Avis sur un show

10 février 2015

Tricky @ Espace Julien (Marseille)

Tricky or not Tricky...

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Conditions de mise en boîte

Trois premiers morceaux… de toute façon à quoi bon continuer !

Chronique

Etiqueté par Arnaud :

Tricky est un OVNI, un joyau quasi brut et une idole pour toute une génération. A ce titre, il est vénéré par son public et ce soir, à l’Espace Julien, je pense que peu de personnes ne savent pas pourquoi elles sont là. Les premiers rangs se remplissent ainsi assez vite, dès l’ouverture des portes, tandis qu’une autre frange du public préfère vider un max de godets de bière, pour coller au personnage et être en phase avec lui.

C’est justement cette réputation justifiée de quasi « junky » qui pose un problème en concert : l’anglais de Bristol ne fait quasi plus aucun effort en Live, sauf de penser à s’allumer un pétard ou à boire une bière. Comme pourrait le dire notre regretté Coluche : « Tricky est capable du meilleur comme du pire. Mais c’est dans le pire qu’il est le meilleur ! »

Je suis malgré tout un peu méchant : je ne l’ai pas trouvé aussi en dessous de tout qu’au précédent concert vu, au Cabaret Aléatoire. Dans le n’importequoiaumètre, Tricky passe de 1/10 à 3/10. Ce gain de 2 points juste parce qu’il chante ce soir ! Bon ok, un titre sur 2, mais c’est déjà ça de pris !! Et finalement, il est aussi assez peu de dos… Disons Que le quart du concert. Tout ça pour dire que ce soir, cela nous laissait du temps pour entendre ce lutin anglais diluer son Hip-Hop/Trip-Hop; et qu’à chaque fois ça fait plutôt mouche !

Par contre, dans les points définitivement et irrémédiablement négatifs, il y a la scénographie du concert : c’est simple, c’est la nuit totale et seul le premier rang, aidé du flash des téléphones, arrive à voir son visage. Sinon, c’est peine perdue : l’artiste est dans un noir profond et ses acolytes à peine mieux. Et des coups de lampe du roadie, auprès de l’ingé lumières marseillais, sont même là pour rappeler les consignes quand celui-ci tente d’augmenter un peu les lux ! La seule lumière ce soir viendra des couloirs des portes de sorties, laissées ouvertes. Sans elles, ce seraient 800 taupes en concert. Mais l’organisation a un peu pitié de nous !

Et, si les yeux ne servent à rien, les oreilles souffrent elles aussi quand même ce soir. J’ai rarement eu un son si mauvais, où la batterie et la basse couvrent tout. Il n’y avait guère que la guitare d’à peu près bien réglée … avec de beaux solos au passage. Sinon, j’ai vaguement entendu miauler la belle choriste et entendu marmonner/japper le ténébreux Tricky. Dommage, car il y avait à priori d’assez belles envolées et des trucs sympas, mais c’était un effort pour entendre et encore plus pour se plonger pleinement dans la musique.

Après un concert d’à peine 1h30, ce qui est inadmissible selon moi, le public s’étonne de se retrouver déjà dehors. Une grande partie lui trouvera des excuses, des raisons, des explications. Oui c’est le clone Trip-Hop de Pete Doherty, tout aussi complexe et torturé, avec une musique toute aussi unique… Oui, il faut prendre comme un honneur de le voir en concert. Comme une expérience unique où tout est possible. Oui peut-être… Vraiment un super public, d’autres auraient le bitume et les plumes pour moins !

Je continuerai à acheter avec émotions ses Cds, mais je ne pense pas retourner le voir sur scène. Ce soir, et d’une manière générale depuis au moins 4 ans, il se fout de notre gueule en concert. Je garderai le souvenir du Live précédent dans cette même salle, en 2008, où malgré un pied dans le plâtre, il avait été hors norme et impossible à arrêter. C’est vraiment l’image que je veux garder de lui malgré tout.

Etiqueté par Ysabel :

Tout d’abord, je me dois de commencer en étant honnête à 100%. Revoir Tricky en Live, après la relative déception qu’il m’avait causé en 2010 au Cabaret Aléatoire, ne fait pas trépigner d’impatience ce soir. Que ce soit un sacré personnage : indéniablement. Un musicien hyper doué : sans le moindre doute … Mais franchement, passer la moitié d’un concert dans le noir, de dos et en train de se descendre une bière, ou de se rouler un joint, pendant que sa choriste fait le job : Non ! Pour moi, quelque soit le talent du mec, c’est du pur foutage de gueule et un total manque de respect pour son public. Trop facile de compter sur le fait que son talent va lui permettre de tout faire passer et de tout nous faire accepter.

Donc, je reconnais que là, dans cet état d’esprit et après le départ de Miosine qui m’a vraiment emballée, je suis un peu inquiète de ce qui m’attend … Mais j’ouvre mes chakras, mes oreilles et, surtout, j’écarquille mes yeux, parce qu’il semble que nous soyons à nouveau partis pour une séance en nocturne ! Démarrage en voix-off. On l’aperçoit à peine, de dos, au gré des flashs. La musique commence et nous sommes toujours dans le noir, pendant une très, très longue intro. Lui est en noir et blanc. Elle, son indispensable choriste qui prend le relai dès qu’il n’a plus envie de chanter, en blanc et noir. Toujours de dos, il dégage des volutes de fumée … Aïe. J’ai bien peur qu’on soit mal barré !

