Avis sur un show

20 juillet 2016

David Gilmour @ Arènes (Nîmes)

Wish You Were Here ...

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Conditions de mise en boîte

3 morceaux, au niveau de la table de mixage, dans la zone technique, à 35m de la scène. Artiste à part = souvent session photo à part. J’ai longtemps rêvé de celle que j’ai pu vivre : avoir David Gilmour dans son viseur, c’est rare, unique, émouvant ! Et quand en plus c’est aux Arènes de Nîmes, c’est encore un cran supérieur émotionnellement parlant.

Mais mon rêve s’est rapidement transformé en cauchemar, avec des conditions de prise de photos désastreuses et un staff technique qui n’avait qu’une envie : celle de nous voir dégager, nous les 10 photographes. 
C’est donc perché comme j’ai pu sur mon petit tabouret, à me faire virer par 4 fois de ma place pendant la session par un membre différent du staff (et quasiment en pleurant) que j’ai tenté de sortir des photos au-dessus du public !

Le service comm des Arènes me regardait avec un regard plein de tristesse, comme devant s’excuser de ne pouvoir nous permettre mieux, impuissant face à une machine anglaise sans coeur. Et c’est presque sans cerveau et à l’instinct que j’ai déclenché, oubliant tout jusqu’à la musique…

Chronique

Etiqueté par Arnaud :

J’ai parfaitement conscience que d’assister à un concert de David Gilmour est un évènement rare dans une vie. J’ai surtout parfaitement conscience que d’assister à un concert de David Gilmour dans les fabuleuses Arènes de Nîmes est un évènement encore plus rare ! C’est donc un homme plus qu’heureux d’être là qui se présente ce soir; mais c’est pourtant un homme un peu déçu qui quittera les Arènes, pour ce qui sera son dernier soir dans cette édition 2016 du Festival !

Tentons d’expliquer pourquoi.

Tout d’abord, il faut savoir que j’étais également présent au concert de l’anglais au Théâtre Antique d’Orange. J’ai donc parfaitement la Setlist en tête et je sais, grosso modo, à quoi m’attendre (à quelques nuances près). Pour moi, là n’est pas le soucis : j’ai l’habitude de voir plusieurs fois un concert d’une même tournée, surtout quand l’artiste est majeur. J’en tire à chaque fois une grande satisfaction et un plaisir, me nourrissant différemment de ce que je vis, selon mon humeur, celle du public et celle de l’artiste.

Ce que j’attendais surtout ce soir, c’était de voir l’apport de l’écran géant central, installation qui n’avait pas pu être installée à Orange en raison de la « faiblesse » de la structure romaine. J’avais pourtant été estomaqué par le show vauclusien et je n’en attendais donc pas moins du concert gardois. Et bien c’est une grosse déception : l’écran n’apporte rien, voire même dessert le concert. Les caméras qui y projettent leurs images Live sont sans grand intérêt, si ce n’est quelques gros plans sur la guitare et les doigts du Maestro. Quant aux films projetés, seuls quelques uns sont réellement immersifs et apportent à la musique. Nous sommes en résumé à l’opposé d’une utilisation vidéo d’un Steven Wilson, disciple des années 90/2000 de Pink Floyd, qui lui sait nous apporter plus que son univers, par des vidéos pertinentes et très souvent troublantes.

Quand on voit la virulence du service technique pendant les photos, on se dit que c’est pour faire autre chose que ça et, comble de l’ironie, il faut attendre le quasi dernier titre pour voir poindre les premiers lasers, qui eux sont capables de féérie et d’apporter toute la magie dans ce show. On aurait aimé en avoir bien plus, et pas cette orgie finale de tous les lasers sur Comfortably Numb, juste là pour nous blaser de ne pas en avoir eu un peu avant.

Gilmour n’est pas particulièrement charismatique et sa présence sur scène est plutôt « quelconque » : seuls ses doigts et quelques attitudes éphémères sont hypnotiques et, ce soir, il est encore plus en retrait par rapport à Orange, comme manquant d’envie et d’entrain. Est-ce les récents évènements de Nice qui le perturbent et le hantent ? Nous ne le saurons jamais mais, en réaction, le public est globalement froid, sans non plus être hostile. Tout ça n’apporte pas du tout de chaleur, mais plutôt comme une lassitude qui aura du mal à s’enlever. La seconde partie du concert sera plus percutante et brisera un peu cette glace (ou ce Wall comme dirait son compère Roger Waters), mais je trouve la partie centrale de ce second Set trop faible, au milieu de titres majeurs des Flamands Roses.

C’est donc cette déception visuelle et ce froid global qui feront que je quitte les Arènes sans être pleinement heureux. Est-ce moi qui suis à côté de la plaque ? Je ne sais pas, même si ici et là j’ai pu lire des avis allant dans mon sens, peut-être pour d’autres raisons.

