Avis sur un show

24 juin 2015

Pharrell Williams @ Arènes (Nîmes)

Les Arènes ont ouvert leurs portes au prince Pharrell ...

  • 11
  • 2
  • 2
  • 0
  • 0
  • VN:F [1.9.22_1171]

Conditions de mise en boîte

Trois premiers morceaux dans les crash barrières.

Chronique

Etiqueté par Arnaud :

Je suis animé d’une curiosité hors du commun à l’approche de ce concert ! Que peut bien valoir sur scène l’un des rares artistes à exploser les hits parades depuis des années, par ses participations ou surtout son Happy ! Il fallait que je juge l’homme sur pièce, par mes propres oreilles et mes propres yeux !

Un premier constat s’impose, une fois qu’il est sur scène et même tout au long du concert : l’artiste est humble, assez discret et, par exemple, à mille lieux du côté hautain d’un Kany West. On le sent disponible, là pour ses fans et fort heureux d’être sur scène pour un beau moment de partage, allant jusqu’à inviter par deux fois des personnes à le rejoindre !

Le second constat évident, dès l’écoute de Freedom, son nouveau single en devenir, est que l’américain a une sacré voix ! Il ne l’utilisera, au final, pas assez tout au long du concert, mais elle est là et bien là ! A des moments, j’avais presque envie de le voir comme un successeur de Michael Jackson, c’est pour dire (bon Pharrell est quand même un piètre danseur, rendons à César ce qui lui appartient !).

Un dernier constat qui saute aussi aux yeux, dans tous les sens du terme : il y a un vrai Show et une vraie réflexion sur scène. C’est beau, calibré et ça envoie du petit bois ! Toute la surface de la scène est exploitée et plutôt bien; Il est clair qu’on en a pour son argent !

Mais, si l’on peut croire qu’à la lumière de ces trois constats j’ai passé une bonne soirée, je répondrais qu’elle fut en demi teinte et en grande partie gâchée par la partie centrale du concert, que j’ai estimé largement dispensable. En effet, la partie très Rap N*E*R*D est, de mon point de vue, une perte de temps et on s’y ennuie assez ferme, avec en plus un son très bouillie juste au moment où… Il y a des longueurs interminables, qui jurent d’autant avec l’énergie du début et les hits de la fin de Set. Mon avis semble d’ailleurs être assez partagé, puisque nous avons vu deux visages au public : celui tout fou et celui assez tranquille, les deux états correspondants réciproquement et parfaitement au moment géniaux ou ennuyeux du Set.

Cette mauvaise gestion du concert est tout à fait rageante, car il y a un vrai potentiel de 1h30 de plaisir fou où Pharrell n’aurait qu’à dérouler ses hits perso ou reprendre ses hits en collaboration (Daft Punk, Robin Finck, etc…).

Alors tout de même un artiste à suivre, surtout s’il sait résoudre ce calibrage du Live ….

Etiqueté par Ysabel :

Ça y est ! Les Arènes sont quasi pleines et le public est fin prêt. Quelques derniers essais de lumières … On voit que ça ne rigole plus pour ce qui est du show à venir. Podium et colonnes de spots : tout est destiné à s’allumer à un moment ou un autre. Petite Ola pour passer le temps (je suis émue, c’est ma première de la saison).

Le Set commence avec l’arrivée sur scène de deux danseuses. L’une à damier jaunes et l’autre à damiers rouges. De fougueux chevaux en noir et blanc envahissent l’écran géant qui habille l’arrière plan … Encore trois demoiselle de plus, les musiciens et voilà The Boss, petite casquette et chemise hawaïenne ouverte sur un tee-shirt. Batterie et clavier sont perchés sur leurs estrades, chacune sur un côté. Il y a plein de couleurs. Plein de lumières. Et le public semble plutôt médusé par cette entrée en scène, à juste raison d’ailleurs : c’est un très beau show, d’où que tu sois placé en plus, vu son intelligente conception.

Ecran, danseuses, plateformes lumineuses … Niveau visuel, il n’y a rien à dire : c’est au top. Après, j’ai tout de même un peu la sensation d’être au beau milieu d’une pub pour Coca-Cola. Et, bizarrement, le public reste globalement hyper sage pendant les morceaux, mais super content entre. Il fait un petit coucou et annonce : « On va rester entre nous ». Juste les musiciens et les deux filles du début. C’est une pause dite « Love », pour les filles. Et elle fonctionne à merveille  si on en juge par les cris qui suivent son parcours en bord de scène. Alors, même si j’ai toujours trouvé le répertoire de Pharrell Williams un tantinet commercial, je dois avouer que je suis plutôt conquise par l’esprit de ce Live. C’est un très bon faiseur, d’un professionnalisme sans faille semble-t-il. Et cela se confirme quand ses copines viennent à nouveau le rejoindre, vêtues de peignoirs blancs, lunettes de soleil sur le nez, fond d’écran avec d’énormes jumelles façon cartoon (de ce côté là aussi, c’est un sans faute depuis le début) pour Hunter.

