Avis sur un show

15 décembre 2016

Philippe Katerine @ Paloma (Nîmes)

Bleu comme un canard ...

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Evaluation de la Soirée

Note global du concert, 4.0 - 3 votes
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Note internautes, 5.0 avec 1 vote(s)
Note d'Ysabel
Note d'Arnaud

1 : Pas du Tout - 2 : Un Peu - 3 : Moyennement - 4 : Beaucoup - 5 : Passionnement - 6 : A La Folie

Conditions de mise en boîte

Les 3 premiers morceaux depuis la salle, sans déranger le public.

Chronique

Etiqueté par Arnaud :

Je savais qu’en allant voir Philippe Katerine, celui-ci allait m’emmener sur des chemins inhabituels et peu empruntés ! Le bougre n’a pas manqué à sa réputation et, ce soir, j’ai autant assisté à un concert qu’à une pièce de théâtre.

Continuellement loufoque, l’artiste fait autant rire que chanter et vibrer ! Par moment, on ne sait plus si nous avons en face de nous un comique, ou un musicien. Je ne saurais d’ailleurs définitivement pas trancher.

Le plus grand tour de force de la soirée, c’est de se rendre compte que sous prétexte de paraître bordélique, l’homme est extrêmement rigoureux et sérieux dans son travail. Il est un peu l’inverse d’un canard : le palmipède semble calme à la surface, quand sous l’eau ça brasse un maximum d’eau.

Alors, si j’avoue ne pas avoir pleinement adhéré aux délires scéniques, ni été totalement captivé par la musicalité de la soirée, le public nombreux de ce soir est connaisseur et cherchait ce décalage d’avec la vie de tous les jours. C’est donc une mission pleinement réussi et Philippe Katerine confirme son statut d’artiste ne laissant jamais personne indifférent.

Etiqueté par Ysabel :

Une soirée avec Philippe Katerine, c’est la promesse d’une rencontre particulière et d’une incursion dans son monde parallèle loufoque. Cela commence d’ailleurs par un « programme » en noir et blanc. Imprimé, mais comme écrit au crayon. Avec une présentation personnelle (affectueuse), à sa manière, de toutes des personnes qui l’accompagnent et l’entourent pour ce concert. Chacune illustrée d’un portrait croqué par l’artiste lui-même. Le tout signé … S’il vous plait.

Mais ce n’est pas tout. Nous est également distribué, de la part de Paloma, l’explication du Défi Du Soir 😉 ! Nous sommes enjoins à jouer au « Tetris à taille humaine » afin d’optimiser le remplissage d’une salle qui promet d’être pleine comme un œuf. Nous voilà donc prévenus et prêts. Chaudement serrés par nos voisins de gauche et de droite. Prêts au drôle de voyage, mis dans l’ambiance par un fond musical moyenâgeux … Choix déjà empli de promesses drôlesques.

Entrée royale du maestro à l’âme troubadour, coiffé d’un improbable diadème lumineux, d’une cape en poils et d’un justaucorps bleu canard. Il traverse la salle par le côté gauche en chantant à capella « Je suis la reine et je vous pisse à la raie ! » Et monte rejoindre sur scène Dana Ciocarlie, sa pianiste, habillée d’une longue robe coupe empire fort décolletée. La dame l’aide à se dévêtir pour nous faire encore mieux profiter de ses magnifiques collants et de sa tenue de ménestrel. Nous voilà servis et ravis.

Ce sera un concert intimiste, interprété en mode piano/voix. Forcément un peu conceptuel (on connait le bougre n’est-ce pas), mais perso, j’accroche bien. Je trouve cela captivant. Sa voix. La contre-voix de sa pianiste. Ses cabotinages, abandonnant par exemple son micro pour prendre des poses photos farfelues que nous découvrons au fil des coupures de la lumière, Dana Ciocarlie assurant la musique. Ou allant le rechercher via une chorée d’automate… Et n’est-il pas mignon avec sa barrette petite fleur qui a remplacé sa coiffe royale ?!

