Avis sur un show

13 février 2014

Fauve ≠ @ L'Usine (Istres)

Emportés par le Blizzard...

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Evaluation de la Soirée

Note global du concert, 6.0 - 3 votes
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Note internautes, 6.0 avec 1 vote(s)
Note d'Ysabel
Note d'Arnaud

1 : Pas du Tout - 2 : Un Peu - 3 : Moyennement - 4 : Beaucoup - 5 : Passionnement - 6 : A La Folie

Conditions de mise en boîte

Librement dans les crash barrières. Contraintes :

  • Pas de flash (une évidence).
  • Les artistes ne doivent pas être reconnaissables : il faut donc chercher l’esthétique et travailler autrement.
  • Validation des photos par la production qui, pour une fois, cherche juste à vérifier le critère précédent et pas à donner son avis artistique.

Chronique

Etiqueté par Arnaud :

Fauve ≠, au départ, c’est un quasi ordre d’Ysabel : « Dès que tu vois un Cd de Fauve ≠, tu me l’achètes !! ». C’était il y a de longs mois, Ysa avait dû entendre passer un titre sur Le Mouv (elle écoute tout le temps cette radio 😉 ). Pour moi c’était encore un vague echo, mais je le savais : Ma belle, comme d’habitude, avait repéré un groupe qui vaut le coup et c’est le genre d’ordre à ne pas oublier, tant pour la paix du ménage que pour une claque auditive !

Quelques semaines plus tard, je tombe sur l’EP : Je l’écoute et en effet ma rousse préférée avait vu juste !! Je dois toujours écouter ma muse, elle ne se trompe JAMAIS ! Toute cette introduction, ce n’est pas pour raconter ma vie, mais juste pour dire que j’ai été bien loin de la médiatisation du groupe. Je ne lis pas Rock’N Folk, pas plus les Inrock, ni Télérama et Libération m’ennuie. Non, Fauve ≠, c’est par moi même que ça m’a plu. De toute façon, j’ai toujours détesté les effets de mode et de masse.

Ce soir à Istres, c’était notre première chance de les voir dans la région, après avoir été boudé par Marsatac. Et on ne devait pas être les seuls à avoir envie de les découvrir, car j’ai rarement vu une Usine aussi pleine… Ah si, pour Patrick Bruel, Tryo  ou Dionysos : Soit des groupes qui tournent depuis des décennies ! Là c’est un groupe qui a sorti son premier album il y a une petite semaine !! Ouahhhou respect !

On peut dire que cette première rencontre Live fut un choc. Putain que ce groupe de jeunes mecs est bon : Une énergie rare au service de textes ravageurs et un show hyper calé et pro, pour un groupe qui se prétend encore amateur (mais le sont-il encore vraiment ?).

Loin d’être une copie réelle de l’album, le concert apporte une vraie expérience visuelle et un réel partage. Je n’ai pas vu le temps passer et, même si je n’étais pas compressé comme 100% du public, je suis malgré tout sorti en nage… C’était un peu la chaleur, mais aussi et surtout parce que mon corps a réagi à ces bonnes vibrations.

Fauve ≠, attendez vous à me revoir à vos concerts… Et même vos conditions photos sont un plaisir, j’ai d’ailleurs de nouvelles idées depuis cette sessions ! Mais même sans appareil, je squatterai le premier rang !

Etiqueté par Ysabel :

La salle est plus que bouillante. Le son d’une sorte de sirène monte et l’un des panneaux de fond de scène s’ouvre pour leur laisser le passage. Puis il se referme. Signe  de Fauve, rouge sur fond rouge. Et c’est déjà un chanteur monté sur ressort, boxant dans le vide, qui se positionne devant nous. Enfin non, sur la gauche. Ah non, sur la droite … Bref : Partout !! (Si ça, ce n’est pas de l’occupation de l’espace, je n’y connais rien !)

