Avis sur un show

01 mars 2016

Stephan Eicher @ Silo (Marseille)

Beau Voyage Mister Frankensteicher !

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Evaluation de la Soirée

Note global du concert, 6.0 - 2 votes
Pas d'Evaluation des internautes
Note d'Ysabel
Note d'Arnaud

1 : Pas du Tout - 2 : Un Peu - 3 : Moyennement - 4 : Beaucoup - 5 : Passionnement - 6 : A La Folie

Conditions de mise en boîte

Les 3 premiers titres, sans déranger le public.

Chronique

Etiqueté par Arnaud :

Assister à un concert de Stephan Eicher, c’est aller à la rencontre d’un troubadour et d’un grand sensible. Ce soir, seul et entouré par ses automates, le poète est encore plus mis en avant. Le froid des machines s’oppose alors à la chaleur de sa voix et de certains textes de Philippe Djian.

J’avoue être très curieux ce soir de ce concept « indus ». Mais comment diable tout cela s’articule ? Je dois avouer que je ressortirai du Live sans vraiment avoir de réponses, si ce n’est que oui, ça marche drôlement bien. Alors de là à savoir si tout est admirablement bien programmé, s’il y a des boutons cachés sur scène ou si de petits hommes invisibles jouent sur scène ! En tout cas, c’est captivant de voir la batterie, l’accordéon ou encore le xylophone agir tous seuls, comme vivants.

Docteur « Frankensteicher » est heureux d’avoir donné vie à son armée d’instruments.  Et il n’arrêtera pas d’en rigoler. Il pousse même le vice jusqu’à faire vivre une machine Tesla, celle-là même ayant déjà servi à quelques Prométhée des temps modernes.

Pour le public, c’est aussi effrayant que captivant. Alors, si certain semble un peu déçu par le concept (si, si, j’ai entendu quelques critiques ici et là), globalement la salle a été conquise. Et il y a de quoi : c’était une soirée merveilleuse et hors du temps.

Etiqueté par Ysabel :

Soyons clairs : Stephan Eicher, j’adore. Et cette passion a encore grandi après avoir eu la chance de l’entendre au Théâtre des Salins, en duo avec Philippe Djian (que j’adore sans doute encore plus !) C’est donc avec impatience que j’attends de le retrouver ce soir, en solo … Enfin tout de même accompagné par la mystérieuse Die Automaten.

Et, dès mon arrivée, je ne suis pas déçue ! La scène, que je découvre, semble vouloir nous faire pénétrer dans les entrailles d’une immense boîte à musique. Très impressionnant et très intimiste à la fois. Avec de drôles de barrières jaunes et rouges sur le côté, comme pour indiquer des travaux … Visuel déroutant, mais surtout incroyablement séduisant. Bon, ceci étant, les barrières sont rapidement enlevées (je savais bien que c’était bizarre 😉 !) et je vois que ça trifouille un peu sur scène. L’attente est un peu longue, mais l’envie n’en devient que plus grande. Il faut dire que je suis vraiment impatiente de voir Die Automaten prendre vie !!

Après pas loin de 3/4 d’heure d’attente, Le Silo commençant franchement à s’impatienter, de la clappe aux coups de talons, en passant par le « On est là ! » ou les « Hou Houuu !! », nous voilà enfin récompensés. Il arrive donc sur scène, sous des mi-sifflets, mi-bravos. Mais après trois accords : tout est oublié. Et comment peut-il en être autrement, à le voir ainsi sous sa douche de lumière, toujours aussi magique, entament Si Tu Veux Que Je Chante ?!

L’écho de la voix et de la guitare nous offre un univers des plus enveloppant, avec l’espèce de grande orgue derrière lui qui s’illumine par moment de couleurs. Il nous propose de nouvelles chansons, bien sûr, même s’il sait aussi que nous en attendons de plus anciennes. Celle que nous aimons toujours autant au fil des années. Mais, pour cela, il faut accorder les automates, qui s’allument et lui répondent … Quelques minutes de patience … Cette idée de mise en scène et en musique est juste géniale. Féérique même. C’est une sorte de son et lumière au milieu duquel il apparait en ombre chinoise. Magnifique. Némo aux commandes de son Nautilus ! Pas certaine que tous les accessoires ne servent vraiment à faire de la musique, mais on s’en fout tant tout cela est beau et empli de poésie. Par contre, il faudra quand même qu’un jour je comprenne le mystère de son accent à couper au couteau au parlé, qui disparait totalement quand il chante !