Malgré tout, je jubile d’avoir pu entendre des titres si beaux et que j’écoute depuis des décennies. Dans ce même mois, avoir eu une évocation Led Zepplin avec Robert Plant, puis ce soir cette évocation Floyd, je suis quand même un sacré privilégié et ça me fait un peu oublier que je suis né 20 ans trop tard !

Etiqueté par Ysabel :

Avant l’entrée en scène des musiciens, le respect d’une minute de silence nous est demandé par un speaker, suite à l’attentat de Nice de la semaine précédente, tout comme l’avait fait Mika il y a quelques jours, dans ce même lieu. Car même si ce soir il ne la demande pas en personne, une fois le concert commencé, il est clair que cette idée vient bien de David Gilmour, qui a partagé dans la presse son choc après la tuerie du 14 juillet et a donc décidé de marquer cet instant de recueillement avec le public venu nombreux pour partager une rencontre unique, avec un artiste à part comme peuvent l’être les légendes, dans un lieu qui l’est tout autant.

L’immense écran rond suspendu au-dessus de la scène est en place. Il y a tout de même encore des tentes en place, pour protéger les tables de mixages des quelques gouttes de pluie qui tombent … Mais qu’à cela ne tienne, ils entrent tout de même dans les Arènes, sous un véritable tonnerre d’applaudissements.

Chants de petits oiseaux. Fumée violette. Et surtout cette première note de guitare, reconnaissable entre toutes, avec la silhouette de Gilmour que l’on devine à peine … Nous voilà en place pour la grande communion avec l’âme des Pink Floyd (Oui, je l’assume : j’ai toujours préféré David Gilmour à Roger Water, du moins pour ce qui est de la mégalomanie personnelle des deux hommes).

Puis voici que retentissent les fameuses quatre notes empruntées à la SNCF (quelle idée tout de même 😉 !) sous l’écran « loupe » circulaire, tout comme au Théâtre d’Orange, où j’avais déjà trouvé l’idée fabuleuse. Gilmour, grand fan des endroits hors normes pour donner ses concerts, mettant en valeur ces deux lieux uniques de la plus belle des manières. Entre les flashs de la scène et les superbes dessins noirs et blancs qui s’animent, ce n’est pas compliqué : on ne sait plus où donner des yeux. Quel light show du tonnerre de dieu. C’est simple, après Muse, je pense que cette saison du Festival nous aura offert les deux plus beaux spectacles de notre année musicale !

En tous cas, pour ce soir, il y a la voix bien sûr, mais surtout cet incroyable touché de la guitare. Un lieu commun sans doute, mais si on laisse de côté les appréciations hautement techniques et parfois subjectives de chacun, il est clair que nous sommes en face d’une icône du Rock, à l’origine de la création d’un son unique devenu référence pour des générations entières. En tous cas, qui me fait personnellement dresser les poils des bras 😉 ! Et quel beau barbu il est devenu. Belle image que son visage qui apparait sur l’écran, avant que celui-ci ne se focalise sur ses mains, devant des Arènes en émoi. Magnifiques gros plans. Impressionnants même.

Sur les premières notes de What Do You Want From Me, des dizaines de spots accrochés sur le tour du cercle se mettent à éclairer la scène. Putain, on s’en prend vraiment plein la tête côté lumières. Perso, je suis tout simplement ailleurs. Et, du moment que le ciel ne nous tombe pas sur la tête sous forme d’eau, tout ira pour le mieux, dans le meilleur des mondes, emportée que je suis pas ces images aquatiques de tube d’un lointain océan, accompagnées des voix des trois exceptionnels choristes qui nous offrent un véritable festival de Groove sur The Great Gig In The Sky, composées par le regretté Richard Wright.

Puis Gilmour passe au piano pour une chanson écrite et composée avec sa femme Polly Samson, A Boat Lies Waiting : « J’espère que vous aimez ! » ajoute-t-il. Et comment ! On aime tout !! Les nouvelles, les anciennes. Les albums solos et ceux des Pink Floyd. Les duos avec Chester Kamen, seuls dans la lumière. Sans parler des interprétations des titres légendaires, comme ce Money qui fait rugir de plaisir le public entier… Et comment ne pas réagir sur un titre pareil ?! Surtout interprété comme cela, avec des digressions musicales à tomber.

