Avis sur un show

08 novembre 2014

Susheela Raman @ Akwaba (Châteauneuf de Gadagne)

Une passerelle de la réalité au rêve ...

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Conditions de mise en boîte

Librement sur la mezzanine. La salle était trop pleine pour que je tente de m’y fondre.

Chronique

Etiqueté par Arnaud :

Second concert de cette tournée de 2014 et seconde belle claque !! Cette femme, et même plus généralement ce groupe, a définitivement le don de m’emporter sans effort dans leur musique.

Aref est majestueux derrière ses percussions. Kartik est émouvant et énigmatique avec son violon. Sam est un virtuose avec sa guitare. Et Susheela, quant à elle, est une muse-sirène, qui hypnotise la foule de ses mélopées et de son charisme évident.

Si j’avais adoré l’apport du trio pakistanais lors du concert à Arles, ce second exercice en quatuor permet de parfaitement découvrir le dernier opus de la belle indo-anglaise. On peut en effet se rendre compte de l’extrême richesse des compositions de chaque morceau qui évolue dans un mélange de rock, de jazz, de musique du monde, mais aussi de progressif par ses évolutions, ses ruptures et ses reprises au sein d’un même morceau ! C’est juste passionnant.

On est plus tout à fait le même après un tel concert… Et, ma foi, ça fait plaisir de repartir avec un peu de ces bonnes vibrations dans son coeur et son âme.

Etiqueté par Ysabel :

C’est encore baignés de toute la magie dont nous a enveloppé Armelle Ita que nous voyons Susheela Raman entrer sur scène, sourire aux lèvres. Elle nous adresse quelques mots en français, afin de nous présenter son nouvel album Queen Between … Chutt … Ça commence. Juste son guitariste Sam Mills et elle, sous une douche de lumière. Mais surtout sa voix qui, tout de suite, joue merveilleusement avec la musique, montre à la fois sa force, sa douceur et sa subtilité. Puis vient l’enchainement avec North Star et toutes ces étoiles qui semblent défiler au-dessus de nos têtes. Le public écoute religieusement. Son chant est juste magnifique, envoutant, captivant même. Elle me transporte ailleurs et devient même déchirante par moment. Monte alors sur scène Aref Durvesh aux percussions … Comme s’ils entraient un à un dans la danse, pendant que Susheela semble disparaitre dans le bleu étoilé qui l’entoure.

« Riverside … Place for love … For taking off your clothes ! » Et bien allons-y alors 😉 Je suis prête pour ce voyage qui commence comme une incantation au violon de Kartik Raghunathan. Susheela se débarrasse du pied de son micro pour venir chanter et laisser parler son corps juste devant le premier rang, donnant la sensation à certains de n’être là que pour eux. Sa danse quasi lascive est totalement envoûtante. Nous sommes dans un autre monde. Un monde dans lequel Sajana est une chanson d’amour emplie de force et de douceur mêlées. Un monde d’une rare intensité en tous cas. Un monde où les musiciens sont en parfaite osmose avec la voix et ne sont qu’échanges de regards complices entre eux.

Puis elle nous convie à un moment d’intimité avec son violoniste, qui se met à jouer Nenja Kanakal accompagné de la guitare. Une musique emplie d’Orient, emplie de rêve et surtout emplie de talent. Un petit moment de pure félicité, à la fin duquel elle vient les rejoindre sous les applaudissements de la salle, pour elle aussi amener sa pierre vocale à leur édifice musical. Mais le plus incroyable, reste cette capacité qu’elle a de se sortir à chaque fois de cette musique pourtant si prenante, pour repartir sur un dialogue avec son public. C’est génial ce temps qu’elle prend pour expliquer chacun de ses morceaux avant de les commencer … Comme pour Sharabi : qui peut se traduire par « Je suis une alcoolique » nous dit-elle et qui est inspirée d’une chanson pakistanaise sur l’addiction. Globalement, « a driking song » s’amuse-t-elle. Mais, quelque part, n’avons-nous pas tous une addiction à quelque chose ?!? Le rythme devient tout de suite très enlevé, en partie grâce au violon joué à la corde, comme une guitare … Ce qui amène inexorablement les têtes devant elle à danser pour les accompagner.

Avec Taboo, la voix de Susheela se fait plus sinueuse et comme conteuse d’une édifiante histoire … Ce soir, je trouve un contexte très différent du Théâtre Antique d’Arles où j’ai pu l’entendre la dernière fois, plus intimiste musicalement sans doute, mais tout aussi merveilleux. Avec cette musique qui se fait de plus en plus violente si je puis dire, pour même parfois quasiment tourner à l’expérimental. Une très belle introduction à Queen Between et à ce pont qui existe entre la fantaisie et la réalité. Sorte de métaphore entre nos vie et nos rêves … C’est dans ce drôle d’espace que se situe cette chanson. Servie par une voix plus incroyable que jamais et jouant extraordinairement sur toutes les nuances dont elle est capable, avec une musique qui tourne presque à la folie. Ma foi : quel ras-de-marée Susheela Raman nous amène-t-elle ce soir !!

Et sans qu’on l’ait vue venir, voilà qu’elle nous annonce la dernière, avec un « Thank you very much tout le monde ! » et une présentation de ses musiciens emplie de superlatifs en tous genre. Ce sera donc Corn Maiden pour terminer cette incroyable Set. Intro plus « traditionnelle », mais une musique qui va se faire de plus en plus entrainante et qui va même se terminer avec une Susheela qui se retire dans l’ombre, devant un public qui frappera dans ses mains jusqu’à la dernière note.

Petite pause d’auto-promo très bien tournée en franco-anglais et puis non : ils ne vont finalement pas partir avant de nous jouer une cover d’une chanson écrite par Georges Harrison (Bref, ils nous font un rappel On Stage comme on dit !) Une reprise pleine de guitare, de violon et de tabla. Très belle. Et qu’elle chante toute droite derrière son micro, comme habitée. Puis elle sort une dernière fois de cet état d’apesanteur pour plaisanter sur son violoniste, que nous avons tous très envie d’entendre seul, nous dit-elle. Ce sera une dernière toute en douceur, qu’elle veut nous offrir avant de partir… Et elle quitte effectivement la scène pour nous laisser avec lui, avant de revenir pour la terminer avec plus de langueur et de poésie que jamais.

Composition

  1. Intro
  2. North Star
  3. Riverside
  4. Sajana
  5. Nenja Kanakal
  6. Sharabi
  7. Taboo
  8. Queen Between
  9. Corn Maiden
  10. 1er Rappel : Love You To (Beatles)
  11. Nagumomo

Date Limite de Consommation

  • Album Défendu : Queen Between

Site de Production

Page Officiel : http://susheelaraman.com

Ingrédients

  • Susheela Raman : Chant
  • Aref Durvesh : Tabla
  • Kartik Raghunathan : Violon, Guitare & Chœurs
  • Sam Mills : Guitare

Remerciements

  • Jean Christophe @ Melodyn

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