Avis sur un show

24 novembre 2015

Ghost @ Radiant-Bellevue (Caluire et Cuire)

In Nomine Papa ...

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Evaluation de la Soirée

Note global du concert, 5.8 - 4 votes
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Note internautes, 6.0 avec 2 vote(s)
Note d'Ysabel
Note d'Arnaud

1 : Pas du Tout - 2 : Un Peu - 3 : Moyennement - 4 : Beaucoup - 5 : Passionnement - 6 : A La Folie

Conditions de mise en boîte

Les 3 premiers morceaux, dans les crashs barrières. C’était un peu compliqué, car trop de personnes dans peu d’espace et des photographes peu scrupuleux. J’avoue avoir peu apprécié de me faire quasi grimper dessus en début de concert, m’obligeant à m’éloigner des « vautours » pour pouvoir calmement faire mes images, autrement. Et bizarrement, quand en fait c’était réellement esthétiquement parfait au milieu de la scène, il y avait moins de monde aux bons endroits des crashs.

Chronique

Etiqueté par Arnaud :

Essayons de comprendre pourquoi deux sudistes se retrouvent un Mardi soir sur Lyon pour un concert (soit disant) Métal !

Pour cela, remontons en 2013 et au passage de Ghost au Hellfest où, quelques jours après, je vois ici et là des photos de ce groupe ultra scénarisé. Dans mon petit cerveau, j’imagine déjà un son bien Métal, Hellfest oblige, surmonté d’une bonne grosse voix gutturale. Et voilà, l’histoire aurait pu s’arrêter là ! Je reverrais bien de temps en temps des photos, toujours aussi esthétiques. Je lirais aussi quelques chroniques Live sur le net. Mais, comme les supports sont toujours des webzines d’obédience Hard/Métal et ne m’expliquent pas assez la musique du groupe, je reste dans mes convictions, sans avoir envie d’aller voir plus loin. Fin de l’Acte I.

C’est quelques jours avant la sortie de Meliora que l’Acte II commence. Inscrit dans divers newsletters, je reçois un mail pour pré-écouter intégralement ce dernier album à venir. C’est le bon jour, la bonne heure et je suis curieux : je clique donc sur le lien, pensant zapper au bout d’une minute. Spirit commence … Et c’est une révélation. C’est tellement prenant ! Tellement différent de ce que j’aurai pu imaginer… Alors forcément j’écoute dans la foulée From the Pinnacle to the Pit, puis Cirice et finalement tout l’album. J’écouterai même plusieurs fois l’opus pendant quelques jours, avant d’acheter les trois albums du groupe : Opus EponymousInfestissumam et, bien sûr, Meliora.

Me voilà donc alors accro de cette musique que je trouve tellement différent de l’esthétisme du groupe. S’il fallait mettre quelques descriptions, je parlera d’un genre de Rock des années 70 à tendance progressif et teinté de Métal ici et là, le tout chanté par une voix bien claire, très pénétrante. Digne successeur des Black Sabbath, je ferais aussi un pont vers Steven Wilson, tout au moins dans la structure des morceaux, les thèmes étant globalement plus sombres chez les suédois que chez l’anglais. Doom-Métal semble être le terme approprié, mais cette étiquette me fait peur 🙂 En tout cas, c’est beaucoup moins agressif que j’aurai pu l’imaginer et incroyablement mélodique. En résumé, c’est parfaitement en accord avec mes chastes oreilles, qui auraient dû mal à survivre à un vrai gros son Métal, trop éloigné de ma sensibilité musicale !

Vient donc naturellement l’obligation d’avoir un acte III, à savoir : un concert ! Et c’est là que l’on comprend pourquoi nous nous retrouvons à Lyon. En cette fin d’année, il n’y a que peu de choix pour voir le groupe : Clermont-Ferrand, Toulouse, Lyon ou Paris. Ne sachant pas si une autre occasion se représentera, nous avons tout organisé pour être là ce soir et vivre ce concert ( sans oublier de vous en parler, bien évidemment).

Si musicalement je ne suis pas surpris, je suis époustouflé par le show ! L’énergie sur scène est fabuleuse et l’osmose avec le public à son paroxysme. C’est vraiment génial à vivre. Papa Emeritus III est un showman hors norme plein de malice, qui joue avec son public et qui dégage énormément de par sa présence, son costume et son maquillage. Si c’est un peu flippant en début de concert, au fil des morceaux on adhère pleinement et on ne demande qu’à être son pote.

Les 5 goules sans nom, les Nameless Ghoul, sont tout simplement hypnotiques ! Entièrement cachées sous un masque, il faut leurs mains pour s’assurer qu’elles sont humaines. D’une beauté hors norme et d’un esthétique très année 20, je suis tout simplement fan. Reste à savoir que je ne sais pas comment les humains sous le costume résistent à 2h de show, apparemment sans boire sur scène, en respirant probablement mal et en ayant forcément trop chaud : si ça ce n’est pas de la dévotion à son papa diabolique !

