Avis sur un show

13 février 2013

Patricia Kaas @ Pasino (Aix-en-Provence)

Mademoiselle chante ... Piaf.

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Evaluation de la Soirée

Note global du concert, 4.0 - 2 votes
Pas d'Evaluation des internautes
Note d'Ysabel
Note d'Arnaud

1 : Pas du Tout - 2 : Un Peu - 3 : Moyennement - 4 : Beaucoup - 5 : Passionnement - 6 : A La Folie

Conditions de mise en boîte

Trois premiers morceaux librement dans la salle, comme toujours au Pasino. Ce fut largement assez pour varier les angles et les focales.

Chronique

Etiqueté par Arnaud :

J’avais incroyablement envie de découvrir Patricia Kaas en concert ! Jusqu’à ce jour. Mais là, toutes les conditions étaient réunies.

Je ne cacherai pas ma réelle crainte quand j’ai écouté, quelques jours avant le concert, quelques titres de cette tournée Piaf : Ça semblait gnangnan à en crever. A vrai dire, je commençais même à déchanter et j’avais peur du déroulement de ma soirée.

La première chanson me donnait raison : Ça partait vraiment mal et à l’eau de rose à en crever !

La suite sera totalement différente : Patricia n’a pas (trop) joué dans la théâtralité, en gardant constamment la richesse de son timbre de voix et de son univers rock qu’elle a accolé à celui de Piaf : C’était donc absolument unique et, personnellement, ne connaissant pas trop le répertoire de Piaf, j’aurai pu croire que tout était de Kaas.

Je n’ai pas toujours trouvé le danseur très en phase avec la musique, avec des gestes trop secs, trop désordonné. Sauf sur La Vie En Rose où là, les deux artistes n’ont fait qu’un dans des tourbillons et des portés : C’était juste sublime !

Au final, j’ai passé une vraie bonne soirée et au lieu d’uniquement voir Patricia Kaas en live, j’ai également découvert Edith Piaf.

Etiqueté par Ysabel :

Une drôle d’idée je l’admets que d’aller voir Patricia Kaas chanter Edith Piaf … D’autant plus renforcée lorsque je vois la moyenne d’âge de la salle (plus due au répertoire de Piaf qu’à Patricia Kaas je pense). Mais bon. Jaime à croire que je sais garder l’esprit ouvert.

La scène est belle et plutôt classe, avec ce fond d’écran qui pourrait nous faire croire que nous sommes en Back Stage de L’Olympia, juste après la fin d’un concert de la Mome, qui aurait abandonné sa robe et ses escarpins avant de s’éclipser face à ce public «évanoui». Décor très théâtralisé donc (ce qui ne m’étonne pas du tout), parcouru d’un rail de spots «miroir de star» au dessus des planches et au milieu duquel trône un accordéon.

A l’heure pile, la toile laisse apparaitre une fenêtre façon vitrail. Lumières douces. Ombre des chaussures. Musique au violon. Elle entre en scène et s’agenouille pour prier, vêtue d’une robe peignoir noire à revers blancs et pieds nus … Et là, elle le chante, mais c’est moi qui me met à penser tout haut : Oh Mon Dieu !! (à la manière de Janice dans Friends). Mais que suis-je donc venue faire dans cette galère … !! Orchestration terriblement classique. Visuel hyper années 40. Chœurs des vierges façon Disney. Et un homme qui entre lentement et l’emmène sur son dos, les bras en croix … J’ai l’impression que mes pires craintes sont en train de se réaliser.

Et puis voilà que le peignoir tombe. Elle chausse les talons hauts et enfile ce qui, en fait, n’était pas une robe mais un imper beige. L’accordéon commence à jouer et elle lance un «Bonsoir» grave et sensuel, de cette voix qui est juste unique. Elle nous explique un peu le pourquoi de cette évocation de Piaf. Simplement la découverte de ses chansons et l’envie de rendre hommage non pas seulement à l’artiste, mais à ses émotions, ses joies, ses peines … Et pour commencer, ce seront les rues de Paris. Son danseur revient, mais cette fois pour jouer au mime. Et là, je dois reconnaitre que je n’imaginais même pas que cela pouvait être ça du Piaf. Elle ne joue pas une seule seconde sur le côté gouailleur (c’est tellement ce que je craignais) et ne sombre absolument pas dans la facilité. Les lumières défilent comme des images de cinéma. Le talent opère.

