Avis sur un show

29 mars 2016

Yael Naim @ Théâtre de l'Olivier (Istres)

Merci de nous avoir fait grandir, nous aussi...

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Conditions de mise en boîte

Les 3 premiers titres, sans déranger le public.

Chronique

Etiqueté par Arnaud :

Vous ne pouvez imaginer mon plaisir de découvrir Yael Naim en concert. Je suis l’actualité de la belle israélienne depuis déjà de longues années, et force est de constater qu’elle n’est pas souvent de passage dans le Sud (ou bien à des dates où nous ne sommes pas disponibles). Alors avoir, qui plus est, ce concert dans le magnifique écrin du Théatre de l’Olivier … C’est carrément un plus : il y règne encore, pour moi, le souvenir du magnifique concert d’Emilie Simon.

D’entrée, la scène laisse entendre une belle occupation de l’espace et, en effet, après une introduction à 4 mains et une voix, voilà l’intégralité du groupe qui se place tout autour du piano. Les 4 filles des 3Somesisters prennent respectivement place derrière un clavier, un violoncelle, un violon et une guitare, tandis que Daniel Romeo prend possession de sa basse. Nous voilà donc avec 7 musiciens, pour un voyage des plus poétiques et captivants.

Toute la palette musicale de Yael Naim va ainsi se dérouler pour notre plus grand plaisir : tantôt Folk et au chant presque murmuré, et tantôt terriblement Rock et presque hurlé. C’est terriblement efficace et, cerise sur le gâteau, c’est magnifiquement mis en scène et en lumière.

Ce fut donc un concert fabuleux et, à entendre l’ovation en fin de set, ce fut également l’avis de toute la salle. On rentre alors ensuite chez sois, comme sur un petit nuage…

Etiqueté par Ysabel :

C’est à présent au tour de Yael Naim de nous enchanter, après la jolie première partie que nous a offert son frère Eyal. Et, dans un premier temps, elle entre en scène juste accompagnée de son compagnon David Donatien, pour un duo de guitares. Mais surtout, pour commencer ce concert par la plus aérienne des voix, qui fait la mélodie. Quelle pureté dans ce If You Could See en duo. Une petite merveille. Un commencement tout en poésie. Et un beau face à face, sourire à sourire, empli de la plus grande des complicités.

Elle se lève ensuite pour accueillir ses compagnons de musique. Mais surtout ses compagnes devrais-je dire, puisqu’il n’y a pas moins de quatre jeunes femmes (et même une toute petite fille en robe blanche que j’aperçois cachée dans les rideaux sur le côté de la scène). La musique, grâce à ces renforts, apparait maintenant d’inspiration de World Music, entrainante et hyper rythmée, avec ce superbe chœur de filles … Tous aussi heureux d’être là, que nous de partager ce moment avec eux. Quant à Yael, elle est très belle et simple à la fois avec son pantalon brillant, son chemisier blanc, un large collier coloré et un petit chignon naturel.

Par contre, quand elle s’assoit au piano, de ma place je ne vois presque plus sa jolie bouille. Juste ses mains qui clappe en l’air par moment. Mais ce qui compte, c’est sa voix. Et la musique qui devient de plus en plus festive. Avec les yeux ronds d’une grande chouette qui s’illuminent en fond … Tout cela donne grave l’envie de ne pas rester assis par contre. Et ce n’est pas permis :’(

Une sorte de boule de cristal, posée sur le piano, diffuse alors une lumière irisée assez féérique. Ambiance plus que parfaite pour la longue intro de Dream In My Head, qui me fait penser à du Erik Satie et qui tourne ensuite au Jazz. Surtout quand Yael se met à en chanter à capella les premières mesures. Les grands yeux lumineux de l’animal nocturne (peut-être réveillé par la musique) semblant la surveiller par derrière. Et comme j’aime sa voix devenue ainsi très bluesy, qui n’hésite pas à monter et qui se casse légèrement … Accompagnée en cela par force de cymbales et de flash. Un mélange de Jazz-Rock-Instruments à cordes juste topissime. On en prend vraiment plein les yeux et les oreilles. « Ça envoie du lourd ! » comme le dit ma charmante voisine de gauche.

Puis elle va rester seule au piano. Comme pour marquer un peu de calme après la tempête. Avec les filles en mode chœur religieux … Mais arborant des sortes de peintures de guerre, que nous découvrons lorsqu’elles entrent dans la lumière. Oui, c’est une véritable scénographie à laquelle nous avons droit. Impressionnante même. Surtout quand la grande chouette devient bleue et que la boule de cristal se transforme en lampe. Quel casting ma foi ! Ces jeunes demoiselles sont à la fois belles, musiciennes et chanteuses de talent.

C’est alors que je vais me prendre une jolie claque. Avec quoi me direz-vous ?! Et bien avec une cover de Britney Spears ! Et oui. Une incroyable cover même. Un truc de malade. Qui te vampe avec sensualité et une certaine nonchalance. Un Toxic qui tourne au Rock quand elle détache ses cheveux, se lève et se met à crier … Mama mia ! Cette jeune femme est tout simplement fabuleuse.

