Avis sur un show

19 novembre 2016

Pete Doherty @ L'Usine (Istres)

Rock n'Roll, Whisky ... et plus si affinités !

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Evaluation de la Soirée

Note global du concert, 4.0 - 2 votes
Pas d'Evaluation des internautes
Note d'Ysabel
Note d'Arnaud

1 : Pas du Tout - 2 : Un Peu - 3 : Moyennement - 4 : Beaucoup - 5 : Passionnement - 6 : A La Folie

Conditions de mise en boîte

Trois premiers morceaux, dans les crash barrières.

Chronique

Etiqueté par Arnaud :

Je vais être franc et honnête : je ne connais rien des Libertines et probablement encore moins des BabyShambles ! Ne me demandez pas pourquoi car, sincèrement, je n’en sais rien moi même et je ne me l’explique pas. Je dirais juste que c’est passé au travers de mes radars, pour d’obscures raisons, et que le temps n’y a rien changé.

Ma connaissance en Pete Doherty se résume donc à une vidéo de 2009, dans laquelle le jeune Yan Barthès nous présentait la séquence d’une fan énervée, qui insultait Pete d’avoir annulé au dernier moment son concert parisien au Bataclan. Vous voyez mon niveau ! Par la suite, j’ai aussi découvert qu’il était assez souvent en beuverie (et même plus, si affinités) avec Kate Moss… Mais, grosso modo, ça n’arrête à ça et c’est donc avant tout ses tumultes et ses excès qui me permettent de le définir.

Ce soir, j’avoue que je redoute donc un peu le concert. Vais-je découvrir un Pete toujours dans ses excès, ou un homme plus posé ?

Le début du concert me réjouit horriblement : Up the bracket envoie du petit bois et l’artiste se déchaîne comme un diable. C’est bon ! C’est même terriblement bon et efficace ! La soirée va être bonne mes cocos.

Puis, assez rapidement, et alors qu’il ne me semble pas le voir (encore) boire, Pete commence à vriller, à chanceler et à être perché. Commence alors un autre concert, celui de l’imprévisible, où même ses compères sur scène comblent comme ils peuvent. Pete peut tout aussi bien décider de jeter sa guitare vers son roadie (il le fera 2 ou 3 fois et, à chaque fois, avec un succès presque étonnant), de couper le morceau d’un coup, de déchirer le T-Shirt de Jack, ou encore d’aller boire goulument à même le goulot sa bouteille de whisky !

Au milieu de ce doux bordel, subsiste encore tout de même des moments de pur génie, comme un Flag Of The Old Regime ou un Albion entre Folk et Chant Irlandais.

On sort ensuite de la salle avec probablement un peu de la gueule de bois du Pete; quoi que non, la sienne sera sans doute plus sévère demain ! Mais nous aussi on a un peu de cette nausée, de cette impression d’avoir vécu une arnaque, alors que le potentiel est dément.

Le bougre semble depuis bientôt une décennie être sur une autre planète que nous. Il faut que cet ange trouve son chemin : je crois qu’il est un maillon important de la musique anglaise et qu’il a encore beaucoup à donner, si ses excès ne le détruisent pas définitivement avant.

Etiqueté par Ysabel :

Nous voilà donc partis (en retard, mais partis) pour le Set de Peter Doherty, après la poétique première partie proposée par son guitariste, Jack Jones. Et nous le retrouvons même en grande forme et très élégant, cintré dans son petit blouson de peau à boutons dorés et le cheveux en pétard. Sans oublier qu’en à peine trois accords de Up The Bracket, il nous assène un superbe Rock Anglais dans toute sa splendeur ! Avec des riffs à tout casser. De larges tourniquets de bras … Bref, du grand Pete (Bon tout de même un peu grisonnant le bonhomme… Mais le temps a bien passé depuis The Libertines ma pauvre Lucette 😉 !)

Puis voilà qu’une demoiselle le rejoint au clavier (et on me dit dans l’oreillette que c’est également sa compagne à la ville). Lui lâche sa guitare. Une autre jeune femme entre à son tour, mais cette fois armée d’un violon. Deux belles petites touches de douceur au milieu de ce groupe au son bien Rock. Pete à présent perché sur un retour, à la limite de cassage de gueule et clairement pas totalement à jeun … Jeux de dissonances et d’échos pour un drôle de second morceau, quasi entêtant avec sa trame de ritournelle.