La première chose qui saute aux oreilles, c’est bien sûr le timbre inimitable de la voix du « Narrateur ». Machines et batterie mises à part, c’est un véritable bal de va et viens, mais avec au centre toujours cet incroyable extraterrestre qui semble être à 200km/h. Vraiment comme possédé sur ce redoutable premier morceau … Le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est déjà littéralement prenant (Je m’en doutais, je l’espérait même et je ne suis vraiment pas déçue !!) A chaque phrase choc, on a un public qui répond d’un seul cri. Des images aux couleurs légèrement passées se mêlent à leurs noms. Tout se joue dans la pénombre. Un monde parallèle, étrange et interlope. Des textes toujours débités avec les tripes. Et je ne sais pas à quoi ils marchent … Mais j’en veux 😉 !!

Tout est physique : La musique, les paroles, eux … Comme s’il fallait se dépêcher, rattraper la vie pour ne pas oublier de la bouffer. Lui bondit sur les caisses derrière les crash barrières. C’est assez ahurissant comme truc. Je m’attendais à quelque chose de fort, mais là, c’est vraiment la grosse claque. Un véritable remède contre la mort et l’ennuie. « Contents de quitter la putain de grisaille parisienne qui nous fait chier… » Excuses pour les quelques petits couacs qui pourraient arriver et qui sont l’apanage des débuts de tournée. Très touchante et toute en simplicité que cette introduction. Et, à peine le sourire rangé, ils repartent dans leur monde.

C’est faramineux d’avoir un débit pareil et surtout que l’on comprenne le moindre mot du chanteur. On se retrouve accroché à ses lèvres, à leurs mots. Guitariste et bassiste sont dans le même mouvement. La dominante rouge des images donne encore plus de poignant à l’ensemble. On peur lire toutes paroles sur les lèvres du guitariste. Les textes parlent d’amour, sans désespoir, mais avec une intensité violente et saisissante. Et je peux vous assurer que sur scène, c’est du sport. Même du sport de haut niveau. A mon avis, ils doivent au moins perdre 2kg par soir ! Les panneaux jouent avec les lumières et découpent les images. Les strombis décomposent leurs mouvements, pour donner à leur formation un côté encore plus irréel.

Il ne nous reste plus qu’à nous laisser embarquer et à nous retrouver en apesanteur dans leur univers parallèle. Du nouvel album, mais aussi du plus ancien. Avec besoin de notre aide si on est chaud. Alors division de la salle en trois, pour faire un canon. Mise en place un peu compliquée pour un 4000 Iles en chœurs. Mais tout va bien, puisqu’on est meilleurs qu’à Toulouse (et oui, c’est comme ça à Istres 😉 !!) De plus, on ne se contente pas de ne chanter que le « emmène-moi » demandé, non … Nous on fait toutes la chanson. Et ce, pour leur plus grand plaisir, qui se lit carrément sur leur visage. En fait, je me rends vite compte que toutes ces paroles, ce flot de mots est, lui aussi, une musique. Un instrument qui se fond avec les autres. Et nous en face, en guise de punching ball … Pourtant : Dieu que c’est bon (Ok, je dois devenir maso 😛 )

Notre Monsieur 100.000 volts arpente la scène comme un animal en cage. Des bandes de toile descendent des cintres, au milieu d’eux. Des cris accueillent les premières mesures de Rub A Dub et, en cette veille de St Valentin, je pense que les 3/4 des filles de la salle voudraient entendre ça tous les jours. C’est cash. Une sorte de poésie moderne et prenante, qui balaye d’un revers de la main toutes les conventions du genre. Le Set avance et leur énergie est toujours la même. Ils ont la même hargne. Le même cœur. La même intégrité, sans concession. La même entièreté. Les guitares vibrent à l’unisson et notre chanteur bondit dans les crashs, après s’être déchaîné sur sa machine.

