Avis sur un show

23 novembre 2011

Pain Of Salvation @ Rockstore (Montpellier)

Une bonne soirée, ça se doit de commencer par un bon groupe !

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Evaluation de la Soirée

Note global du concert, 4.5 - 4 votes
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Note internautes, 5.0 avec 2 vote(s)
Note d'Ysabel
Note d'Arnaud

1 : Pas du Tout - 2 : Un Peu - 3 : Moyennement - 4 : Beaucoup - 5 : Passionnement - 6 : A La Folie

Réclame d’avant concert

Ecrit le 06 Novembre 2011

Première partie d’Opeth. Nous n’aurons probablement pas le temps d’acheter l’album avant le concert, mais au dires d’un « éminent » ami musicologue, c’est un très bon groupe avec un sublime double dernier album ! L’écoute du Myspace est en tout cas très convainquant !

Conditions de mise en boîte

Ce fut probablement les conditions les plus épiques.

Tout avait été préparé bien en amont et à première vue, tout devait bien se passer : nous étions sur la liste du label !

Mais pif paf pouf, Ysabel n’est pas sur la liste alors qu’Arnaud y est !! Pas de soucis, Arnaud rentre et trouve très rapidement un représentant de la production locale. Alors c’est merveilleux allez vous dire ! Oui mais Non ! La production locale porte en quasi dégoût le label, qui ne lui apporte aucun soutien depuis des années ! En conséquence, il est hors de question de faire rentrer le suppôt de ce satanique label, surtout que le concert est complet et la liste des invités déjà plus longue que le bras.

Il faudra près de 20 min de discussion pour parvenir à un consensus où finalement Ysabel a un pass Staff qui ouvre quasi toutes les portes (nous n’en abuserons absolument pas, le simple fait de rentrer est bien suffisant à nos yeux) et nous avons l’accès à la mezzanine, à l’angle de vue unique.

Nous serons en place quelques minutes avant que les lumières ne s’éteignent et les conditions seront sans limite pour cette première partie.

Chronique

Etiqueté par Arnaud :

Ce fut un très bon set, à l’ambiance très complexe : c’est un doux mix de rock, de métal et de progressif dans la plus pur veine ! J’aurai aimé un son meilleur, où la voix aurait été plus distincte et moins noyée dans les guitares. Le charisme de chaque artiste est évident et c’est un réel plaisir de les shooter. Hélas d’un peu loin mais bon, on ne peut pas tout avoir !

Etiqueté par Ysabel :

Le Rockstore est plein à caquer pour ce concert exceptionnel de Opeth à Montpellier (ils ne passent pas si souvent en France … Et cette tournée ne comprend que peu de date sur notre cher sol). Ce qui nous donne une file d’attente de folie qui attend devant. En plus cette année, cette superbe salle à la Cadillac enfoncée dans la façade fête ses 25 ans. Alors l’occasion ou jamais de la découvrir, si vous n’en avez pas encore eu l’occasion !

Sur la scène, la batterie de Pain Of Salvation, qui va assurer la première partie, occupe déjà 1/3 de la place. Il fait une chaleur à crever et on démarre sur une petite musique, limite à faire s’endormir un bébé. Ils se mettent en place et commencent à chanter avec de petites voix douces … Mais ce n’est que pour tromper l’ennemi … En 30 secondes, on se prend une explosion dans les oreilles, à vous décoller du sol !!

Johan Hallgren est torse nu, des dreads jusqu’aux fesses et nous envoie des cornes du diables à tout va. Mais en même temps, sa voix sait se faire douce et ils semblent tous les cinq adorer jouer sur les paradoxes, associant des chœurs quasi romantiques avec un son tonitruant envoyé par presque une dizaine de cymbales. En à peine trois morceaux, ça pogote déjà dans les premiers rangs. La dynamique est fantastique. Du gros son cassé en permanence par de la musique plus douce, pleine de guitare. En fait, du lourd plein de nuance. Avec un Johan qui fait tourner ses dreads et tout le groupe qui chante avec lui, qui joue avec la salle (qui s’éclaire à intervalles réguliers). Sans parler d’un public qui suit à 200%. Le métal subtil, c’est vraiment du pur bonheur.

