Avis sur un show

28 mars 2012

Bénabar @ Dôme (Marseille)

Une soirée ébouriffante avec ce vrai saltimbanque des temps modernes.

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Réclame d’avant chronique

Ecrit le 30 mars 2012

Bénabar a conquis sans mal un Dôme quasi plein, captivé et tout à son écoute. Ce fut une belle soirée faite d’émotions et de rires.

Conditions de mise en boîte

Les cinq premiers morceaux, ce qui est assez rare pour être noté ! La lumière était splendide, la scène d’une belle largeur.

Concerts en Boîte était le seul média photo présent, ce qui est assez étonnant.

Chronique

Etiqueté par Arnaud :

Bénabar a titillé mes oreilles pendant des années, sans que jamais je m’y arrête vraiment. La chanson française c’est pas mon fort et je crois que je n’ai pas voulu aller plus loin.

Ce soir, je n’ai pas eu le choix, j’ai vraiment découvert cet artiste et je suis sorti avec un énorme sourire, que j’ai gardé tout au long du voyage du retour : Bénabar a su me faire vibrer par les émotions, par l’humour … Par sa musique en fait, tout simplement.

J’adore ces artistes capables de nous plier de rire par quelques bons mots et qui, 15s plus tard, entame la chanson la plus tendre et émotionnelle du monde ! Ce tour de force est assez rare à mes oreilles et ce ch’tit mec rejoint des Zazie, des Cure ou autre Nine Inch Nails (non non, c’est pas un pari de citer NIN dans une chronique sur Bénabar, j’y crois vraiment même si évidemment c’est un grand écart de genre).

J’ai énormément de retard d’écoute. Je compte remédier à cela tout doucement et je ne manquerai pas d’acheter les albums au fil du temps. Je suis sûr que ces albums me feront me replonger dans le beau concert de ce soir.

Allez, on va finir sur une citation de fans de Vanessa Paradis « Bénabar, t’es parfait, ne change rien , reste le même ! ».

Etiqueté par Ysabel :

Après le départ d’Archimède, le public se met à trépigner un peu, tout impatient qu’il est de retrouver Bénabar. Celui-ci ne devrait pas trop tarder, aux vues d’un timing qui est plutôt bien respecté pour le moment. Le décor déjà visible est plutôt sobre, décliné en noir & blanc : Sol et murs noirs, avec un grand rideau blanc tendu d’un bout à l’autre de la scène, assorti au piano et aux abats-jour des lampes à pied … L’ambiance à la fois classe et design d’un intérieur coquet.

Après une annonce peu conventionnelle (le ton est donné), tout le monde se met en place pour s’échauffer … Et le Maestro fait son entrée, pantalon violet et veste noire. On reste dans la sobriété donc pour lui, ce qui n’est absolument pas le cas des autres. Ils affichent une collection de pantalons et de chemises à carreaux ou à fleurs, digne d’une liquidation de friperie ou d’une fête donnée par des paysans du fin fond de l’Ouest américain !!

Bénabar vient dire bonjour à tout le monde (public & musiciens) et commence son set par Quelle Histoire, devant un petit orchestre finalement assez restreint. Mais c’était bien mal connaitre l’animal que de penser qu’il allait nous la jouer ainsi à l’économie. A peine les premiers accord du second morceau lancés, le grand rideau tombe pour laisser apparaître un décor de folie : Mur d’étoiles, paillettes à tout va et deux super pépettes pour faire les chœurs, portant des tenues toutes aussi farfelues que le reste des musiciens. En pire même peut-être (je ne vous raconte pas les chapeaux à fleurs improbables qu’elles ont sur la tête !!)

Bien évidemment, si on vient écouter Bénabar, c’est avant tout pour ses textes savoureux aux paroles percutantes, sarcastiques, caustique même et moqueuses … Que du bonheur ! Et lorsqu’il nous offre ses remerciements pour être venu partager cette soirée avec lui, il est clair qu’ils ne peuvent que venir du cœur. Il nous envoie même un «Je suis jaloux quand vous allez voir un autre chanteur» en venant tout près grâce à l’avancée de scène. Bref, il annonce la couleur : on va sourire, on va rire même et surtout on va passer une belle soirée en sa compagnie.

La surprise, pour moi en tout cas, c’est la forte présence de la musique. Les orchestrations sont très différentes de celles des albums : tout est ré-orchestré et en grand (une douzaine de personnes sur scène, ce n’est pas rien !) Cela soutien parfaitement les moments de phrasé plutôt parlé et lui permet de s’éclater en partant dans des chorés très personnelles (un style vraiment bien à lui, il faut quand même le souligner 😉 !!)