Il se plaint tout de même du bruit de la chaufferie qu’il trouve en inadéquation avec son spectacle. Puis nous présente sa compagne de jeu, avant de pratiquer ce qu’il appelle un test d’autorité naturelle, suivi d’une mélodie de 1845 comme il le dit lui-même, « du temps de List et Chopin qui s’en foutaient royale de la SMAC Paloma ! » Alors … Frustration ? Ressentiment ? Haine d’autrui, donc de soi même ? La solution ?? Une chanson thérapeutique, de groupe bien entendu ! Un Louxor J’Adore très ludique dans cette formule arpège au piano. Mais sans perdre l’effet bordel au moment de couper le son (ne vous inquiétez pas, le thème acoustique ne gâche rien de sa substantifique moelle !) La voilà donc sa thérapie. Avec effet de note tenue. « De la violence et de la détresse, voilà ce qui m’intéresse […] Nous sommes là pour ça, auxiliaires de vie, aide à la personne » Et je peux vous assurer que ça marche 😉 Comment de pas craquer d’ailleurs face à ces digressions, danses modernes conceptuelles et autre doigt dans le nez ?!

Entre ensuite un porteur de saxo multicolore. « Superbement laid. Affreusement beau ». Et puis non, tout cela ne plait plus à notre Katerine national. C’est simple, nous assistons tout autant à un concert qu’à un one man show. Mais, soyons honnêtes, c’est justement ce à quoi nous nous attendions. Le vassal bigarré revient donc mais, cette fois, pour allumer de petites bougies tout le long du bord de scène. Auxquelles s’ajoutent les étoiles venues de la boule à facette au-dessus de lui. Et, ce peut être surprenant, mais je trouve à tout ce foutraque beaucoup de poésie au final. Avec un humour décalé très anglo-saxon, comme ce ramassage des bougies par son acolyte dans son petit panier, sur un improbable « Excuse-moi, j’ai éjaculé dans tes cheveux… » Et oui ! Ou ce Doudou, qui « commence par une ambiguïté sexuelle, si vous n’y voyez pas d’inconvénient cher Paloma ». Mais que nenni très cher ami. Continuez ainsi à faire feux de n’importe quoi. A terminer sur des aboiements de chien. A faire des digressions sur les dinosaures. Et à nous faire partager le fait que « Philippe pas content maintenant » !

Le vassal revient au triangle (instrument on ne peut plus viril et imposant). Katerine nous refait une tentative au saxo sur Etoile Des Neiges, avant de s’attaquer à une flûte pour accompagner un petit bœuf Mozart de Dana Ciocarlie, qui apparemment s’accorde très bien avec la flûte à coulisse. Sans doute. Et nous allons même rester quelques instants seuls avec la dame, pendant que notre maitre de cérémonie part revêtir de nouveau habits de lumière j’imagine. Revenant navré pour une sombre histoire de hérisson, la tête ceinte de plumes de faisan (ou de paon … je ne sais plus ma pauvre Lucette !), pour nous interpréter un « Laissez-moi manger ma banane » qui dérape subtilement sur un Laissez-Moi Danser à la sauce Louxor … « Et on coupe la son ! »

Le show continue donc et bat même son plein. En fait, tout s’enchaine à la manière d’un spectacle plus que d’un concert. Il monte se balader dans les gradins, nous enjoignant de nous embrasser les uns les autres : « A Narbonne, ils ont tous fait l’amour, on ne savait plus où se mettre ! » Mais non, Nîmes va rester sobre et plus étique finalement 😀

« Comment tu t’appelle ? Philippe ! » répété 1000 fois. Alors que son vassal lui apporte une nouvelle veste (ou plutôt de nouvelles manches) et qu’il va s’accompagner de couvercles de casseroles en guise de cymbales (pourquoi pas hein, au point où nous en sommes), pour nous parler du Compliqué des rapports humains, avant d’enchainer sur un texte mi-parlé mi-chanté ayant pour sujet Marine Le Pen (c’est d’actualité dirons-nous). Puis vient la fin du Set. « Merci jeunesse dorée ! Maintenant, une chanson d’amour et d’eau fraîche. De viande et de sentiments ». Une histoire de poulet labellisé en 1998, « adoré chaud et froid ». Suivi du monologue Patati Patata, éclairé à la torche … choix artistique narratif intéressant et somme toute plutôt captivant, mais avec de franches longueurs, il faut l’avouer.