Je suis sorti du concert en ayant qu’une envie : en revivre un autre ! J’espère que ce sera chose possible en 2016.

Etiqueté par Ysabel :

Fond musical que je qualifierais d’ecclésiastique … Oui, tant qu’à jouer la savoureuse carte du blasphématoire, autant le faire carrément 😉 D’ailleurs, lorsque les roadies viennent mettre tout en place et plier les grands draps noir qui recouvrent les instruments … C’est moi, ou il sont tous là, un genoux à terre, dans la posture de véritables enfants de chœur ?! Et tous en costards en plus. Il y a même des volutes d’encens qui s’élèvent mes frères ! J’adore.

Lumières rouges. Fumée. Incantations en musique dans une langue étrange : toute l’iconographie de la religion catholique est bien présente dans leur longue introduction. Nous sommes donc en condition et fin prêts pour la théâtrale entrée du grand prêtre Papa Emeritus III, entouré de ses cinq diables Ghouls … Et c’est là que tu commences à sentir que ça pousse gentiment dans ton dos. Pas de souci. Je m’accroche à ma barrière. Toute disposée à recevoir la bénédiction papale tant attendue 😛

L’immense vitrail derrière eux s’éclaire de vert. Ambiance sombre, même si y figure des portraits de femmes, avec de drôles d’hommes oiseaux qui sillonnent le ciel. Et s ‘élève cette voix définitivement surprenante, presque douce et en totale paradoxe avec ce gros son qui caractérise leur musique. Quant à l’imagerie produite par ces cinq musiciens d’allure identique, masqués et sans bouche : c’est juste magnifique. Sans oublier les postures prises par leurs corps, arqués en arrière, leur jambe d’appui bien ancrée dans le sol. Une esthétique juste parfaite et sans faille. Avec ce pape vaudou qui harangue la foule et une musique qui tonne, à grand renfort de cymbales.

On profite également de beaucoup de jeux de scène avec les escaliers qui bordent la plateforme centrale … Bref, ce n’est pas juste un concert, mais un spectacle. Un vrai. Avec tous ces costumes mêlant les inspirations religieuses et diaboliques. Des jeux scéniques jouant souvent sur la symétrie. Les Ghoul frappant rageusement du talon de leur chaussure à guêtre blanche. En un mot, ils sont juste énormes. C’est ce que j’espérais à vrai dire, et je ne suis vraiment pas déçue !

Le public chante quasi toutes les chansons. Les têtes se balancent au rythme de la basse. Les mains montent en cornes du diable Rock N’roll … L’ambiance est bien évidemment orientée Métal, mais sans pour autant tomber dans la caricature. Même quand Papa sort son encensoir, ce n’est pas risible mais au contraire dans l’esprit de ce que nous sommes en train de vivre et surtout de ce qu’on a envi de voir. Par contre, je pense qu’entre ce qu’il nous envoie et la fumée qui sort de dessous la scènette, on risque de bientôt étouffer ma foi ! On croirait voir une marmite magique qui déborde de la scène, pendant que se distille musicalement ce que j’appellerais un Métal hyper structuré. Ou du très gros Rock, au choix. Mais pas du tout du gros lourd.

Notre Pape décide alors de jouer le chef d’orchestre devant un public du Radiant 100% réactif… « Merci beaucoup ! » Il prend également de nos nouvelles et nous dit être très content de nous voir aussi nombreux ce soir, pour cette première fois à Lyon. Qu’il est même important que nous soyons là, au regard de ce qu’il s’est passé il y a maintenant à peine 11 jours. Puis il nous vante leur dernier album en italien, comme étant leur meilleur (et oui, notre saint père est polyglotte !)

Un petit virage musical presque Pop s’en suit, avec toujours un vrai jeu sur la gestuelle d’église, mais en fait sans le côté blasphème étrangement. Non, on pourrait presque y croire au final. C’est amusant. Et du côté des Ghouls, on entretient les cris du public par de réguliers jets de médiators vers ceux qui lèvent bien haut les mimines. Tout ceci alors que notre grand maître des cérémonies annonce le clou du spectacle : « This song is about gastronomie ! », les sœurs nous apportant les hosties et le vin pour la communion. Bon la participation est forcément limitée en nombre, mais c’est juste de la balle de faire un truc pareil. Cette pure initiative basculant tout de même dans une histoire de « driking blood », rire diabolique en prime ! Et je réussi à y avoir droit à mon corps du Papa Emeritus III moi M’dame. Pendant que, sur scène, le Rock se déchaîne, avec un côté très équestre dans le visuel de ces trois diables à cornes alignés dans la lumière. Leur côté licorne sans doute 😉