Les introductions sont bien évidemment tout un poème. Avant de démarrer L’adolescente, il nous explique que c’est une chanson qui lui donne un sacré coup de vieux (son héroïne adolescente étant une maman aujourd’hui) et il part dans l’illustration du côté document historique de ce texte : Et oui, cela parle d’un téléphone fixe qui était posé au mur, pas pour le recharger mais pour son fonctionnement normal (pour ceux qui croient que l’IPhone 1 est déjà vieux !) … Et oui, il faut avoir la trentaine … Voir la quarantaine, pour ceux qui ont enregistré Dirty Dancing en VHS !! Putain, le salaud ! Merci pour ce retour vers le futur qui ne nous rajeunit vraiment pas 😉 !! Ses digressions sont aussi bonnes que les paroles des chansons elles-même ! C’est une véritable boule d’énergie pétrie d’humour «Vous inquiétez pas : L’amour et les boutons, ça n’a pas changé !!»

Personne ne va être épargné, surtout pas ses compagnons de scène. En l’occurrence, se sont ses compagnes choristes qui en font les frais … Mais pas de souci, les belles ont de la répartie et c’est lui qui fini par être le dindon de la farce. Une belle brochette de guignolos tous, possédant à la fois des talents d’acteurs et surtout de musiciens. Que demander de plus ?!!

«Une belle chanson, c’est beaucoup d’émotion, comme pour un enfant et parfois, comme un enfant, elle reste moche !» Voilà le genre d’intros auxquelles nous avons droit. Il passe vraiment sont temps à nous faire marrer et le plus souvent en se moquant de lui-même d’ailleurs, comme après le «Moi, je t’emmerde» de Politiquement Correct : «Cette chanson, certains l’ont aimée et d’autres détestée, mais les enfants l’on aimée parce qu’il y avait un gros mot !! … Dire que c’est avec ça que je suis devenu un chanteur engagé !!»

Tout du long, il sait rendre ce live tonitruant, avec cette musique hyper présente et entrainante. Ils sont déchaînés sur scène et on passe notre temps à être ballotés entre le rire et l’envie de danser (ce qui n’est pas incompatible d’ailleurs !!). Et j’aime tout particulièrement cette façon qu’il a de mettre autant en avant tous ces musiciens. Un bel artiste vraiment, habité de beaucoup de générosité.

Toutes les chansons sont bien faites : Les drôles font mouche, bien sûr, mais les plus poétiques nous touchent tout autant et sans jamais sombrer dans le gnangnan. Tout est finement trouvé, super bien foutu … Jusqu’aux jeux des lumières tantôt cosies, tantôt festives. On passe vraiment une excellente soirée !

En milieu de set, Bénabar fait venir son vieil ami et complice, Denis Grare, pour nous interpréter 115 juste accompagné par son accordéon. De beaux souvenirs de petites scènes parisiennes du temps de ses débuts, du temps où «On appelait La Grande Sophie : la petite Sophie et où Sanseverino n’avait que deux tatouages …. Bref, avant d’être pourris par l’alcool et l’argent. Ah non, l’argent c’est que moi. Toi c’est l’alcool !!» Et oui, il faut bien qu’il se tire avec une pirouette de cette belle petite évocation du musette, toute en poésie.

Mais attention, on ne va pas relâcher le rythme pour autant ! Les filles reviennent équipées de manteaux et de boas (en plus de leurs chapeaux et de leurs talons de 20 cm !!) Il tente de leur refiler sa veste à ranger bien proprement dans les loges et qui, bien entendu, va finir par terre, se faisant jetée comme lui ! Ça casse aussi sur sa taille et quand il propose de changer de choristes ou de les faire changer de chaussures, elles proposent de plutôt changer de chanteur !! Bref, il semble que malgré son insistante, ce n’est pas ce soir qu’il va conclure … Par contre, on part dans un véritable mini-show sur le thème de Maritie & Gilbert Carpentier et c’est exactement ça, on y est ! La salle est au taquet face à ce superbe spectacle que nous offre depuis le début ce saltimbanque dans l’âme. Il sait parler au public et ça marche du tonnerre de Dieu.

On embarque pour ce qu’il veut, comme il veut. On a le cœur serré quand il déclare son amour à la fille au grain de beauté de A Poings Fermés … «A qui pense-t-elle lorsqu’elle dort ?» On rigole quand il essaie de se débarrasser de son pote boulet qu’il est obligé d’héberger depuis que Muriel l’a foutu à la porte et à qui il demande Dis Lui Oui pour qu’elle le récupère … Et on se laisse surprendre par la Berceuse qui tourne au trash quand le bébé ne veut toujours pas dormir, avec un départ tout joli à la flûte et tout un Jazz Band speedé à la fin, pour réveiller le sale gosse qui s’est enfin endormi, mais à l’heure où il faut se lever !!