Le choix de leur setlist entretien cette alternance des rythmes. Le micro change aussi de mains et parfois le son prend la couleur d’un Pink Floyd. Un drôle de mélange pour un résultat plutôt pas mal, avec des morceaux très longs (je pense que le plus marquant sera Diffidentia), des solo de guitare impressionnants et un son de tonnerre.

Et même lorsque la technique nécessite de petits réglages, tout se fait dans la décontraction la plus totale. Daniel Gildenlöw se marre «On crie pas …. Pas de chocolat !!» Alors on crie bien sûr et on repart pour un tour. On ne voit même plus de têtes au premier rang, mais plutôt que des touffes de cheveux qui s’agitent. Parfois, une petite pause, pour chanter … Puis ça repart de plus belle. Et sur la scène, on a carrément Jésus en contre jour, qui lâche sa guitare. Quelle image !! Les cassures de rythme sont toujours omniprésentes, avec un batteur qui assure comme un malade. On a tout : des éclairs, du tonnerre et un public au taquet. Lorsqu’ils quittent la scène, tous les bras sont levés et ils en profitent pour serrer les mains qui se tendent vers eux avant de partir.

Etiqueté par Pierre :

Accompagnant Opeth sur leur tournée européenne, Pain of Salvation est un groupe qui mérite mieux que le statut de « Première partie de …». Ce groupe suédois, porté par le charismatique Daniel Gildenlöw au chant et à la guitare et principal compositeur du groupe, officie depuis plus de 20 ans dans un registre de métal progressif assez proche d’Opeth et de Katatonia (suédois eux aussi !). Comme ces derniers, ce groupe s’est mué ces dernières années en un rock progressif teinté de couleurs 70s, très loin de leurs sombres origines. J’avais découvert ce groupe il y a 10 ans pour leur album « The Perfect Element Part I », mais sans y prêter grande attention.  Je m’y suis reconsacré dernièrement en achetant leurs deux derniers albums « Road Salt I » et « Road Salt II », que j’ai véritablement adoré. Au-delà de la variété des influences – rock symphonique, rock progressif, folk, métal -, j’ai particulièrement aimé la production du disque, le son très typé 70s, et le timbre de voix du chanteur qui a délaissé le côté « doom » de ses origines (assez proche de ce que faisait Anathema à leurs débuts par exemple).

Le public qui fait la queue ce soir pour voir Opeth, et il est nombreux (la salle est au complet), est également là pour Pain of Salvation, à n’en point douter. A l’écoute de quelques discussions autour de moi et la vue de quelques t-shirts, j’oserais même dire que ce concert est presque à égalité d’attente avec celui d’Opeth. Les deux derniers albums ayant beaucoup dérouté les fans de la première heure, habitués comme avec Opeth à un univers plus sombre, beaucoup étaient impatients de voir ce que le groupe allait pouvoir donner sur scène. Ici et là on entend d’ailleurs que le live n’est pas leur point fort.

19h30 début du concert, la lumière s’éteint et la salle est pleine à craquer. Bizarrement assez peu de monde au bar en ce début de soirée, le public est attentif et à l’écoute. La bande son d’introduction est le morceau symphonique qui ouvre le dernier album, à savoir « Road Salt Theme ». Le groupe s’installe sur scène devant un décor constitué de panneaux représentant une photo du chanteur torse nu (ce petit côté « culte de la personne » n’est pas tellement de mon goût mais bon passons). Le groupe entame logiquement avec le titre « Softly She Cries ». Le son est un peu brouillon sur ce premier morceau. La voix de Daniel, d’un grain que j’aime beaucoup sur le disque, se fait trop discrète derrière le mur de guitare qui s’abat sur nous. On passe clairement dans une représentation plus métal d’un morceau dont le son était plus rock 70s. Pas illogique pour du live mais ce qui m’a fait apprécié le disque me laisse un peu sur ma faim. En revanche, force est de constaté que les musiciens excellent, tout particulièrement le deuxième guitariste, Johan Hallgran, qui assure aussi les chœurs. Il a le look cool avec ses draides et son torse nu. Le batteur assure aussi les chœurs (difficile exercice, surtout quand on ne fait pas dans la dentelle). Malgré la déception relative du son sur ce premier morceau, le chanteur dégage réellement quelque chose, il est présent et montre un charisme évident sur scène. Son plaisir de jouer est communicatif et il discute facilement et spontanément avec le public.

