Avis sur un show

13 juillet 2016

Emir Kusturica @ Théâtre Antique (Arles)

La fièvre des balkans ...

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Evaluation de la Soirée

Note global du concert, 4.0 - 2 votes
Pas d'Evaluation des internautes
Note d'Ysabel
Note d'Arnaud

1 : Pas du Tout - 2 : Un Peu - 3 : Moyennement - 4 : Beaucoup - 5 : Passionnement - 6 : A La Folie

Conditions de mise en boîte

Librement, dans les crashs barrières.

Chronique

Etiqueté par Arnaud :

Emir Kusturica, pour moi, c’est le pastiche redondant des Guignols de l’Infos pendant le Festival de Canne 2005 : la marionette de Laurent Weil a cherché, tout au long du Festival, à interviewer la marionette d’Emir mais, à chaque fois, les No Smoking Orchestra arrivent et c’est une cacophonie festive, avec accordion, trompette, guitares et assaut de poules 🙂 !!

J’avais donc cette image de musique festive, pleine de folie…….. Et il s’avère que mon imaginaire est bien en deçà de la réalité 😉

Emir Kusturica and The No Smoking Orchestra, c’est un plongeon dans les balkans, où tout est prétexte à la déconnade et à la folie musicale. Impossible de reprendre son souffle. Tout va à un rythme diabolique, avec même une séance de pompe et de gym pour les quelques filles des premiers rangs, montées sur scène pendant 10 minutes.

Et ça fait vraiment du bien cette bulle d’air, de bonne humeur, cette échappatoire à la morosité ! Merci Emir, Merci les Suds à Arles !

Etiqueté par Ysabel :

Après l’entrée en matière (ou plutôt en soirée) aux couleurs andalouses de Tomasa La Macanita, voici qu’on nous envoie une musique quasi militaire, genre « Musique officielle du parti », typée à mort Europe de l’Est, sous des lumières rouges de chez rouges. Le public est aux aguets et déjà au taquet… Surtout quand ils font tous leur entrée sur scène, en mode détente, tant vestimentaire que dans leurs attitudes. Nous voilà donc avec (dans le désordre) du kimono, du treillis, du peignoir chinois noir et rouge, du chapeau … Bref : du doux n’importe quoi, juste fait pour que la fête soit réussie ! Un véritable Big Band hétéroclite et farfelu, musicalement à la croisée entre le tsigane et Cuba; saxo, violon et accordéon en tête.

Pour vous dire à quel point ils sont barrés, chaque changement de morceau est précédé par un interlude « Musique de La Panthère Rose » 😉 Bon, par contre, certaines des digressions vocales du Sieur Emir Kusturica sont un peu spéciales (pour ne pas dire qu’elles sonnent carrément faux !), mais il s’amuse et nous amuse, nous présentant déjà ses musiciens en chantant et en les affublant de petits surnoms divers et variés. Alors, même si on ne comprends par forcément tout avec son fort accent, il est clair qu’on va passer le plus festif des concerts. Même lui en rigole d’avance.

Pas mal de la partie chantée va être assurée par le violoniste Dejan Sparavalo, en peignoir noir et rouge, surnommé Mister Heineken par le maestro. J’adore ce joyeux bordel. Même si c’en est à se demander si tout est réellement préparé, ou s’ils se laissent juste aller à leurs envies du moment. De nombreuses personnes descendent d’ailleurs des gradins, pour profiter encore plus du spectacle et surtout pour danser … A l’instar d’un danseur très conceptuel qui s’agite juste devant moi.

Ils enchainent sur la BO de Chat Noir Chat Blanc, avec un violon sentimental à souhait. Enfin, on pourrait y croire … Mais ça, c’est juste avant la reprise musclée de tous les autres instruments, au milieu des lumières qui jouent avec le public des gradins.

« Do you like MTV ? No ?! » et bien lui non plus. C’est pour cela que la suivante s’intitule Fuck You MTV !! Avec sauts de cabri de Mister Heineken et relance du public par Kusturica : « Do you agree ?! » Et le public de lui répondre d’une seule voix « Fuck You MTV !! » C’est donc parti pour le bon gros jump des familles, réunissant petits et grands. Des invitées surprises, prises au hasard, étant même conviées à les rejoindre sur scène. Et ça se bouscule carrément pour monter … Mais les élues ne seront que des filles hein. Et des jolies avec ça ! Avec chorégraphie participative, en commençant toutes à genoux.  Kusturica en G.O. ravi : « Vous êtes ce soir my Dancing Club Ladies ! » Et il les entraine  avec lui dans son délire gestuel, avec jogging et pompes. Les filles devant s’exécuter (enfin les plus courageuses) … Ce mec est complètement frappé ! En tous cas, tout le monde salue leur courage sur un nouvel intermède de La Panthère Rose.