Mais il ne va pas nous laisser tomber sans nous faire partager quelques dernier et oh combien savoureux petits moments de pur plaisir. Avec (dans l’ordre), la musique Poubelle pour placer de la Pub : Et oui, c’est la crise !! Alors boite de Kellog’s transformée en maracas, poêle à frire frappée à coup de spatule en bois, logo McDo en jaune dans le dos et jingles d’Ikéa ou de Findus mêlés à la musique (ils sont vraiment barjos quand même !!) On aura ensuite la belle énumération de tous les râteaux possibles et imaginables que l’on peut se prendre (voilà pourquoi il partage ce hobbies avec Frédéric de Archimède !). On va continuer avec un Dîner complètement désarticulé et juste faramineux, durant lequel Bénabar semble être partout à la fois, tendant à tout va son micro au public qui chante le refrain en chœur. Et on va d’ailleurs rester sur cette lancée avec Je Suis De Celles et un Dôme tout entier qui la reprend, même sans lui … Et c’est con à dire, mais tout un Dôme qui chante, ben c’est vachement beau ! Mais le feu d’artifice va se terminer hélas sur L’effet Papillon, avec les filles qui nous sortent les vérités de La Palisse du jour sous forme de mini-sketchs, avec grands effets de théâtralisation … Pour notre plus grand plaisir et surtout pour celui de nos zygomatiques !! On termine ainsi, avec tout le monde devant (excepté le batteur, qui est seul resté en place), dans une dernière danse frénétique qui gagne sans effort la salle toute entière.

Inutile de dire que ce sont des hurlements qui demandent les rappels. Et nous n’allons, encore une fois, pas être déçus du voyage … Avec une reprise et traduction de Love Me Tender, devenue Aime Moi Tendre. Il s’est installé au piano avec les filles devant lui jouant les groupies. Il nous sert les phrases en anglais avec un accent de la mort qui tue et des traductions en temps réels à mourir de rire. La seconde chanson sera plus tendre. Il touche quelques mains et termine avec tous les musiciens autour de la batterie, pour une fin en grande pompe.

Il va quand même revenir pour la petite dernière, demandée par un public bien encouragé par les deux filles restées après le salut, pour faire signe d’insister ! La salle reste allumée. Ça hurle. Ça siffle. Ça frappe dans les mains … Et ils vont nous interpréter un Itinéraire juste en vocal, tous alignés devant un public aux anges. C’est superbe !!

Composition

  1. Quelle Histoire
  2. Infréquentable
  3. Où T’étais Passé
  4. L’adolescente
  5. Pas Du Tout
  6. L’agneau
  7. Politiquement Correct
  8. Y’a Une Fille Qu’Habite Chez Moi
  9. Moins Vite
  10. Quatre Murs Et Un Toit
  11. 115
  12. Maritie & Gilbert Carpentier
  13. Dis Lui Oui
  14. A Poings Fermés
  15. Berceuse
  16. A Not’Santé
  17. Les Rateaux
  18. Le Dîner
  19. Je Suis De Celles
  20. L’effet Papillon
  21. 1er Rappel : Aime Moi Tendre
  22. Les Epices Du Souk Du Caire
  23. 2nd Rappel : Itinéraire

Date Limite de Consommation

  • Ce concert s’inscrit dans la tournée Les Bénéfices du doute qui se termine le 03 Août à Carcassone
  • Album défendu : Les Bénéfices du doute

Site de Production

Site Officiel : http://benabar.com

Ingrédients

  • Bruno Nicolini : Chant
  • Nathalie Loriot : Chœurs
  • Valéry Boston : Chœurs
  • Denis Grare : Accordéon & Saxophone
  • Bertrand Commère : Guitare
  • Xavier Hamon : Guitare
  • Florent Silve  : Basse
  • Hervé Koury : Flutte, Clarinette & Piano
  • Martin Saccardy : Trompette
  • Jérôme Mouret : Harmonica
  • Simon Andrieux : Soubassophone
  • Fabien Haimovici : Batterie

Remerciements

  • Laure @ Alias Production
  • Mélisande @ Caramba Spectacles
  • par

    15 février 2011

    Photo du concert

    Cocoon @ Docks des Suds (Marseille)

    Que dire si ce n'est que j'aime Cocoon et que ce concert est à l'image de leur musique : plein de poésie. De sublimes jeux de lumières sans non plus trop en faire avec une ...

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    08 janvier 2014

    Photo du concert

    Pascal Obispo @ Silo (Marseille)

    J'étais tellement impatient de découvrir cet artiste Live ! Nous n'avions pas été accrédité il y a quelques moi,s puis il y avait eu l'annulation de Novembre :(. D'ailleurs, quelques jours après cette énorme déception, ...

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    08 juillet 2010

    Photo du concert

    Jacques Higelin @ Pavillon de Grignan (Istres)

    Ouahh !! Comment être sur le cul pendant 2 heures ? Suffit d'inviter Jaques Higelin sur scène ! Quelle énergie, quelle force, quel plaisir communicatif. Comptez 4 secondes de sa présence et vous voilà captivés ...

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    L'article sur Bénabar est tellement vrai ! je suis allée l'applaudir à Dijon… c'était pareil ! peut-être un plus "chaud" encore, grâce à "la berceuse" Bref, que du bonheur, merci Bénabar et surtout ne change rien … On t'aime !