Avis sur un show

29 mai 2014

Nine Inch Nails @ Zénith (Paris)

Retour d'un dieu à Paris !

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Conditions de mise en boîte

Trois premiers morceaux entre les crash barrières, puis quelques photos (autorisées) en gradins.

Compte tenu de la lumière compliquée (trop de leds bleues sur Me, I’m Not et gros brouillard sur The Beginning of the End), une grande partie des portraits sont faits pendant Copy of A.

Les angles étant compliquées pour avoir une belle photo, je n’ai pas trop cherché à faire des photos de pieds ou au grand angle. C’est un petit regret mais bon, il faut trancher dans le feu de l’action : Choisir c’est renoncer !

Sachant que depuis 1989 il est explicite que Nine Inch Nails c’est Trent Reznor, je n’ai pas trop cherché à shooter les autres : ils étaient peu mis en avant et peu esthétiques sur Me, I’m Not ou dans le brouillard pour The Beginning of the End . C’est aussi un petit regret, surtout pour Ilan et Robin que je vénère depuis 2009.

Chronique

Etiqueté par Arnaud :

On ne peut imaginer mon niveau d’impatience et d’excitation au moment où les lumières s’éteignent. Je me retrouve replongé dans mon premier concert de Nine Inch Nails en 2009, dans cette même salle.

Oui j’ai découvert ce dieu de Trent Reznor sur le tard, mais il est devenu en quelques temps essentiel à mes oreilles.

Alors forcément, tout se bouscule. Puis, rapidement, une constatation s’impose : Trent ne perd pas une once de charisme avec le temps. Il vit tant ses titres, il est si expressif, si passionné que l’on comprends pourquoi le show ne fait « que » 1h40 : qui pourrait maintenir un même rythme plus longtemps ! (on me crie Robert Smith au fond de la salle… c’est pas faux, mais il n’a pas non plus l’énergie de l’américain).

Surtout que ces 100 minutes sont excessivement bien pensées :

  • Les 8 premiers titres sont là pour nous faire exploser : ça commence fort et c’est maintenu pendant toute la série. Les classiques March of the Pig et Piggy sont, comme toujours, monstrueux et je retiendrais le merveilleux solo de Ian pendant Piggy. Reptile sera la pépite un peu rare et ô combien intense. Juste mortel ! Enfin, Gave Up clôture cette séquence ultra nerveuse, pendant laquelle je pense que l’ensemble des 10 premiers rangs a dû slammer (on compte jusqu’à 4 personnes en même temps !).
  • Vient ensuite Sanctified, mais revu à la sauce 2013. Comme le pont entre ce vieux NIN de Pretty Hate Machine et le nouveau, plus électro, de Hesitation Mark. Closer continue ce pont même si, personnellement, je l’aurai joué juste avant.
  • La séquence suivante de 4 titres est plus calme, plus moderne, plus électro et peut-être un peu moins énervée. C’est le temps pour reprendre un peu de force et surtout profiter de l’écran géant arrière, qui participe alors pleinement au show. Certains diront que c’est la partie ennuyeuse… J’ai un avis mitigé.
  • Eraser fait ensuite la transistion, comme un nouveau virage pour un retour d’une séquence finale très relevée.
  • Wish et Head Like a Hole finiront de nous tuer avant les rappels. C’est clair, ça explose de partout dans la salle et même dans les gradins. Je suis en sueur à force de sauter de partout !
  • En rappel, forcément trop court, nous avons évidemment le fabuleux Hurt et son serpent en fond. C’est le moment émotionnel par définition, celui où l’on sait tous qu’à la fin Trent nous fera son salut final 🙁 Alors on pleure deux fois. On peut se dire qu’il y aurait eu la place pour Something I Can Never Have, mais est-ce nécessaire ? Moi j’aurai penché pour finir sur Right Where It Belongs ou Non Entity 🙂 Mais bon, le dieu en a décidé autrement et il faut l’accepter.

Cette petite réflexion sur la setlist faite, on peut alors se pencher sur la composition du groupe. Trent nous le martelle depuis 1989 (enfin moi c’est que depuis 2009) :  » NIN c’est moi ! » Force est de constater que c’est vrai et que l’on ne sent pas un groupe face à nous, mais des musiciens qui accompagnent un leader incontesté. Rien de grave en soit et chacun tient parfaitement son rôle, voire même avec brio. Ilan est monstrueux : il tape comme une brute, mais avec précision et, ma foi, se débrouille bien avec une basse. Robin est un guitariste hors paire, même si je le trouve assez absent et pas très joyeux ce soir… probablement dans son monde. J’avoue n’avoir jamais jeté un regard à Alessandro qui, pour moi, est transparent. On constate donc que le groupe est très minimaliste et on pourrait regretter les choeurs, ou un bassiste à temps plein (comme sur la tournée américaine), mais ça paraît bien secondaire quand on sort de la salle, tant c’est merveilleux rien qu’à 4.