On reste dans le parisien avec Mon Manège A Moi, mais très valse, très doux. Elle tourbillonne avec légèreté et joue avec les pans de son imper. En fait, le rendu fait très musique de film de Jacques Tati. Les images de la ville au loin, sur l’écran, sont juste un peu trop modernes à mon goût, mais les adaptations sont vraiment très romantiques, sans tomber dans le mièvre. Et il est plaisant de la voir déambuler ainsi, comme parcourant les rues de la capitale, en terminant les morceaux par une discrète révérence.

Notre mime revient, avec une chaise comme compagne de jeu cette fois. Et c’est vraiment une belle idée que de partager la scène avec ce danseur. Le répertoire est fait de beaucoup de chansons d’amour et il est là, apparaissant comme la matérialisation de l’éternel amant.

Par moment, une guitare presque andalouse vient se mêler à la danse et lorsque Kaas se retrouve emportée par La Foule, son univers devient plus sombre. Elle se met encore une fois à danser avec lui. Appelle la clappe du public. Les perpétuels jeux avec la musique sont très finement trouvés … Et ils parviennent même à terminer en quasi tango. Un très beau couple, gracieux et comme intemporel.

L’interaction avec le public se fait elle aussi. Sourires. Regard de velours. Elle remercie un monsieur dans la salle, mais s’excuse de ne pouvoir le faire avec tous et annonce la prochaine. L’histoire de cette femme dans la rue qui attend les hommes et qui rêve qu’un jour l’un d’eux l’emmènera. Les lanternes se font rouges au-dessus de sa tête et je dois avouer que je suis totalement fan du duo violon/accordéon de Emporte Moi.

Moment particulier. Elle apparait en film sur l’écran et nous raconte une nouvelle histoire ou plutôt, nous allons le découvrir, elle la raconte à Alain Delon. C’est Milord comme en film, avec les musiciens en ombres chinoises. Un numéro d’acteurs assez génial, qui répond aux paroles de la chanson … Et quel beau Milord !! Elle profite des applauses pour remercier un public qu’elle trouve tout de même un peu trop timide et explique le pourquoi de Delon. Juste parce qu’il était un des proches de Piaf, comme Cocteau et tant d’autres. Parce que ce soir elle a envie de nous offrir un hommage en forme de jeu de théâtre. C’est ainsi qu’arrive un «Moi j’essuie les verres, au fond du café …» plus cinématographique que théâtrale pour moi, mais très très joli. Son porte manteau chargé de plumes sur le côté. Elle assise de force entre son danseur et son violoniste.

1934. Premier enregistrement de Piaf sur un support. C’est L’Etranger. Kaas la parle, puis la chante à demi, seule avec son violoniste qui lui répond dans un drôle de dialogue. Piaf chantait ses émotions, mais aussi des caractères, comme cette femme qui n’a pas supporté que son mari ne la quitte. Drôle de chanson et surtout drôle d’univers … Elle va chercher ses plûmes et la musique semble s’enrayer. Elle tombe sur sa chaise et nous conte cette étrange histoire, sur une musique qui l’est tout autant. Elle parcourt la scène à demi-folle et pieds nus, dans se petite robe noire. Sacrée interprétation, plutôt poignante, de cette âme damnée fuyant Les Blouses Blanches.

Et puis il y a ce petit gars … Monsieur Porte-Manteau apporte un nouveau personnage. Elle dans une longue robe noire, avec gros godillots et cravate à poids. Elle godille même presque sur scène, avec ce Vieux Lucien très Caf’Conc’.

La voix de Piaf qui raconte ses 18 ans et ses chants de rue. Sa rencontre avec Louis Leplée. Images d’archive qu’elle regarde sur l’écran avec nous, de dos. La vie. Marlène Dietrich. Les voyages. Les amours. Les gloires … Elle s’éclipse pour nous laisser avec La Mome et nous revient ensuite avec une nouvelle tenue, pour de nouvelles chansons. Son danseur réapparait sous les étoiles. Tout est en jeux de clairs obscurs. Padam et une orchestration qui nous prend encore une fois à contre pied. Des instruments hyper classiques, pour une adaptation étonnamment moderne. Tout comme celle de T’ai Dans La Peau, qui devient très blues, avec sa voix off qui murmure «Toi, toi, toi … Toujours toi»

Puis son danseur revient le torse nu, mélangeant la Break Dance et le classique. Elle dansant également, avec beaucoup de grâce. Leur duo devient charnel avec La Vie En Rose, d’un esthétisme parfait. A la fois hyper romantique et pas gnangnan pour deux sous. Après la clappe, elle va même reprendre la chanson à capella et faire chanter le public. A la fin, on bascule. Reste les images en noir & blanc d’une Patricia Kaas effondrée de chagrin. Puis celles d’un ring qui va évidemment amener une évocation du grand amour de Piaf, Marcel Cerdan. On passe du rire aux larmes. Elle apparait alors en peignoir robe et gants aux poings … «Je n’appartiens qu’à toi … La Belle Histoire D’Amour» avec une musique musclée et surprenante ! Elle se met à tourner jusqu’à tomber à terre dans sa drôle de robe. Au final, très physique comme set.

