Avis sur un show

09 juillet 2015

Julien Clerc @ Pavillon de Grignan (Istres)

Va, Viens, Rêve ... Et Danse !

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Photos de Patrick Lepicouché.

Conditions de mise en boîte

Les 3 premiers morceaux, depuis la tribune.

Chronique

Etiqueté par Ysabel :

Pas de première partie pour Julien Clerc, en cette dernière soirée de Festival au Pavillon de Grignan … La scène est donc déjà toute installée, avec son grand piano à queue noir et une drôle de configuration des spots, montés sur des rampes pour former un grand carré en fond de scène, mais surtout ornés chacun d’une large bande blanche qui vole au vent léger du soir. La musique commence, et le charismatique chanteur, si attendu, apparait en haut d’un petit escalier qui trône au centre … Une entrée de star, le costume hyper classe (pantalon et veste de smoking je crois bien) et l’attitude bien plus Rock que lors de sa Tournée Pianistic vue il y a 2 ans au Silo. L’ambiance va donc être elle aussi plus Rock, surtout grâce à la présence d’un sacré fan club aux premiers rangs, bras en l’air et tout, et tout 😉

Il descend les quelques marches et s’avance vers nous … Son sourire, ses cheveux poivre & sel, son élégance, sa voix si particulière et si vibrante … C’est simple : je suis sous le charme. Et je ne suis pas la seule à entendre les longues applauses qui saluent chaque morceau. Lui plaisante sur « les jeunes » de la fosse. Trouve l’endroit beau et surtout nous remercie tout simplement d’être là. Comme toujours, il charme, il transporte, il séduit. Puis prend un livre de Victor Hugo, Les Contemplations, pour nous parler du regard des femmes comme des engrenages … Mais surtout des mots qui l’ont le plus touché : « On va, on vient, on parle, on rit » et qu’il a voulu partager avec son ami Maxime Le Forestier, pour lui demander de trouver un texte pour unir tout cela et coller avec sa musique. « Et c’est comme ça qu’on peut se vanter, lui et moi, d’avoir co-écrit une chanson avec Victor Hugo ! » De notre côté, nous reste juste à aller, venir, rêver et partir avec lui.

Petit air de Jazz au clavier, qui tourne rapidement au bon petit Rock, et nous voilà partis « Sur la piste des savanes », avec de gentilles fourmis qui commencent à nous titiller les jambes et à nous donner envie de ne pas rester encore trop longtemps assis. La musique tourbillonne autour d’eux, comme la légère brise du soir … On est pas bien là ?! Avec Julien Clerc qui passe au piano et s’étonne du destin, toujours mystérieux, des chansons. Certaines restent cachées, d’autres passent à la lumière à travers la scène et certaines vont vous accompagner tout au long de votre vie, comme Ce N’est Rien : « Avec Etienne Roda-Gil, comment imaginer qu’elle serait de tous les spectacles … Et dieu sait qu’il y en a eu ! » Il chante et nous aussi, encore une fois sous le charme de ce sourire quand il nous regarde la reprendre avec lui, avec juste leurs six visages éclairés dans la nuit à présent bien tombée.

A chaque fois, il salue, une main posée sur la piano. Trois mots, une note et un murmure de plaisir se fait entendre lui aussi à chaque fois, pour ces chansons qu’on connait par cœur, qui nous parlent, qui nous ont forcément ému un jour et qui ont quelque part un écho dans nos vies à tous.

Puis ça tonne, ça sonne, et il reprend place en haut de son escalier pour prendre une pose impériale de guerrier … Changement radical de style quand il passe à Cris, Tambours Et Masques De Guerre en nous en envoyant plein les yeux et les oreilles. Il nous offre ainsi des moments forts, en alternance avec ceux qui sont plus tendres, comme lorsqu’il reste ainsi presque suspendu du temps, les mains en avant … Attendant que les applaudissements se tarissent pour nous offrir ce qui restera, sans doute, une des plus belles déclarations d’amour jamais faite aux femmes. S’en suit un moment plus intimiste, juste accompagné du clavier et d’une guitare sèche à côté de laquelle il vient prendre place, assis. Il veut « être Utile à vivre et à chanter » et y parvient plus que bien ce soir, avec ce refrain repris par tous et lui, les yeux rivés sur ce très joli moment de partage (et sacrées paroles ce Roda-Gil tout de même).