Il se met alors à siffloter. Images de guerre amenée à la façon du Petit Prince, extrêmement touchantes. Bouleversantes même. Mais voilà que la pluie s’invite … Et ça, ce n’est pas cool du tout 🙁 Mais bientôt la pause, avec l’espoir que l’averse ne soit que passagère. Avec une petite réflexion qui me vient : finalement, à Orange, sans les images (puisque la structure n’avait pas permis l’installation des projecteurs), mais juste cet écran blanc cerclé de spots, sans images, nous avions du coup eu un show qui m’a paru presque plus intense. Etrange. Et je me demande même si je n’ai pas préféré cette première impression scénographique au final …? Je craignais vraiment d’avoir loupé quelque chose la dernière fois, mais pas certaine en fait. Même si certaines mises en images sont effectivement belles. Mais je ne sais pas. A moins que ce ne soit mon état d’esprit, ou l’effet de surprise forcément un peu émoussé la seconde fois… En tous cas, ils nous quittent pour un break de 15 minutes, sur un « Merci bien. Vous êtes trop gentils ! On revient de suite ».

Reprise cash qui surprend presque le public. Avec gros son et surtout magnifiques jeux de lumières. Gilmour jouant de la guitare à plat sur ses genoux. Pour enchainer sur Shine On You Crazy Diamond et son intro qui maintient le suspens à son maximum, jusqu’à l’entrée de la mythique guitare, il faut bien le dire à nouveau. Belle au son, mais aussi presque aussi belle à voir. De la guitare qui a vu du pays, si vous voyez ce que je veux dire 😉 Il parait seul au monde, ainsi positionné dans son rayon de lumière. Et puis, d’un coup, il a envie d’un peu blaguer avec nous en évoquant le Brexit : « Nous venons de Irlande, mais nous préférons rester en Europe ! » Avant de nous présenter ses compagnons de scène… « Merci beaucoup beaucoup beaucoup ! Et maintenant, un peu plus Jazz, avec La Fille En Robe Jaune ». Effectivement très jazz. Dont l’effet est renforcé par les images de cartoon qui sont projetées.

Derniers vrombissements de guitare, qui retentissent dans toutes les Arènes et la font vibrer à l’infini. Et puis les 3 premières notes de Run Like Hell qui rendent fou un public tendu à mort, qui en demande plus avec impatience … Sortie des lunettes de soleil pour le fun. Ceci étant, avec ce qu’on se prend (enfin ?!) dans la tête niveau laser, je pense qu’on en aurait tout autant besoin. « Merci beaucoup. Vous êtes très très gentils. Bonne nuit ! »

Le public va ensuite demander les rappels de manière plus que motivée et franchement musclée, largement récompensée pour cela par un Time de folie. Reste à profiter de la rosace hypnotique et des fabuleux jeu de laser de Comfortably Numb, dans les volutes de la fumée. Mais pourquoi avoir attendu les dernier morceaux pour nous en faire profiter non de dieu ?!? C’est tout simplement un final fantastique. Et visuellement, et pour la guitare de Gilmour. En tous cas, je ne suis pas la seule de cet avis, à voir le public ébahi, qui applaudit debout, les bras levés. Nous en sommes d’ailleurs remercié encore 1000 fois. « Quelle audience ! » nous lance-t-il, avant de saluer, tous se tenant par les épaules et les choristes organisant un dernier petit jump pour la route.

Composition

  1. Première Partie : 5.AM
  2. Rattle That Lock
  3. Faces Of Stone
  4. What Do You Want From Me (Pink Floyd)
  5. The Blue
  6. The Great Gig In The Sky (Pink Floyd)
  7. A Boat Lies Waiting
  8. Wish You Were Here (Pink Floyd)
  9. Money (Pink Floyd)
  10. In Any Tongues
  11. High Hopes (Pink Floyd)
  12. Seconde Partie : One Of These Days (Pink Floyd)
  13. Shine On You Crazy Diamond (Part I-V) (Pink Floyd)
  14. Fat Old Sun  (Pink Floyd)
  15. Coming Back To Life (Pink Floyd)
  16. On An Island
  17. The Girl In The Yellow Dress
  18. Today
  19. Sorrow (Pink Floyd)
  20. Run Like Hell (Pink Floyd)
  21. Rappel : Time (Pink Floyd)
  22. Breathe (reprise) (Pink Floyd)
  23. Comfortably Numb (Pink Floyd)

Date Limite de Consommation

  • Ce Concert s’inscrit dans la tournée Rattle That Lock World Tour 2015/2016.
  • Album défendu : Rattle That Lock

Site de Production

Site Officiel : http://www.davidgilmour.com/

Ingrédients

  • David Gilmour : Chant & Guitare
  • Guy Pratt : Basse & Contrebasse
  • Steve DiStanislao : Batterie
  • Morgan Nicholls : Clavier, Machine & Guitare
  • Chester Kamen : Guitare
  • Greg Phillinganes : Claviers
  • Chuck Leavell : Claviers
  • João Mello : Saxophone
  • Louise Marshall, Lucita JulesBryan Chambers : Choeurs

Remerciements

  • Juliette & Florence @ Adam Concert

Un de nos Instagrams de la Soirée

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Avec David Gilmour 🎼🎶...

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