Avis sur un show

05 février 2013

Stephan Eicher @ L'Usine (Istres)

Une fabuleuse envolée avec Stephan Eicher !

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Evaluation de la Soirée

Note global du concert, 6.0 - 2 votes
Pas d'Evaluation des internautes
Note d'Ysabel
Note d'Arnaud

1 : Pas du Tout - 2 : Un Peu - 3 : Moyennement - 4 : Beaucoup - 5 : Passionnement - 6 : A La Folie

Conditions de mise en boîte

Trois premiers morceaux, entre la scène et le public, dans un petit coin de la scène. Trop serré, je n’ai absolument pas été à l’aise et n’ai pas pu prendre les photos que je désirais. Pire, je me suis senti coincé par les autres photographes et j’ai plutôt subi la session. Ce fut une très mauvaise expérience et aucune belle photo n’est sortie de cette session. C’est l’une des pires de ma « jeune » vie de photographe Live !

Chronique

Etiqueté par Arnaud :

J’ai vraiment découvert Stephan Eicher il y a 2 ans, lors du concert avec Philippe Djian : J’étais sorti transformé par ce concert incroyablement intense. Ce fut l’un des rares où je suis senti absorbé par les paroles avant le rythme, où j’ai bu chaque mot. J’étais alors bien loin de mon souvenir d’ado, découvrant Déjeuner En Paix de l’album acheté par mon grand frère (à moins que ce soit le mien, je ne sais plus).

Je voulais revivre ce moment et c’est pourquoi je crevais d’envie de découvrir Stephan seul sur scène. Mes attentes furent comblées : Stephan seul est tout aussi magistral qu’accompagné de Philippe. Et putain ces paroles qui me touchent !! Rarement vécu ça … Je crois même que seul The Cure ne m’a intéressé au niveau des paroles jusqu’à ce jour, moi le roi du yaourt lorsque je chante  une chanson que j’adore. Et bien Philippe via la voix de Stephan est en passe de réussir cet exploit. Mais rendons à Stephan une présence hors du commun sur scène, le mot troubadour ou saltimbanque prenant alors tout son sens !

Depuis ce concert, j’attends patiemment l’intégral des albums de Stephan : Je dois explorer cet univers. C’est probablement l’étape avant la lecture d’un Djian ou deux.

Etiqueté par Ysabel :

Un véritable mur de vielles enceintes au milieu desquelles, si l’on regarde bien, se trouve une petite maison d’oiseaux. Des lampes tempête suspendues. Des instruments de partout. Une ambiance à la fois chaude et impressionnante. Des consignes photos draconiennes et une Usine bien remplie … Voilà ce qui nous attendait ce soir pour ce concert de Stephan Eicher. Seconde fois que je le vois sur scène. Mais la première était plus que particulière, puisqu’il la partageait avec Philippe Djian … Juste mon écrivain préféré ! J’avais aimé. Beaucoup aimé même et là j’attends d’en apprendre plus sur cet artiste qui m’a toujours semblé atypique : Drôle de voix. Drôle d’homme. Drôle de répertoire … Je suis prête à en découvrir plus.

Petit message anti Smartphone très humoristique, façon annonce TGV (j’ai trouvé ça plutôt drôle). Puis les lumières qui baissent tout doucement, ce qui attise l’envie du public. Avec même un «Aller Stephan … Booouuuge !!» Le choc des cultures sans doute 😛 !!

Il arrive enfin sur scène, dans un costume hyper classe, comme d’habitude, avec ses faux airs de D’Artagnan et sa cravate à poids juste ce qu’il faut de décalée. Envoie un disque sur la vielle platine en place. Puis il s’installe au piano, simplement accompagné de quelques cordes. je ne vois pas son visage d’où je suis. Juste l’ombre de ses cheveux. Je suis un peu impressionnée par cette drôle d’atmosphère, cette immense scène si bien «habillée» et le seul son du piano. Viennent ensuite les autres instruments, qui entre dans la danse de manière discrète et presque insaisissable. Violon, guitare, cor et batterie … Ça tournoie. C’en est même entêtant … Ça y est, on y est !! Et cette intro est juste une véritable démonstration musicale qui laisse présager du reste …

Les musiciens commencent alors une ronde des instruments qui durera tout le long de ce concert. Stephan Eicher se retrouve dos à nous. Les garçons entonnent les chœurs de la douce ritournelle de Morge … Et à chaque fois, ils vont nous la jouer comme ça. On commence l’air de rien et puis les instruments se mettent à envoyer de plus en plus fort, le tout devant un public qui se met peu à peu à chanter. Un enchaînement sans le moindre mot de sa part et ce jusqu’au 5ème morceau. Pas grave. De toute façon, nous sommes comme en apesanteur …

Et lorsqu’il prend enfin la parole, après cette chanson mi-parlée et mi-chantée qu’est L’Exception, entre Rock et musique tzigane, c’est pour nous rassurer en riant quant au fait qu’il va aussi faire d’anciens morceaux. Ça, plus une digression sur les religions qui n’a juste rien à voir 😉 ! Démarre alors Hope, avec son violon très «champêtre» et son parfum cow-boy qui tire quelques «Hi How !!» du public. Et même lui s’y met d’ailleurs, nous demandant au passage si nous désirons qu’en soit changée la tonalité ! Alors pourquoi pas … «Allez !! On change !»