Dans leur bulle, l’homme à la vidéo et batteur restent toujours aussi stoïques. Ils prennent la parole à tour de rôle et c’est à présent la bassiste qui lance la dernière : Jeunesse Talking Blues. Machines, plus batterie électronique … Une musique sourde et pénétrante. Vibrante même. Pour les rappels, Blizzard est réclamé à corps et à cris. Les bandes semi transparentes descendent à nouveau au dessus de leur têtes. Le chanteur  revient une clope à la main. Le bassiste, arrive à la bourre 😉 On est dans une forêt étrange cette fois. Dans la douceur. Portés par la musique et la voix, juste avant que cela n’explose. Et quand ça arrive, on passe de la nature calme à un océan tumultueux. Leurs silhouettes se découpant en ombres chinoises, se dessinant sur les images des panneaux. C’est superbe, esthétiquement parlant. Lui semble au bord de tomber et puis, l’instant d’après, il repart de plus belle. Ça hurle carrément dans la salle. Blizzard est demandé à nouveau mais, après 2XGM et Vieux Frères, ce sera Kané, tout autant plébiscité. Et moi, c’est sans doute celle-là qui m’a conduite vers eux, en m’interpellant un jour. Alors je profite … Il descend encore une fois frapper quelques-uns des poings tendus vers lui, en lançant des « Merci ! » Un peu lumière sur le public. « Il nous reste deux titres à jouer et après, on va aller boire des bières ». Et de nous faire partager ce plaisir d’être dans le Sud, « Marseille avec le Festival Marsatac », parce que à Paris, « ils sont gentils, mais quand même un peu coincés du cul ! » Ici, pas ce genre de problème ! Encore un titre, et puis le voilà enfin le Blizzard tant attendu. Dernier bain de foule dans un public hystérique, bras levés et hurlants « Va te faire enculer !! » avec eux. La basse en profite pour faire sa ch’tite photo.

Derniers moments, très forts en intensité et derniers « Merci ». Des mecs pas beaux gosses, pas tatoués, en jeans et en tee-shirts. Bruts, simples et touchants. Alors, n’en déplaisent à certains : Mode ou pas, Parisianisme ou non … Moi, j’adore !

Composition

  1. De Ceux
  2. Haut Les Cœurs / Rag #2
  3. Cock Music Smart Music / Rag #1
  4. Sainte Anne
  5. Lettre A Zoé
  6. Voyous
  7. 4000 Iles
  8. Infirmière
  9. Requin-Tigre
  10. Rub A Dub
  11. Nuits Fauves
  12. Jeunesse Talking Blues
  13. 1er Rappel : 2XGM
  14. Vieux Frères
  15. Kané
  16. Loterie
  17. Blizzard

Date Limite de Consommation

  • Album défendu : Vieux Frères – Partie 1

Site de Production

Page Officiel : http://fauvecorp.com

Ingrédient

  • Collectif Fauve ≠ : Chant, Machines, Guitare, Basse, Batterie & Vidéo

Remerciements

  • Mathilde @ Astérios
  • par

    02 juillet 2014

    Photo du concert

    Fauve ≠ @ Arènes (Nîmes)

    Quel plaisir que de revoir Fauve ≠ après la méga grosse claque du concert de l'Usine à Istres. Le plaisir commence même avant le concert, en rencontrant le groupe au complet en train de distribuer ...

  • par

    13 février 2014

    Photo du concert

    Arnaud Michniak @ L'Usine (Istres)

    Set étonnant et, à mon goût, très intéressant. Arnaud a son style, son phrasé et globalement sa musique. Il n' a pas beaucoup communiqué sur scène (voire même pas du tout!) ... Alors en retour, ...

  • par

    22 janvier 2014

    Photo du concert

    Grand Corps Malade @ Silo (Marseille)

    Je me rappelle parfaitement ma première écoute de ce grand artiste. C'était courant 2006. J'étais sentimentalement détruit et Les Voyages en Train faisait un écho parfait à ma vie... Et le reste de l'album, où ...

La Zone des Lecteurs

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