« Antics Young Fathers »
18 juillet 2018

Massive Attack @ Arènes (Nîmes)

Massive Immersion !

Conditions de mise en boîte

Les 3 premiers titres, depuis la console. Ce sont donc des photos à plus de 30m de la scène… On ne fait pas de miracle à cette distance.

Chronique

Etiqueté par Arnaud :

Si j’aime le Festival de Nîmes, c’est en grande partie pour ses affiches comme celle de ce soir, où le Rock Alternatif et le Trip-Hop peuvent pleinement s’exprimer. Les Arènes sont alors l’écrin parfait pour l’entière expression de cette musique trop rare. Si le concert n’est pas annulé au dernier moment… J’avoue que nous craignons un peu une annulation ce soir , après celle du concert d’Argelès le matin même de leur Festival, pour cause de soucis de santé du guitariste. Et celle d’un concert en Espagne, parce que Franz Ferdinand – qui jouait sur une autre scène juste à côté – interférait avec leur son.

Mais nous sommes chanceux ! La lumière s’éteint enfin et le show peut commencer.

Lumière tamisée. Beats Electro entêtants. Voix de Andy Horace. Et de petites phrases projetées sur le mur de Leds derrière eux comme : « Quel est le but de la vie ? » … Voilà comment instaurer l’atmosphère de son Live dès l’entrée en matière de Hymn Of The Big Wheel !

Ce soir, c’est mon 4ème ou 5ème concert du groupe et je savais que j’allais vivre ce type de concert. On ne vient pas voir et entendre Massive Attack comme on peut venir à un concert de Shaka Ponk. Car si musicalement il n’y a pas un si grand fossé (quoi que), les français sont autant expansifs et festifs que les anglais nous plaquent irrémédiablement sous une chape de gel.

Et tout le public ce soir est venu pour ça. Pour cette froideur jouissive et cette musique si unique qu’il distillent depuis plus de deux décennies. David Bowie a Low (1977), The Cure a Pornography (1982), Nine Inch Nails a Downward Spiral (1994) et donc Massive Attack a Mezzanine (1998). Voilà des albums parmi les plus sombres et introspectifs de la production musicale. Véritables pierres angulaires pour ces artistes.

Risingson est le premier titre de l’album vingtenaire joué ce soir. Daddy G vient en assurer une partie du chant, tantôt uniquement éclairé par le mur de Leds et tantôt par de puissants spots. Il ne sera pour moi que cette ombre en surimpression, mais sa carrure et évidemment sa voix suffisent à le reconnaître.

Ces choix artistiques sont assez extrêmes, mais mon dieu que c’est beau ! Et mon dieu comment ça colle parfaitement à leur musique, toujours aussi unique et (à ma connaissance) toujours inimitée. Le groupe et ses individualités ne sont jamais mis en avant. C’est la musique, la scénographie et donc le message avant tout.

United Snakes est le premier moment de revendication politique. Car oui, Massive Attack – et plus particulièrement Robert Del Naja – a un avis et utilise la musique ainsi que les concerts pour les exprimer. Et si bien souvent je déteste ce mélange des genres, ici on ne peut qu’adhérer, ou tout au moins prendre conscience du message. Eurochild est l’occasion d’une multitude de citations malsaines allant de Staline à Trump, en passant par Goebbels et Hitler : « Vous le répétez assez souvent, ils finiront par le croire ». Le raccourci est probablement extrême, mais il fait s’interroger.

Le moment le plus puissant est indéniablement leur Safe From Harm, durant lequel défile le nom d’une multitude de sites culturels et religieux, souvent millénaires et détruits par les guerres et les extrémistes. J’en suis personnellement touché. Mais n’oublions pas non plus le triste « Nous sommes tous dans le même bateau », avec un visage africain en arrière plan ; c’est l’unique message diffusé pendant Unfinished Sympathy.

Dans un moment plus second degré, on peut également lire une critique du duo Sting Shaggy – présent sur cette même scène la veille – ainsi qu’une interrogation sur la remise de la Légion d’honneur à l’équipe de France de Foot. Et je souris une seconde fois sur le sujet de la victoire de la France au foot avec ce texte :  » Bertrand Cantat au sujet de la victoire de la France : « Allez les bleus » ! « . Sans commentaire. Chacun ayant son propre avis sur l’ex-chanteur de Noir Désir et Détroit.

Ils sont nombreux à penser que Banksy n’est autre Robert Del Naja et il y a de quoi : Massive Attack n’est en effet jamais bien loin des messages toujours puissant, voire dérangeant, du Street Artist anonyme hors-norme. Leur esthétisme pouvant également être commun.

Mais assez parlé de la scénographie et parlons de la musique. Bon, ok , il n’y a pas grand chose à en dire, sauf que c’est beau et parfait. Le son ce soir est vraiment sans faille et c’est orgasmique. En tout collectif qui se respecte, nous auront le droit à pas mal de rotation de chanteurs et chanteuse. Young Fathers, qui participent à deux titres de l’EP Ritual Spirit venant  eux-même les défendre sur scène.

Au final, ce soir c’est un carton plein : de la musique d’une beauté rare (Rhaaa Unfinished Sympathy ! Rhaa Angel ! etc..). Une scénographie froide, mais puissante et enfin quelques messages qu’il ne faudrait pas toujours oublier.

Composition

  1. Hymn Of The Big Wheel
  2. Risingson
  3. United Snakes
  4. Ritual Spirit
  5. Girl I Love You
  6. Eurochild
  7. Future Proof
  8. Voodoo In My Blood
  9. Way Up Here
  10. Angel
  11. Inertia Creeps
  12. Safe From Harm
  13. Rappel : Take It There
  14. Unfinished Sympathy
  15. Splitting The Atom

Date Limite de Consommation

Site de Production

Page Officiel : https://www.massiveattack.co.uk

Ingrédients

Remerciements