Avis sur un show

17 juillet 2013

Neil Young With Crazy Horse @ Arènes (Nîmes)

Un cheval déchaîné dans l'arène ...

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Conditions de mise en boîte

Complètement sur le côté de la scène pour trois chansons. Franchement pas évident de sortir des photos intéressantes, avec en plus des lumières très vives. Dans les faits « rigolos » de la session :

Patti Smith dans les crash barrières pendant le premier titre et j’ai failli la bousculer en changeant d’appareil (mais ouf, je suis passé à côté).

– On passait derrière la scène pour passer d’un côté à l’autre. C’est toujours rigolo de voir un peu l’arrière, même si nous avions l’interdiction de photographier (et de toute façon on ne voyait rien).

Chronique

Etiqueté par Arnaud :

C’est avec une énorme joie que j’ai réservé mes billets dès l’ouverture de la billetterie … Presque 90 euros, pas une bagatelle mais bon, on ne se refuse rien, on sera pas trop mal assis et bien placé !

Je ne suis pas assez accro pour vraiment comprendre la différence entre sa carrière solo, sa carrière avec Crazy Horse ou encore sa carrière avec Crosby, Still & Nash.

A vrai dire, j’espérais un peu un concert dans l’esprit du Live du concert du Massey Hall de 1971, mais je me doutais que ça allait être plus rock n’roll. Plus rock n’roll, ok c’était évident, mais là c’était à la limite du Hard Rock Grunge : des guitares bien grasses et bien américaines, des riffs en veux-tu en voilà et des tempos plus que musclés ! Il est pas tout jeune le Neil, mais il a une pêche !!!

Alors, forcément, c’est une autre facette de Neil que celle que je préfère et force est de constater que sur la longueur c’est un peu ennuyeux … C’est un peu l’avis des tribunes qui, fort heureusement, vibreront pendant la partie calme et folk du milieu du concert !

Je suis au final sorti mi-figue mi-raisin : Heureux d’avoir vu une légende avant qu’elle ne s’effondre et heureux d’entendre Heart of Gold qui a été un beau moment, même si globalement je me suis ennuyé … Si au moins les morceaux avaient été raccourcis, on aurait au moins pu avoir quelques morceaux supplémentaires – J’aurai rêvé d’un Helpless ou autre A Man needs a Maid.

Etiqueté par Ysabel :

Après le départ de Patti Smith, il nous faut redescendre de notre petit nuage … Ce qui se fait petit à petit, pendant le long déhoussage de la scène des Arènes. Un grand indien monté sur son cheval fougueux fait lui aussi son apparition en mur de fond, ainsi qu’un drôle d’oiseau blanc accroché dans les cintres, tout devant. Le public commence à s’impatienter. Tout s’éteint. Le médaillon noir et blanc change de couleur à intervalle régulier : rose, bleu, jaune. On dirait presque que le cheval va prendre vie.

Premier choc : Le son des guitares. C’est immédiat. Ils sont tous les trois (deux guitares et une basse) face à face et, pour nous, ce ne sont que vrombissements vibratoires pour une longue, très longue intro. Et c’est seulement alors que Neil Young se met à chanter, chapeau vissé sur la tête. Avec Love And Only Love, nous sommes entrés de pleins pieds dans le Rock US dans toute sa splendeur ! A savoir : de bons gros riffs de guitare sur une ligne marquée de batterie (dite batterie affublée d’un joli petit drapeau de pirate 😉 au passage !)

Les jeux de lumières sont simples, mais efficaces en ce début de Set. Le public est plus sage que participatif. Ou alors, c’est juste parce qu’il s’en prend plein la tête en fait. Et ce qui m’inquiète lorsque je vois la longueur de ce premier morceau, c’est que de deux choses l’une : soit la Setlist sera hyper courte, soit nous sommes là pour une bonne partie de la nuit !!

