Avis sur un show

16 octobre 2013

Patrick Bruel @ Dôme (Marseille)

Lequel de nous ... A pris le plus de plaisir ?!?

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Conditions de mise en boîte

Second, troisième et quatrième morceaux, entre le public et la scène. Ne me demandez pas pourquoi pas la première, il semble que ce soit une nouvelle mode en ce moment !

Placement obligatoire sur l’extrême droite de la scène, donc angle très limité et gros plan impossible.

Chronique

Etiqueté par Arnaud :

Je n’ai pas honte de dire que j’aime beaucoup les chansons de Patrick Bruel. Je me souviens même m’être passé presque en boucle le Live Si Ce Soir au milieu des années 90 : je piquais les CDs de mon frère, avant de me les acheter moi même aux milieu des années 2000.

Je l’ai déjà vu en concert en 2008, dans le cadre d’une tournée intimiste et j’avais passé un super moment.

Je suis donc en terrain connu ce soir, même si je commence dans la crash barrière pour la session photo. Et c’est en cette occasion que je crois avoir vécu ma plus grosse décharge d’énergie à l’entrée en scène d’un artiste. Car oui, j’ai vécu celle d’une entrée de Depeche Mode aux Arènes de Nîmes mais là, c’est sans aucune mesure : j’ai eu tous mes poils qui se sont hérissés d’un coup, au moment où j’ai senti un souffle monter en puissance de l’ensemble du Dôme, comme un seul rugissement d’une meute de 200 lionnes.

Cette poussée émotionnelle passée, le reste du concert fut assez merveilleux : Un public à 200% pour son idole et un artiste qui se donne réellement, en prenant sincèrement du plaisir dans le partage.

C’est ainsi que le public danse une valse quand Patrick Bruel le demande (impressionnant en fosse et tout autant jusqu’au derniers rangs des tribunes) et, en échange, il va nous faire vivre un concert de plus de 2h30 avec 3 rappels (oui oui, c’était prévu dès le début … mais quand même !!).

Au final j’ai passé un très agréable moment, même si par moment j’étais plus spectateur qu’acteur … Le public en faisait un peu trop pour moi parfois 😉

Etiqueté par Ysabel :

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a beaucoup de monde ce soir … Beaucoup de monde pour se garer, beaucoup devant les grilles du Dôme pour entrer, beaucoup aussi pour réussir à trouver sa place : Mais Ouf, c’est bon, j’y suis. Fin prête pour crier «Patriiiiiiiick !!» 😉 Aller, je me moque, mais fondamentalement je l’aime bien moi Bruel. J’étais toute jeune la première fois que je l’ai vu à L’Olympia avec une copine et, comme beaucoup de femmes, je trouve qu’en vieillissant il est devenu de plus en plus charmant et plutôt craquant … Un peu notre Georges Clooney à nous quoi !

La scène ouverte est entourée d’un arc de petites lumières rondes, façon miroir de music-hall, et baignée d’un halo bleu. La salle, elle, est déjà très réactive et sait se faire entendre au moindre signe pouvant laisser croire à un quelconque mouvement. Bien sûr, un public en grande partie féminin. Beaucoup de «copines» entres elles. Des couples mère-fille aussi … Bref un public qui a grandi avec lui (je ne veux pas dire vieilli, parce que j’en suis !) et qui, à H-10 minutes, commence une clappe largement accompagnée de «Patriiiiiiiick !!» Et oui : On est bel et bien à un concert de Patrick Bruel !!

20h passent et ça s’impatiente de plus en plus. Ben oui : il ne faut pas faire attendre les dames aussi Patrick !! La musique monte. La clappe aussi. Et à 20h20, ça devient même un peu longuet. Mais à la demi, c’est un long cri de soulagement ! Sa voix monte hors scène, sur une chanson faite pour mettre son public en émoi : Vous, alors que s’allume devant nos yeux un grand rideau de petites lucioles blanches. Et quand ce dernier tombe, il n’est toujours pas là, par contre je n’ai plus de tympan ! Des photos de lui remontant de temps défilent et un compte à rebours apparait. Il entre micro en main pour la Place Des Grands Hommes et déjà une partie des gradins est debout, avec il me semble Toute la salle qui chante. Ça commence fort ! Y’a carrément du gros Fan Club dites moi ce soir  !! Et franchement, y’a pas à dire, c’est impressionnant d’être au milieu d’un public pareil.

Lui a l’air plus qu’heureux. Avec un jeu de scène simple pour le moment, mais avec un tel engouement dans la salle et une reprise de chaque refrain qui font qu’il n’y a pas besoin de plus. Et je dois dire que je découvre qu’en Live, son répertoire prend une dimension Rock plutôt sympa.

La Setlist y va fort dans les «classiques» dès le début : après Place Des Grands Hommes, nous avons tout de même J’m’attendais Pas A Toi et J’te L’dis Quand Même (toujours trouvé ça un peu bizarre au passage tous ces titres bourrés d’apostrophes !), avec cet incroyable salle qui n’est plus qu’un chant. Tout est mené tambour battant, à grand renfort de clappe (ce qui enlève un peu de poésie aux chansons tendres tout de même pour moi).

