Avis sur un show

11 juin 2011

Mozart l’Opéra Rock @ Dôme (Marseille)

Un très bon moment pour les yeux.

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Conditions de mise en boîte

Librement dans la salle !! C’est à remarquer tant c’est rare dans de si grandes salles. Et, ma foi, j’ai apprécié et j’ai pu tenter de figer un maximum de tableaux, dans autant de photos.

Chronique

Etiqueté par Arnaud :

Je dois l’avouer : j’y allais sans trop savoir pourquoi, sans trop savoir ce que ce genre de « concert » pouvait m’apporter. J’étais en fait très curieux et j’avais envie de gratter derrière le battage médiatique. Je pensais entendre de la soupe et, sur ce point, il est évident que l’on est loin de la grande qualité. Si ce n’est celle indéniable de Mozart, à laquelle on a ajouté, assez maladroitement, un peu de mauvais rock.

Globalement, les chanteurs n’ont pas de charisme ou assez peu pour être captivé et malgré tout j’ai passé un super moment : une esthétique impeccable et digne des plus grands concerts et surtout une danse qui m’a beaucoup touchée !

Je déconseille fortement ce genre de concert pour sa musique, mais pour les yeux c’est au dessus du lot et à classer juste un petit cran en dessous d’un The Wall de Waters !

Etiqueté par Ysabel :

Pour dire vrai, c’est une première pour moi. La dernière fois que j’ai vu un spectacle du genre, je crois que c’était tout simplement Starmania (et oui, ça date et c’était vraiment quelque chose !!!) Mais je garde l’esprit ouvert et c’est sans trop d’apriori que j’arrive au Dôme. La salle est au taquet et l’ambiance, plutôt familiale … Sans surprise.

Le spectacle commence par un petit laïus sur Mozart, présenté par un violoniste en smoking : simple, sobre et plutôt classe. Une piqûre de rappel pour ceux qui auraient oublié leurs cours de musique. Puis le rideau se lève de manière très théâtrale sur un décor rouge sang. Un ballet de danseuses sur pointe fait son entrée, devant une armée de soldats en uniformes de parade. On en prend plein les yeux et ce n’est qu’un début !

La vie de Mozart va se dérouler devant nos yeux à travers des tableaux, des costumes et des décors plus incroyables les uns que les autres. Franchement, j’avais peur de me retrouver face à un univers un peu cul-cul : et bien pas du tout ! Déjà, on échappe au «parlé-chanté» qui, pour moi, est totalement insupportable. Et puis, malgré les cris des demoiselles (fort nombreuses dans la salle), on entre sans difficulté dans cet univers très esthétique. La photographie est parfaite, les chanteurs assurent sans faiblir, les chorégraphies sont hyper travaillées et superbement bien servie par des danseurs de haut niveau.

L’alternance des plans d’ensembles et des solo est très bien équilibrée du point de vue visuel … Un bémol cependant : les transitions entre la musique de Mozart et les compositions originales, qui ne sont pas toujours évidentes et parfois même déstabilisantes. Mais c’est un coup à prendre et il parait évident qu’il n’est pas possible d’écrire sur un compositeur pareil, sans faire partager sa musique.

Après, il y a l’histoire. Celle que tout le monde (ou presque) connait. Celle qui est dans les livres … Et puis la petite histoire et l’interprétation que l’on peut en faire. Ici, l’inspiration vient clairement de l’Amadeus 8 fois oscarisé de Milos Forman et ce n’est pas pour me déplaire. On peut capter de-ci de-là, de petites phrases fétiches : «Trop de notes Mozart, trop de notes !!». Des anecdotes : Mozart soulevant le bas de sa veste pour monter son cul à la fin de la représentation d’un de ses opéras, pour exprimer ce qu’il pense de la censure. Et aussi certains des partis pris de ce merveilleux film, qui vont être repris ici. Comme, par exemple, le fait que se serait Salieri qui aurait commandité son Requiem à Mozart … Ce qui n’est absolument pas prouvé, mais qui apporte une dimension supplémentaire à ce personnage rongé par la jalousie. Un compositeur propre mais sans éclat, totalement fasciné par un autre qui lui, possède la grâce qu’il n’aura jamais et qui veut finir de l’épuiser, alors qu’il est déjà malade, pas une commande titanesque. Florent Mothe incarne ici fort honorablement ce personnage torturé, qui est paradoxalement peut-être le seul à percevoir réellement l’inégalable talent d’un Mozart survolté et pas toujours facile à canaliser, joué par Mikelangelo Loconte.

