Avis sur un show

09 mars 2011

Duoud @ Théâtre des Salins (Martigues)

Quand Gotan Project change de continent pour l'Afrique

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Evaluation de la Soirée

Note global du concert, 5.0 - 2 votes
Pas d'Evaluation des internautes
Note d'Ysabel
Note d'Arnaud

1 : Pas du Tout - 2 : Un Peu - 3 : Moyennement - 4 : Beaucoup - 5 : Passionnement - 6 : A La Folie

Conditions de mise en boîte

Plus ou moins librement même si l’appareil dérangeait un peu la salle

Chronique

Etiqueté par Arnaud :

Venu plus par curiosité que par une connaissance du groupe, ce fut une sublime découverte ! La musique électro sur des thème plutôt oriental, africain et métissé est globalement phénoménal ! Aucune fausse note pendant la soirée, chaque morceau apportant son lot. La reprise du thème de Midnight Express était juste excellent !

Ce groupe est la juste suite d’Ekova, groupe que j’avais pu découvrir à diverses reprises lors de premières partie de The Cure (de mémoire à Lyon en 98 puis au Zenith de Paris en 2000).

La présence et le charisme de Medhi, guitariste du groupe (et membre d’Ekova, comme par hasard) est juste merveilleux.

Une bien belle soirée comme on en aimerait plus

Etiqueté par Ysabel :

Nous prenons place dans la grande salle du Théâtre des Salins de Martigues (réduite de moitié pour un concert somme toute intimiste) devant deux chaises vides, attendant l’arrivée du duo oudistes Jean-Pierre Smadja dit « Smadj » & Medhi Haddab.

Et c’est Smadj qui attaque, en nous faisant une mini présentation, avec un faux accent du sud, pour leur premier morceau, tout droit venu du  soleil.

Et oui, Zanzibar, pour commencer la soirée dans la chaleur «que vous connaissez bien !», nous dit-il.

Démarre alors ce qui va rythmer notre soirée : un incroyable jeux de musique électronique et de luth. Un assemblage fantastique, qui sait faire totalement sortir cet instrument de son contexte habituel, pour l’amener dans la modernité. C’est un paradoxe brillant et incroyablement séduisant.

Smadj prend des attitudes de pianiste derrière son ordinateur (tout en poussant de petits cri de plaisir de temps à autre) et Medhi (transvuge d’Ekova … ce qui n’est pas rien !) reste totalement absorbé par son luth (qui est juste incroyable, tout décoré de tissus, de bouts de rubans, de foulards et de pompons : une pièce unique à n’en pas douter !)

Les sonorités orientales sont littéralement happées par un tourbillon électro-ethnique. On est à la fois dans de la musique tzigane et du son de guitare électrique. Le tout remis en sauce par l’alchimiste DJ Smadj. C’est juste génial !

A chaque morceau, son univers. Avec Luthausore, on part sur une compo faite pour un ciné-concert dédié à un film des années 30 (genre ancêtre de Jurassic Park). Une confrontation de deux mondes : l’ancien et le nouveau … Tellement fait pour eux.

C’est tout d’abord de l’électro seul, accompagné de sorte de grognements d’animaux, de respirations, suivis de sirènes de police. Ils se regardent tous les deux, les yeux emplis de plaisir. Et leurs deux luths viennent enlever le tout. Ils sont chacun dans leur trip. L’un calme et souriant, serein (c’est Medhi Haddab) et l’autre en perpétuel mouvement, debout, assis, la tête qui frappe le tempo (et ça, c’est Jean-Pierre Smadja, bien sûr).

Après le soleil et les dinosaures, un morceau spécialement dédicacé à un ami perdu. Nude For Death. Les guitares deviennent dissonances, puis harmonie. Mais toujours en parfait accord. Certaines sonorités sont à la limite du rap. Encore une association improbable et somptueuse, tant dans les sons que dans les rythmes.

Le morceau d’après retourne vers l’orientalisme. Smadj danse littéralement sur place. Ils se regardent tous deux et se répondent par le biais des luths. C’est un véritable et magnifique dialogue musical. La complicité de leurs regards est magique. Le rythme s’accélère et cela devient terriblement entraînant. Tout le public claque des doigts et frappe dans les mains. La vitesse de déplacement de leurs doigts sur les cordes est vertigineuse.

