Avis sur un show

06 avril 2012

Anne Gastinel @ Théâtre des Salins (Martigues)

Un incroyable moment de perfection et de poésie !

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Conditions de mise en boîte

Quand une artiste est seule sur scène avec son instrument en acoustique, le minimum pour un photographe est d’être ultra discret. Aucune contrainte ne m’a été imposée, mais je me suis auto limité. Il y a eu 56 déclenchements en un peu moins de 2h, le plus souvent loin du public. J’ai uniquement utilisé le 300 mm.

Chronique

Etiqueté par Arnaud :

Je connais Anne Gastinel pour son interprétation de l’Arpeggione Sonata In A Minor, D 821 de Schubert qui est, je crois, mon morceau de classique favori. A tel point que j’en ai 4 enregistrements différents, depuis l’écoute faite lors d’une rencontre Hi-Fi de la version de Benjamin Britten & Mstislav Rostropovich.

J’avais donc très envie de découvrir live la musique d’Anne et je ne fut pas déçu : ce fut un magnifique moment que ce concert où cette grande violoncelliste a interprêté 3 des 6 suites pour violoncelle de Bach !

C’était incroyablement vibrant, même pour le fan de Rock Anglais que je suis ! Tout le public se laisse transporter par cette musique, par la force d’Anne et on oublie le temps.

Suis sorti tout émoustillé du concert, sans probablement me rendre compte à quel point j’ai vécu un évènement extraordinaire, même si je sais que je suis un privilégié.

Etiqueté par Ysabel :

La grande salle du Théâtre des Salins a revêtu son costume des grands soirs pour accueillir la violoncelliste Anne Gastinel … Sol laqué noir, grands rideaux de velours de  même couleur, avec au centre une banquette de cuir éclairée d’un cercle de lumière, tout simplement. Extrêmement sobre et presque impressionnant. On vient écouter du Bach et tous les sièges sont occupés, mis à part les quatre derniers rangs du fond.

La grande dame fait son entrée, habillée de sombre elle aussi. Seuls son visage et son instruments semblent renvoyer la lumière … On est ailleurs … A Venise peut-être.

D’où je suis, l’ombre de sa main apparait sur le sur de côté, incroyablement agile et douce à la fois. C’est intemporel. Elle semble impassible et mon œil s’habitue petit à petit à cette semi obscurité où seule la musique compte et emplit l’espace. Puis, par instant, c’est un éclat fait du reflet de la lumière sur le bois du violoncelle qui vient vous surprendre en train de rêver. Ses yeux sont clos la plupart du temps, laissant percevoir les quelques signes d’émotion qui parcourent son visage ou la marque des pauses qui lui sont nécessaires pour reprendre sa respiration.

Aucune partition n’apparait sur scène et le subtil enchaînement de la première, puis de la troisième suites de Bach va se dérouler comme une évidence. La mélancolie de la Sarabande s’alterne avec la vivacité de la Gigue et que l’on soit connaisseur ou non, on ne peut qu’être sensible devant tant de maestria et de perfection. L’ensemble des mouvements de ces deux suites va donc nous être offert dans leur totalité durant la première partie de ce concert, qui va se terminer par un discret sourire et un tonnerre d’applaudissements.

Un entracte, va permettre au public de se désaltérer ou de se dégourdir un peu les jambes et surtout à Anne Gastinel de préparer son instrument depuis les coulisses pour la suite n°5, qui nécessite un accordage tout particulier. Et lorsqu’elle regagne la scène, le rituel semble le même (son entrée et sa manière de prendre place au milieu de la scène) mais une légère lumière va rester présente dans la salle jusqu’à la fin de cette seconde partie, nous donnant le sentiment d’être plus «avec» elle, que confinés dans notre rôle de simples spectateurs.

A présent, l’archet semble danser sur les cordes ou bien osciller à la façon d’un enfant que l’on berce. Chacun de ses mouvements est à la fois ample et pétrit de grâce. C’est une véritable parenthèse enchantée et le son est si pur, nous sommes si proche de son instrument, qu’il me semble en entendre le bois par moment et que l’on parvient à percevoir le bruit de ses doigts qui en parcourent le manche. C’est impressionnant d’intimité et de réserve mêlées. Cette pièce me parait plus sombre et plus lascive aussi. Le crin de son archet semblant véritablement vibrer en s’abattant sur les cordes.

Ce cérémonial va pourtant être interrompu par le bruit de deux petites mains qui font entendre leur applaudissement un peu trop tôt. Anne Gastinel sourit de bonne grâce sous les rires du public, montrant avec son pouce levé qu’il reste encore un mouvement. La dernière partie me semble plus enlevée que la première. Ses doigts se déplacent à une vitesse impressionnante et ce mouvement apparait encore plus évolué et technique. C’est sur cet enthousiasme qu’elle interprète ses dernière notes, qui laissent sur sa faim un public qui s’est en partie levé pour l’applaudir et qui en redemande encore. Elle revient saluer une seconde fois, le visage éclairée part quelques flash, puis elle nous propose la Sarabande de la quatrième suite sous forme de rappel. Mais elle doit auparavant se ré-accorder, nous faisant remarquer que la cinquième suite n’est pas un morceau pratique pour faire un bis. Cette bien mince difficulté est vite surmontée et elle nous offre ce dernier mouvement très enlevé pour emplir le tête d’une musique qui ne nous quittera qu’au coucher.

Composition

  1. Suites n°1 (Avec Prélude, Allemande, Courante, Sarabande, «Galanterie» & Gigue)
  2.  Suites n°3 de Jean-Sébastien Bach (Avec Prélude, Allemande, Courante, Sarabande, «Galanterie» & Gigue)
  3. Entracte puis :  Suites n°5 de Jean-Sébastien Bach (Avec Prélude, Allemande, Courante, Sarabande, «Galanterie» & Gigue)
  4. 1er Rappel : Sarabande de la Suite n°4 de Jean-Sébastien Bach

Date Limite de Consommation

  • Album défendu : Cello Suites

Site de Production

Site du Label : http://www.naive.fr/#/artist/anne-gastinel

Ingrédients

  • Anne Gastinel : Violoncelle

Remerciements

  • Stephan @ ConcertsAndco
  • Caroline @ Théatre des Salins

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