Exit la guitare et il parcourt la scène, alors que les deux écrans de côté se mettent en marche sur un «Je t’aime». Il rhabille ses standards, comme Décalé. Nous parle de son nouvel album et monte sur un petit podium en réclamant «Plus fort !» Pourtant pas besoin, je pense que l’ambiance est bien partie pour être des plus chaudes !

Mais notre charmeur sait bien sûr ménager ses effets et introduire des moments plus intimistes, seul au piano, se réjouissant de l’accueil marseillais et proposant un Pour La Vie avec un public qui ne fait, encore une fois, qu’une seule voix avec lui. Tout semble parler de lui et montre une volonté de partage, à laquelle je dois reconnaitre que je suis sensible. Hommage à la bande de copains de ses 15 ans, qui est un peu présente dans tout ses albums, mais tout particulièrement dans ce dernier, avec une nouvelle blessure qui l’a ramené à la dure réalité lors de la mort de l’un d’eux. C’est ainsi qu’est venue Dans Ces Moments-Là. Une de ces chansons au piano, forte en émotion comme il sait en faire. C’est souvent ainsi qu’il fonctionne, avec des mots simples, des évènements qui parlent à tous de part leur dimension universelle. Je pense que c’est ce côté touchant qui lui conserve une place particulière dans le cœur de son public. Alors même si je ne suis pas toujours fan de cette affluence de bons sentiments, moi aussi je trouve souvent un écho de ses textes dans ma propre vie et c’est pour ça que ça marche, que le charme opère …

Petit message à l’attention des 187 journalistes emprisonnés dans le monde entier. Où Est-tu ?, avec une jeune femme (sa violoncelliste) qui monte sur une plateforme et part vers le globe terrestre qui surplombe la scène, avec un joli tête à tête avec le chanteur pour commencer ce voyage. Il frappe dans ses mains et ce sont des centaines de mains qui se lèvent pour l’accompagner. Toujours la même ferveur, quel que soit «l’âge» de la chanson.

Mis en scène de Maux D’enfants avec des danseurs, dont j’ai un peu de mal à comprendre la cohérence avec l’ensemble. Ce n’est pas déplaisant, mais le concept m’échappe. Lui réapparaît avec un tee-shirt Come On (clin d’œil à son nouveau single She’s Gone, dont je vous encourage à regarder le très amusant clip décalé) … Un peu beaucoup de hurlements pour les trois pas de danse qu’il exécute, mais les fans sont ainsi 😉 !! Il monte sur la passerelle derrière et traverse ensuite la scène de part en part, avec toujours le même succès. Présente ses danseurs «locaux» qu’il vient de rencontrer, comme chaque soir (un cours de hip-hop à l’honneur dans chaque ville et je comprends mieux le côté un peu brouillon de la chose). Et maintenant, c’est la violoncelliste qui monte dans les cintres sur un podium mobile … Ça part un peu dans tous les sens et je suis un peu désorientée, mais bon, je m’accroche.

Il revient seul à la guitare et nous parle d’une projection du film Le Prénom qui a eu lieu en prison et du débat qui s’en est suivi avec les détenus présents, dont un dialogue marquant pour lui avec un père souffrant de ne pas voir grandir son petit garçon. C’est ce qui lui a donné envie d’écrire Je Serai Là Pour La Suite, comme la lettre d’un père absent à son fils. Très touchante encore une fois.

Puis il nous remercie de l’accueil réservé à ses nouvelles chansons et de la qualité de notre écoute. Mais plein de nouvelles chansons, cela veut dire encore plus de chansons et le fait qu’il ne peut plus toutes les chanter en concert, puisqu’il faut faire un choix. Et comment s’en sort-il pour tout de même ravir son public ? Tout simplement en nous annonçant : «Alors ce soir, vous n’entendrez pas …» et il commence la liste des absentes, en nous en chantant quelques mesures, juste de quoi nous faire reprendre en chœur avec lui toutes celles que nous n’aurons pas. C’est drôle et festif. Tout le monde s’amuse et il nous encourage en nous lançant : «Vous chantez bien. Vous écoutez bien. Vous tapez bien dans les mains … Mais est-ce que vous êtes capables de danser et transformer le Dôme en bal populaire ?!? Mais attention : en couple !» Et c’est parti pour Mon Amant De La Saint Jean. Ça danse un peu partout et surtout ça chante beaucoup, avec la fosse qui nous offre un bien joli bal en effet.

Il attrape un Union Jack qu’on lui tend et commence She’s Gone avec toute la panoplie qui le fait bien : drapeau, tee-shirt et même le chapeau ! On s’amuse et on le suit dans sa fantaisie, pour ensuite partir pour Rome, où il compte poursuivre jalousement l’élue de son cœur … Guitariste et violoncelliste s’attablent face à face sur un guéridon et on se retrouve carrément dans un spectacle de cabaret !