«C’est autorisé de danser et même de monter sur scène. On prend tout le monde, de tout âge, de toute religion et de tout sexe : nous sommes très ouverts d’esprit !!» Ils sont surtout géniaux en fait. Ils s’éclatent sur scène. On assiste à une sorte de jeux musical façon : refait ce que je fais … L’un se met en sourdine pour valoriser l’autre, puis ils inversent. Il n’y a même plus d’ordinateur. Seuls les luths se font entendre et la salle retient son souffle. Ils finissent tous deux les mains levées vers le ciel. Et c’est tout à fait ça : une musique venue tout droit du paradis.

Après ce voyage au pays du luth, nous changeons encore de tableau. Nous partons à la découverte de Genjiskan, le conquérant dévastateur. Alors, attention aux oreilles !

Ils sont debout à présent, leurs instruments sont devenus électriques. Ils se sont transformés en de vrais rockeurs (avec le visages qui grimace, se tord, et tout, et tout …) Leurs instruments aussi sont magnifiques (et d’un esthétisme extraordinaire). Ils sont traversés par la musique de part et d’autre de leur corps, soulevés comme à chacune des vagues émises par leurs guitares. C’est un pur moment de bonheur.

On arrive doucement vers la fin du set. «On va faire comme s’il était minuit, parce que le morceau est à propos de minuit …» Et là, c’est une reprise fabuleuse de Midnight Express. Ils ont brodé une musique d’un autre monde sur le canevas original. Leurs yeux sont fermés et leur visage inspiré, absorbé par la musique. Alors que l’intensité monte, la salle se met à siffler, comme sortie d’un coup de ce rêve éveillé. Ils sont face à face, les luths décollent pour aller jusqu’au crash final. C’est fabuleux (je sais, je me répète, mais que dire d’autre ??!!). Ils quittent la scène sur un salut chaleureux et hyper sympa. Mais sont obligés de revenir, «face à cette foule en délire» !!

Medhi taquine Smadj qui se stresse toujours dans les coulisses à la fin d’un set, de peur que tout le monde ne s’en aille. Mais personne ne bouge, pas d’angoisse. Il y en a même qui sont prêts à tenir jusqu’à minuit, comme promis !

Ce sera une reprise de Johnny Guitar, à la sauce andalouse. Ils s’étonnent de ne pas voir de danseurs se lever (mais c’est juste parce qu’on est un peu timides !)

Ils emplissent la salle de leur chaleur et le tout se termine en déclaration d’amour, avec leurs mains qui se rejoignent. Ils commencent à partir, mais quelqu’un cri «C’est pas minuit … Une Autre !!»

Nos deux compères reviennent à pas de loup pour se remettre en place. Ce sont vraiment de beaux artistes et d’une extrême générosité. Une dernière fois, les luths vont se répondre avec la reprise de Bulgare, pour notre plus grand plaisir.

Medhi se lâche pour cette dernière. Il vient mettre son grain de sel sur l’ordi et accélère le mouvement au maximum. Ils finissent par courir sur place, sautant de partout. Ils jouent l’un avec l’autre, dans tous les sens du terme et nous font croire que c’est terminé, pour repartir de plus belle. Ils finissent par quitter la scène en dansant et la musique continue toute seule …. C’est juste …. à tomber par terre.

Ils vont tout de même revenir pour nous dire au revoir, envoient des baisers et s’excusent : «On en peut plus !!» Et c’est à n’en pas douter, parce que ce qu’ils nous ont donné ce soir était certainement épuisant. Une découverte qui marquera, pour moi, ce début d’année …. Et une expérience que je compte bien renouveler sans attendre !

Composition

  1. Zanzibar
  2. Luthausore
  3. Nude
  4. Bulgare
  5. Must
  6. Rast
  7. Genjiskan
  8. Berlin-Paris
  9. Racailles
  10. Midnight
  11. 1er Rappel : Johnny Guitar
  12. 2iem Rappel : Bulgare

Détails du show

Style musical : • ÉlectroInstrumentalMusique du Monde

Instruments : • Boîte à RythmesBoîte à SonsOud

Nationalité des musiciens : 

La Zone des Lecteurs

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