Avis sur un show

05 mars 2015

Arthur H @ Salle de l'Étoile (Châteaurenard)

Dancing With Arthur H !

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Conditions de mise en boîte

Les trois premiers morceaux. Etant au milieu du public et Arthur étant resté derrière son clavier pendant le laps de la session photo, il n’est hélas pas sorti de belles photos. C’est la vie 🙁

Chronique

Etiqueté par Arnaud :

C’est un réel plaisir que de revoir ce soir le bel artiste qu’est Arthur H. Mon premier et précédent concert du poète à la voix de velours était en 2012, pour la tournée de Baba Love. Il m’avait laissé un super souvenir. Je me devais donc de le revoir en 2014.

Le nouvel album, Soleil Dedans, annonce la couleur : Arthur explore de nouvelles contrées musicales, avec moins de nostalgie et de brouillard, contre plus de fantaisie et de sable chaud.

Cette nouvelle direction artistique marche vraiment bien en Live et la setlist est un mélange habile de ces deux mondes : On danse et on sautille quand le rythme est endiablé, avec la boule à facettes qui est de sortie, et on écoute presque religieusement quand c’est de mise, aidé par une lumière intimiste. Et le public, quasi parfait de cette petite salle de l’Etoile à Châteaurenard, est aux anges. Personne n’est choqué par ces changements d’état d’âme. Bon mais il y a de quoi, chaque titre étant comme une bribe poétique de notre propre vie.

S’il est cependant un vecteur commun à l’ensemble, c’est bien toujours cette voix magique qu’a Arthur H. On la reconnaîtrait parmi 1000, tant sa vibration est si unique. Et, il a une présence Live tout aussi atypique : autant discret que présent, il nous en impose sans esbroufes, tout en naturel et décontraction, comme si ce soir il était devant sa bande de copains.

C’est ainsi que, sans m’en rendre compte, nous voilà aux rappels. C’est peut-être à ce moment là que le trop est l’ennemi du bien. Si Dancing With Madonna et La Caissière Du Super sont, dans l’absolu, de belles chansons (avec des mises en scènes juste aussi hilarantes que les textes), hélas pour moi les titres sont inutilement rallongés, avec autant de fausses fins que de reprises en fanfares. J’en fini noyé et même quelque peu dégouté.

Cette fin plus subie que vécue me laissera un drôle de goût au moment de quitter la salle. Cet excès de pitrerie dépasse mes propres attentes du concert. Mais aux vues de la réaction de la salle, je suis probablement un cas isolé et Arthur H a sans doute raison d’accentuer ce trait potache en fin de concert, comme s’il fallait vider son sac à cotillon le temps de quelques dernières chansons.

Etiqueté par Ysabel :

Après le départ d’Alejandra Ribera, le public s’est énormément rapproché de la scène et, rapidement, les quatre musiciens qui vont accompagner Arthur H prennent place. Pour ma part, je dois avouer que je suis très curieuse de découvrir cet Arthur « nouvelle version » … Annoncé comme beaucoup plus Rock, mais également moins sombre. Et celui-ci attaque L’Autre Côté De La Lune avec, effectivement, une voix plus légère et surtout plus haut perchée qu’à l’accoutumé, offrant de jolies montées dans les aiguës étonnamment claires. Pourtant, pas d’inquiétude, on retrouve tout de même cet inimitable grain qui reste toujours bien présent. Scéniquement, il est assis au piano et moi au fond de la salle … Donc autant dire que je ne vois pas grand chose pour le moment 😉 Mais, dans tous les cas, c’est une très belle première chanson qui vient à mes oreilles.