Et après Londres et Rome, c’est à Tunis que le voyage continue, avec une petite pause Au Café Des Délices … Qui tourne bizarrement à la digression sur Alexandrie Alexandra (bon, pourquoi pas !) Vu que tout le monde est au taquet, c’est que ça doit être une bonne idée ! Mais après cette bonne récréation, il n’est pas évident de redescendre sur Qui A Le Droit. Qu’à cela ne tienne, le public va réaliser ce grand écart sans sourciller et entrer dans une véritable communion (même Arnaud chante … C’est pour dire !) Les briquet s’allument et lui reste là, écoutant la salle et semblant vraiment touché (il faut reconnaitre que c’est bluffant). Une fin de set toute en émotion et en partage donc, pour le plus grand bonheur d’un public définitivement fan.

Mais on ne va bien entendu pas s’arrêter là ! Et ce n’est pas un, ni deux, mais trois rappels auxquels nous allons avoir droit. Forte mise en scène pour le premier (ou plutôt, mise en image), avec une grande roue de chariot en feu qui laisse place à des visages pour Les Larmes De Leurs Pères. Le soleil se couche derrière lui, puis il se retourne, très théâtrale. On voit bien là l’acteur. Peut-être un chouilla trop même, et cela déclenche évidemment une vague de «Patriiiiiiiick !» qu’il n’aime pas, mais qu’il a bien cherché (et oui, avec une telle scénographie il ne faut pas se plaindre non plus !) On enchaine, pour terminer sur Casser La Voix (elle est quasi contractuelle celle-ci). Le Dôme entier est debout, pour chanter et frapper dans les mains : un beau feu sacré tout de même ! Et quand il fait hurler le public en lui criant «J’entends pas !!», sautant sur place, il est clair que ça le fait. Il tombe à genoux, se remet debout et nous remercie par un «Vous êtes énormes !» qui semble bien sincère.

Le second rappel sera, lui, tout simplement au piano … Petit Medley de Chopin, qu’il aurait aimé voir rencontrer Musset. Encore une chanson hommage, écrite en mémoire de son grand ami Guy Carcassonne (disparu en Mai dernier) et parlant de cette amitié «comme on en a qu’une dans sa vie» à mots cachés. Une complicité inventée entre Chopin et Musset, qui ne se sont jamais rencontrer dans la vie, comme prétexte pour illustrer l’amitié parfaite. On se laisse porter par sa voix et ses mots. Et le tourbillon continue avec J’te Mentirais (que j’ai toujours affectionnée), toujours au piano, avec les chœurs du public qui se mêlent au violoncelle … Vous l’aurez compris, un second rappel définitivement empli de nostalgie.

Le dernier sera un peu «téléphoné», mais on ne lui en veut pas 😉 Il arrive donc en nous disant que c’est fini, juste pour avoir le plaisir d’entendre le public crier «Non !!» et lui répondre «Et ben quelle soirée ! Merci. Je pensais qu’il n’y avait qu’au Vélodrome qu’il y avait ça !!» Et Gignac étant dans la salle, il lui souhaite sincèrement une belle saison avec l’OM, avec un surprenant et drôle enchainement des filles dans la salle qui se mettent à chanter «Qui ne saute pas n’est pas marseille-ais !» (chanté par des voix féminines, ce chant supporter prend un tout autre visage). Il rit, il taquine, puis entame la dernière : A Tout A L’heure, juste parfaite pour accompagner cet au-revoir qu’il nous fera de la main avant de quitter la scène. Une soirée très Patrick donc : Alors on aime ou on aime pas, mais c’est touchant, c’est sincère, c’est parfois un peu too much, mais c’est surtout au final une bonne soirée de partage avec très beau public, à entendre et à voir, généreux à souhait, comme l’artiste qui fait battre son cœur.

Composition

  1. Vous
  2. Place Des Grands Hommes
  3. J’m’attendais Pas A Toi
  4. J’te L’dis Quand Même
  5. Décalé
  6. Pour La Vie
  7. Dans Ces Moments Là
  8. Où Est-tu ?
  9. Maux D’enfants
  10. Alors Regarde
  11. Combien De Murs ?
  12. Je Serai Là Pour La Suite
  13. Medley : Comment Ça Va Pour Vous ? / Marre De Cette Nana Là / La Fille De L’aéroport / Elle M’regardait Comme Ça / Panne De Mélancolie
  14. Mon Amant De Saint Jean
  15. She’s Gone
  16. Rome
  17. Au Café Des Délices
  18. Qui A Le Droit …
  19. 1er Rappel : Les Larmes De Leurs Pères
  20. Lequel De Nous
  21. Casser La Voix
  22. 2nd Rappel : A Mon Ami Alfred T.
  23. J’te Mentirais
  24. 3ème Rappel : A Tout A L’heure

Date Limite de Consommation

  • Album défendu : Lequel de Nous

Site de Production

Site officiel : http://www.patrickbruel.com

Ingrédients

  • Patrick Bruel : Chant, Guitare & Piano
  • Yannick Chouillet : Guitare
  • Roman Chelminski : Guitare
  • Kevin Reveyrand : Basse
  • Benjamin Constant : Clavier
  • Mathilde Sternat : Violoncelle
  • Loïc Pontieux : Batterie

Remerciements

  • Esther @ Adam Concert
  • Stephan @ ConcertAndCo

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