Que dire de plus ? Plus rien. Sinon que cela restera l’un de mes meilleures souvenirs de l’année.

Etiqueté par Jérôme (pour ConcertAndCo) :

Nine Inch Nails était au Zénith de Paris ce 29 mai 2014 et c’est peu dire que ce concert, pour ne pas dire cet évènement, était attendu. Une soirée qui affichait complet depuis plusieurs mois, alors que pour leur dernier show dans cette même salle, il y a 5 ans, ce n’était pas tout à fait le cas. Depuis, Trent Reznor avait mis son groupe en veille, devait même éventuellement splitter à l’époque (c’est ce que je pensais à ce moment-là, le jour de leur dernier concert en France aux Arènes de Nîmes en juillet 2009). Le fait est que le bonhomme a énormément changé depuis ses débuts, qu’il est devenu clean, posé, marié (il n’y a qu’à voir son physique passant d’un corps tout frêle et détruit par l’excès dans les années 90 à un physique plus épais et musclé au milieu des années 2000) et a une vie plus saine. C’est surtout les morceaux qu’il a écrits dans les années 90 qui le remuaient un peu trop, quand ils les  interprétaient sur scène. Depuis, il s’est ravisé pour notre plus grand bonheur et l’été dernier est sorti un nouvel album, l’excellent Hesitation Marks.

NIN renaît donc de ses cendres et une nouvelle tournée démarre à la fin de l’été 2013. Le public français a pu voir le groupe au début des hostilités fin Août, lors de leur monstrueux passage à Rock En Seine (en tête d’affiche du samedi soir) et résultat, une claque monumentale et un plaisir non dissimulé pour ces retrouvailles grandioses avec un show qu’il l’était tout autant.

Je retrouve donc mon ami sudiste Arnaud, qui gère Concerts en Boîte et qui sera notre photographe ce soir, autour dès 18h30 devant la billetterie. J’ai déjà constaté une longue file d’attente à l’entrée du Zénith avant que les portes ne s’ouvrent enfin.

Le public, motivé comme jamais, est venu assez tôt pour la plupart et l’excitation est déjà palpable dans les allées du Zénith de Paris deux heures avant le début de la tornade qui nous attend.

Dans la salle, nous retrouvons Ysa, chroniqueuse sudiste et émérite de Concerts en Boîte et ConcertandCo, qui nous à gardé des places assises, mais superbement placées non loin de la fosse. Cela nous permettra de vivre le concert au beau milieu d’une ambiance qui deviendra forcément dingue dans peu de temps.

Cela doit commencer à 20h30 pétante et la salle s’est remplie au maximum de sa capacité : on est 7000 personnes dorénavant. Ce qui est curieux, c’est de voir quelques sièges vides sur les côtés de la scène. Mais c’est seulement par le fait que la fosse est blindée comme rarement. C’est sûr, ce soir, le public est archi motivé et prêt à en découdre. Nous aussi d’ailleurs !

20h30, un fond sonore démarre sur The Downward Spiral/The New Flesh et déboulent les 4 musiciens. Sur cette tournée Tension Tour, on retrouve au clavier l’italien Alessandro Cortini et l’impressionnant guitariste Robin Finck (qui faisait déjà partie de la précédente tournée Wave Goodbye en 2009/2010 et lors de plus anciennes, Self-Destruc Tour et Fragility Tour dans les années 90). Hormis Trent Reznor, qu’on ne présente plus et qui est à la tête du projet depuis le début, remontant à 1988 (il est le seul compositeur, producteur, chanteur et seul responsable de la direction musicale), nous retrouvons aussi, comme lors de la précédente tournée, un jeunot de bientôt 26 ans : je nomme le fantastique batteur, multi-instrumentiste et spectaculaire Ilan Rubin. Je ne vous le cache pas plus longtemps, ce musicien est incroyable, complet, archi complet même et, en un mot, son jeu de batterie me met sur le cul. Je vous conseille d’ailleurs d’aller découvrir son groupe The New Regime, sur le dernier album duquel il  a assuré toutes les parties de batterie, chant, guitare, basse et clavier.

