« Jim Younger’s Spirit Antics »
31 août 2018

RIT @ Plage de la Romaniquette (Istres)

Il était une fois RIT...

Conditions de mise en boîte

Librement.

Chronique

Etiqueté par Arnaud :

Je vous plante le décor. On est dans l’ouest américain, en fin de journée. Une petite brise fait passer quelques virevoltants (vous savez les grosses boules d’herbe !) dans une rue déserte. Un cowboy, vêtu d’un poncho et installé dans un hamac, est en train de gratter tranquillement une guitare, tout en se balançant nonchalamment. De l’autre côté de la rue, un mercenaire avec un manteau poussiéreux tape en rythme sur les portes battante d’un saloon avec son flingue. Mais aucune animosité et aucun duel en prévision, c’est juste un moment de détente après une journée trop chaude.

RIT c’est tout à fait cette image de l’Ouest américain, du Far West, quand on l’écoute.

Mais, dès qu’Eric chante, l’image change complètement !! Je vous explique. Fini le Clint Eastwood avec son bout de mégot. Fini Le Cheyenne et l’homme à l’harmonica (que les incultes regardent Il était une fois dans l’ouest pour comprendre !). Non Eric, c’est plutôt Moussu T. C’est comme si Los Angeles était d’un coup rempli de marseillais !

RIT invente donc un style tout à fait personnel, tout à fait surprenant, tout à fait déstabilisant. Un style qui, sur le papier, pourrait faire rire mais qui, quand on l’écoute, fonctionne incroyablement bien : Celui du cowboy à l’accent marseillais !

Et le genre prend définitivement ses lettres de noblesse quand on écoute les paroles du thème qui décrit, morceau après morceau, la vie de Billy Le Hit. Définitivement immersif et passionnant. Perso je suis aux anges et j’en redemande, à peine le Set terminé.

Etiqueté par Ysabel :

Second groupe de La Guinguette Sonore … Second univers. Et cette fois, c’est pour le far-west de la ruée vers l’or que nous embarquons. Carrément même ! Tou y est. Petit bureau vintage pour abriter les machines, avec chaise de saloon. Mais surtout le look de Rit et de son acolyte : le chapeau de cowboy et le pantalon un peu court tenu par des bretelles … Sans oublier la belle barbe hipster et la guitare sur laquelle apparait la marque d’une main blanche. Quelque chose qui pourrait faire penser à du Yodelice dans la scénographie. Tout est en place. On est prêt à écouter « La véritable histoire de Billy Le Hit […] Le gun’s singer le plus rapide du showbiz ! ».Le décor est donc planté, mais il ne faut pas se fier à ce verni country dont ils jouent. Car dès les premières notes, il se retrouve cassé par l’Electro et les bidouilles machines de notre homme orchestre. Jeux de micro et paroles volontairement parodiques d’une certaine manière, qui font le parallèle entre le monde du showbiz et l’univers impitoyable du western. Perso j’adore. C’est super original et vraiment hyper bien ficelé. Les rythmes musicaux sont perpétuellement changeants et le phrasé tourne carrément au Rap… Même si, évidemment, les indiens arrivent bien à la fin 😉 !

Et le plus fort, c’est que l’on suit cette histoire de Billy Le Hit d’une chanson à l’autre. On suit le périple de Dangerous, ce gun’s singer perdu dans les méandres d’une machinerie du showbiz, dont la réalité est bien éloignée de ses promesses. L’éternelle histoire du miroir aux alouettes, mais totalement remise à la sauce RIT. Super atypique, autant sur le fond que dans la forme. Parce qu’il faut reconnaitre que du Rap à l’accent du Sud, sur de la musique Electro-Morricone, interprétée en tenue de chercheur d’or … Perso, j’avais jamais ni vu, ni entendu 😉 !

Sur Un Homme À Abattre, je retrouve même une intro qui me fait fortement penser à du Wax Tailor. Les inspirations musicales se mêlent et se juxtaposent. Voix off façon ciné en noir et blanc. Son de banjo. Guitare jouée au bottleneck … C’est en se laissant ainsi porter que l’on s’approche de la triste fin de La Légende De Dangerous Man, « the lonely man ». La dégringolade de ce pauvre Billy Le Hit, sur une musique de saloon revisitée. Voilà même le cataclop du cheval et le dernier sifflotage de notre Kid du Hit. Fin de la première partie du Set, qui lui était consacrée, pour passer à celle du Western-Hip Hop. Pas fondamentalement différente, mais juste complémentaire à cette véritable histoire que nous suivions depuis le début.

Pour cette seconde partie, Eric s’arme de son harnachement d’harmonica. Puis il enchaine, toujours dans son univers de Rap-Western, même si notre ami Dangerous nous a quitté. Et quand il déploie l’antenne de son thérémine, il nous annonce : « Y’a les nuages qui arrivent ! » 😀 « On va finir avec ça. Pour ceux qui ne savent pas, j’ai grandi à Marseille […] Beaucoup de Rap, mais moi j’aimais bien le Rock. Mais ce que j’aime surtout, c’est Du Western Et Du Hip Hop ! » Voilà donc la source de son inspiration. de ce mélange étonnant et détonnant. En tous cas, quelque chose qui secoue les standards établis. Et le voilà même qui se lève pour slamer plus à son aise. Son flot s’accélère l’air de rien. Et il termine même sur un round d’honneur, à tout berzingue … comme le cow-boy des temps modernes qu’il est !

Composition

  1. Dangerous Man
  2. La Ruée Vers L’Art
  3. Le Vent Apporte Le Nom De Dangerous
  4. Un Homme À Abattre
  5. La Légende De Dangerous Man
  6. He Is Dangerous
  7. Café Clope
  8. A Qui Profite Le Crime ?
  9. Du Western Et Du Hip Hop

Date Limite de Consommation

Site de Production

Site Officiel : http://lesitederit.com

Ingrédients

Remerciements