Il continue de souffler le chaud et le froid. Nous offrant de véritables moments de félicité et faisant l’andouille avec les autres l’instant suivant, à coup de … «Beaucoup moins fort la guitare !» Et de … «Il faut pas que tout le monde sache que c’est le premier concert de la tournée ! Jusque là tout allait bien !!»

On continue avec Confetti (n’y aurait-il pas du Djian là-dessous encore une fois ?!! Evidemment que si …) C’est comme un road movie. Comme si on traversait des contrées différentes, d’incroyables inspirations, pour un rendu très intense et une utilisation des instruments dans toute l’étendue de leurs possibilités. Les lumières sont elles aussi très belles, avec toutes ces enceintes qui s’habillent de drôles de couleurs … Et du western, on passe à un univers Rock au parfum de Blues … Le public reprend le refrain de Papa Was A Rolling Stone en anglais, avec des lumières flash qui partent et renforcent encore cette sensation de voir défiler les fenêtres d’un train fou. Les riffs de guitare s’emballent et se mêlent aux violons. C’est à la fois tonitruant et subtil.

Retour au piano et petit dialogue privé avec un expansif dans la salle … «Tu veux bouger? Marche un peu. On a une musique pour marcher. Monsieur, c’est à vous !! Non, il ne sort pas d’un bar, il est dans la nature claire. Non, on est à Vienne ! Monsieur, je crois qu’il vaut mieux rester calme ! Il faut apprendre d’attendre …» La poésie amenée par le violon à la Rivière est juste magique et elle se mêle à celle des paroles. Elles ne font bientôt plus qu’un. Je suis transportée.

Il demande l’accord à son violon … «Ben on reprend. C’est pour ça que je veux pas qu’on  me filme !» Petit pont. Passage à la guitare, accompagnée d’une percu presque salsa. Le noir. La fumée. Des rayons bleus. Une imagerie totalement irréelle pour Donne moi une seconde. J’en garde même le stylo en l’air (et ce n’est pas peu dire pour qui me connait !!) Piano, trompette, on est submergé par cette vague de musique.

Retour au monde réel (quoi que …) et à un peu plus de calme. Ça commence comme une musique douce, avec même un petit parfum Yéyé. «The same sad song …» comme un Rock complètement désossé et remonté à sa manière. C’est très bon et ça ne ressemble juste à absolument rien d’autre. Il se met à sauter genoux pliés face à face avec son guitariste … Il s’éclate quoi !! Puis il remplit les blancs avec des papotages sur le temps et annonce le moment à filmer (ça tourne quand même un peu à l’obsession ces histoires de filmage) : Il sort son mouchoir ! «T’es trop beau quand tu te mouches !!» lance une voix féminine. «C’est ma cousine … Merci ! Cette chanson est pour toi» répond-il en riant.

On retrouve comme l’inspiration du début de set. Ça tourne à la folie, à la les voir ainsi tous en cercle. Et puis viennent les premières notes de Déjeuner En Paix, accompagnées d’une clappe unanime et de cris. Le public ne fait plus qu’un seul chœur pour cette version carrément Rock, juste superbe, avec un de ces solos de guitare électrique, suivi d’un autre de violon tout aussi faramineux … Je ne vous dis que ça ! Sincèrement, je suis scotchée. Jamais je n’aurais pensé trouver une puissance pareille ici ce soir. Ce sont de putain de musiciens quand même !!

Le public est définitivement parti. Il n’a plus besoin de personne pour chanter et Eicher s’en arrête même pour l’écouter sur Pas D’Amie Comme Toi. «C’était super bien ! Beaucoup mieux qu’avant hier !!» C’est comme un rappel en plein concert ! Mais la fin commence à poindre le bout de son nez (on en est à 16 morceaux tout de même …) Les lumières descendent. Poème sur les hommes qui se pressent dans Tous Les Bars. Quand une femme est dans un bar, tous les hommes se pressent, se pressent … Ils crient presque tous ensemble et balancent les lampes tempêtes. La musique comme un défouloir. Leurs cris comme des onomatopées. C’est assez bluffant.

Vient la dernière, à nouveau au piano. «Tout doit Disparaitre». On passe de la folie de tout à l’heure, à ça … Décidément, jusqu’au bout il ne se lassera pas de nous surprendre. Et d’une manière ou d’une autre, je peux vous assurer que ça vous prend là. Ils partent un par un. Lui reste le dernier … «Merci beaucoup …» Et nous on reste comme ça, attendant qu’il se passe encore quelque chose.