Je pense que ma sensation de Show super bien rodé, qui fonctionne parfaitement, vient aussi du fait que j’ai l’impression qu’il enchaine tube sur tube. Et je ne connais pourtant pas à fond son répertoire (loin de là). Tout me parait familier et d’une parfaite cohérence. Sympa petit trio avec les miss. Light show conventionnel, mais hyper efficace… Ça commence d’ailleurs à bien se réveiller côté bras en l’air, sur ce Brand New aux accents un peu cubains.

Le Set devient ensuite un peu plus Rap. On ne s’ennuie pas un instant pour le moment. Ça bouge bien et ça nous bouscule un petit peu. Le spectacle est toujours super beau, et je reste, encore une fois, assez étonnée du calme ambiant. Le public est peut-être trop captivé. Mais voilà qu’il trouve la solution, en organisant un bon petit jump fort à propos pour réveiller tout le monde 😉

Puis il fait appel à un ami pour rapper avec lui, pour lequel il réclame « Some noise ! » Et c’est à partir de là que ça va franchement perdre de son charme… Il fait monter une douzaine de personnes sur scène. Comme d’hab, la plupart beaucoup plus occupées à se filmer qu’à vivre l’instant présent. Pharrell leur fait d’ailleurs remarquer tout juste 2mn après que je me sois faite la réflexion. Mais il en veut pourtant une quinzaine de plus (du moins, c’est ce qu’il annonce). Et il en veut qui sache vraiment danser … Alors là, c’est pas forcément gagné s’ils sont du même niveau que ceux qui sont déjà montés ! Et, au passage : pas bravo aux mecs. Parce que c’est la seule fille du groupe qui assure le mieux 😛 Ce doux bordel pourrait-être sympa, mais il est surtout très fouillis et assez ennuyeux au final. C’est super dommage. Parce que là, tout de suite, on se sent comme s’il y en avait 15 qui s’éclatent et que nous sommes réduits à les regarder. Ça n’est pas organisé. Pas fait de façon amusante … Un peu comme si on regardait une fête à laquelle on est tout simplement pas invité.

Il garde juste la fille et en fait même monter d’autres. Ça devient franchement longuet et brouillon Mr Pharrell ! Mais, au moins, les filles dansent un peu plus que les garçons de tout à l’heure. Aller : je te tape dans la mains, mais je te fais quand même pas de bisou avant que tu ne descendes … Et tout le monde regagne sa place. Sauf que, trop tard, l’ambiance est retombée comme un soufflet oublié au four.

Retour de la troupe de danseuses, mais seules. Plus de musicien. Plus de Pharrell. Ça devient franchement décousu et, après un tel début de concert, c’est assez déstabilisant et donne le sentiment d’un show très inégal. Leurs prénoms défilent sur écran et chacune fait sa petite démo. Bon. Cela devient donc un spectacle de hip-hop à présent, à grand renfort de Bouge Ton Boul (c’est d’ailleurs un Shake Your Base qui passe en bande son). Après, c’est peut-être juste la pause pipi de Pharrell ?! Mais il en rajoute une couche en nous les présentant à nouveau lorsqu’il revient sur scène et là, sincèrement, je meurs d’envie de lui dire que c’est bon ! (Aussi talentueuse soient-elles).

Mon sentiment semble d’ailleurs assez partagé, puisque même son « Say Yeah ! » ne fonctionne pas plus que ça (et je peux vous dire que j’en ai vu des soirées avec les Arènes aux taquets). Comme si la mayonnaise n’arrivait pas vraiment à prendre. Ceci étant, le Set semble retrouver un cours « normal ». Plus lisse, forcément, mais tout de même plus plaisant et visuellement sans comparaison … Même si, perso, tout cet ennui m’a fait perdre le fil de mon plaisir.