Vous me direz : quand on aime, on ne compte pas ! Certes. On a même des cris de cowboy de-ci de-là dans le public. Sur scène, ils entretiennent le cercle des guitares pour un esprit très Bruce Springsteen. Avec même un avis d’expert à ma droite … «En plus de 40 ans, son voix n’a pas changé !» m’assure un fan anglais de la première heure, qui est ici avec son épouse qu’il a justement réussi à conquérir avec une place de concert achetée hors de prix pour l’épater, alors qu’il était étudiant (un très bon investissement selon lui … Et je confirme, vu la brillance de leurs yeux vissés à la scène).

Le grondement des guitares reste la ligne directrice de ce Rock efficace. Par contre, toujours pas un mot pour le public ! Les spots parcourent la fosse. Eux restent en position groupée sur scène, lançant par moment des onomatopées qui ressemblent fort à des sortes d’incantations secrètes. Les cordes ne paraissant même plus jouer par moment, pour ne plus faire que vibrer. Et ce sont clairement elles qui mènent la danse. La batterie se met à cogner dur. Des boules de papier roulent sur la scène, poussée par le souffle d’un énorme ventilo … Avec Walk Like A Giant, on les croirait au milieu de virevoltants en plein désert, par vent de plaine, comme juste avant le duel final d’un western ! Ça en devient même quasi apocalyptique musicalement parlant. Eux avançant le dos courbés, presque rampants, les pieds noyés dans les boules de papier. C’est complètement déstructuré comme truc. Et le public se met à siffler (pas forcément de plaisir … L’accueil semblant mitigé et surtout partagé) face à cette musique du chaos. Un sacré truc en tous cas !!

Petit ménage sur fond sonore de pluie et d’une voix d’annonceur de gare, mêlée à des cris. Quelques éclairs sur le tout, et vous aurez à nouveau un rendu assez conceptuel ! Mais cela ne dure pas et on change totalement d’univers, en passant à Hole In The Sky et ses chants presque proches du gospel. Une toute petite étoile brille au dessus de nos têtes. C’est très spécial tout de même comme transition, mais pas grave : On s’adapte !

Re Sun. Le cheval incrusté sur la batterie semble vouloir s’échapper au galop quand démarre l’harmonica sur fond de guitare sèche. Neil le Grunge se transforme en Neil le troubadour Folk, seul sous des lumières très douces. On reste encore en pleine ruée vers l’or avec Heart Of Gold, toujours dans le même ton mais avec un public qui chante avec lui cette fois. Une magnifique clameur qui monte vers le ciel, avec une fosse où s’allume toutes les petites lumières de portables quand il reprend du Bob Dylan (avec les plus à fond qui nous lancent des cris de cowboy !) Et avec même un piano de saloon pour Singer Without A Song, chanté avec son bassiste en contre voix, qui remportera un franc succès et beaucoup de bravo.

Mais trêves de plaisanterie (si je puis dire) et retour au règne des guitares. Les morceaux sont vraiment très longs, mais il est indéniable qu’ils s’éclatent littéralement tous les trois (tous les 4 même !) Et quand commence Sedan Delivery, je me dis même que cet incroyable artiste de bientôt 70 ans (et oui !) va presque réussir à nous faire pogoter ma foi 😛 !! Tous les ingrédients y sont : Cassures brusques, rythmes endiablés … C’est franchement hyper festif.

Comme le ferait un chef Apache pour le soleil, il salue le public. Ce dernier le lui rend avec amour. Et Rockin’ In The Free World, la dernière, fait se déchaîner scène et public de la fosse (celui des gradins n’étant bizarrement pas si à fond que ça). Une fin qui n’en est pas une d’ailleurs, puisqu’elle n’en fini pas de rebondir (Neil Young ne semblant avoir aucune forme de limite, ni de conscience que parfois, le trop est l’ennemi du bien). Mais bon, tout le monde il est content. Et en gentleman, il demande même la permission avant de balancer l’eau de sa bouteille sur la foule !

