Avis sur un show

30 mars 2012

Ottilie [B] @ La Gare (Maubec)

Une présence rare, une émotion réelle et un répertoire unique : Tout est vraiment réuni pour qu'elle devienne très rapidement une artiste reconnue !

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Conditions de mise en boîte

Librement dans la salle. Assez peu de lumière, il a fallu user des hauts Iso !

Chronique

Etiqueté par Arnaud :

Ottilie [B] a remplacé sur le pouce l’absence de Christine and the Queens. Ce n’est jamais simple de pallier au dernier moment un changement de scène et je félicite Ottilie d’avoir relevé le défi. Quand je l’ai vu s’installer avec son pupitre « Jambes de Femmes » où trônait son ordinateur (Mac il va s’en dire), je dois avouer que je trouvais ça un peu kitch et que ça me faisait un peu peur !

Dès les premières secondes de concert mes doutes se sont évaporés et j’ai reçu une vibration rare ! Ottilie est spontanée, émouvante, envoutante et charismatique ! Tout ce que j’aime chez une artiste !

J’ai pris un gros coup de pieds dans le cul et j’ai déjà envie de la revoir et d’avoir le temps de déposer sa présence autrement sur une pellicule numérique (entre autre ce pupitre que j’ai zappé pendant la session, trop captivé par la demoiselle). Et il est certain que son album sera dans ma liste d’achats dès sa sortie.

Etiqueté par Ysabel :

Après le petit moment de douceur ouatée passé avec Mirel Wagner, on va passer à la seconde Femme qui S’en Mêlent et qui en fait a dû remplacer au pied levé Christine & The Queens. Et oui, une programmation toute chamboulée, pour cause de maladie … Ce sont des choses qui arrivent et cela va me donner l’occasion de faire une découverte que je ne vais vraiment pas regretter : Celle d’Ottilie [B]. Rien que la mise en place est intéressante et surprenante. Une tablette pour poser un Mac, façon gambettes d’une pub pour DIM (on profite du côté fesses en plus !!) et un tapis bien moelleux pour les petits pieds de la belle.

Ottilie fait d’ailleurs son entrée pieds nus, accordéon à la poitrine et tout de suite ses envolées de voix sont impressionnantes. Quant au duo accordéon/voix, il est à la fois surprenant et fabuleux, très différent d’une utilisation à la sauce guinguette moderne d’une Zaza Fournier, par exemple. Non, là c’est une vrai surprise et pourtant ce n’est qu’un début, parce que tout bascule quand en plus l’électro s’en mêle. On est pris dans un tourbillon, ajouté à une voix absolument étonnante, tantôt parlée, tantôt lâchée.

«Je suis toute chamboulée d’être là. Je m’étais dit : Ce soir, je me couche tôt !» Et bien moi je suis ravie que les circonstances l’aient arrachée aux bras de Morphée. Son micro semble bien indiscipliné … «Un grand moment de solitude» s’amuse-t-elle. Moi je dirais plutôt un magnifique moment de partage. Elle se sert de la machine pour faire une contre voix et sort même des sons d’un autre monde (je crois entendre une guimbarde sur les Crayons Quelque Chose !) Cette fille est vraiment faramineuse et elle vit tout cela avec une intensité qui scotch le public.

Elle passe ensuite à la guitare et fait sa maligne avec un faux accent anglais … Genre j’arrive de Finlande ou de New-York «Je l’ai called … Heu eppelée : Il Pleut Comme Chiens et Chattes ! Non mais c’est très sérieux !!» nous énonce-t-elle avec un visage de rigueur. Et les paroles sont aussi farfelues que la demoiselle, sans que ce soit un seul instant n’importe quoi. Juste un excellent délire, avec une mention spéciale pour son réel talent pour ronronner 😉 !!

Après la fantaisie, on passe au poignant avec J’arrête et elle est aussi crédible dans les deux répertoires. De très belles paroles comme «Je n’ai que la peau sur les mots …» et l’ajout de sonorités parasites qui sont à la fois déstabilisantes et très pertinentes. Mais encore une fois, elle dédramatise le tout et s’en sort par une pirouette, en passant le son d’une salle déchaînée et en nous lançant «Merci beaucoup ! Si vous êtes fatigués, j’ai toujours l’applause de secours !!»

Sur cette lancée, elle nous interprète L’automne, dédicacée à Bertrand (je ne sais absolument pas qui c’est, mais apparemment ça lui fait plaisir qu’on le dise … à Bertrand !!) Elle est si absorbée par sa chanson, qu’on la croirait carrément ailleurs. Il n’y a plus qu’elle, son monde, sa voix. Mais à peine la dernière note lancée, on part dans un morceau beaucoup plus ethnique cette fois. C’est fabuleux cette capacité qu’elle a de changer ainsi de registre et même de timbre de voix. C’est vraiment une sacrée chanteuse, qui nous entraine dans une espèce de rythme africain revisité et complètement démembré. On ne sais jamais à quoi s’attendre et chaque morceau est source d’un émerveillement toujours renouvelé. Quand l’accordéon est de retour, elle repart dans du presque gouailleur, pour se lancer dans du quasi lyrique l’instant d’après. Elle est complètement barrée et j’adore !!

Ottilie nous annonce que cela va être le dernier morceau avant Jesus Is My Girlfriend et aussi le rappel (comme ça, c’est fait !!) On commence alors par une musique de bébé, pour très vite partir dans le trash. Une sorte d’exercice de style sur le mode écriture automatique, en jouant sur les échos en plus. Un univers troublant et extrêmement déstabilisant, avec une fin nette et tranchante comme une lame. Mais en fait de dernière, on va quand même avoir pour finir le set une belle histoire pour Lou-Anne, «Ma grande petite fille» nous confie-t-elle «Qui fait dodo … Enfin j’espère !!» On y retrouve la gaieté de l’accordéon. Puis elle se plante et rattrape le tout avec une pirouette parfaite pour cette chanson qui est un véritable petit bijou. Des paroles qui font mouche, étourdissent et attrapent l’âme. Elle va même partir à la conquête de la salle, accordéon en mains.

Le public est ravi et lui renvoie une telle clappe qu’elle est obligée de se rendre à l’évidence : «Bon j’avais dit que je me coucherai tôt … Mais celui-là, c’est le dernier, vraiment !!» Alors attention les yeux. Nous avons droit au seul effet spécial de la soirée : Une guimbarde ! Et en plus il faut danser, c’est un ordre (parce qu’après, le morceau devient hyper calme). Elle s’embarque alors dans un jeu d’auto-polyphonie, avec toujours cette recherche permanente dans l’assemblage des sons. C’est une fin digne d’elle et du set qu’elle nous a offert ce soir. Il se terminera d’ailleurs par un beau message : «S’il vous plait, restez des imbéciles heureux …»

Composition

  1. Chapeau D’O
  2. Crayons Quelque Chose
  3. Il Pleut Comme Chiens et Chattes
  4. J’arrête
  5. L’automne
  6. Survive
  7. Tu Penses Aqua ?
  8. O Future
  9. Va
  10. Imbécile Heureuse

Date Limite de Consommation

  • Album défendu : Histoires d’O2 (sortie en 2013)

Site de Production

Site Myspace : http://www.myspace.com/ottilieb

Ingrédients

  • Ottilie Bouchareu : chant, Accordéon, Guitare & Boîte à Sons

Remerciements

  • Stephan @ ConcertAndco
  • Sophie @ La Gare

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    ottilie, c est le nom de ma fille, nee ici en nouvelle zelande; comment pourrais-je decouvrir plus et ecouter cette artiste?