Intro extra-terrestre … Lumières de même, roses et violettes, plaquées sur un mur de fumée. Un univers très opaque duquel seule sa voix s’élève, effectivement toujours particulièrement légère. Mais c’est surtout la musique qui me semble extrêmement badine et chargée d’un parfum années 80 … Une jolie surprise, qui lui va bien. Très Rock. Hyper dansant. Et avec un public qui réagit au quart de tour. Tout est fait pour cela d’ailleurs ! Effet d’abat-jour, piano qui se transforme en orgue, guitare hyper Rock, superbes intros de guitare et mélodies plus que ludiques, sur lesquelles sa voix se balade. Il est plutôt pas mal cet Arthur H nouvelle mouture, avec ses rythmes carrément entrainants, temporisés par de longs et nombreux petits ponts musicaux.

« Regarde devant et marche droit ! » nous lance-t-il. A chaque musique, sa couleur et sa mise en yeux. « Merci. Ça va ?! Bon et soudain, soudain, le vent se lève à Châteaurenard et ce fût le début de la fin ou le commencement de la fin du début de la fin du début ! » Il se lève, micro en main, le tendant vers nous pour nous faire reprendre avec lui « Les serpents à sonnette » de Est-ce Que Tu Aimes ? Puis il parcourt la scène en sautillant d’un pied sur l’autre, en envoyant son micro le point fermé, comme un boxeur. On retrouve un peu plus de sa voix éraillée et le surtout savoureux jeux poétique de ses mots. Il joue sans cesse sur l’effet de surprise, comme avec Une Femme Qui Pleure où l’on croit que la chanson va être douce, juste avant que la batterie ne se déchaine et que sa voix se trouble un peu plus … C’est vraiment très bon tout ça.

A noter au passage la magnifique intro au piano que, dit-il, Châteaurenard lui inspire. Partant de là pour de savoureux échanges avec le public, avec digressions depuis la fameuse tour de la ville, à la projection d’Orange Mécanique à laquelle il a assisté à Boston devant un public mort de rire et occupé par ses énormes pots de pop-corn … Bref du grand n’importe quoi, comme il sait si bien en faire 😉 Une introduction haute en couleurs pour La Lune, durant laquelle il va prendre la musique à contre-pieds en montant d’un demi-ton, pour jongler avec délectation sur les dissonances et les cassures de rythme. Il fait même son beau gosse à contre-jour, en ôtant sa veste pour jouer à l’ombre chinoise et au magicien qui réapparait dans une autre, toute lumineuse cette fois, nous annonçant un numéro extraordinaire avant de reprendre son ode à La Lune.

Sortie des lunettes de soleil à présent, et veste en position « ça clignote » … C’est le décollage pour une Dernière Nuit À New-York City, avec aux commandes le prêcheur Rock de la Grande Énergie ! Côté salle, ça danse de partout, pour accompagner cette performance de Roi du showbiz. Nous sommes pris dans le même tourbillon que lui … Puis c’est un retour au calme et au piano, pour un Arthur H redevenu chanteur qui sait vous fait frémir, qui vous frôle de sa voix aux accents rauques et vous fait fondre de par toute la poésie de son Tonnerre Du Cœur. On ne voit plus que les lumières de sa veste qui brillent au son de l’Électro. Il vient chanter aux côtés de son guitariste à bonnet (qui ressemble comme deux gouttes d’eau à celui de -M-). Puis il se remet au piano pour à nouveau faire chanter la salle sur cet espèce d’Électro-Pop, toujours en drôle de paradoxe avec la poésie de ses mots … Un chouilla longuette toute de même celle-ci, avec ses boucles de « Le Bonheur C’est L’Eau » à n’en plus finir. Perso je trouve surtout que C’est Long ! Mais il réussit à savamment recentrer l’attention, qui a pu se relâcher chez certains, par le biais d’un lâché de méduse géante faite de voile. Halo laiteux au-dessus de nos têtes, baignées dans la lumière bleu de l’océan (décidément, on n’en sort plus de cette eau 😛 !) Je dois en tous cas reconnaitre que tout cela est assez magique, mis à par les couillons qui, bien sûr, se mettent à tirer sur les longs rubans qui descendent de notre compagne translucide et qui oscillent doucement dans les airs. Nous continuons ainsi à nous laisser porter au fil de l’eau, jusqu’à ce que notre  Navigateur Solitaire nous abandonne après un « Merci et à bientôt », sur la musique qui continue seule.