Il enchaine alors les reprises et les titres participatifs qui font mouche et qui ont fait son succès. La fosse se remet à danser et l’ambiance redevient beaucoup plus festive. Sur Gust Of Wind je retrouve les Arènes comme je les aimes : tous les bras levés, qui se balancent ensembles. Avec même de petites lumières, d’abords parsemées dans les gradins, puis qui deviennent de plus en plus nombreuses … Pour, au final, toutes être de sortie au commencement de Hollaback Girl (cover de Gwen Stefani).

Le girls band des danseuses est de retour et cela redevient inégal … Décidément 🙁 Mais c’est Le Tube Beaux Gosses interplanétaire Blurred Lines, suivi du non moins faramineux Get Lucky qui vont tout de même nous offrir une fin très enlevée. Là, oui, c’est chaud bouillant. Et il se casse, nous laissant avec les filles pour quelques derniers pas de danse.

Rappel. C’est toujours très très joli un rappel aux Arènes de Nîmes. Avec ses applauses qui montent dans la nuit et ces milliers de petites loupiotes de portables qui s’allument… Et ce sont des gosses qui à présent viennent le rejoindre pour profiter de Happy. Avec, attention : même choré sur scène que sur l’écran ! Vraiment dommage qu’il ne soit pas parvenu à maintenir tout son Set dans ce style d’ambiance.

Une petite dernière pour la route (même si c’était prévu. Puisque seul morceau autorisé depuis le début à être filmé par les médias). Petite leçon de liberté de Monsieur Williams. Images qui nous ramène au début de ce concert et final identique, en forme de salut militaire des danseuses, qui gardent bien la pause pendant les applaudissements finaux. Il nous bénit même, à l’américaine, et puis bye-bye.

Composition

  1. Freedom
  2. Come Get It Bae
  3. Frontin (The Neptunes)
  4. Hunter
  5. Marilyn Monroe
  6. Brand New
  7. Nothing/Move That Dope/Alright/Hot’n Here/Just Wanna Love You/Pass The Courvoisier
  8. Spaz (N*E*R*D)
  9. Rockstar (N*E*R*D)
  10. Lapdance (N*E*R*D)
  11. She Wants To Move (N*E*R*D)
  12. Grindin’/Flap Your Wings/Milkshake/I’m A Slave 4U (Intermède danse)
  13. Able
  14. It Girl
  15. Lose Yourself To Dance (Daft Punk)
  16. Gust Of Wind
  17. Hollaback Girl (Gwen Stefani)
  18. Beautiful (Spoop Dogg)
  19. Drop It Like It’s Hot (Spoop Dogg)
  20. Blurred Lines (Robin Thicke)
  21. Get Lucky (Daft Punk)
  22. 1er Rappel : Happy
  23. Freedom

Site de Production

Site Officiel : http://pharrellwilliams.com

Date Limite de Consommation

  • Album défendu : G I R L

Ingrédient

  • Pharrell Williams : Chant
  • Junius Bervine : Clavier
  • Jerry Stringer : Guitare
  • Wayne Moore : Basse
  • Darrell Robinson : Batterie
  • Shay Haley : Chant
  • Christina Chandler Rhea Dummett Aye Hasegawa Latrelle “Munchie” Simmons Khadija Shari Ai Shimatsu Mette Towley Brya Underwood : Danseuses

Remerciements

  • Juliette @ FM Productions
  • par

    23 octobre 2010

    Photo du concert

    Bonaparte @ Docks des Suds (Marseille)

    Etant dans un festival et ayant du temps, allons déjà voir Bonaparte qui semble être un groupe assez déjanté ! Dès leur entrée sur scène, pas de toute c'est un groupe déjanté : 2 danseuses ...

  • par

    09 novembre 2012

    Photo du concert

    General Elektriks @ L'Usine (Istres)

    On ne peut pas dire que je découvre ce soir General Elektriks et j'étais convaincu de passer une bonne soirée dans la chouette salle de L'Usine. Ysabel avait un mauvais feeling ... Pff je devrais l'écouter ...

  • par

    24 juin 2015

    Photo du concert

    Beat Assailant @ Arènes (Nîmes)

    C'est en fin de journée, bien avant le couché du soleil, que l'on voit apparaître sur scène Adam Turner au micro et son accolyte Mr Victor aux platines. Pour être franc, je pense alors que ...

La zone des lecteurs

Nous attendons avec impatience vos commentaires sur la chronique, les photos, l'artiste, votre avis sur ce concert ou un autre de la tournée.

Ne pas hésiter, nous sommes toujours ravis d'avoir un retour, même critique. Concerts en Boîte c'est aussi vous !

Pour avoir un zoli icone à côté de vos messages, il vous faut un gravatar.