Julien Clerc revient ensuite au piano, avec ses musiciens à nouveau au grand complet et des volutes de lumières qui semblent s’ouvrir et se refermer sur lui. Ambiance parfaite pour l’écouter nous chanter ces chansons d’amour qu’on voudrait n’avoir que pour soi … Les tissus blancs qui volent, les rideaux qui se gonflent de la brise du soir, les notes qui tourbillonnent au-dessus de nos têtes : voilà un moment de douceur et de bonheur simple et vrai. Il nous fait rêver. Nous fait sourire aussi : « Voilà une chanson écrite pour faire rester une femme. La femme n’est pas restée, mais la chanson, si ! » Et Souffrir Par Toi N’est Pas Souffrir est suivie par ces mots : « Dans ce genre de situation là, on peut aussi dire ça : Va-t’en Si Tu Veux ! »

On se promène ainsi à ses côtés, à travers ses plus de quarante années de carrière, faites de nouveaux morceaux, de plus anciens … Mais tous connaissent le même accueil chaleureux de la part du public de ces Nuits d’Istres. Et cela est plus que mérité pour ce très bel artiste (dans tous les sens du terme 😉 ), qui sait échanger avec nous, mais aussi mettre en avant les musiciens qui l’entourent, comme lorsqu’il passe dans l’ombre pour laisser ses deux guitaristes s’en donner à cœur joie sur Mon Cœur Hélas. Et nous découvrons même qu’il sait aussi laisser parler ses fans, puisque sa Set liste a été changée juste parce qu’un soir, à Lille, un jeune homme est monté sur scène (et il adresse un petit bravo amusé au service de sécurité au passage). Il veut le micro. Julien Clerc lui répond : le voilà. Et l’inconnu enchaine « Je m’appelle Julien, tu te doutes pourquoi. Je suis avec ma mère et je lui ai promis que tu allais chanter Le Patineur pour elle ! » Cette chanson n’avait pas été répétée, mais il a décidé tout de même de la faire comme ça, juste au piano … Et encore ce soir.

Il donne le swing d’un snaps, et nous voilà partis pour Si On Chantait ! Alors allons-y. Nous sommes bien là pour ça non ?! Et tout cela semble en plus le rendre aussi heureux que nous. Côté fosse et gradins, ça frappe dans ses mains, ça se lève, ça danse et ça chante avec Melissa. Ça retient son souffle aussi quand commence Partir, tout doucement, et que la musique tourne ensuite au Rock, lui se levant de son piano micro en main et dansant en riant, avec un petit déhanché qui fait mouche. Une vague de bars levés lui répond, en parfaite harmonie avec ses allures de crooner. Les enchaînements se font dans le vif en cette fin de Set. Les gradins sont tous debout à présent et, sur scène, ils vont prendre place tous devant pour la dernière, avec un petit drum « de voyage » et le clavier amené tout exprès … Ambiance potache dans les rangs, où tout le monde rigole bien en se faisant du coude … Tous ensemble pour aller danser avec la belle Lili. Avec un en prime, un bien joli petit saut de cabri de notre Julien sur le final ! Ils saluent ensuite bien bas tous les six, mais le public réclame déjà le rappel.

Le premier sera d’ailleurs très puissant et suivi d’une présentation d’absolument toute son équipe, avec comme toujours beaucoup de classe. Et une salutation toute spéciale à Ladislas Chollat, metteur en scène de ce spectacle, dont la maman est ici ce soir. C’est l’avant dernière chanson de la soirée, dont il n’a besoin de chanter que le « Je », puisque c’est nous qui continuons seuls Ma Préférence … Pour un moment à la fois beau et très touchant, à la fin duquel il vient saluer et serrer des mains sur la reprise des instruments. Julien Clerc montant une fois fois encore (s’il est besoin) toute la classe et l’élégance d’un grand artiste.

Puis il termine ce spectacle par une reprise de la première. J’aime bien cette manière de boucler la boucle. Et il repart comme il était venu, après un salut de maestro depuis son grand escalier.

Composition

  1. Danser
  2. La Cavalerie
  3. Des Jours Entiers A T’aimer
  4. On Va, On Vient, On Rêve
  5. Le Caravanier
  6. Ce N’est Rien
  7. Partout La Musique Vient
  8. Fais Moi Une Place
  9. Cris, Tambours Et Masques De Guerre
  10. Femmes Je Vous Aime
  11. Utile
  12. Tout
  13. Double Enfance
  14. Jouez Violons, Sonnez Crécelles
  15. Souffrir Par Toi N’est Pas Souffrir
  16. Va-t’en Si Tu Veux
  17. La Jupe En Laine
  18. Mon Cœur Hélas
  19. Le Patineur
  20. Si On Chantait
  21. Melissa
  22. Partir
  23. On Ne Se Méfie Jamais Assez
  24. Cœur De Rocker
  25. Quand Je Joue
  26. Lili Voulait Aller Danser
  27. 1er Rappel : Fou Peut-être
  28. Ma Préférence
  29. Danser

Site de Production

Date Limite de Consommation

  • Album défendu : Partout la musique Vient

Ingrédient

  • Julien Clerc : Chant & Piano
  • Roman Chelminski : Guitare
  • Yannick Chouillet : Guitare
  • Arnaud François : Basse
  • Benjamin Constant : Clavier, Accordéon & Percussions
  • Frédéric Jean : Batterie

Remerciements

  • Laurent @ Istres

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