Il nous tombe à présent la veste. Et, d’un coup, il se retrouve entouré de drones de lumière qui descendent lentement, l’éclairant lui et sa machine, afin qu’elle nous salue. C’est d’un beau !! Superbe ce grand accordéon qui joue seul, avec Stephan Eicher comme une apparition au cœur de sa machine, guitare noire sur costume noir et petite mélodie de boite à musique … Nous sommes peut-être tout simplement en train de rêver.

Prisonnière, il va la « tenter » au piano, instrument dont il nous dit ne jouer que depuis peu de temps, après un retour de voyage. Il avait le sentiment de ne plus rien comprendre. Et a alors décidé de partir à la recherche d’un nouveau langage : le mandarin ! De cette langue incroyable au piano, il n’y avait apparemment qu’un pas, même s’il a peur d’insulter les pianistes passés avant lui 😉 Mais il s’en fout (et je suis certaine qu’il a bien raison, fourbe qu’il est de nous faire croire qu’il en joue mal !) Et comme nous ne connaissons pas cette chanson, selon lui on ne le saura pas s’il fait des conneries, et pis c’est tout.

Ensuite, les lumières deviennent aquatiques. Lui toujours au piano. Il veut qu’on lui demande comment ça marche. Parce que, quand les français trouvent ça magique, les suisses sont blasés et les allemands veulent juste savoir comment ça marche ! Il nous propose donc un test réel, qui va faire fonctionner tous les automates ensemble … Que peut-il bien jouer pour cela …? Il ne voit que Combien De Temps (et nous, ben on est content, content). Et le voilà parti dans une digression sur les grands inventeurs de notre siècle, avec une nouvelle machine, une Tesla, qui envoie des éclairs électrostatiques sur le côté de scène. Cette matrice géante est visuellement vraiment incroyable. Les yeux, les oreilles … Tout est à la fête et tout le monde y trouve son compte. Surtout que, maintenant, ce sont des spots ciseaux, sortes de mix entre des méduses lumineuses et des soucoupes volantes, qui attaquent !

Le public réclame Déjeuner En Paix, alors il prévient : « Attention, je me casse après. Mais si vous la voulez, c’est votre soirée ! » Alors, comment dire .. Non hein. On va le laisser faire comme il veut et profiter encore un peu, si c’est possible 😉 Encore. On en veut encore, et jusqu’au bout de la nuit. Encore de ce grand soleil qui tourne dernière lui. Encore de ce meydley qui rient sur Combien De Temps tout en douceur. Encore profiter de ce merveilleux voyage au pays de Die Automaten.

Il nous raconte alors qu’il lui arrive toujours d’écrire de nouvelles chansons et de s’engueuler avec l’Univers (sa maison de disque étant Universal). Comme pour celle-ci, écrite en bernois et adaptée « à la française » par le biais de l’accordéon, à côté duquel il prend place, sur un tabouret haut. Tout semble calme. Sauf qu’au refrain, la machine s’affole. Et c’est encore une fois tout aussi surprenant que séduisant.

Mais le voilà à nouveau reparti dans un savoureux aparté, avant de commencer la suivante, pour nous prévenir qu’elle va comprendre des mots de la vrai vie. Des mots qui peuvent heurter les jeunes oreilles, puisqu’elles ne le connaissent probablement pas, comme : Journal ! Mot affreux s’il en est, puisqu’il évoque la mort de beaucoup d’arbres et le gros mot de papier. Bref, une introduction sarcastique et hors normes, pour une chanson qui l’est tout autant … Déjeuner En Paix, jouée en toute simplicité, juste accompagnée à la guitare, ce qui lui donne une très belle dimension, à la fois langoureuse et intense. Puis la machine se réveille à nouveau et gronde. Elle le rejoint. J’adore définitivement ce doux dingue de Stephan Eicher ! Mais qui a dit que les suisses étaient des bonnets de nuits ?!