Deuxième titre, un come-back 10 ans en arrière et le plaisir de redécouvrir les notes de clavier caractéristiques de l’intro de « Ashes », le hit single de leur album « A Perfect Element Part I ». Adouci par les années, le titre pour le coup passe beaucoup mieux sur scène que sur le disque avec cette voix d’outre-tombe qui ne colle plus vraiment à leur évolution.

Retour au dernier album avec « Conditioned ». Autour de moi, beaucoup de monde se déhanche sur le morceau et chante les paroles, mes suppositions de départ se vérifient, le public est bien là pour eux !

Sur le 4e morceau, le son se fait plus calme et on peut enfin apprécier le calibre du chanteur. Ce « 1979 » est de toute beauté et me décroche des frissons. L’apport du clavier en particulier est sublime. Au fil du concert, le son commence à nettement s’améliorer, le niveau guitare / chant se faisant plus équilibré.

On continue avec le dernier album et le très Morriconesque « To The Shoreline ». Du même calibre que le titre précédent, le groupe commence à me faire sérieusement décoller. Je retrouve la magie du dernier album, sublimée par le live.

Enchainement par « Diffidentia », de l’album que je ne connais pas encore « Be », puis retour à l’avant dernier album « Road Soalt I » pour les deux derniers titres. Avec Linoleum tout d’abord, où Daniel cherche clairement la participation du public. Ce morceau, taillé clairement pour la scène enflamme les derniers récalcitrants des derniers albums. Puis après une courte disparition, signifiant la fin de la première partie (après tout de même 50min de concert), le groupe termine avec « No Way », l’un de mes morceaux préférés sur ces deux derniers disques. Peut-être le plus progressif dans l’âme et celui où le chanteur met le mieux en valeur l’étendue de son timbre de voix. Les changements de rythme vers la fin du morceau, accompagnés de ces nappes d’orgue Hammond résonnent décidément très 70s et annoncent déjà la suite du concert.

En bref, une première partie comme j’en ai rarement vu d’aussi bonne. On aurait presque pu penser qu’il s’agissait d’un mini festival à deux concerts, plus que le groupe que l’on écoute d’une oreille distante en sirotant sa bière et en attendant la tête d’affiche. Ce soir le public était bien présent, Pain of Salvation aussi. J’ai grande hâte de retrouver Daniel Gildenlöw et sa bande pour un concert complet dans des conditions encore meilleures. Une tournée est d’ailleurs prévue à partir du printemps 2012 (avec un nouveau guitariste, croisons les doigts qu’il soit aussi bon que celui qu’on a vu ce soir). D’ici là, nul doute que je me serai plongé dans leur discographie tant la prestation de ce soir m’a enthousiasmé !

Composition

  1. Intro Musicale : Road Salt Theme
  2. Softly She Cries
  3. Ashes
  4. Conditioned
  5. 1979
  6. To The Shoreline
  7. Diffidentia
  8. Linoleum
  9. No Way

Date Limite de Consommation

  • Ce concert s’inscrit dans la tournée Road Salt Tour qui se termine le 9 Décembre 2011 à Oslo (Norvège)
  • Album défendu : Road Salt One & Road Salt Two

Site de Production

Site officiel : http://www.painofsalvation.com

Ingrédients

  • Daniel Gildenlöw : Chant & Guitare
  • Johan Hallgren : Chant & Guitare
  • Leo Margarit : Batterie
  • Fredrik Hermansson : Claviers
  • Simon Andersson : Basse

Remerciements

  • Roger @ Base Production
  • Karine @ Roadrunner
  • FyFy @ TAF
  • Pierre @ Fuc..ing Aixois Crew

Appellations d'Origine Contrôlée

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    21 février 2011

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