Avis sur un show

12 avril 2012

Frédéric Nevchehirlian @ Théâtre des Salins (Martigues)

Découverte du "Rock & Poetry Circus" d'un Nevchehirlian totalement habité !

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Evaluation de la Soirée

Note global du concert, 4.5 - 4 votes
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Note internautes, 3.5 avec 2 vote(s)
Note d'Ysabel
Note d'Arnaud

1 : Pas du Tout - 2 : Un Peu - 3 : Moyennement - 4 : Beaucoup - 5 : Passionnement - 6 : A La Folie

Conditions de mise en boîte

Librement dans la belle salle Au Bout De La Nuit. Par contre, il n’y avait ABSOLUMENT pas de lumière : ce fut un miracle de sortir des photos !

Chronique

Etiqueté par Arnaud :

Une énorme claque que ce concert ! Je connais Le Soleil Brille depuis quelques mois, mais en live je ne m’attendais absolument pas à une telle intensité, une telle présence ! Je crois que ça aurait pu être un concert de Noir Désir et venant de moi c’est un sacré compliment !

Etiqueté par Ysabel :

Comme annoncé lors de la session de Incisif #2, ce soir toute la salle est chamboulée pour la troisième édition de cette belle initiative musicale. Les instruments ont pris place au centre de la salle Au Bout De La Nuit, dans la petite fosse (leur nombre est d’ailleurs juste hyper impressionnant) et le public s’installe sur les marches de béton ciré tout autour. Cette fois, on peut vraiment dire que l’on se retrouve au milieu de la musique, tout juste sous le ciel étoilé … Le mur de brique s’est habillé d’un rideau rouge sur lequel se détachent Incisif en lettres blanches. Le décor est planté.

Les quatre musiciens de Nevchehirlian prennent place pour un accordage discret et Frédéric nous fait part du plaisir qui est le sien ce soir de réaliser son rêve de faire un concert comme ça, au milieu de nous. Des remerciements qui vont certainement droit au cœur des responsables de cette belle salle, qui partagent avec lui plusieurs années de complicité.

Premier morceau et le style de Nevchehirlian se met en place instantanément, avec sa voix chaude et semi-parlé. Le rendu de cette disposition en cercle et au centre est superbe. Le son chargé de corde monte rapidement, puis s’interrompt par moment pour laisser le bruit des peaux claquer dans le silence. Ils ont les yeux rivés les uns sur les autres et la voix de Frédéric nous livre des poèmes incroyables, saisissants jusqu’au tripes.

Ils jouent sur les rythmes, avec des variations qui nous tiennent en haleine, en ne nous laissant pas un seul instant de répit. On entre dans leur monde, comme absorbés et l’instant d’après, ils se mettent à sauter sur place, guitare au poing, avec la musique qui s’emballe.

Lorsque les spots s’éteignent, il ne reste que la lueur des étoiles au-dessus de nos têtes. J’espère que tout cela est la hauteur de leur rêve … En tout cas, cette réalité moi me fait rêver et me transporte ailleurs. Julien Lefévre ne joue pas simplement du violoncelle, non, il le fait gindre et pleurer. C’est somptueux dans cette pénombre. Frédéric ne chante même plus dans son micro et sa voix se retrouve à flotter parmi nous, en osmose avec la salle.

Il nous parle de son Cd de mise en musique de texte de Prévert, sorti en novembre dernier, dont il nous propose un extrait : Citroën. Drôle de chanson et j’ignorais totalement qu’un poème avait été écrit par cet auteur sur ce thème. Le piano en profite pour faire son entrée dans leur aire de jeux, par quelques notes comme perdues. Julien continue de m’étonner, jouant de son violoncelle comme d’une guitare et on passe du chuchotement à la fureur des cordes.

Les voir est autant un plaisir que les écouter : Regards croisés, sourires échangés et complicité … Ils vivent tout cela à 200%. La batterie se retrouve doublée à grands coups de drum et le riff des guitares oscille entre un cœur qui bat et un corps qui se déchire. Au fur et à mesure, les instruments se déchaînent de plus en plus, pour s’arrêter net à la fin de certains morceaux, comme un sparadrap qu’on arracherait d’un coup sec. C’est vraiment très intense comme approche de la musique.

