rachida est une tigresse. Mais elle n’a fait que montrer avec plaisir ses crocs et ses griffes, tant le public s’est montré immédiatement conquis… je n’ose imaginer si nous avions été moins prévenants 😉 ! Gaëtan est plus reptilien : je me sens Mowgli face à Kaa. C’est à dire complémentent envoûté. Il me demanderait n’importe quoi, je crois que j’accepterai !

S’il est des concerts où l’on est certain à l’avance d’avoir eu raison d’y aller, rares sont ceux capables malgré tout d’être aussi parfaits et justes. Ce fut le cas ce soir. J’y ai vécu un grand moment de musique Live !

Etiqueté par Ysabel :

Un chœur de femmes qui s’élève dans le silence. Puis ce duo homme-femme à capella, rideau fermé … Il suffit de ces quelques secondes pour nous plonger dans l’univers magnétique de Lady Sir. Le rideau s’ouvre alors sur leur deux silhouettes dos à dos sous une douche de lumière. Elle parle en arabe. Lui en français. Voilà, nous sommes embarqués.

Quand la lumière les fait vraiment apparaitre à nos yeux, on découvre une Rachida Brakni tout simplement magnifique. Habillée toute de noir et de plumes blanches. Accompagnée d’un Gaëtan Roussel d’une élégance et d’une classe sans faille. Le mot élégance résumant d’ailleurs à la perfection le duo, entouré d’un jeune batteur fougueux – Nicolas Musset – d’un bassiste flegmatique en chapeau et lunettes – Phlippe Almosnino – et d’un claviériste hirsute improbable – Jean-Max Mery.

C’est superbe musicalement. A la fois puissant et subtile. Avec ces deux voix totalement différentes et pourtant parfaitement assorties. Son timbre à lui si particulier et tellement reconnaissable, avec sa légère cassure. Sa voix à elle posée. Un peu grave et hyper mélodique. Quant à ses postures, je ne vous dis que ça : une manière incroyablement féline de parcourir la scène. Voilà. Ils nous charment tous deux et nous proposent de les rejoindre dans une balade, une promenade au fil de leur album … « On les suit alors ?! »

Et c’est effectivement une véritable balade dans laquelle ils nous entrainent d’abord. Un voyage qui s’irise de lumières et qui joue avec les rideaux blancs derrière eux. Tout est hyper bien scénographié, comme lorsqu’elle se poste au fond pour La Nuit Se Lève et que lui reste devant … « Les jours se suivent », mais pas les morceaux. Et quand elle se retrouve de dos, c’est simple : on dirait carrément un ange descendu parmi les mortels. Croisées des regards. Croisées de scène. Sourire de Gaëtan Roussel. Et duo explosif guitare-basse qui nous fait décoller.

A un moment, j’entends derrière moi : « La Grande Classe ! » Et c’est exactement ça. Ils nous racontent leur album tout autant qu’ils l’interprètent. Ils se racontent aussi un peu : « On s’entend bien, sauf quand on ne s’entend pas du tout ! Nos différents, on peut les régler les yeux dans les yeux et en musique » nous dit-elle. Affrontement de langues. Battle de voix. De regards. Je Ne Me Souviens Pas.

Mais que voit-on en fait ? Tout est question de perspective, de mise au point, surtout de disposition nous expliquent-ils. Gaëtan Roussel harangue le public, comme il sait si bien le faire, pour le faire descendre en devant de scène. Rachida Brakni nous défie comme un boxeur qui s’échauffe – elle a vraiment des attitudes incroyables – et ils nous entrainement tous deux « dans le flou » où Tout Va Mieux Partout.

Puis l’effervescence retombe un peu, car elle veut nous expliquer Le Temps Passe. Texte écrit par Auguste Rourich, ou plutôt Eric Cantona, ce dernier ne voulant pas que son nom apparaisse dans un premier temps. Alors il a fallu broder devant les journalistes. A priori, son ami Gaëtan n’était pas trop d’accord. Parce qu’il n’était pas à l’aise avec l’idée de mentir. Il lui a donc tout simplement dit de se démerder avec son histoire ! Mais pourtant, petit à petit, il s’est détendu. Allant même jusqu’à donner le nom du village de l’Ardèche où résidait cet ancien amoureux de jeunesse parti s’exiler là-bas … « Alors si je serai toujours une actrice qui chante, là j’ai vu un chanteur super bien jouer la comédie ! » s’amuse-t-elle (lui juste morde rire derrière). Une actrice qui chante … peut-être. En tous cas, perso, je ne vois et je n’entends qu’un superbe duo. Et ne sont-ils pas super beaux tous les deux tête contre tête ?!