Il ne nous a pas adressé un mot depuis le début de ce concert, mais il nous offre un premier rappel en forme de «Chanson Remerciements», avec promesses de retrouvailles à venir et en nous souhaitant d’avance une douce nuit. La «der des Der» étant même une évocation du retour à la maison, après tant de chemin parcouru et d’émotions partagées …

Composition

  1. Love and Only Love
  2. Powderfinger
  3. Psychedelic Pill
  4. Walk Like a Giant
  5. Hole in The Sky
  6. Re Sun
  7. Heart of Gold
  8. Blowin’ in The Wind (Bob Dylan)
  9. Comes a Time
  10. Singer Without A Song
  11. Ramada Inn
  12. Sedan Delivery
  13. Surfer Joe and Moe The Sleaze
  14. Cinnamon Girl
  15. Rockin’ In the Free World
  16. 1er Rappel : Roll Another Number
  17. Everybody Knows This is Nowhere

Date Limite de Consommation

  • Ce concert s’inscrit dans la tournée Alchemy Tour qui se termine le  21 Septembre 2013 à Saratoga Springs.
  • Album défendu : Psychedelic Pill

Site de Production

Site officiel : www.neilyoung.com

Ingrédients

  • Neil Young : Chant & Guitare
  • Frank « Poncho » Sampedro : Guitare
  • Ralph Molina : Batterie
  • Billy Talbot : Basse

La zone des lecteurs

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    Votre commentaire est intéressant mais je suis stupéfait par les réactions du public , J’étais dans la fosse pour voir le Neil Young 2013 celui qui vient de sortir « Psychedelic Pill » et j’ai ADORE, Enfin des guitares !! Ca fait un an que Neil tourne avec le Crazy Horse en donnant ce type de concert avec quelque titres différents selon son humeur il fallait vraiment être naïf ou ignorant pour croire qu’on aller écouter Harvest autour du feu de camp .
    Votre site est super , longue vie à vous
    KEEP ON ROCKIN IN A FREE WORLD

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    Bernard,
    force est de constater qu’une légende se doit d’être figé. On gueule quand Mark Knopfler ne fait pas du Dire Strait, on veut du Dylan de plus de 20 ans, Sting a intérêt à faire du Police etc..
    J’avoue être dans ce cas tout me doutant que j’allais avoir plus musclé, ce qui dans l’absolu ne me dérange pas quand les morceaux sont bons. Or, j’ai trouvé certains morceaux trop répétitifs et trop longs : 30% plus court et c’était le panard complet !.. C’est ce qui a gâché ma soirée. Je suis pourtant un amateur de Rock Prog, mais là c’était souvent cyclique sans grande évolution, tout sur la même base.
    Je ne connaissais pas le dernier album. A vrai dire je n’étais même pas au courant d’un album sorti, et pourtant je suis l’actualité musicale d’assez près…

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    J’ avais 20 ans en 72 quand CSNandY battaient leur plein. C’était assez frais et on sentait bien le potentiel de Neil. Puis quelques décennies plus tard je voyais Young soit en run guitare sous lumière rouge ou alors plan plan entouré de toute sa family folk. Ben voilà ce qui me manquait un concert comme celui-ci , un concert dans les arènes de Nîmes, de la guitare de braise pour continuer à me sentir bien pote avec cette star somme toute moins star que modeste (d’où peut-être à son âge préfère-t-il la fermer et essayer de nous faire vibrer)
    . Ceci dit je suis d’accord avec tous les commentaires. J’étais sur les gradins et tout de suit regretté . Faut comprendre que c’est pas pratique de bouger là-dessus.. En tous cas j’avais des voisins de 20 ans qui ont tout bien pris dans la tronche comme ils voulaient , du vieux bonhomme. J’étais ravi
    Bonne continuation au site l’écriture me plaît.