Avis sur un show

28 octobre 2011

Agnes Obel @ Silo (Marseille)

Un doux moment de calme dans ce monde de brutes.

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Chronique réalisée pour ConcertAndCo

Conditions de mise en boîte

Deux premières chansons, sans déranger le public.

Chronique

Etiqueté par Arnaud :

Tout comme sur album, Agnes Obel a su pendant quasi 2h nous emmener dans son monde elfique, à la frontière entre Yann Tiersen, Cocoon ou les morceaux calmes de la belle Tori Amos. Je dois avouer que c’est un peu long pendant le concert et que perso je ne serais pas contre un peu plus de rythme de temps en temps, mais je savais ce que j’allais voir !

J’ai tout particulièrement apprécié l’extrême complicité des 3 artistes : C’est un pur bonheur de les voir papoter et rigoler !

Etiqueté par Ysabel :

Après le passage mémorable de Daan en première partie, la scène du Silo est déjà prête pour accueillir Agnès Obel … Grand piano noir, violoncelle couché au pied d’une chaise et une seconde vide … Mystère …

Agnès Obel fait son entrée. Natte blonde et petite robe rouge toute simple … «Cotillon simple et souliers plats» comme le dit La Fontaine, accompagnée de sa violoncelliste, Anne Müller, toute en naturel également, mais de noir vêtue. Dès le début, les deux jeunes femmes nous offrent une musique d’une douceur et d’une pureté incroyables … La salle se transforme en un havre de paix et de fraîcheur … Le son est à tomber par terre …

Après une courte intro musicale, elle nous adresse quelques mots en anglais. C’est son premier concert à Marseille et elle a été heureuse d’apprendre que c’est aussi l’un des premiers de cette salle toute nouvellement inaugurée. Elle est charmante, désarmante. Je ne savais même pas que cela existait encore des jeunes filles en fleur comme ça !!

Le premier morceau, Philharmonics (titre éponyme de l’album), est joué et chanté ainsi. Musique romantique aux accents légèrement folk traditionnel, merveilleusement bien servi par leurs deux voix cristallines qui se répondent ou s’unissent selon les moments. Un univers un peu art déco qui n’est pas pour me déplaire … On est immédiatement transportés ailleurs (exactement la même sensation que celle ressentie à l’écoute de son album).

Pour le second morceaux, elles sont rejointes par la troisième protagoniste de cette belle histoire : Gillian Fleetwood qui prend place avec sa harpe écossaise. Apportant la petite touche celtique juste parfaite pour s’accorder à l’ensemble. Elles sont toutes aussi précieuses toutes les trois. C’est douillet à souhait … Sans aucune moquerie. On est dans un autre monde, quasi féérique et irréel. On est entré de plein pied dans une forêt imaginaire, habitée par trois adorables petites fées qui batifolent en chantant, chacune dans sa tonalité, effleurant leurs instruments avec une grâce infinie. On ressent comme un sentiment de plénitude absolue.

L’éclairage est pour beaucoup aussi, je pense, dans cette ambiance si particulière. Elles sont le plus souvent éclairée du bas vers le haut, ce qui donne cette impression de jardin à la tombée de la nuit.

Par moment, elles s’accordent en riant délicieusement. La violoncelliste troque son instrument contre un piano à vent pour Louretta. Beaucoup de subtilité dans tous ces choix harmoniques. A plusieurs reprise j’ai le sentiment de me retrouver dans le monde d’Amelie Poulain ou d’entendre une Tori Amos un peu plus douce et celtique à la fois.

L’ambiance est de plus en plus intimiste et, à l’inverse, les voix sont de plus en plus puissantes et présentes. Le duo voix/violoncelle pendant le pont de Wallflower est juste magnifique, avec un superbe effet de puissance sur la reprise . Et puis elles continuent à s’amuser toutes les trois. Rient de leurs pitoyables accents français … C’est amusant cette ambiance intemporelle, aux antipodes de tout ce que l’on peut côtoyer par les temps qui courent. C’est poétique, rafraîchissant et d’une douceur inimaginable. Quand à la musique, elle est fabuleuse. Et, sans remettre une seule seconde en doute leur incontestable talent de chanteuse à toutes les trois, il est clair que ce sont avant tout des musiciennes dotées d’une sensibilité et d’un toucher hors paire.

Pendant l’introduction de Smoke & Mirrors et leur explication du lien entre ce titre et le monde des magiciens, un nuage de fumée assez costaud monte derrière elles, pour bientôt les envelopper complètement … Elles sont mortes de rire et voilà encore un prétexte pour se mettent à papoter comme si elles étaient seules. C’est surréaliste tellement c’est adorable et c’est Agnès Obel qui doit gentiment remettre l’ordre pour faire revenir tout ce petit monde au sérieux.

Mais même si nous avons l’impression d’être hors du temps dans cette parenthèse enchantée, elle nous annonce l’avant dernier morceaux. «I thing it’s a love song, but I’m not sure …» Ce qui est sûr, c’est que c’est Over The Hill et que c’est juste magnifique. Elle va également nous demander d’applaudir comme il se doit ses deux compagnes de jeux avant la dernière, qui va nous offrir un final musicalement merveilleux et donner lieu à une standing ovation (rien de moins !!)

Lorsqu’elles reviennent pour le rappel, elles semblent presque confuses par notre accueil et nous gratifient d’un «Merci Beaucoup … Whaouu !!» très touchant et, semble-t-il, absolument sincère. Nous aurons, pour nous consoler de devoir les abandonner, deux morceaux aux accents celtiques très prononcés (Pour mon plus grand plaisir … Bon sang ne saurait mentir !!) : Between The Bar écrit tout particulièrement pour la harpe celtique, suivie de Katie Cruel (chanson traditionnelle écossaise) qui est «très triste», nous annonce Agnès, mais qui va dignement nous remercier de nos si fervents applaudissements.

Les trois demoiselles vont repartir comme elles étaient venues … En riant et se poussant l’une l’autre pour sortir de scène comme des collégiennes qui ont entendu la cloche sonner …

Composition

  1. (Ouverture)
  2. Philharmonics
  3. Beast
  4. Just So
  5. Louretta
  6. Brother Sparrow
  7. New Song
  8. Wallflower
  9. Close Watch
  10. Smoke & Mirrors
  11. Sons & Daughters
  12. Riverside
  13. Over The Hill
  14. On Powdered Ground
  15. 1er Rappel : Between The Bar
  16. Katie Cruel

Date Limite de Consommation

  • Ce concert s’inscrit dans la tournée Philharmonics tour qui se termine le 22 Novembre à Bruxelles
  • Album défendu : Philharmonics

Site de Production

Site Officiel : http://www.agnesobel.com/

Ingrédients

  • Agnès Obel : Piano & Chant
  • Gillian Fleetwood : Harpe Ecossaise
  • Anne Müller : Violoncelle & Guitare

Remerciements

  • Stéphan @ ConcertAndCo
  • Esther @ Adam Concerts

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    The violoncelliste in Marseille was Anne Müller (not Frédérique Labbow). Merci.