Pour interpréter Que Tout Nous Soit Offert, Nevchehirlian demande à Eric Cartier (dans la salle) de venir les rejoindre. Ils se retrouvent comme sur son premier album : «Il n’en manque plus qu’un pour que l’on soit au complet !» Il prend donc place dans le cercle et commence une sorte de chanté-récité, avec leurs deux voix qui se font écho par moment. Encore une fois, plaisir et intensité sont au rendez-vous.

Puis, après le départ d’Eric, on va embarquer pour La Mer, avec seulement quelques onomatopées musicales et les instruments qui montent petit à petit, comme l’eau qui deviendrait envahissante … Une vague qui entre en nous.

C’est amusant comme ils sont à la fois hyper investis et très détendus. Comme le public se met à sourire suite à une petite messe basse, ils expliquent «On se dit les titres à l’oreille, même si c’est sur la liste. Vous voulez qu’on vous le dise aussi à l’oreille ?!! … Alors fait passer …» et c’est Tant Cendre Et Poussière qui passe de bouche à oreille pour devenir Sandrine Plombière «Ça a l’air super bien» nous lance Frédéric … «Oui, on l’a rencontrée hier dans une géode à Château Thierry …» Bref, on s’amuse bien, juste le temps pour le violoncelle de reprenne la main. Sa plainte d’un autre monde monte vers les cintres et se mêle aux autres instruments. Gildas joue de la cymbale avec un archet. Ils sont complètement barrés ailleurs et j’ai ce sentiment d’être plongée dans un monde irréel.

Avant de terminer ce set fort en émotions, Frédéric passe à la guitare classique pour, je cite, appeler au déhanché … Même assis ! Et, toujours selon sa théorie, moins ils vont jouer fort, plus le public va se lever. Il nous est même proposé d’enlever nos tee-shirts si l’envie nous en vient : Mais bien sûr !! Il se met à siffler. Va chercher le public pour le faire danser. La scène, la salle : tout se mélange dans un joli bazar.

Pour le dernier morceau, il a attrapé plusieurs feuilles qu’il lit à bout de bras, les jetant au fur et à mesure qu’il a fini de les lire et comme pris par le rythme infernal qui est insidieusement monté. Au final, sa voix est même devenue un cri d’une intensité fabuleuse. Le public est à la fois abasourdi et enthousiasmé. Face à la clappe qui ne veut pas s’éteindre, Frédéric en propose une dernière. Mais comme Nicolas Cante passe devant le rideau (pensant sans doute que c’est à lui), on nous annonce que ce sera deux pour la peine (rires). Plus sérieusement, Eric Cartier va être appelé à nouveau, pour partager une chanson dont il est l’auteur et pour laquelle il va s’accompagner d’une guimbarde. Nevchehirlian le regarde chanter avec des yeux émerveillés et cela se termine sur ces mots : «Au bal mon chemin … Qui a croisé le tien».

Composition

  1. La Grande Bourge
  2. Dans Le Stade
  3. Où Vont-elles ?
  4. Citroën
  5. L’univers Parmi Nous
  6. Que Tout Nous Soit Offert
  7. La Mer
  8. Tant Cendre Et Poussière
  9. Les Filles Les Garçons
  10. Tout
  11. 1er Rappel : Au Bal Ou Mon Chemin

Date Limite de Consommation

  • Album défendu : Le Soleil Brille

Site de Production

Site Officiel : http://www.nevchehirlian.com/

Ingrédients

  • Frédéric Nevchehirlian : Chant, Guitare & Percussion
  • Stéphane Paulin : Basse
  • Julien Lefévre : Violoncelle & Guitare
  • Gildas Etevenard : Batterie

Remerciements

  • Caroline @ Théâtre des Salins
  • Stephan @ ConcertAndCo

Détails du show

Style musical : • NoisePost-RockRockSlam

Production : • InternExterne

Musicien sur scène : • Frédéric NevchehirlianGildas EtevenardJulien LefevreStéphane Paulin

Manifestation : • Festival Incisif

Instruments : • BasseBatterieChanteurGuitarePercussionsVioloncelle

Nationalité des musiciens : 

La Zone des Lecteurs

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