4 monstres donc, qui démarrent devant un public pris de folie dès les premières notes de Me, i’m not. La scène est extraordinaire. Les lights sont fantastiques. De toute ma vie, je n’ai vu un visuel aussi fort, aussi prenant et aussi beau. La musique est déjà suffisamment énorme qu’elle se suffirait à elle seule, mais avec un tel décor, je suis époustouflé et à bloc. Je vous laisse imaginer le mélange des deux : énorme je vous dis ! Grâce à ce morceau d’ouverture datant de l’album Year Zero de 2007, on est plongé littéralement dans l’univers de Trent Reznor, avec ce côté planant, tripant et limite inquiétant.

On poursuit avec le déjà classique Copy of A, extrait du nouvel album.

On en prends vraiment plein la gueule, les oreilles et on atteint le summun du plaisir. Le Zénith est en transe et ça saute dans tous les sens. Tout le monde est debout très rapidement sauf quelques rares exceptions. La musique de Trent Reznor nous rend dingue.

On va enchainer alors les morceaux surpuissants et des classiques du groupe, tel que l’euphorisant The Beginning of the End, le furieux et si bon March of the Pigs (j’en ai d’ailleurs des frissons) et que dire de l’incontournable Piggy à tomber par terre ? Trent Reznor reste un frontman unique. Sa voix est toujours monstrueusement puissante et ce grain de voix, toujours aussi parfait.

Ce mec a 49 ans ? Non, ce n’est pas possible et pourtant si. Il donne tant sur scène et avec des musiciens d’un tel niveau …  que dire de plus ? A quatre musiciens seulement, ils offrent une puissance inouïe. C’est une forme de perfection que nous vivons là.

Reptile, Survivalism, Gave Up n’en jetez plus ! Intense, très intense même. Le plaisir perdure et ne retombe jamais. De plus, le son est au rendez-vous ce soir, ce qui est rare ici, la salle n’étant pas réputée pour offrir une bonne sonorisation. Mais là, c’est vraiment bon.

Un mot aussi sur Robin Finck : il a une sacrée présence. J’aime beaucoup son attitude et son jeu de guitare est parfait, lui aussi.

On voit parfois Ilan Rubin abandonner sa batterie pour venir jouer de la basse, ou alors tenir le clavier. Je ne saurai pas réellement vous décrire  ce qu’il se passe sur scène, tant les musiciens changent d’instruments. Exemple avec Trent, qui passe de la guitare au clavier. Ou bien encore Ilan Rubin qui change lui aussi, se retrouvant sur le devant de la scène tenant la basse ou le clavier, ou bien en fond de scène à la batterie, derrière un mur visuel qui pourrait ressembler à un grillage, renforçant ainsi le côté indus qui colle parfaitement à la musique. Je me perds, je m’égare par tant de superlatifs, mais c’est énooooorme !

Dans les grands moments, je retiendrai Disappointed, Find My Way, The Warning, Wish, The Hand That Feeds (j’ai eu une grosse pensée pour toi mon Phil sur ce titre) et forcément Head Like a Hole.

Le temps passe trop vite et c’est déjà l’heure du rappel.

Il est difficile pour moi de conclure cette chronique, tant ce concert m’a enthousiasmé.

Le rappel finira de nous achever, même si on en aurait voulu davantage… quand on aime, on ne compte pas.

The Day The World Went Away et le sublime Hurt (en configuration classique et non en version solo comme à Rock en Seine) viendront finir cette prestation de haut vol, surpuissante et diaboliquement efficace, qui se conclura 1h40 après avoir débuté. Ce fut donc, encore une fois, une soirée magique et inoubliable avec Nine Inch Nailse. Trent Reznor est un géant du Rock, c’est dit.

Composition

  1. Me, I’m Not
  2. Copy of A
  3. The Beginning of the End
  4. March of the Pigs
  5. Piggy
  6. Reptile
  7. Survalism
  8. Gave Up
  9. Sanctified
  10. Closer
  11. Disappointed
  12. Find My Way
  13. The Warning
  14. The Great Destroyer
  15. Eraser
  16. Wish
  17. The Hand That Feeds
  18. Head Like a Hole
  19. 1er Rappel : The Day the World Went Away
  20. Hurt

Date Limite de Consommation

  • Le concert s’inscrit dans la tournée de NIN European/UK 2014 Tour
  • Album défendu : Hesitation Marks

Site de Production

Page Officiel : http://www.nin.com

Ingrédients

  • Trent Reznor : Chant, Guitare, Clavier & Machine
  • Robin Finck : Guitare & Machine
  • Alessandro Cortini : Clavier, Guitare, Basse & Machine
  • Ilan Rubin : Basse, Batterie & Clavier

Remerciements

  • Yannick @ Mercury
  • Thomas @ Mercury
  • Julie @ Aoura – pour une aide essentielle !!

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