Il demande ensuite qui veut quoi. Juste pour voir s’il y a de bonnes idées à Marseille. Mais, finalement, préfère organiser une chorale, les filles avec lui et les garçons … Qui se démerdent en résumé 😛 Ce sera donc Pas D’ami Comme Toi, et comme par hasard, nous on doit faire « Non, non, non… » (un  truc de fille parait-il !)

Avant les rappels, on bascule carrément dans le Technotrans les loulous (oui, oui), pour une fin de Set tonitruante. Et puis, après que nous ayons bien frappé dans nos mains pour le mériter, il nous revient tout en décontraction, avec son petit café ! Parce que « la prochaine est avec beaucoup de boissons  et un peu de piano ». Et aussi parce qu’il aime notre langage, surtout le mot « Pot Pourri » (je ne sais comment nous devons le prendre), sachant qu’il a tout de même « beaucoup de tendresse pour nous ». Le fameux Pot Pourri (ou medley pour les anglophones) sera donc fait exclusivement de chansons alcoolisées (tout un programme !), parce que « là où en Suisse on peut en faire un concert, en France on peut en faire une pièce de théâtre ». Avec, tout même un intrus : Tous Les Bars. « Celle-là, elle n’a pas de boisson, mais je l’ai écrite dans un bar. Est-ce que ça compte ? » Mais oui ! Allons-y. Nous on prend tout.

Puis il retourne dans son vaisseau spatial, avec les deux lumières tournantes qui montent, qui montent … Avant de nous proposer la dernière. Parce qu’en vieillissant, il préfère composer au piano. Il trouve cela plus confortable pour poser son coude et réfléchir. Mais il n’a besoin que du milieu en fait, sauf une note, juste pour justifier le transport de l’instrument par ses techniciens. Une composition gaie, mais avec une fin triste nous prévient-il. Pendant laquelle il va en profiter pour nous présenter les automates un à un, en remettant sa veste, comme pour se préparer à nous quitter; chacun ayant droit à son solo, sur une musique à l’éprit de cirque. Lui, en véritable Monsieur Loyal. Les saluant, puis nous saluant à notre tour, alors que Die Automaten s’emballe, pour terminer dans un coup de tonnerre et un nuage de fumée. « Dis maman : elle est cassée la machine ?!? »

Il revient une toute dernière fois, mais veut nous demander un truc bizarre : allumer nos téléphones, entrer dans la fonction réveil, et le positionner sur 22h30. Quasiment tout le monde s’exécute. Puis il commence Tu Ne Me Dois Rien, avec juste sa guitare sur une ligne de basse. Elle est vraiment superbe comme ça. D’une pureté. Et que dire de ce timing parfait qui fait que tous nos téléphones sonnent ensemble sur la dernière note ? MAGIQUE, comme tout le reste de cette soirée !

Composition

  1. Si Tu Veux Que Je Chante
  2. Donne-Moi Une Seconde
  3. Two People In A Room
  4. Voyage
  5. Prisonnière
  6. Rivière
  7. Combien De Temps
  8. Oh Ironie !
  9. 1000 Vies
  10. Gang Nid Äso
  11. Déjeuner En Paix
  12. Pas D’ami Comme Toi
  13. Doux Dos*
  14. 1er Rappel : Ce Soir Je Bois
  15. Tous Les Bars
  16. Silence
  17. Hemmige
  18. 2nd Rappel : Tu Ne Me Dois Rien

Site de Production

Date Limite de Consommation

  • Ce spectacle s’inscrit dans la tournée Stephan Eicher Und Die Automaten
  • Album défendu : L’Envolée

Ingrédient

  • Stephan Eicher : Guitare, Piano & Chant

Remerciements

  • Vivian @ La SAS

Appellations d'Origine Contrôlée

Un de nos Instagrams de la Soirée

concertsenboite

Avec Stephan Eicher 🎼🎶...

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