Pour le premier rappel, retour de Dana en ange aux ailes lumineuses et retour du roi couronné de plumes, noires cette fois, mais ne portant plus rien par dessus sa magnifique combinaison moulante (très à son avantage, évidemment 😀 !). Amusants cette voix et ce visages enfantins quand il chante À L’Elysée. Quand, dans le fond de nos yeux, il cherche du désir, un paysage… Il est à présent nu comme un canard bleu. « Ne soyez pas gênés pour moi. Moi je ne vous vois pas ! » 3 Ans, la chanson improbable. Enorme et 100% Actors Studio. Avec passage à quatre mains au piano, dans des postures burlesques … Vive la combinaison élastique ! « C’est vrai que c’est beau les bouteilles en plastique ! » s’extase-t-il avant de sortir à nouveau de scène.

Jeux d’étoiles. Les Deux Arabesques de Debussy. 1900. Esprit Chaplin en guise d’introduction à Montparnasse. Philippe Katerine applaudissant en spectateur, habillé un peu comme un des Frères Jacquard 😉 (et même cravaté s’il vous plait). Avec un « Comment tu t’appelles » qui revient sous forme de « Battle de Philippe », lui se comportant comme un invité qui tient à dire qu’il a bien aimé le spectacle. Juste avant de nous offrir la très poétique mise en musique d’Apollinaire par Francis Poulenc.

« Merci d’être venus. Nous ne l’oublierons jamais ! » Nous voilà fins prêts pour un Moment Parfait. Bien sûr qu’il peut le faire. « Et ce Moment Parfait, ne l’oubliez jamais ». Il a une bougie à la main. Il est seul devant nous. Il souffle la bougie et s’en va. Nous laissant avec Dalida encore une fois, dans la lumière qui se rallume. Spectacle totalement barré. Extrêmement conceptualisé. Mais auquel j’ai vraiment pris goût (j’adore son univers décalé aux parfums de Pierrot de la Lune) malgré, il est vrai, quelques petites longueurs de-ci de-là. A voir en tous cas, pour être un petit peu bousculé dans ses habitudes cognitives et apprendre à sortir de son univers de confort visuel et auditif.

Composition

  1. La Reine d’Angleterre
  2. Etres Humains
  3. Le Film
  4. Louxor J’Adore
  5. Bien Mal
  6. ADN
  7. Où Je Vais La Nuit
  8. Excuse-Moi
  9. Doudou
  10. Les Objets/Etoile Des Neiges (Line Renaud)
  11. Marche Turc (Wolfgang Amadeus Mozart)
  12. Papa
  13. La Banane/Laissez-Moi Danser (Dalida)
  14. Des Bisous/Lettre À Elise (Ludwig van Beethoven)
  15. Philippe
  16. Compliqué
  17. Le 20.04.2015
  18. Automobile
  19. Merveilleux
  20. Poulet n°728120
  21. Patati Patata
  22. 1er Rappel : Les Plantes
  23. La Seine
  24. À L’Elysée
  25. 3 Ans
  26. 2nd Rappel : Deux Arabesques, L.66 (Claude Debussy)
  27. Montparnasse (Guillaume Apollinaire/Francis Poulenc)
  28. Moment Parfait

Date Limite de Consommation

  • Album défendu : Le Film

Site de Production

Ingrédients

  • Philippe Blanchard aka Philippe Katerine : Chant, Saxo, Harmonica & Flûte à coulisse
  • Dana Ciocarlie : Piano & Chant
  • PP Bouard : Triangle

Remerciements

  • Céline @ Paloma

Un de nos Instagrams de la Soirée

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Avec #PhilippeKaterine 🎼🎶

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