On enchaine alors, dans ce Set définitivement tourné vers le cinéma, par un nouveau film : On The Milky Road. Et nous voilà repartis dans la grande fiesta (plus festif n’étant pas possible je pense). Ça danse de partout. C’est génial ! Avec solo de saxo détonnant et digression sur les Pink Floyd qui dérive sur le thème de Rabbi Jacob, avec sortie du kazoo, en duo avec le violon … Je confirme : ils sont complètement barjes et capables de tout ! Et lorsque Kusturica prend la main pour chanter lui-même Pit Bull Terrier, la musique devient beaucoup plus Rock et on peut même dire qu’elle envoie le pâté … Avec petite pose photo et redémarrage pour en un faire un véritable morceau de bravoure, dont les boucles semblent ne jamais vouloir se terminer !

Mais ils n’ont pas fini de faire les pitres, puisqu’à présent Kusturica organise un casting pour trouver la Juliette de son Was Romeo Really A Jerk (et il choisira encore une fort jolie, le malin 😉 ) Tous les musiciens prenant position autour de la belle, pour lui jouer la sérénade. Cette dernière devenant ensuite la traductrice de leurs pitreries et enchainant par une danse avec notre violoniste … Sans oublier un ingé son qui voudrait bien leur piquer la demoiselle !

Musique du film Underground. Violon joué à la corde. Emir Kusturica qui rigole et s’éclate de plus belle. Toujours aussi potache. Faisant des blagounettes à propos de Mister Heineken et de sa grand-mère … Pourquoi pas n’est-ce pas ?! Au point où nous en sommes ! Il me semble alors que leur musique n’a jamais été aussi rapide et tourbillonnante. Mais comme toujours, comme ils excellent dans l’art de souffler le chaud et le froid, il est ordonné au violoniste de jouer quelque chose de classe. Il s’exécute (bien qu’il se fasse engueuler). Mais au moment de la reprise par tous, la musique tourne à la bonne grosse fête bavaroise de la bière, mais à la sauce Rock (Oui Oui, il semble que ça existe) … Plus rapide, tu meurs. Kusturica courant carrément sur place !

Pour la dernière, Ivan Maksimovic (surnommé Santana par la maestro) s’équipe d’une ceinture qui va lui permettre de faire tourner sa guitare sur son nombril. Quand à Dejan Sparavalo : il glisse son archet dans la chaussure, puis carrément dans le pantalon et la bouche de Kusturica, tout en se contorsionnant pour continuer à jouer de son instrument, avec du Alouette Gentille Alouette qui vient se mêler à tout ça ! (Oui Oui, je vous assure). S’en suit un sondage, lancé pour savoir si celui-ci est un homme ou une femme … Mais c’est vrai ça : Que cache-t-il son son peignoir chinois hein dites-moi ?! Arrivent alors deux assistants magiciens, qui prennent position, armé d’un rideau magique … Robe bleue, robe jaune, robe rouge : nous allons avoir droit à tout ! Sans oublier un archet géant qui va permettre non seulement à notre Lady Heineken de jouer à nouveau du violon dans une position improbable, mais également à Kusturica d’en faire de même avec sa guitare, pour un duo des plus explosifs, suivi d’une belle embrassade. Mais tout cela est bien sûr une fin qui n’en est pas une, puisqu’il nous manque encore une belle reprise énergique, sans oublier le solo nostalgique du violon et la chanson 100% slave de Zoran Milosevic à l’accordéon… Pour terminer dans une méga clappe générale, public dans la lumière, et une nouvelle présentation de toute la troupe sur un dernier bon vieux Rock des familles.

Il y aura pourtant une ultime farandole festive (vous ne pensiez tout de même pas qu’ils n’allaient pas faire un rappel ?!), tous en devant de scène. Et un dernier salut durant lequel ils vont applaudir avec ferveur le beau public du Théâtre Antique, pour son active participation !

Composition

  1. Fatal Wounds
  2. Drang Nach Oesten
  3. BuBamara
  4. Fuck You MTV
  5. When Life Was A Miracle
  6. Upside Down
  7. Evergreen
  8. KaraKaj
  9. Maine Stat
  10. Pit Bull Terrier
  11. Vasja
  12. Was Romeo Really A Jerk 
  13. The Devil In The Bussiness Class
  14. Wanted Man
  15. Who Kill DJ
  16. Lorenzzo
  17. Duj Droma
  18. Rappel : Europa

Site de Production

Date Limite de Consommation

  • Album défendu : Plus vraiment 🙂

Ingrédients

  • Emir Kusturica : Chant, Guitare & Kazoo
  • Dejan Sparavalo aka Mister Heineken : Violon & Chant
  • Drale Jankovic : Clavier
  • Ivan Maksimovic aka Santana : Guitare
  • Goran Markovski : Basse
  • Zoran Milosevic : Accordéon
  • Nesha Petrovic : Saxophone
  • Goran Popovic : Trompette
  • Stribor Kusturica : Batterie

Remerciements

  • Marie @ Les Suds à Arles

Appellations d'Origine Contrôlée

Un de nos Instagrams de la Soirée

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Avec Émir Kusturica & The No Smoking Orchestra ...

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