Parmi les petits moments de bonheur qui restent imprimés dans ma mémoire, il y a l’incroyable arrivée d’Aloysia Weber (premier amour de Mozart, interprété par Mélissa Mars). Une immense robe à panier violette, une coiffure démesurée et un bustier en miroir … Se détachant devant un ciel étoilé. Illustration on ne peut plus parfaite du coup de foudre provoqué par la belle cantatrice, étoile montante du moment, sur le jeune compositeur. Il l’aidera. Se fera jeter quand elle n’aura plus besoin de lui … la vie quoi !!

Egalement, un très beau duo des deux soeurs ennemies, amoureuses du même homme (Aloysia et Constance Weber aka Diane Dassigny), qui sont placées chacune sur un côté de la scène, en pleine lumière, avec au centre un ballet champêtre en demi teinte, dans un décor de jardin à la française. Elles sont belles toutes les deux, c’est visuellement parfait et plutôt pas mal musicalement parlant.

Très impressionnante aussi, l’arrivée du père, Leopold (aka Solal à la ville), à la manière du commandeur de Don Giovanni, grande cape noire et tricorne dont l’ombre masque presque entièrement le visage (c’est qu’il a de la référence notre X-Factorien d’Olivier Schultheis !!), venant reprocher sa vie de débauche à son fils parti à la conquête de la cour de la Princesse d’Orange. Sur ce, notre Mozart part à Paris … Ce qui nous offre encore un très beau tableau, avec la capitale sous la pluie. On ce croirait à Cinecittà !

De toute façon, il faut bien reconnaitre que la mise en scène et les décors font partie des atouts principaux de ce spectacle. C’est beau, c’est fort bien fait et le public est extrêmement touché par tout cela. Quasiment chacun des tableaux laisse aussi la part belle à la danse et c’est un vrai plaisir. Des scènes comme celle des saltimbanques à Paris ou bien ce très beau passage de Mozart seul avec sa muse sont de toute beauté.

Après (parce qu’il y a toujours un mais !) tout en ayant rit de bon coeur, comme tout le monde, je n’ai pas très bien compris le personnage de Rosenberg, l’intendant de l’empereur Joseph II, avec ses commentaires humoristiques sur DSK ou Lady Gaga (fort à propos et toujours très drôles … Mais en total décalage avec le reste). Ses calembours à propos de du Mariage de Figaro «Je baille aux corneilles !! Nous n’allons pas prendre racine tout de même !» avec limite le gros clin d’oeil complice au public. Et sa sortie de scène sur un «Je l’aurais un jour, je l’aurais» (avec la salle qui, ceci en passant parce que je l’entends, ne reconnait là que la Pub de la MAF et pas l’original. A savoir la réplique culte de Marcel Philippot à Philippe Khorsand dans la série Palace de Michel Ribes … Petit bijoux s’il en est). C’est un peu too much à mon goût et ça casse le rythme, sans apporter grand chose à mon avis.

La fin aussi, un peu rapide. On passe en 2/2 d’un Mozart tout content de son succès avec le Mariage de Figaro, à sa disgrâce orchestrée par la noblesse vexée, puis au flop de Don Giovanni (qui vient comme un cheveux sur la soupe). Et il faut connaitre un peu l’histoire pour comprendre qu’il est malade et que son ennemi, toujours aussi jaloux, pousse à bout sa fatigue pour tenter de profiter de la dernière oeuvre … Le fameux Requiem commandé. Tout cela est condensé en 5mn chrono et on se retrouve avec un tableau mortuaire, franchement trop hollywoodien à mon goût, qui détone beaucoup avec la sobriété que nous avons eu tout au long du spectacle. Mais bon. C’est vrai que ça fait son effet, même si je ne suis pas fan.

En tout cas, tout le monde est content, on quitte sa place et on vient apporter ses fleurs et ses petits poèmes à la fin (que c’est chouchou quand même !!). Et une très belle reprise par Florent Mothe et Mikelangelo Loconte, à capella, dos à dos, de L’Assasymphonie, avec juste une guitare mais toute la troupe qui chante (et le public aussi) vient marquer la fin de cet opéra-rock … Et ben, ça le fait, super bien même !!

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