Il commence tout de même à chanter, enfin si on tend l’oreille, avec cette nouvelle chanteuse (qui l’a rejoint depuis quelque mois seulement). Sincèrement, ça ne démarre ps forcément bien. Quasi inaudible pour les voix et dans le noir presque complet … Heureusement qu’il y a la musique pour nous tenir en éveil, sinon : Bonne nuit les petits ! Enfin sauf pour le premier rang qui doit plus être dans le trip que nous, les éloignés, puisqu’il commence à s’agiter joyeusement. Par contre derrière moi, après la balustrade, ça râle et ça grogne plutôt. Bref, côté lumière, une blague. Côté chant, pas mieux. Alors même si c’est indéniablement intéressant côté musique,  1h30 comme ça, ça risque d’être assez spécial !

Un petit sursaut tout de même sur Really Real … Aller, on va dire qu’elle me plait bien celle-ci. Mais voilà que ça recommence comme il y a quatre ans : il part faire ses trucs et nous carre là, nous laissant avec K Bleax, qui chante certes bien, mais ce n’est pas elle qu’on est venu entendre, et le tout bien sûr toujours dans le noir le plus complet. Ça commence d’ailleurs à vanner pas mal dans le public. Il revient au micro. Tiraille son tee-shirt dans tous les sens (oui, j’ai de bons yeux !), le tordant à le déchirer. On l’entend enfin un peu … Mais on est définitivement dans un concert des plus conceptuels, où seul les premiers rangs (bourrés ou en transe) profitent réellement de la soirée. De la grosse guitare. Une chanteuse qui voyage entre le Trip-Hop et le Rap. Une voix de robot. Un Tricky qui martèle tout juste quelques mots. Sincèrement ça me saoule trop pour réussir à entrer dans le truc 🙁

Dans ce marasme, Puppy Toy sera la seule qui va m’accrocher. Une musique envoutante (certes, toujours dans le noir, mais ne boudons pas notre plaisir). Très belle. Vraiment intense. Lui sombre à souhait. Elle qui vient le rejoindre sur le refrain. Puissante interprétation. Et surtout un public enfin tout content, qui exulte même après un « Thank you Marseille ! »

Mais soyons honnêtes, si la musique est bien là, leurs voix tiennent plus du murmure sourd. Alors une ambiance spéciale : forcément Oui. De toute façon, avec cette absence de lumière, bien obligé. Mais le concert rêvé : vraiment pas. Perso, pour moi, ça tient même plus du massacre que d’autre chose et j’en viens au triste constat que je m’emmerde comme rarement. Je ne trouve pas d’univers dans ce Live. Il n’y a rien à voir sur scène (à la limite même du foutage de gueule … Je l’ai déjà dit, mais le répéter, ben ça soulage !) et ce n’est définitivement pas ma came. Seul miracle qui s’appose au triste tableau : il va se mettre à hurler sur la dernière et d’un coup, on l’entend dis donc ! Mais c’est terminé. Un au-revoir rapide et il disparait (je veux dire pour de vrai cette fois !)

Le public réclame tout de même son rappel, même si ça hue aussi pas mal. Les musiciens, pour regagner leur place, sont même obligés de chercher leur chemin  lampes à la main (c’est dire s’ils ne voient rien non plus !) Une intro douce et un peu étrange qui s’arrête net, pour enchaîner sur du gros son plutôt bourin. On éclaire le public (quelle drôle d’idée !) et là, lassée de tant de déception, il me vient même la pensée que ça pourrait être n’importe qui avec une bande son sur scène 😉 Mais bon, la musique est bonne, très bonne même … Alors profitons (si on peut dire) de ces derniers instants, avec presque et paradoxalement un rappel plus intéressant que le Set. Un merci final, les mains jointes vers le ciel, et il s’en va en laissant les autres terminer seuls … Quelle surprise !!

Composition

  1. I Live Alone
  2. Parenthesis
  3. Do You Love Me Now ? (The Breeders)
  4. Really Real
  5. Nothing’s Change
  6. Why Don’t You
  7. Overcorne
  8. My Palestine Love
  9. Puppy Toy
  10. Black Steel
  11. Nothing Matters
  12. Nicotine Love
  13. Lonnie Listen
  14. Sun Down
  15. 1er Rappel : Gangster Chronicle
  16. I Sing For The Joker
  17. Vent
  18. By Myself

Site de Production

Site Officiel : http://www.trickysite.com

Date Limite de Consommation

  • Ce concert s’inscrit dans la tournée Live 2015
  • Album défendu : Adrian Thaws

Ingrédient

  • Adrian Thaws : Chant
  • aka K Bleax : chanteuse
  • Tristan Cassel-Delavois : Guitare
  • Luke Harris : Batterie

Remerciements

  • Vivian @ La SAS

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