Puis il enchaine, toujours sur le même style mais de plus en plus agité au niveau de ses déplacements scéniques. Passant de la posture tranquille, assis au pied de la batterie, à une musclée traversée de scène, pied de micro à l’épaule (chaud devant !) Et continuant en jouant les funambules dans les crashs ou en tout bord de plateau, avec effet de larsen en prime (Aïe) … La chaleur monte à L’Usine. Alors il ouvre sa veste sur un de ses mythiques marcel dégueulasses (mais comment c’est pas glamour ça ! Je sais que c’est son truc, mais qu’est-ce que ça peut être moche !!) Mais ce qui compte, c’est bien entendu la musique. En l’occurence celle de Last Of The English Roses, aux guitares entêtantes.

Hop, la veste s’en va valser plus loin. Marcel donc ! Plus un pantalon qui lui tombe sur le caleçon (et oui, la quintessence du glamour). Avec ses compères qui font les chœurs, trop mignons, et balancent du bon Rock des familles, toujours hyper mélodique et même un peu teinté rétro par moment. Perso : j’adore.

Par contre, il faut bien le reconnaitre, c’est sacrément un gentil bordel sur scène ! Mais tout se passe dans un véritable esprit bon enfant. Tous le monde ramasse de bonne grâce les trucs que Doherty balance. Katia De Vidas, tantôt au clavier et tantôt au tambourin, est toujours partante pour meubler ses moments d’absence par de petites chorées sautillantes (quand il se barre, qu’il part s’assoir dans un coin, ou qu’il grimpe sur la batterie pour voir de plus près ce qui s’y passe !)

Mais le bordel va quand même parfois un peu trop gagner du terrain. Le son devenant space et tournant à la bouillasse par moment. Certains sons et certains rythmes tournant ainsi au bizarre … Bref, ça se dégrade un peu et c’est grave dommage. Parce que quel talent à ce mec putain ! Alors quand il part trop en couille, le premier sentiment qui vient est celui d’assister à un beau gâchis. Par contre, eux, ça ne les dérange pas pour deux sous qu’on soit là hein 😉 Pas de stress ! Ça discute de la suite du programme… Et comme on râle un peu, il nous prévient qu’il peut carrément s’arrêter ! Qu’on se le dise les amis. Du coup, ils finissent tous assis devant la batterie. En mode tranquille. Intimiste comme truc et très belle intro pour Flags Of The Old Regime, en tous cas. Un peu genre Rock Symphonique en fait. Légèrement surréaliste comme ambiance. Rafa Rueda torse nu et debout, frappant ses drums au marteau, en véritable chef de galère romaine (je ne l’ai même pas vu se dessaper lui !) Doherty toujours en marcel dégueu qui vacille. Miki Beavis et son violon qui joue le tête à tête avec la guitare de Jack Jones… Tout cela dans la plus grande des nonchalances et un soupçon de dissonance.

Sincèrement, je suis un peu perdue dans tout ça. C’est globalement trop décousu et conceptuel pour moi je pense. Même si je suis totalement fan musicalement parlant. Le talent et le potentiel sont énormes, mais il y a quand même vachement de brouillon. Alors même s’il y a fondamentalement un côté rigolo, c’est super dur à suivre.

La guitare ne marche pas ?! Ben on fait autre chose. Comme arracher le tee-shirt de son guitariste, opérer un jet de guitare plus ou moins contrôlé, ou faire sa petite gym (du yoga, ou une prière … Pas clair ça non plus 😉 !) Ne manque pas grand chose en tous cas pour qu’il ait le pantalon sur les genoux le Pete. Et il continue à se balader. Allant gratter la guitare de Jack Jones pendant que celui-ci continue à s’occuper des accords. Tout cela est en quelque sorte touchant, mais on s’y perd franchement. Après, ça fait partie du personnage on va dire ! Et sur Albion, on a même droit à des cris, des coups de pieds dans le vide et du larsen volontaire, avant de retourner gentiment à la mélodie (enfin grosso modo tout de même).