Quelques bruits au-dessus de nos têtes (la drôle de méduse ?!) Une caisse enregistreuse qui de fait entendre … Et il nous revient assis dans un caddie tout enguirlandé de lumière, lunettes noires sur le nez et poussé par son guitariste, qui a troqué son bonnet contre un chapeau haut-de-forme. Il se lève même pour continuer à chanter tout en dansant là-dedans (hyper casse-gueule à mon avis !), avant de revenir sur la terre ferme et d’enchaîner sur un petit bain de foule … Pas trop fan de ce délire, musicalement parlant je veux dire (que je qualifierai d’un peu cheap si j’étais méchante). Parce que, niveau ambiance, on rigole bien aux aventures de La Caissière Du Super qui, une fois rentrée à la maison, retrouve son mari chômeur qui lui a fait réchauffer une boîte de cassoulet. Et il nous fait même partager ses découvertes de supermarché, à l’occasion du tournage de son clip !

Changement de veste pour illustrer son côté Madonna (c’est lui qui le dit !) Encore une transition qu’il faut vraiment suivre musicalement et, perso, j’ai un peu de mal à passer de l’immense poésie dont il est capable à ça… Les plantes, les arbres, les racines, les éléphants et ce Madonna en boucle qui n’en fini pas de finir… Ok. Ça y est. Pour moi, on est arrivé aux limites de ce fameux trop qui est hélas l’ennemi du bien 🙁

Il quitte une dernière fois la scène, pour nous revenir en un Cheval De Feu qui sera bien plus ma came. Et je préfère tout de même terminer sur quelque chose comme ça, que sur ce Dancing With Madonna qui n’est définitivement pas passé. La batterie claque comme un feu d’artifice et il nous lance : « Les Papous c’est qui ? C’est Nous ! » pour enchainer sur ce qui a l’ambition d’être une grand messe avec, au chant, le muezzine H 🙂 « Y’a beaucoup de russes à Cannes, Nice, St Tropez, Monaco… Mais y’en a beaucoup moins qu’à Châteaurenard ! » Dernière Confession Nocturne, dont les boucles ne semblent jamais vouloir finir (Oui, là, je reconnais que j’en ai un petit peu marre…) Remerciement sur la musique et dernier partage : « Je vous souhaite un beau printemps et la meilleure énergie possible ». Un très beau Set (précédé d’une agréable première partie). Un premier rappel auquel je n’ai pas du tout accroché et un second qui, à mon goût, a un peu trop tirer en longueur … Mais tout de même une bien belle soirée au final.

Composition

  1. L’Autre Côté De La Lune
  2. La Beauté De L’Amour
  3. La Balade Des Clandestins
  4. Est-ce Que Tu Aimes ?
  5. Oh Là-Haut
  6. Une Femme Qui Pleure
  7. La Lune
  8. Ma Dernière Nuit À New-York City
  9. Le Tonnerre Du Cœur
  10. La Femme Étoile
  11. Le Bonheur C’est L’Eau
  12. Navigateur Solitaire
  13. 1er Rappel : La Caissière Du Super
  14. Dancing With Madonna
  15. 2nd Rappel : Cheval De Feu
  16. Les Papous, C’est Nous !
  17. Confession Nocturne

Date Limite de Consommation

  • Album défendu : Soleil Dedans

Site de Production

Site Officiel : http://arthurh.artiste.universalmusic.fr

Ingrédients

  • Arthur Higelin : Chant
  • Pierre-Luc Jamain : Clavier
  • Antoine Montgaudon : Guitare
  • Juan De Guillebon : Basse
  • Emiliano Turi : Batterie

Remerciements

  • Julie @ Aoura
  • par

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