Notre Papa s’escamote discrètement, puis il nous revient métamorphosé en marquis ganté de blanc, costume sombre avec gilet et guêtres blanches, comme ses acolytes. Tous le monde en crie de joie. Du coup, il vient toucher quelques mains aux premiers rangs … Avec en réponse : un slam, un ! (et ce ne sera pas le dernier). Oui, une sacrée ambiance dans la salle. Avec carrément des hurlements sur l’intro de Year Zero … Toujours très théâtrale tout ça, mais avec beaucoup de décalage, d’humour et quelques pelotages de fesses de guitariste au passage 😉 Ils nous baladent vraiment dans leur monde. Entre ces morceaux à te décoller les tympans et d’autres, comme l’instrumental Spöksonat, qui leurs sont diamétralement opposés … De petits moments de pure poésie dans un monde de brutes en fait, à la fin desquels le grand naître nous envoie même des baisers de la main !

Bon pas trop de guimauve hein tout de même. On est pas là pour rigoler nous 3:) Alors sait-on crier ? Je veux mon pote. Non mais quelle question ! Tous les bras se lèvent devant lui qui nous parle de Dieu et du pouvoir de l’argent (pervers mélange s’il en est). « So join us in Mummy !! » Et il nous choppe la voix la plus grave qu’il n’ait jamais prise depuis le début. Le claviériste passant à la guitare-clavier et le public grondant avec eux sur une dernière à l’inspiration très Pink Floyd je trouve, par moment.

Attente des rappels à la lueur des chandeliers (super bien fait ça encore). Et ce sont les guitaristes et le bassiste qui reviennent en premier, armés de guitares acoustiques, prenant place, assis sur les marches. Tous les trois dans la même position et agitant le même pied gauche en mesure. J’adore cette image. Papa les rejoint, à la recherche d’un enfant semble-t-il et en nous parlant d’oiseaux, d’arbres et de sexualité ! Un morceau incroyable, qui montre (s’il en était besoin) à quel point leur spectre musical est large, la vache.

S’en suit le retour de tous et de la voix démoniaque, avec pourtant toujours pas mal de douceur et beaucoup d’harmonie … Juste avant un déchainement très Pop, pour un final du trio de cordes juste devant nous … La grande classe !

Il faut pourtant qu’on comprenne qu’il est tard et qu’on est mardi (pas bon quand on en arrive là). Nous approchons donc de la fin avec une chanson écrite par Roky Erickson himself … Voilà, tout est dit. Petit serrage de mains et distribution personnalisée de baguettes. Je le savais : ça sent le sapin 😉 !!

« Do you want one more ? » Ah, il semblerait qu’on va avoir tout de même droit à un peu de rab ! Je mentirais en disant que j’ai vraiment tout compris, mais en gros, ce sera à base d’orgasme, de fucking et de monstre cornu (rien que ça), avec une fin chantée par la salle, encore bien après leur départ…

Composition

  1. Préambule : Miserere mei, Deus (Gregorio Allegri)
  2. Masked Ball (Jocelyn Pook)
  3. Début du Set : Spirit
  4. From The Pinnacle To The Pit
  5. Ritual
  6. Con Clavi Con Dio
  7. Per Aspera Ad Inferi
  8. Majesty
  9. Body And Blood
  10. Devil Church
  11. Cirice
  12. Year Zero
  13. Spöksonat
  14. He Is
  15. Absolution
  16. Mummy Dust
  17. 1er Rappel : Jigolo Har Megiddo
  18. Ghuleh/Zombie Queen
  19. If You Have Ghosts (Roky Erickson)
  20. Monstrance Clock
  21. Pendant la sortie de scène : The Host of Seraphim (Dead Can Dance)

Site de Production

Date Limite de Consommation

  • Ce spectacle s’inscrit dans la tournée Black To The Future Tour
  • Album défendu : Meliora

Ingrédient

  • Papa Emeritus III : Chant
  • A Nameless Ghoul Alchemy fire symbol.svg aka Nameless Ghoul Fire : Guitare
  • A Nameless Ghoul Aether symbol.jpg aka Nameless Ghoul Ether : Guitare
  • A Nameless Ghoul Alchemy water symbol.svg aka Nameless Ghoul Water : Basse & Guitare
  • A Nameless Ghoul Alchemy earth symbol.svg aka Nameless Ghoul Earth : Batterie
  • A Nameless Ghoul Alchemy air symbol.svg aka Nameless Ghoul Wind : Clavier & Guitare-Clavier

Remerciements

  • Olivier @ Replica Record
  • Vivian @ La SAS

Appellations d'Origine Contrôlée

Un de nos Instagrams de la Soirée

  • par

    10 février 2016

    Photo du concert

    Ghost @ Paloma (Nîmes)

    Second concert de Ghost et seconde claque ! Y a pas à dire, mais il n'est pas habituel d'assister à un concert où la musique déchire et où la mise en scène est du même ...

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    21 février 2011

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    21 février 2011

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