On connait forcément la prochaine, car elle est tirée d’un film merveilleux : Johnny Guitare. « Mais moi je vais vous le chanter en arabe ». Magnifique. Vient ensuite son tour à lui de nous offrir une reprise de Longtemps. Chacun son solo. Puis c’est le retour de leur duo de voix et de sourires. De regards aussi, chacun derrière son micro pour Away.

Vient ensuite le premier texte écrit et envoyé à Gaëtan : « Dans quel état j’étais en recevant sa maquette ! Ce sont Des Petits Bouts. Des petits avec os en petits bouts… » De petits riens qui font un grand tout et qui nous amènent à la fin du Set. Un seul album à nous faire partager, alors « comment on va faire ?! » Et bien, là aussi, ajouter des petits bouts. Et quand Rachida Brakni se met à chanter Si L’on Comptait Les Etoiles : ça c’est Lady Sir. Et puis si on est pas content, on peut s’en aller 😉 …Alors bien sûr que non. Même pas en rêve ! Parce que c’est ça du concert Rock et qu’on préfère rester pour compter les étoiles avec eux.

A leur retour pour le rappel, Gaëtan Roussel décide de reprendre clairement les choses en mains : « Bon, certains sont debout, mais juste une suggestion par rapport à la chanson qui vient : je suggère aux autres de se lever ! » Et il a raison, parce qu’on repart sur les chapeaux de roues avec Come To Me. Elle à nouveau en position du boxeur qui entre sur le ring. Lui les mains autour de sa bouche et du micro. Chacun dans son monde. Dans sa musique. Dans les lumières qui s’affolent. Et devant un public debout en bas ou sur les gradins. « Merci beaucoup. Merci infiniment. C’est l’heure de se dire au revoir … Mais si ». Son souci reste que c’était prévu comme une balade – vous vous souvenez ? – une promenade avec un certain ordre. Alors l’idée pour terminer cela dans la grâce ?! Accidentally Yours. Pour que ça nous donne envie de l’entendre en rentrant à la maison : « On sera en connexion. Notre dernière, votre première ». Pour nous donner envie de les réentendre. Pour que ce soit toujours leur dernière et notre première. Et ça, c’est ce qu’on appelle le mouvement perpétuel.

Derniers regards donc. Dernier tête contre tête. Et effectivement une grosse envie de les entendre encore et encore, je confirme. Ils nous présentent les musiciens qui les accompagnent, en précisant que Phlippe Almosnino est un lien entre les langues : arabe, français, anglais et guitare !

Et puis, on a été tellement inspirant, qu’ils en ont écrit une petite dernière en deux minutes. Bon écrite, écrite … on va pas chipoter, ni le cafter aux Doors ! Surtout qu’elle est magique cette reprise de People Are Strange 😉 Et qu’ils la terminent face à nous, en frappant dans leurs mains, avant de nous saluer une dernière fois … Heureux comme nous à ne pas en douter une seconde.

Composition

  1. Son Absence
  2. Je Rêve D’ailleurs
  3. You May Hold On
  4. La Nuit Se Lève
  5. Je Ne Me Souviens Pas
  6. Tout Va Mieux Partout
  7. Le Temps Passe (Auguste Rourich aka Eric Cantona)
  8. Johnny Guitare (Peggy Lee cover)
  9. Longtemps (Tarmac cover)
  10. Away
  11. Des Petits Bouts
  12. Si L’on Comptait Les Etoiles
  13. Rappel : Come To Me
  14. Accidentally Yours
  15. People Are Strange (The Doors)

Date Limite de Consommation

  • Album défendu : Accidentally Yours

Site de Production

Ingrédients

  • Rachida Brakni : Chant
  • Gaëtan Roussel : Chant & Guitare
  • Jean-Max Mery : Machines
  • Phlippe Almosnino : Basse
  • Nicolas Musset : Batterie

Remerciements

  • Céline @ Paloma

Appellations d'Origine Contrôlée

Un de nos Instagrams de la Soirée

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