Paroles de Henri Conté. Musique de Georges Moustaki. T’es Beau Tu Sais … Une fabuleuse déclaration d’amour, si bien interprétée et hélas dérangé par les sempiternels vieux aixois du Pasino, qui ont si peur de pas sortir leur voiture assez vite et qui se cassent donc avant la fin, parce que tu comprends, il vaut mieux emmerder 50 personnes que d’attendre 10 minutes dans la parking !! Bref. Je passe …

Le set va se terminer par l’Hymne A L’Amour, dans un grand manteau de plumes noires posé sur ses épaules. C’est plein de violon. C’est aérien et virevoltant, sans tomber dans le grandiloquent … Superbe (et bien fait pour les ploucs qui ont loupé ça 😛 !!) Elle salue, envoie quelques baisers et demande à tout le monde de se lever pour saluer la grande dame, que l’on va écouter religieusement avec eux chanter les dernières mesures de cette chanson mythique. Ils semblent statufiés sur scène, les yeux au ciel.

Avant de partir, elle fait signe qu’il faudra plus de bruit pour avoir droit à un rappel … Et ça marche (ça va même taper des pieds !) Elle revient donc toute de blanc et de plumes vêtue. Non, Je Ne Regrette Rien, avec des images de cheval à terre en noir & blanc en fond. Un chouilla trop pompeux pour moi. Elle fait signe au public qu’elle le veut avec elle et c’est lui qui va terminer la chanson. Elle touchera quelques mains avant de saluer et de quitter la scène à petits pas de ballerine. Je dois avouer que je craignais ce concert extrêmement figé, voir même tarte (si, si, j’assume !) et que j’ai eu la bonne surprise de découvrir une Piaf que je ne connaissais même pas et une Patricia Kaas incontestablement bourré de talent, qui a su nous offrir une vision incroyablement moderne de toutes ces chansons (pour beaucoup méconnues) et une réorchestrations plus que belle.

Composition

  1. Song For The Little Sparrow
  2. Mon Dieu
  3. Paris
  4. Mon Manège A Moi
  5. Les Amants Merveilleux
  6. C’est Un Gars
  7. La Foule
  8. Emporte Moi
  9. Milord
  10. Les Amants D’un Jour
  11. L’Etranger
  12. Les Blouses Blanches
  13. Mon Vieux Lucien
  14. Sous Le Ciel De Paris
  15. Avec Ce Soleil
  16. Padam
  17. T’ai Dans La Peau
  18. La Vie En Rose
  19. La Belle Histoire D’Amour
  20. T’es Beau Tu Sais
  21. Hymne A L’Amour
  22. 1er Rappel : Non, Je Ne Regrette Rien

Date Limite de Consommation

  • Ce concert s’inscrit dans la tournée Patricia Chante Piaf World Tour 2012 / 2013 qui se termine le 27 Juin à Meziere
  • Album défendu : Kaas Chante Piaf

Site de Production

Site Offi­ciel : http://www.patriciakaas.net

Ingrédients

  • Patricia Kaas : Chant
  • Kevin Mischel : Danse
  • Nicolas Stevens : Violon
  • Johnny Dike : Piano
  • Frédéric Helbert : Piano & Guitare

Remerciements

  • Marine @ Sud concert
  • Stephan @ ConcertAndCo
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    Exposition à revoir, cadrage pas terrible : la route est encore longue avant de pouvoir sortir des photos propres…o.0

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    Je suis pas d'accord, les expo sont "normales", et mis à part un cadrage un peu haut sur un spot, je trouve ça propre au contraire… La photographie demeure subjective, L'avis reste propre à chacun!

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    Et la photo de Live doit-elle être parfaite ou rapporter une atmosphère et une émotion … Vaste débat B)

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    Je trouve que les cadrages ont beaucoup évolué, et dans le bon sens….non rien à redire à ce niveau….le travail encore à mon sens à appronfondir est au niveau l'émotion….

On parle de cette chronique ailleurs :