Il va revenir seul, sur des applaudissements qui ont du mal à prendre fin. Tu Ne Me Dois Rien. Lui. La Guitare. Les voix du public. Envie de fermer les yeux …

Puis tout le monde revient sur scène. Il repasse une dernière fois à la guitare électrique pour Combien De Temps qui va s’avérer plutôt rigolote, toute hachée juste avant de totalement exploser. Son rythme est complètement brisé, tout détricoté. C’est impressionnant comme il aura su nous faire cela tout au long de la soirée.

La dernière excursion de notre voyage extraordinaire sera Tzigane et Flamenca. Et cette fois, c’est à tour de rôle qu’ils vont se faire plaisir. Tambour en bandoulière pour le batteur, tout devant. On a un véritable Jazz Band rien que pour nous. Les quatre musiciens viennent nous faire la nique … Guitare, trompette, cors et tambour … C’est festif et tourbillonnant, pour une dernière danse dans sa langue natale. Plein les yeux. Plein la tête. Plein le cœur … Je repartirai sur un petit nuage.

Composition

  1. La Relève
  2. Morge
  3. Le Sourire
  4. L’Exception
  5. Hope
  6. Confetti
  7. Dans Ton Dos
  8. Les Hauts, des bas /  Papa Was A Rolling Stone
  9. Rivière
  10. Donne moi une seconde
  11. Envolées
  12. 2P 1R
  13. Ce Peu D’Amour
  14. Déjeuner En Paix
  15. Pas D’Amie (Comme Toi)
  16. Tous Les Bars
  17. Disparaitre
  18. 1er Rappel : Tu Ne Me Dois Rien
  19. Combien De Temps
  20. Hemmige

Date Limite de Consommation

  • Ce concert s’inscrit dans la tournée Envolée Tour qui se termine le 27 Juin à Meziere
  • Album défendu : L’envolée

Site de Production

Site Offi­ciel : http://www.stephaneicher.com

Ingrédients

  • Stephan Eicher : Chant, Guitare & Piano
  • Hank Schizzoe : Guitare
  • Simon Baumann : Batterie
  • Baptiste Germser : Basse & Contrebasse
  • Johan Renard : Violon, Piano & Trompette

Remerciements

  • Dorothé @ Usine
  • Stephan @ ConcertAndCo

Appellations d'Origine Contrôlée

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    Merci pour ce beau récit du concert de Stéphan Eicher, on le vit presque en le lisant, il manque quand même le son! Je connais ses tours de passe-passe sur scène, il est naturel, instinctif, et on rigole beaucoup au final! Qui le croirait à le voir comme çà, ce beau gitan suisse, sous ses airs timides et réservés?! J'adore ce qu'il fait, et ce petit accent bien à lui reconnaissable entre tous, son interprétation et sa présence aussi; il rend très beaux les textes de son auteur sur sa musique tellement particulière! Il faut l'avoir vu une fois en concert pour comprendre ce que l'on peut ressentir, à en pleurer de joie ou d'émotion, de le voir partir de scène! Bravo Mr Eicher une fois de plus, toutes les critiques sont les mêmes, que de bonheur cette envolée! 😉

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      Merci d’avoir aimé mes mots … C’était effectivement un vrai moment de bonheur partagé. Un très bel artiste, une très belle personne et un musicien hors pair. Alors quand il y a la poésie de Djian par dessus, c’est juste la perfection.
      A très bientôt entre nos lignes 🙂

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    Belle chronique… je vais le voir ce soir a Cenon, impatient! Déjà vu en 97, super : http://flo-ced.e-monsite.com/pages/concert/eicher

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    A Saint-Germain en oct 2013 : magnifique, orchestration qui vous emporte

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    A Saint-Germain en oct 2013 : magni­fique. Le récit d’Ysabel est parfaitement juste.
    On aime entendre les morceaux que nous connaissons tous et on se laisse charmer par les nouveaux.
    On aime les démarrages soft et les montées progressives qui finissent par vous emporter. Quelles orchestrations magnifiques ! Quelle multitude de sonorités : je ne connaissais pas les morceaux aux tendances tziganes dont je ne suis pas fan habituellement, et mes suis fait emportée encore une fois.
    Je crois que j’ai adoré tous les morceaux. C’est unique.
    Grâce aux consignes drastiques sur l’usage des téléphones, on n’est pas dérangé par les petits écrans, malgré quelques pénibles se moquant pas mal de déranger plusieurs centaines de personnes derrière eux, qui persistent et se font chasser par la sécurité (les smartphones sont vraiment la plaie des concerts).
    On redemande du Stephan Eicher en région parisienne au plus vite ! Je retourne le voir dès qu’il passe.