Elle s’avance ensuite, une tasse de thé à la main. Nous parle de sa merveilleuse journée passée au soleil. Mais surtout de son nouvel et 5ème Opus : Older. « … Ça veut dire grandir, c’est-à-dire perdre des gens qu’on aime – j’ai perdu ma grand-mère récemment – et rencontrer la vie, on fait des enfants. J’ai pu vivre ça pour la première fois. Quand quelqu’un voit le jour, ça t’amène à dépasser la peur de l’inconnu, à aller de l’avant…. ». C’est prendre une conscience différente de la vie. Une petite solution, avant de savoir ce qu’il y a après, de mieux profiter de l’instant présent … Et elle partage tout cela avec nous, sur une ligne de basse en fond sonore. Mais Older c’est aussi plus de 10 ans de musique partagés avec David Donatien. Une musique Soul qu’elle nous livre avec, encore une fois, un incroyable effet de voix sur le final.

En fait, chaque morceau est une surprise. Une très belle surprise. Et quelle putain de voix ! (désolée, mais il n’y a pas d’autre mot). Mais comment ne pas être saisi en l’entendant sur ce Take Me Down hyper Rock, en la voyant à genoux, puis hurlant l’instant d’après, toute autant emportée que nous par ce tourbillon musical. Puis, en un clin d’œil, la voilà à nouveau sage, refaisant son chignon et reprenant sa guitare pour nous emmener en balade le long d’une rivière … Riant au passage de l’interactivité qu’elle a avec des spectatrices au premier rang. Un Blues musclé à sa façon, et même de fort belle façon (de toute manière, tout est à sa façon et c’est pour cela que c’est si bon !) Pour moi, c’est simple : c’est un concert proche de la perfection.

Elle nous fait voyager dans tous les recoins de son univers musical brillant. Comme pour cet intermède avec les quatre filles en devant de scène, à ses côtés, dans une chorée et une interprétation très Pointer Sisters. Musique beaucoup plus Jazzy en prime. Puis elles viennent toutes s’assoir autour du piano, avant de nous refaire une petite danse hyper girly et surtout de faire chanter la salle, en canon s’il vous plait ! Yael partant improviser la suite au milieu du public.

Dernier morceaux (et oui, on passe un si bon moment que le temps nous avait semblé suspendu), dans une belle communion festive, avec son passage plus doux et l’irrésistible envie de se joindre à eux qui nous gagne à nouveau. Oui, je le confirme : j’adore ce concert !!

Pour le premier rappel, les filles s’assoient par terre et Yael raconte : de toute petite, elle se souvient de son père qui, au retour du travail, prenait sa guitare pour jouer du Elvis Presley (« Comme quoi on peut s’en sortir ! » s’amuse-t-elle) Et il lui avait prédit qu’un jour, elle le ferait sur scène. Ce à quoi elle avait répondu : jamais de la vie ! Mais, maintenant que ce dernier à 70 ans, elle se doit de reconnaitre qu’il avait finalement raison 😉 Nous voilà donc embarqués dans un Can’t Help Falling In Love très tradi, très classe et très beau. Toujours accompagné de ce charmant chœur féminin.

David passe au piano et la chouette, à présent mouchetée de bleu, parait totalement irréelle. Tout comme Yael qui semble éclairée par le reflet d’une flamme. Comme perdue au milieu de nulle part. Dans une autre dimension. Sa voix chargée d’écho. Puis ils saluent tous deux, lui l’embrassant sur le front avant de la laisser seule avec nous pour une dernière, accompagnée à la guitare. Et avec un nouvel éclairage étrange, faisant penser au reflet que peut produire l’eau d’un ruisseau. Elle chante à capella, après un petit bijou d’intro. Sa guitare, chargée d’écho, la rejoignant très vite.

Un second rappel pour une toute dernière du nom d’Ima … Tendre mélange d’hébreux et de créole, les deux langues importantes de sa vie, et dans lesquelles cela veut communément dire Maman. Un final 100% filles. Xylophone, clavier, violoncelle et violon à la corde. Avec de petits dessins d’enfants projetés, qui éclairent la scène. Comme une petite ritournelle de boite à musique, pour une chanson qui semble mélanger les deux langues. Sans oublier la mélodie des archets pour finir … Tout simplement du bonheur en barre.

Composition

  1. If You Could See
  2. I Walk Until
  3. Make A Child
  4. Dream In My Head
  5. Coward
  6. Toxic (Britney Spears)
  7. Trapped
  8. Take Me Down
  9. Go To The River
  10. Walk Walk
  11. New Soul
  12. 1er Rappel : Can’t Help Falling In Love (Elvis Presley)
  13. Older
  14. Meme Iren Song
  15. 2nd Rappel : Ima

Site de Production

Date Limite de Consommation

  • Album défendu : Older

Ingrédients

  • Yael Naim : Chant, Guitare, Xylophone & Piano
  • David Donatien : Guitare, Piano & Batterie
  • Daniel Romeo : Basse
  • Julie Gomel : Guitare & Chœurs
  • Christelle Lassort : Violon, Clavier & Chœurs
  • Juliette Serrad : Violoncelle & Chœurs
  • Nathalie Reaux : Clavier & Chœurs

Remerciements

  • Pierre @ Usine

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