Même ses musiciens semblent perdus par moment. Echangeant des regards à la « Bon et qu’est-ce qu’on fait maintenant ?! Je joue ou tu joues ?? » et des haussements d’épaules un peu désespérés … Ce qui me fait me sentir moins seule 😛 Y’a t’il vraiment une Setlist suivie ? Pas certaine ! (En tous cas, nous avons fait de notre mieux pour la reconstituer ici). C’est plutôt un joyeux bordel organisé (ou pas). Pete et Drew McConnell, son bassiste, souvent assis à côté de la batterie. Le boss foutant même le bordel en renversant sa bouteille (sans doute de whisky) en fin de Set. Du coup, il ne s’occupe plus que de ça et laisse les autres prendre le relai musical. Définitivement super trash comme soirée … Mais ça ne les empêchent pas de se faire de gros câlins et même de négocier entre eux le rappel à venir. Restant à quatre sur scène, l’air un peu paumé, dans une ambiance fin de soirée dans un pub irlandais 😉 Et puis finalement, tout le monde revient pour terminer le plus décousu des morceaux, mais aussi le plus empli de tendresse … Avec salut de gentilhomme et départ légèrement laborieux.

Un rappel ? Ça se tente j’ai envie de dire ! Et même en duo avec son bassiste (enfin pour commencer, puisqu’ils sont vite rejoints par les autres). Avec Doherty qui joue un petit coup de batterie et qui grimpe sur plein de trucs… Le morceau change, ou pas… Sérieux, je pense n’avoir jamais vu un concert aussi bordélique (tout de même en concurrence avec celui de Nina Hagen, joué ici même en plus !) Il en finit d’ailleurs par s’emmêler dans le fil de son micro. Donc, le plus simple, ben c’est de se carrément coucher. Tant et si bien que la violoniste n’a pas d’autre choix que de l’enjamber. Il est vraiment incroyable ce concert !! Ils sont même obligés de s’y mettre à deux pour tout démêler. Ceci étant, ils vont nous gâter pour la dernière. Quittant définitivement l’esprit Folk irlandais pour un bon gros son Rock 100% anglais. Juste dommage que ce soit à la limite de l’audible, avec un drôle de final en trio, violoniste, guitariste et bassiste au chant.

Ils quittent tous la scène, les lumières reviennent et presque tout le monde est parti dans la salle, quand ils décident d’un coup d’en faire une dernière. Surprenant ainsi ceux qui restent. Juste lui et Miki Beavis pour commencer, avant d’être rejoins par les autres. Mais vraiment genre : c’était pas prévu, mais puisque tu insistes mec ! Electron libre jusqu’au bout le Pete. Qui va nous quitter, définitivement cette fois (enfin je pense !) sur de grosses embrassades de potes bourrés qui aime touuuuut le monde !!

Composition

  1. Up The Bracket
  2. I Don’t Love Anyone (But You’re Not Just Anyone)
  3. Kolly Kibber
  4. Last Of The English Roses
  5. The Traveling Tinker
  6. Oily Boker
  7. The Whole World Is Our Playground
  8. The Steam
  9. Flags Of The Old Regime
  10. At The Flophouse
  11. Don’t Look Back Into The Sun
  12. Albion
  13. Hell To Play At The Gates Of Heaven
  14. Down For The Outing
  15. 1er Rappel : La Belle Et La Bête (Part II)
  16. You’re My Waterloo
  17. Kilimandjaro
  18. Fuck Forever
  19. 2nd Rappel : I Am The Rain

Date Limite de Consommation

  • Album défendu : Hamburg Demonstrations (sortie le 05 Décembre)

Site de Production

Ingrédients

  • Peter Doherty : Chant & Guitare
  • Jack Jones : Guitare
  • Drew McConnell : Basse
  • Katia De Vidas : Clavier, Tambourin & Harmonica
  • Miki Beavis : Violon & Banjo
  • Rafa Rueda : Batterie

Remerciements

  • Pierre @ Usine

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    Formidable description.

    concert mémorable .. en bien des points

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      Que de jolis mots… quelques minutes avant la fin de la journée Saint Arnaud 😉